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Géographie · 10e Prépare le BEPC

Leçon 27 sur 35

La Guinée : sols et hydrographie

Je sais décrire les principaux sols de la Guinée et expliquer pourquoi le pays est appelé le « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest ».

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 3 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Expliquer comment se forme un sol et nommer les grands types de sols guinéens
  • Décrire le réseau hydrographique de la Guinée et ses grands bassins
  • Expliquer le régime des cours d'eau guinéens
  • Montrer l'utilité des fleuves et les menaces qui pèsent sur eux

Avant de commencer : Les leçons « La Guinée : structure géologique et relief », « La Guinée : le climat » et « La Guinée : climat et végétation ».

1Je découvre

Lansana habite à Faranah. Un jour, son maître emmène la classe au bord d'un petit cours d'eau paisible, qu'on peut presque traverser à pied en saison sèche. « Voici le Niger », dit-il. Les élèves n'en reviennent pas : ce ruisseau est le début du grand fleuve qui traverse le Mali et le Niger, puis le Nigeria, jusqu'à l'océan, sur plus de 4 000 km !

Sur la carte accrochée au tableau, Lansana remarque que beaucoup d'autres fleuves naissent en Guinée : le Sénégal, la Gambie, et de nombreuses rivières qui descendent vers la mer. Il remarque aussi que près de ces rivières, la terre des champs est noire et lourde, alors que sur les plateaux elle est rouge et dure.

Quels sont les sols de la Guinée, et pourquoi dit-on que la Guinée est le « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest » ?

2Je comprends

1. Qu'est-ce qu'un sol ?

Le sol est la couche superficielle, meuble, de la surface de la Terre, dans laquelle poussent les plantes. Il se forme lentement, pendant des milliers d'années, à partir de la roche mère qui est altérée (décomposée) par l'eau, la chaleur et les êtres vivants. Il contient des éléments minéraux, de l'eau, de l'air et de l'humus, c'est-à-dire la matière organique issue de la décomposition des feuilles et des débris végétaux.

Trois facteurs principaux expliquent le type de sol : la roche mère, le climat (sous un climat chaud et humide, l'altération est rapide et profonde) et la végétation (qui fournit l'humus et protège le sol).

2. Les grands types de sols guinéens

Les sols ferrallitiques (ou latéritiques). Ce sont les sols les plus répandus en Guinée. Sous le climat tropical chaud et humide, les pluies lessivent le sol : elles entraînent vers le bas les éléments solubles et laissent sur place du fer et de l'alumine, qui donnent au sol sa couleur rouge. Ces sols sont profonds mais souvent pauvres : une fois défrichés, ils s'épuisent en quelques années.

Les cuirasses latéritiques (les bowé). Quand le sol ferrallitique est mis à nu et qu'il subit l'alternance des pluies et de la saison sèche, le fer et l'alumine durcissent et forment une croûte, la cuirasse. Les étendues de cuirasse sont les bowé (singulier bowal), très nombreuses en Moyenne-Guinée et en Haute-Guinée. Elles sont presque stériles. Mais la même altération explique la richesse de la Guinée en bauxite, le minerai d'aluminium.

Les sols hydromorphes. Ce sont des sols gorgés d'eau une partie de l'année : sols de la mangrove et des plaines côtières en Basse-Guinée, sols des bas-fonds (fonds de vallées humides) dans tout le pays. Riches en matière organique, ils conviennent bien au riz. Sur la côte, ils doivent être dessalés pour être cultivés.

Les sols alluviaux. Ils sont formés par les alluvions (sable, limon, argile) déposées par les fleuves lors des crues, notamment dans les plaines inondables du Niger et de ses affluents en Haute-Guinée. Ils sont fertiles et renouvelés chaque année.

Les sols forestiers. Sous la forêt dense de Guinée forestière, les sols ferrallitiques sont couverts d'une couche d'humus épaisse. Ils sont fertiles tant que la forêt les protège, mais s'appauvrissent vite après le défrichement.

