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Géographie · 10e Prépare le BEPC

Leçon 29 sur 35

La Guinée : économie (agriculture, pêche, élevage)

Je sais présenter l'agriculture, l'élevage et la pêche en Guinée, les localiser par région et expliquer leurs problèmes et leurs solutions.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Montrer la place du secteur primaire dans l'économie guinéenne
  • Distinguer cultures vivrières et cultures de rente et les localiser
  • Décrire l'élevage et ses caractères
  • Présenter la pêche maritime et continentale
  • Expliquer les difficultés du secteur et proposer des solutions

Avant de commencer : Les leçons sur le climat, la végétation, les sols et l'hydrographie de la Guinée, et « La Guinée : étude humaine ».

1Je découvre

À Timbi-Madina, dans le Fouta-Djallon, Alpha aide son père à récolter des pommes de terre. Le camion qui les emporte vers Conakry reviendra chargé de sacs de riz importé. Son cousin Ibrahima, à Kankan, cultive du riz dans la plaine inondée du Milo et élève quelques bœufs. Sa tante Kadiatou, à Boulbinet, au bord de la mer à Conakry, achète chaque matin le poisson des pirogues pour le fumer et le revendre.

Alpha s'étonne : « Si tant de Guinéens travaillent la terre, élèvent du bétail et pêchent, pourquoi achetons-nous encore du riz venu de l'étranger ? »

Quelle est la place de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche en Guinée, quelles sont leurs productions et quels sont leurs problèmes ?

2Je comprends

1. Un secteur primaire essentiel

Le secteur primaire regroupe les activités qui exploitent directement la nature : agriculture, élevage, pêche, exploitation forestière (les mines en font aussi partie, mais on les étudie dans la leçon suivante).

En Guinée, l'agriculture occupe la majorité de la population active. Elle nourrit les familles, fournit des revenus et des produits exportés. Le pays a de sérieux atouts : des pluies abondantes, de nombreux cours d'eau, des terres cultivables étendues, et des climats variés qui permettent des productions différentes d'une région à l'autre.

2. L'agriculture : cultures vivrières et cultures de rente

On distingue deux grands types de cultures :

  • les cultures vivrières, destinées d'abord à nourrir la famille et à être vendues sur les marchés locaux : riz, fonio, maïs, manioc, mil, sorgho, arachide, igname, taro, patate douce, légumes ;
  • les cultures de rente (ou d'exportation, ou industrielles), destinées surtout à être vendues pour obtenir de l'argent, souvent à l'étranger : café, anacarde (noix de cajou), palmier à huile, hévéa, coton, banane, ananas, mangue, agrumes.

Le riz, première culture du pays. C'est l'aliment de base des Guinéens. On le cultive de plusieurs façons :

  • le riz pluvial (ou de coteau), sur les pentes, arrosé seulement par la pluie ;
  • le riz de mangrove, sur les terres côtières de Basse-Guinée, après dessalement ;
  • le riz de bas-fond, dans les fonds de vallées humides, surtout en Guinée forestière ;
  • le riz de plaine inondée, dans les plaines du Niger et de ses affluents en Haute-Guinée.

Malgré cela, la production ne suffit pas à nourrir une population qui augmente vite et se concentre dans les villes : la Guinée doit importer du riz.

Une agriculture qui varie selon les régions.

Région naturelleCultures vivrièresCultures de rente
Basse-GuinéeRiz de mangrove et de plaine, manioc, arachideAnanas, banane, mangue, agrumes, palmier à huile
Moyenne-GuinéeFonio, maïs, riz pluvial, taro, patatePomme de terre, oignon, tomate (maraîchage), orange
Haute-GuinéeRiz de plaine inondée, mil, sorgho, maïs, manioc, arachideAnacarde, coton
Guinée forestièreRiz de bas-fond et de coteau, manioc, banane plantain, ignameCafé, cola, palmier à huile, hévéa, cacao

Une agriculture surtout traditionnelle. La plupart des exploitations sont familiales et petites. On travaille à la daba (houe) et au coupe-coupe ; la culture attelée et les tracteurs restent rares. On pratique souvent la culture itinérante sur brûlis avec jachère : on défriche, on brûle, on cultive deux ou trois ans, puis on laisse la terre se reposer plusieurs années. On trouve aussi quelques plantations modernes et des aménagements hydroagricoles (plaines rizicoles aménagées).

