Leçon 13 sur 24
Les manifestations du dynamisme interne
Je sais reconnaître et expliquer les grandes manifestations des forces internes de la Terre (plissements, failles, mouvements lents, volcanisme, séismes) et les situer sur une carte.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir le dynamisme interne et distinguer mouvements orogéniques et épirogéniques
- Décrire un pli (anticlinal, synclinal) et une faille (horst, fossé d'effondrement)
- Relier volcans, séismes et chaînes de montagnes aux limites des plaques
- Donner des exemples en Afrique et expliquer la stabilité du sous-sol guinéen
Avant de commencer : Les leçons « Structure et histoire géologique de la Terre » et « Les grandes théories orogéniques et les mouvements tectoniques » (croûte, manteau, plaques, dérive des continents).
1Je découvre
Sur la route de Mamou à Labé, Ibrahima regarde par la vitre du taxi-brousse. Dans une tranchée creusée pour élargir la route, il voit des couches de roche bien horizontales, empilées comme les feuilles d'un cahier. Son grand frère Alpha, étudiant à Conakry, lui montre sur son téléphone la photo d'une montagne d'Europe : là, les couches de roche sont tordues, relevées, parfois presque verticales, comme une natte froissée.
Ibrahima s'étonne : « Pourquoi les roches du Fouta-Djallon sont-elles restées bien à plat, alors qu'ailleurs elles ont été pliées et cassées ? » Alpha lui explique que l'intérieur de la Terre n'est pas immobile. Des forces énormes, venues des profondeurs, déplacent les plaques, soulèvent des montagnes, cassent l'écorce terrestre, font trembler le sol et jaillir la lave. Mais ces forces n'agissent pas partout avec la même intensité.
Quelles sont les manifestations des forces internes de la Terre, et où se produisent-elles ?
2Je comprends
1. Qu'est-ce que le dynamisme interne ?
On appelle dynamisme interne (ou forces internes, ou tectonique) l'ensemble des forces qui viennent de l'intérieur de la Terre et qui déforment l'écorce terrestre. Leur origine est la chaleur interne du globe : dans le manteau, des roches très chaudes se déplacent lentement (courants de convection) et entraînent les plaques lithosphériques qui forment la surface.
Ces forces s'opposent aux forces externes (pluie, cours d'eau, vent, mer, glace), qui usent le relief. Les forces internes construisent ou déforment le relief ; les forces externes le détruisent et le modèlent.
Les géographes distinguent deux grands types de mouvements :
- les mouvements orogéniques (du grec oros, montagne) : mouvements horizontaux, souvent rapides à l'échelle géologique, qui compriment ou étirent les roches et donnent naissance aux chaînes de montagnes ;
- les mouvements épirogéniques (du grec épeiros, continent) : mouvements verticaux, lents et de grande étendue, qui soulèvent ou abaissent de vastes régions sans les plisser.
À ces mouvements s'ajoutent deux manifestations brutales, visibles à l'échelle humaine : le volcanisme et les séismes, que tu étudieras en détail dans les deux leçons suivantes.
2. Les plissements
Quand deux plaques se rapprochent, les couches de roches sédimentaires (déposées à l'origine à plat, en couches appelées strates) sont comprimées. Si elles sont assez souples, elles se plient au lieu de casser : on obtient des plis.
- Un anticlinal est un pli bombé vers le haut, en forme de voûte (les couches les plus anciennes sont au cœur).
- Un synclinal est un pli creusé vers le bas, en forme de gouttière (les couches les plus récentes sont au cœur).
- Quand la compression est très forte, le pli se couche, puis peut glisser sur de longues distances : on parle de pli couché et de nappe de charriage.
Une région formée de nombreux plis constitue une chaîne plissée. Les grandes chaînes jeunes (Himalaya, Alpes, Andes, Rocheuses, Atlas en Afrique du Nord) sont nées de ces mouvements orogéniques ; on les appelle souvent les chaînes alpines ou tertiaires.