Type de solOù ?CaractèresUtilisation
Ferrallitique (latéritique)Presque partoutRouge, lessivé, souvent pauvreCultures vivrières, jachères nécessaires
Cuirasse (bowal)Fouta-Djallon, Haute-GuinéeCroûte dure, presque stérilePâturage maigre ; gisements de bauxite
HydromorpheCôte, bas-fondsGorgé d'eau, riche en matière organiqueRiziculture
AlluvialPlaines du Niger, valléesLimon fertile, renouvelé par les cruesRiz, maraîchage
ForestierGuinée forestièreRiche en humusCafé, cola, palmier, riz de coteau

3. La Guinée, château d'eau de l'Afrique de l'Ouest

L'hydrographie est l'étude des eaux d'une région : fleuves, rivières, lacs, sources. Un bassin versant (ou bassin hydrographique) est l'ensemble des terres dont les eaux s'écoulent vers un même fleuve. Un affluent est un cours d'eau qui se jette dans un autre.

La Guinée reçoit des pluies abondantes et possède des reliefs élevés (le Fouta-Djallon et la dorsale guinéenne). Ces hauteurs sont des lignes de partage des eaux : de là, les cours d'eau partent dans toutes les directions et arrosent plusieurs pays voisins. Grâce à la pluie et au relief, la Guinée est appelée le « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest ». Le Fouta-Djallon en est le cœur.

On distingue quatre grands ensembles :

  • le bassin du Niger : le Niger naît en Guinée, à Tembakounda, près de la frontière avec la Sierra Leone. Il coule vers le nord-est, traverse la Haute-Guinée (Faranah, Kouroussa, Siguiri) et entre au Mali. Ses affluents guinéens sont le Tinkisso, le Niandan, le Milo (qui passe à Kankan) et le Sankarani. Long d'environ 4 200 km, c'est le plus long fleuve d'Afrique de l'Ouest ;
  • les bassins du Sénégal et de la Gambie : le Bafing, principale branche du fleuve Sénégal, et la Gambie naissent dans le Fouta-Djallon et coulent vers le nord et le nord-ouest ;
  • les fleuves côtiers : ils descendent directement vers l'océan Atlantique à travers la Basse-Guinée. Les principaux sont le Konkouré, la Fatala, le Kogon, le Rio Nunez et la Kolenté ; certains, comme le Corubal vers la Guinée-Bissau, naissent aussi dans le Fouta-Djallon ;
  • les rivières de la Guinée forestière : la Makona, le Diani et le Cavally naissent sur la dorsale guinéenne et coulent vers la Sierra Leone, le Liberia ou la Côte d'Ivoire.
Niger4 200 kmSénégal1 750 kmGambie1 130 km
Longueurs approximatives de trois grands fleuves qui prennent leur source en Guinée.

4. Le régime des cours d'eau

Le régime d'un cours d'eau est la variation de son débit au cours de l'année. En Guinée, il suit le rythme des saisons : c'est un régime tropical.

  • En saison des pluies, les rivières se remplissent : c'est la crue (hautes eaux), souvent maximale en août-septembre. Les plaines du Niger sont inondées.
  • En saison sèche, le débit baisse fortement : c'est l'étiage (basses eaux), en mars-avril. Certains petits cours d'eau s'assèchent.

Les fleuves guinéens ont aussi beaucoup de chutes et de rapides, car ils descendent de plateaux élevés par des pentes fortes. Ces chutes gênent la navigation mais offrent un grand potentiel hydroélectrique.

  1. 1Les pluies de la mousson tombent sur le Fouta-Djallon et la dorsale guinéenne
  2. 2L'eau s'infiltre dans le sol et alimente les sources
  3. 3Les sources donnent naissance aux rivières qui partent dans toutes les directions
  4. 4En saison des pluies, les rivières grossissent : c'est la crue
  5. 5En saison sèche, seules les nappes du sol les alimentent : c'est l'étiage
Pourquoi la Guinée est un château d'eau et pourquoi ses fleuves ont un régime tropical.