Exemple

Question : « Distingue culture vivrière et culture de rente, avec deux exemples guinéens pour chacune. »

Réponse : Une culture vivrière sert d'abord à nourrir la famille du paysan et le marché local : par exemple le riz et le fonio. Une culture de rente est produite surtout pour être vendue, souvent à l'exportation, afin d'obtenir de l'argent : par exemple le café de Guinée forestière et l'anacarde de Haute-Guinée.

3. L'élevage

L'élevage est pratiqué dans toute la Guinée, mais surtout en Moyenne-Guinée et en Haute-Guinée, où les savanes et les prairies offrent des pâturages. On élève :

  • des bovins, principalement de race N'Dama, une race de petite taille, rustique et trypanotolérante : elle résiste à la trypanosomose, la maladie transmise par la mouche tsé-tsé. C'est un atout : la N'Dama peut vivre dans des zones humides où d'autres races tombent malades ;
  • des ovins (moutons) et des caprins (chèvres), très répandus autour des villages ;
  • de la volaille (poulets, pintades), et, dans certaines zones, des porcs.

L'élevage est surtout extensif : les troupeaux se déplacent pour trouver l'herbe et l'eau, parfois sur de longues distances en saison sèche (la transhumance). Le bétail a aussi une valeur sociale : il sert d'épargne, de dot et de sacrifice lors des fêtes. Les produits sont la viande, le lait (le lait caillé est très consommé au Fouta), le cuir et le fumier.

Principaux problèmes : maladies animales, manque de pâturages et d'eau en fin de saison sèche, faible productivité, et conflits entre éleveurs et agriculteurs quand les troupeaux entrent dans les champs.

4. La pêche

La pêche maritime. La Guinée a une façade atlantique d'environ 300 km et un plateau continental large, très riche en poissons.

  • La pêche artisanale se pratique en pirogue depuis de nombreux débarquements (Boulbinet à Conakry, Kamsar, Koba, Dubréka, Boffa, Bongolon…). Elle fournit l'essentiel du poisson consommé par les Guinéens. Une partie est fumée par les femmes, ce qui permet de le conserver et de l'envoyer vers l'intérieur du pays.
  • La pêche industrielle est pratiquée par des chalutiers, dont beaucoup sont étrangers et pêchent sous licence. Elle rapporte des devises à l'État, mais la surveillance est difficile et la pêche illégale épuise les ressources.

La pêche continentale. Elle se pratique dans les fleuves (Niger, Milo, Konkouré…), les mares et les lacs de barrage, surtout en Haute-Guinée. Elle est saisonnière et artisanale. La pisciculture (élevage de poissons dans des étangs) commence à se développer.

  1. 1La pirogue débarque le poisson au port de pêche
  2. 2Les femmes mareyeuses achètent le poisson frais
  3. 3Une partie est vendue fraîche dans les marchés de la ville
  4. 4Une autre partie est fumée au feu de bois pour la conserver
  5. 5Le poisson fumé est transporté vers l'intérieur du pays
Le circuit du poisson de la pêche artisanale.

5. Des difficultés, mais des solutions

Problèmes
  • Outils traditionnels, faibles rendements
  • Dépendance aux pluies
  • Sols pauvres et érosion
  • Pistes rurales en mauvais état
  • Pertes après récolte, poisson mal conservé
  • Pêche illégale
  • Manque de crédit et d'organisation
Solutions
  • Culture attelée, petite mécanisation, semences améliorées
  • Aménagement des bas-fonds et des plaines, irrigation
  • Engrais organiques, lutte contre les feux, reboisement
  • Construction de pistes pour évacuer les récoltes
  • Magasins de stockage, fumoirs améliorés, chambres froides
  • Surveillance des eaux et contrôle des licences
  • Coopératives et groupements de producteurs, microcrédit
Principaux problèmes du secteur primaire guinéen et pistes de solution.

