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Biologie · 10e Prépare le BEPC

Leçon 29 sur 29

Les dysfonctionnements du système immunitaire : allergie et sida

Je sais expliquer pourquoi le système immunitaire peut réagir trop (allergie) ou être détruit (sida), décrire l'évolution de l'infection par le VIH et appliquer les moyens de prévention.

  • 55 min
  • 5 exercices corrigés
  • 3 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir l'allergie et expliquer son mécanisme en deux temps (sensibilisation, réaction)
  • Reconnaître les principales manifestations allergiques et les conduites à tenir
  • Expliquer comment le VIH détruit les lymphocytes T4 et décrire les phases de l'infection
  • Citer les modes de transmission du VIH, ceux qui ne transmettent pas, et les moyens de prévention et de traitement

Avant de commencer : L'immunité (lymphocytes B et T, rôle central des lymphocytes T4, anticorps, mémoire immunitaire), les virus.

1Je découvre

Kadiatou, élève à Labé, éternue sans arrêt et a les yeux qui piquent chaque fois qu'elle balaie la cour poussiéreuse pendant l'harmattan. Sa camarade Fanta, elle, a fait un gros malaise après une piqûre de guêpe : son visage a gonflé et elle respirait mal. On a dû l'emmener d'urgence au centre de santé. L'infirmière a parlé dans les deux cas d'« allergie ».

La même semaine, une association vient au collège pour une séance d'information sur le VIH et le sida. L'animateur explique : « Le virus ne tue pas directement. Il détruit les défenses de l'organisme, et ce sont d'autres maladies, d'habitude sans gravité, qui deviennent mortelles. »

Kadiatou est étonnée : dans le premier cas, le système immunitaire réagit trop fort à de la poussière ; dans le second, il ne réagit plus assez. Comment le même système peut-il avoir deux « pannes » aussi opposées ?

Pourquoi le système immunitaire peut-il réagir de façon excessive (allergie) ou devenir déficient (sida), et comment s'en protéger ?

2Je comprends

1. L'allergie : une réaction excessive

Une allergie (ou hypersensibilité) est une réaction exagérée du système immunitaire contre une substance normalement inoffensive de l'environnement, appelée allergène.

Allergènes fréquents :

  • dans l'air : poussières de maison et acariens qu'elles contiennent, pollens, poils d'animaux, moisissures ;
  • venins de guêpe ou d'abeille ;
  • aliments : arachide, œufs, lait, poisson, crustacés (chez certaines personnes seulement) ;
  • médicaments : certains antibiotiques comme la pénicilline ;
  • produits de contact : certains métaux de bijoux, produits cosmétiques.

Le mécanisme se déroule en deux temps.

  1. 1Premier contact (sensibilisation) : l'allergène pénètre ; des lymphocytes B deviennent plasmocytes et fabriquent des anticorps particuliers (IgE).
  2. 2Fixation : les IgE se fixent sur des cellules des tissus, les mastocytes, qui contiennent des granules d'histamine. Aucun signe n'apparaît.
  3. 3Deuxième contact : l'allergène se fixe sur les IgE portées par les mastocytes.
  4. 4Libération : les mastocytes libèrent brutalement l'histamine.
  5. 5Symptômes : dilatation des vaisseaux, gonflement, démangeaisons, contraction des bronches, en quelques minutes.
Le mécanisme de l'allergie : une sensibilisation silencieuse, puis une réaction rapide à chaque nouveau contact.

C'est pourquoi une allergie n'apparaît jamais au premier contact avec l'allergène : il faut d'abord une sensibilisation. On retrouve ici la mémoire immunitaire, mais au service d'une mauvaise cause.

Les manifestations :

ManifestationSignesExemple d'allergène
Rhinite allergiqueÉternuements, nez qui coulePoussières, pollens
Conjonctivite allergiqueYeux rouges qui piquent et larmoientPoussières, pollens
UrticairePlaques rouges qui démangentAliments, médicaments
AsthmeCrise de gêne respiratoire avec sifflement (bronches rétrécies)Acariens, poussières, fumées
EczémaPeau rouge, sèche, qui démangeContact, aliments
Choc anaphylactiqueGonflement du visage et de la gorge, chute de tension, malaise : urgence vitaleVenin, arachide, médicaments

Que faire ?