5. Des fleuves utiles, mais menacés

Les cours d'eau guinéens rendent de nombreux services :

  • l'agriculture : riziculture dans les plaines inondables et les bas-fonds, maraîchage en saison sèche ;
  • l'énergie : les barrages hydroélectriques, surtout sur le Konkouré : Garafiri (75 MW), Kaléta (240 MW) et Souapiti (450 MW) ;
  • la pêche continentale et l'eau potable ;
  • la navigation sur certains biefs du Niger et de ses affluents pendant les hautes eaux ;
  • la coopération entre pays voisins, qui partagent les mêmes fleuves au sein d'organismes de bassin.
Garafiri75 MWKaléta240 MWSouapiti450 MW
Puissance installée de trois barrages sur le Konkouré.

Mais ces eaux sont menacées : le déboisement des têtes de sources dans le Fouta-Djallon fait baisser le débit, l'orpaillage et les mines envasent et polluent les rivières, les déchets et les eaux usées salissent les cours d'eau près des villes. Protéger les sources guinéennes, c'est protéger l'eau de toute l'Afrique de l'Ouest.

Exemple

Question : « Justifie l'expression "château d'eau de l'Afrique de l'Ouest". »

Réponse : La Guinée reçoit des pluies abondantes grâce à la mousson et possède des reliefs élevés, surtout le Fouta-Djallon. De ces hauteurs partent de nombreux cours d'eau dans toutes les directions : le Niger, le Sénégal (par le Bafing), la Gambie, le Corubal et les fleuves côtiers. Ces fleuves arrosent ensuite le Mali, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone et d'autres pays. Comme un réservoir, la Guinée alimente donc en eau une grande partie de la région.

Exemple

Question : « Explique pourquoi les sols ferrallitiques sont rouges et souvent pauvres. »

Réponse : Sous le climat tropical chaud et humide, les pluies abondantes traversent le sol et emportent vers le bas les éléments nutritifs solubles : c'est le lessivage. Il reste surtout des oxydes de fer et d'alumine. Le fer donne la couleur rouge ; l'absence d'éléments nutritifs rend le sol pauvre, surtout quand la végétation qui fournissait l'humus a été détruite.

Méthode

Pour présenter un fleuve :

  1. Je donne sa source (lieu, relief) et sa direction.
  2. Je cite les régions ou villes traversées et ses principaux affluents.
  3. Je dis où il se jette (océan, autre fleuve) et, si je la connais, sa longueur.
  4. Je décris son régime (crue, étiage).
  5. Je termine par ses usages (agriculture, énergie, pêche, navigation) et ses problèmes.

3Je retiens

Je retiens

Le sol se forme par l'altération de la roche mère sous l'action du climat et de la végétation ; l'humus vient de la matière végétale décomposée.

Sols guinéens : ferrallitiques rouges (les plus répandus, lessivés), cuirasses ou bowé (stériles), hydromorphes (côte, bas-fonds, riz), alluviaux (plaines du Niger, fertiles), forestiers (riches en humus).

La Guinée est le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest : pluies abondantes et reliefs (Fouta-Djallon, dorsale guinéenne).

Grands fleuves nés en Guinée : Niger (source à Tembakounda), Sénégal (par le Bafing), Gambie ; fleuves côtiers : Konkouré, Fatala, Kogon, Kolenté.

Affluents guinéens du Niger : Tinkisso, Niandan, Milo, Sankarani.

Régime tropical : crue en saison des pluies (août-septembre), étiage en saison sèche (mars-avril).

Barrages sur le Konkouré : Garafiri, Kaléta, Souapiti.

4Erreurs fréquentes

  • Croire que le Niger naît au Mali : il naît en Guinée, près de la frontière sierra-léonaise, puis traverse la Haute-Guinée avant d'entrer au Mali.
  • Confondre sol et roche : le sol est la couche meuble de surface ; la roche mère est dessous.
  • Dire que les sols rouges sont fertiles parce qu'ils sont épais : ils sont souvent pauvres, car lessivés.
  • Oublier que la crue a lieu en saison des pluies et l'étiage en saison sèche.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Définis : sol, humus, bassin versant, affluent.

b) Cite trois fleuves qui prennent leur source en Guinée.

c) Nomme deux affluents guinéens du Niger.