L'enjeu principal est l'autosuffisance alimentaire : produire assez de riz et d'autres aliments pour nourrir la population sans dépendre des importations. La Guinée a les terres et l'eau pour y parvenir, à condition d'aménager, d'équiper et de mieux organiser les producteurs.

Exemple

Question : « Pourquoi la race N'Dama est-elle bien adaptée à la Guinée ? »

Réponse : Une grande partie de la Guinée est humide et infestée par la mouche tsé-tsé, qui transmet la trypanosomose, une maladie grave pour le bétail. La N'Dama est trypanotolérante : elle résiste à cette maladie. Elle est aussi rustique et se contente de pâturages pauvres. C'est pourquoi elle est la principale race bovine élevée en Guinée.

Méthode

Pour présenter une activité économique (agriculture, élevage ou pêche) :

  1. Je la définis et je montre son importance (emplois, alimentation, exportations).
  2. Je présente ses formes et ses productions en les localisant par région.
  3. Je décris ses méthodes (traditionnelles ou modernes).
  4. J'explique ses problèmes (naturels, techniques, humains).
  5. Je propose des solutions réalistes.

3Je retiens

Je retiens

Le secteur primaire (agriculture, élevage, pêche) occupe la majorité des actifs guinéens.

Cultures vivrières (riz, fonio, maïs, manioc, arachide…) : pour se nourrir. Cultures de rente (café, anacarde, palmier à huile, hévéa, banane, ananas, coton…) : pour vendre.

Le riz est l'aliment de base : riz pluvial, de mangrove, de bas-fond et de plaine inondée ; la production reste insuffisante, d'où des importations.

Agriculture surtout traditionnelle : petites exploitations familiales, daba, culture sur brûlis et jachère.

Élevage extensif surtout en Moyenne et Haute-Guinée ; race bovine N'Dama trypanotolérante ; ovins, caprins, volaille.

Pêche maritime artisanale (pirogues, poisson fumé) et industrielle (chalutiers sous licence) ; pêche continentale sur le Niger et les rivières.

Objectif : l'autosuffisance alimentaire par l'aménagement, l'équipement et l'organisation des producteurs.

4Erreurs fréquentes

  • Classer le café ou l'anacarde parmi les cultures vivrières : ce sont des cultures de rente, surtout vendues.
  • Dire que la Guinée produit assez de riz : elle en importe encore pour nourrir les villes.
  • Oublier de localiser : à l'examen, chaque production doit être associée à sa région naturelle.
  • Croire que la pêche artisanale est négligeable : c'est elle qui fournit l'essentiel du poisson consommé en Guinée.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Qu'est-ce que le secteur primaire ?

b) Cite les quatre façons de cultiver le riz en Guinée.

c) Qu'est-ce que la transhumance ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Le secteur primaire regroupe les activités qui exploitent directement les ressources de la nature : agriculture, élevage, pêche, exploitation forestière et mines.

b) Le riz pluvial (de coteau), le riz de mangrove, le riz de bas-fond et le riz de plaine inondée.

c) La transhumance est le déplacement saisonnier des troupeaux et de leurs bergers à la recherche de pâturages et d'eau, surtout en saison sèche.

2Exercice 2

(Classer et localiser) Classe en cultures vivrières ou de rente, puis indique une région de production : café, fonio, anacarde, pomme de terre, riz de mangrove, ananas.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Café : rente, Guinée forestière. Fonio : vivrière, Moyenne-Guinée. Anacarde : rente, Haute-Guinée. Pomme de terre : rente (maraîchage commercial), Moyenne-Guinée (Timbi-Madina). Riz de mangrove : vivrière, Basse-Guinée. Ananas : rente, Basse-Guinée (région de Kindia).