  • Éviter l'allergène quand on le connaît (se couvrir le nez et la bouche en balayant, aérer, laver les draps, éviter l'aliment en cause).
  • Prendre les médicaments antihistaminiques prescrits par le médecin ; l'asthme se soigne avec des traitements inhalés.
  • En cas de choc anaphylactique, appeler les secours et conduire la personne d'urgence au centre de santé : le traitement est une injection d'adrénaline.
  • Dans certains cas, le médecin propose une désensibilisation (doses très faibles et croissantes de l'allergène pendant des mois).

2. Le sida : un système immunitaire détruit

Le sida (syndrome d'immunodéficience acquise) est la phase la plus grave de l'infection par le VIH (virus de l'immunodéficience humaine).

Un virus qui attaque le chef d'orchestre. Le VIH infecte surtout les lymphocytes T4. Il y pénètre, utilise la machinerie de la cellule pour fabriquer de nouveaux virus, puis la détruit ; les nouveaux virus infectent d'autres lymphocytes T4. Or, les T4 coordonnent les deux réponses spécifiques : ils stimulent les lymphocytes B (anticorps) et les lymphocytes T8 (cellules tueuses). Quand ils disparaissent, toute l'immunité spécifique s'effondre.

Des microbes qui ne rendent pas malade une personne en bonne santé profitent alors de cette faiblesse : on les appelle maladies opportunistes (tuberculose, pneumonies graves, candidose de la bouche et de l'œsophage, diarrhées persistantes, certains cancers). Ce sont elles qui menacent la vie.

Les trois phases de l'infection (sans traitement)

PhaseDuréeCe qui se passe
Primo-infectionQuelques semaines après la contaminationLe virus se multiplie beaucoup ; parfois des signes proches de la grippe, souvent rien. L'organisme fabrique des anticorps anti-VIH : la personne devient séropositive.
Phase sans symptômePlusieurs années (souvent 8 à 10 ans)La personne semble en bonne santé mais le virus continue à détruire les T4, qui diminuent lentement. Elle peut transmettre le virus.
Phase sidaLes T4 tombent en dessous d'environ 200 par mm³ (normale : 500 à 1 500). Les maladies opportunistes apparaissent.
0246810120200400600800y = 1000exp(−0.2x)y = 200
Modèle de la baisse du nombre de lymphocytes T4 (par mm³) au cours des années (axe horizontal) chez une personne infectée non traitée ; sous la ligne des 200 pa

Méthode

Pour exploiter des données sur l'évolution de l'infection par le VIH :

  1. Je repère les grandeurs mesurées (nombre de lymphocytes T4, quantité de virus, anticorps) et l'unité de temps.
  2. Je découpe l'évolution en phases (primo-infection, phase sans symptôme, sida).
  3. Je calcule la vitesse de baisse des T4 : diminution ÷ durée.
  4. Je relie la baisse des T4 à l'apparition des maladies opportunistes et au seuil de 200 par mm³.

Exemple

Données d'exercice : chez un patient non traité, le nombre de lymphocytes T4 passe de 900 par mm³ (un an après la contamination) à 300 par mm³ (sept ans après).

Diminution : 900 − 300 = 600 par mm³ en 7 − 1 = 6 ans.

Vitesse moyenne : 600 ÷ 6 = 100 T4 par mm³ et par an.

Si la baisse continue au même rythme, il atteindra 200 par mm³ en (300 − 200) ÷ 100 = 1 an, soit huit ans après la contamination : il entrera alors au stade sida.

Un traitement antirétroviral commencé tôt aurait arrêté cette baisse.

Le dépistage. Le test recherche dans le sang les anticorps anti-VIH (ou des fragments du virus). Un test positif est toujours confirmé par un second test. Juste après une contamination, le test peut encore être négatif pendant quelques semaines : c'est la fenêtre sérologique ; on refait alors le test plus tard. Le dépistage est volontaire et confidentiel ; il se fait dans les centres de santé et les centres de dépistage.

3. La transmission du VIH

Le VIH se transmet seulement par trois voies :

  1. Sexuelle : rapports sexuels non protégés avec une personne infectée.
  2. Sanguine : sang contaminé, partage d'objets tranchants ou piquants non stérilisés (seringues, lames, rasoirs, instruments de scarification ou de tatouage).
  3. De la mère à l'enfant : pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement.