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a) Le sol est la couche superficielle et meuble de la Terre où poussent les plantes. L'humus est la matière organique issue de la décomposition des débris végétaux. Le bassin versant est l'ensemble des terres dont les eaux s'écoulent vers un même fleuve. Un affluent est un cours d'eau qui se jette dans un autre.

b) Le Niger, le Sénégal (par le Bafing) et la Gambie.

c) Le Milo et le Niandan (on accepte aussi le Tinkisso et le Sankarani).

2Exercice 2

(Associer) Associe chaque sol à son usage principal : sol hydromorphe ; bowal ; sol alluvial ; sol forestier.

Usages : pâturage maigre ; riziculture de bas-fond ; riz et maraîchage dans les plaines inondables ; café et cola.

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Sol hydromorphe : riziculture de bas-fond. Bowal : pâturage maigre. Sol alluvial : riz et maraîchage dans les plaines inondables. Sol forestier : café et cola.

3Exercice 3

(Calcul) D'après le schéma des barrages :

a) Calcule la puissance totale des trois barrages du Konkouré.

b) Combien de fois la puissance de Souapiti est-elle plus grande que celle de Garafiri ? (Arrondis au dixième.)

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a) 75 + 240 + 450 = 765 MW.

b) 450 ÷ 75 = 6. Souapiti est 6 fois plus puissant que Garafiri.

4Exercice 4

(Explication, type BEPC) Explique le régime des cours d'eau guinéens en le reliant au climat.

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Les cours d'eau guinéens ont un régime tropical, qui suit les deux saisons du climat. De mai à octobre, la mousson apporte des pluies abondantes : les rivières grossissent et atteignent leur crue, en général en août-septembre ; les plaines du Niger sont alors inondées. De novembre à avril, l'harmattan apporte la saison sèche : les rivières ne sont plus alimentées que par les nappes souterraines, leur débit baisse jusqu'à l'étiage de mars-avril, et les petits cours d'eau peuvent s'assécher.

5Exercice 5

(Rédaction guidée, type BEPC) En une dizaine de lignes, montre que la Guinée est le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest et que ses cours d'eau sont une richesse à protéger.

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Exemple de rédaction :

La Guinée est appelée le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest. En effet, elle reçoit des pluies abondantes grâce à la mousson, et ses reliefs, surtout le Fouta-Djallon et la dorsale guinéenne, sont des lignes de partage des eaux. De là partent le Niger, qui naît à Tembakounda et traverse la Haute-Guinée avant le Mali, le Sénégal par le Bafing, la Gambie, et de nombreux fleuves côtiers comme le Konkouré.

Ces cours d'eau sont une richesse : ils permettent la riziculture, la pêche, l'eau potable et la production d'électricité, comme aux barrages de Garafiri, Kaléta et Souapiti.

Mais ils sont menacés par le déboisement des têtes de sources, l'orpaillage et la pollution. Il faut donc reboiser, protéger les sources et contrôler les activités minières, pour la Guinée et pour tous les pays voisins.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Où naît le fleuve Niger ?
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Réponse B : en Guinée, à Tembakounda. Le Niger naît en Guinée, près de la frontière avec la Sierra Leone, puis coule vers le nord-est.

2Pourquoi les sols ferrallitiques sont-ils rouges ?
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Réponse A : à cause des oxydes de fer qui restent après le lessivage. Le lessivage emporte les éléments solubles et laisse le fer, qui colore le sol.

3Quel relief est le cœur du château d'eau de l'Afrique de l'Ouest ?
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Réponse C : le Fouta-Djallon. Le Sénégal, la Gambie et de nombreuses rivières y prennent leur source.

4Comment appelle-t-on la période des basses eaux d'un fleuve ?
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Réponse B : l'étiage. L'étiage a lieu en fin de saison sèche.

5Sur quel fleuve se trouvent les barrages de Garafiri, Kaléta et Souapiti ?
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Réponse C : le Konkouré. Le Konkouré est un fleuve côtier de Basse-Guinée, très équipé en barrages.

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