3Exercice 3

(Calcul) Un paysan de Haute-Guinée (données d'exercice) récolte 1,5 tonne de riz par hectare sur 2 hectares. Sa famille consomme 1 800 kg de riz par an.

a) Quelle est sa récolte totale en kilogrammes ?

b) Combien de kilogrammes lui reste-t-il à vendre ?

c) Grâce à un bas-fond aménagé, son rendement passe à 3 tonnes par hectare. Quelle quantité peut-il alors vendre ?

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a) 1,5 t × 2 = 3 t, soit 3 000 kg.

b) 3 000 − 1 800 = 1 200 kg à vendre.

c) 3 t × 2 = 6 t, soit 6 000 kg ; 6 000 − 1 800 = 4 200 kg à vendre. L'aménagement multiplie par 3,5 la quantité vendue (4 200 ÷ 1 200 = 3,5).

4Exercice 4

(Explication, type BEPC) Explique pourquoi la Guinée importe du riz alors que la majorité de sa population est agricole. Propose deux solutions.

Voir le corrigéCacher le corrigé

La Guinée importe du riz parce que sa production ne suit pas la demande. D'une part, la population augmente vite et les villes, qui ne produisent pas leur nourriture, grandissent. D'autre part, l'agriculture reste traditionnelle : outils manuels, faibles rendements, dépendance aux pluies, pertes après récolte, pistes en mauvais état qui empêchent d'évacuer les récoltes. Solutions : aménager les bas-fonds et les plaines inondables pour maîtriser l'eau et augmenter les rendements ; fournir des semences améliorées, du petit matériel et du crédit aux producteurs organisés en coopératives.

5Exercice 5

(Rédaction guidée, type BEPC) En une dizaine de lignes, présente l'élevage et la pêche en Guinée : formes, régions, importance et difficultés.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Exemple de rédaction :

L'élevage est pratiqué dans toute la Guinée, surtout en Moyenne-Guinée et en Haute-Guinée, où les savanes offrent des pâturages. On élève principalement des bovins de race N'Dama, résistante à la maladie transmise par la mouche tsé-tsé, ainsi que des moutons, des chèvres et de la volaille. Cet élevage est surtout extensif et comprend des déplacements saisonniers. Il fournit viande, lait et cuir, et sert d'épargne aux familles, mais il souffre des maladies, du manque de pâturages en saison sèche et des conflits avec les agriculteurs.

La pêche maritime profite d'une côte d'environ 300 km. La pêche artisanale en pirogue fournit l'essentiel du poisson consommé, souvent fumé par les femmes ; la pêche industrielle est pratiquée par des chalutiers sous licence. La pêche continentale se fait sur le Niger et les rivières. Le principal problème est la pêche illégale, qui épuise les ressources.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Lequel de ces produits est une culture de rente ?
Voir la réponse

Réponse B : le café. Le café est cultivé surtout pour être vendu, notamment à l'exportation.

2Quelle est la principale race bovine de Guinée ?
Voir la réponse

Réponse A : la N'Dama. La N'Dama résiste à la trypanosomose transmise par la mouche tsé-tsé.

3Où cultive-t-on surtout le riz de plaine inondée ?
Voir la réponse

Réponse C : en Haute-Guinée. Les plaines du Niger et de ses affluents sont inondées en saison des pluies.

4Quelle région est connue pour la pomme de terre et le fonio ?
Voir la réponse

Réponse A : la Moyenne-Guinée. Le climat frais du Fouta-Djallon convient à la pomme de terre ; le fonio y est une culture traditionnelle.

5Quel type de pêche fournit l'essentiel du poisson consommé en Guinée ?
Voir la réponse

Réponse B : la pêche artisanale en pirogue. Les pirogues débarquent le poisson vendu frais ou fumé sur les marchés.

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