Le VIH ne se transmet pas par : une poignée de main, une accolade, le fait de manger dans le même plat, de partager un verre, les toilettes, la sueur, les larmes, les piqûres de moustiques. Vivre, étudier et travailler avec une personne séropositive ne présente aucun risque. Rejeter ou insulter une personne vivant avec le VIH est une injustice, qui décourage aussi le dépistage.

Transmet le VIH
  • Rapport sexuel non protégé
  • Seringue, lame ou rasoir partagés
  • Transfusion de sang non contrôlé
  • Mère infectée non traitée à son enfant
Ne transmet pas le VIH
  • Poignée de main, accolade
  • Repas dans le même plat, verre partagé
  • Piqûre de moustique
  • Toilettes, douche, piscine
Les voies de transmission du VIH et les gestes du quotidien sans risque.

4. Prévention et traitement

Se protéger :

  • l'abstinence, la fidélité entre partenaires dépistés, ou l'usage correct du préservatif à chaque rapport ;
  • n'utiliser que du matériel stérile ou personnel (seringues, lames, rasoirs) ;
  • le dépistage, pour connaître son statut et se soigner tôt ;
  • chez la femme enceinte séropositive, le suivi et le traitement pendant la grossesse (prévention de la transmission de la mère à l'enfant) rendent la transmission au bébé très rare.

Se soigner : il n'existe ni vaccin ni guérison contre le VIH. Mais les médicaments antirétroviraux (ARV), pris chaque jour et à vie, bloquent la multiplication du virus. Les lymphocytes T4 remontent, la personne ne développe pas le sida et peut vivre longtemps, travailler et fonder une famille. Quand le traitement est efficace et que le virus devient indétectable dans le sang, la personne ne transmet plus le VIH par voie sexuelle.

3Je retiens

Je retiens

Allergie : réaction excessive du système immunitaire contre un allergène normalement inoffensif (poussière, acariens, pollen, venin, aliment, médicament).

Mécanisme : sensibilisation au premier contact (IgE fixées sur les mastocytes), puis libération d'histamine à chaque nouveau contact.

Choc anaphylactique : urgence vitale, traitée par l'adrénaline.

Sida : phase grave de l'infection par le VIH, qui détruit les lymphocytes T4, coordinateurs de l'immunité spécifique.

Phases : primo-infection, phase sans symptôme de plusieurs années, sida (T4 inférieurs à environ 200 par mm³, maladies opportunistes).

Transmission : sexuelle, sanguine, de la mère à l'enfant ; jamais par les gestes du quotidien ni par les moustiques.

Prévention : abstinence, fidélité ou préservatif, matériel stérile, dépistage ; les antirétroviraux contrôlent le virus mais ne le guérissent pas.

4Erreurs fréquentes

  • Croire qu'on peut faire une allergie dès le premier contact : il faut d'abord une sensibilisation.
  • Confondre VIH et sida : le VIH est le virus ; le sida est la phase avancée de l'infection. Une personne séropositive traitée peut ne jamais développer le sida.
  • Penser que le VIH tue directement : il détruit les défenses, et ce sont les maladies opportunistes qui sont mortelles.
  • Croire que le moustique ou le partage d'un repas transmettent le VIH : c'est faux.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Définis : allergène ; histamine ; séropositif ; maladie opportuniste.

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  • Allergène : substance normalement inoffensive qui déclenche une réaction allergique chez une personne sensibilisée.
  • Histamine : substance libérée par les mastocytes lors d'une réaction allergique, responsable de la dilatation des vaisseaux, du gonflement, des démangeaisons et de la contraction des bronches.
  • Séropositif : se dit d'une personne dont le sang contient des anticorps contre un virus, ici le VIH ; elle est infectée.
  • Maladie opportuniste : maladie due à un microbe habituellement peu dangereux, qui profite de l'affaiblissement du système immunitaire.

2Exercice 2

Explique pourquoi Fanta n'avait pas réagi lors de sa première piqûre de guêpe, alors qu'elle a fait un malaise grave lors de la seconde.

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Lors de la première piqûre, le venin a déclenché une sensibilisation : l'organisme de Fanta a fabriqué des anticorps IgE, qui se sont fixés sur ses mastocytes, sans provoquer de signe. Lors de la seconde piqûre, le venin s'est fixé sur ces IgE : les mastocytes ont libéré brutalement leur histamine dans tout le corps, d'où le gonflement du visage, la gêne respiratoire et le malaise (choc anaphylactique).

3Exercice 3

Classe ces situations en deux groupes (risque de transmission du VIH / pas de risque) : partager une lame de rasoir ; manger dans le même plat ; se faire piquer par un moustique ; recevoir du sang non contrôlé ; serrer la main ; allaitement par une mère infectée non traitée.

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  • Risque : partager une lame de rasoir ; recevoir du sang non contrôlé ; allaitement par une mère infectée non traitée.
  • Pas de risque : manger dans le même plat ; piqûre de moustique ; serrer la main.

4Exercice 4

Explique pourquoi la destruction des lymphocytes T4 affaiblit à la fois la production d'anticorps et l'action des lymphocytes T cytotoxiques.

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Les lymphocytes T4 sont les coordinateurs de la réponse spécifique : ils stimulent la multiplication et la transformation des lymphocytes B en plasmocytes producteurs d'anticorps, et celles des lymphocytes T8 en lymphocytes T cytotoxiques. Sans T4, ni l'une ni l'autre de ces réponses ne peut se développer correctement : l'organisme ne se défend plus contre les microbes.

5Exercice 5

(Type BEPC) Données d'exercice : suivi d'une personne infectée par le VIH, non traitée.

Année 0 (contamination) : T4 = 1 000 par mm³, anticorps anti-VIH absents.

Année 0,5 : T4 = 800, anticorps présents.

Année 5 : T4 = 500.

Année 9 : T4 = 180 ; apparition d'une tuberculose et d'une candidose.

a) Pourquoi les anticorps sont-ils absents juste après la contamination ? Que risque-t-on si l'on fait un test de dépistage à ce moment-là ?

b) Calcule la vitesse moyenne de baisse des T4 entre l'année 0,5 et l'année 5, puis entre l'année 5 et l'année 9.

c) À quelle phase de la maladie correspond l'année 9 ? Justifie.

d) Pourquoi la tuberculose et la candidose apparaissent-elles à ce moment ?

e) Quel traitement aurait pu éviter cette évolution ?

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a) Juste après la contamination, l'organisme n'a pas encore eu le temps de fabriquer des anticorps (réponse primaire lente). Un test fait à ce moment-là peut être négatif alors que la personne est infectée (fenêtre sérologique) : il faut refaire le test plus tard.

b) Entre 0,5 et 5 ans : (800 − 500) ÷ (5 − 0,5) = 300 ÷ 4,5 ≈ 67 T4 par mm³ et par an. Entre 5 et 9 ans : (500 − 180) ÷ (9 − 5) = 320 ÷ 4 = 80 T4 par mm³ et par an. La baisse s'accélère.

c) C'est la phase sida : les T4 sont en dessous de 200 par mm³ (180) et des maladies opportunistes apparaissent.

d) Avec si peu de lymphocytes T4, le système immunitaire ne peut plus contrôler des microbes qu'il éliminait facilement auparavant : le bacille de la tuberculose et le champignon de la candidose se multiplient librement.

e) Un traitement par antirétroviraux (ARV), commencé dès le dépistage et pris chaque jour, aurait bloqué la multiplication du virus et permis aux T4 de rester à un niveau suffisant.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Quelle cellule libère l'histamine lors d'une allergie ?
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Réponse B : le mastocyte. Les mastocytes portent les IgE ; au contact de l'allergène, ils libèrent leur histamine.

2Pourquoi n'y a-t-il pas de réaction allergique au premier contact ?
Voir la réponse

Réponse A : parce que l'organisme doit d'abord être sensibilisé. Le premier contact provoque la fabrication des IgE ; les symptômes n'apparaissent qu'aux contacts suivants.

3Quelles cellules le VIH détruit-il principalement ?
Voir la réponse

Réponse C : les lymphocytes T4. En détruisant les T4, coordinateurs de l'immunité, le VIH affaiblit toutes les défenses spécifiques.

4Lequel de ces gestes ne transmet pas le VIH ?
Voir la réponse

Réponse B : partager un repas. Le VIH ne se transmet ni par la salive, ni par les aliments, ni par le contact de la peau.

5Que permettent les antirétroviraux ?
Voir la réponse

Réponse C : de bloquer la multiplication du virus et d'éviter le sida. Pris chaque jour et à vie, ils contrôlent le virus, sans l'éliminer.

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