- Pli bombé vers le haut
- Forme de voûte
- Couches anciennes au cœur
- Correspond souvent à une crête au départ
- Pli creusé vers le bas
- Forme de gouttière
- Couches récentes au cœur
- Correspond souvent à une vallée au départ
3. Les failles
Si les roches sont rigides (roches anciennes, granites, grès durs), elles ne se plient pas : elles se cassent. Une faille est une cassure de l'écorce terrestre le long de laquelle les deux blocs se sont déplacés l'un par rapport à l'autre. La surface de glissement s'appelle le plan de faille ; le petit talus qu'elle forme parfois en surface est un escarpement de faille.
Les failles s'associent souvent pour former :
- un horst : un bloc soulevé entre deux failles ;
- un graben ou fossé d'effondrement : un bloc abaissé entre deux failles.
Le plus bel exemple africain est la vallée du Rift, en Afrique de l'Est : un immense ensemble de fossés d'effondrement, qui s'étend de la mer Rouge jusqu'au Mozambique. Des lacs très profonds s'y sont installés (lac Tanganyika, lac Malawi), et des volcans s'y sont formés (Kilimandjaro, Nyiragongo). À cet endroit, la plaque africaine est en train de s'étirer et de se déchirer.
- 1Des roches sont soumises à une forte pression venue des plaques
- 2Si elles sont souples, elles se plient : anticlinaux et synclinaux
- 3Si elles sont rigides, elles se cassent : failles
- 4Des blocs montent (horsts) ou s'effondrent (fossés d'effondrement)
- 5L'érosion attaque ensuite ces reliefs neufs et les modèle
4. Les mouvements épirogéniques
Ces mouvements verticaux sont très lents : quelques millimètres par an, parfois moins. Mais sur des millions d'années, ils suffisent à soulever un plateau de plusieurs centaines de mètres ou à faire descendre une région sous le niveau de la mer.
Ils se reconnaissent à des indices :
- des fossiles marins (coquillages) retrouvés loin de la mer, en altitude : la région a été soulevée ;
- des plages anciennes perchées au-dessus du niveau actuel de la mer ;
- à l'inverse, des vallées envahies par la mer (côtes découpées en estuaires) : la région s'est enfoncée, ou la mer est montée.
Une grande partie de l'Afrique est formée de socles anciens (roches très anciennes du Précambrien) qui ont surtout connu ces mouvements lents : vastes bombements et cuvettes (cuvette du Congo, cuvette du Tchad). C'est pourquoi l'Afrique est souvent décrite comme un continent de plateaux.
5. Volcanisme et séismes
Le volcanisme est la sortie en surface de roches fondues (le magma, appelé lave quand il s'écoule). Les séismes (tremblements de terre) sont des secousses brutales du sol provoquées par une rupture des roches en profondeur, souvent le long d'une faille.
Volcans, séismes et chaînes de montagnes récentes ne sont pas répartis au hasard : ils se concentrent le long des limites des plaques.
| Type de limite | Mouvement des plaques | Manifestations principales | Exemple |
|---|---|---|---|
| Divergente | Les plaques s'écartent | Volcanisme, séismes, fossés | Rift est-africain, dorsale médio-atlantique |
| Convergente | Les plaques se rapprochent | Plissements, séismes violents, volcans explosifs | Himalaya, Andes, Japon |
| Transformante | Les plaques coulissent | Séismes | Faille de San Andreas (Californie) |
La ceinture de feu du Pacifique, qui entoure l'océan Pacifique (Andes, Japon, Indonésie, Philippines), rassemble la majorité des volcans actifs du monde et de nombreux séismes.
6. Et la Guinée ?
La Guinée est située au cœur de la plaque africaine, loin de toute limite de plaques. Son sous-sol est formé :
- d'un socle ancien précambrien (granites, roches métamorphiques), visible en Haute-Guinée et en Guinée forestière (monts Nimba, massif du Ziama) ;
- de couches de grès posées presque à plat sur ce socle, qui forment les plateaux tabulaires du Fouta-Djallon. C'est pour cela qu'Ibrahima voyait des couches horizontales.
La Guinée n'a donc pas de volcan actif et les séismes y sont rares. Mais elle a connu des mouvements épirogéniques : les plateaux du Fouta-Djallon ont été soulevés lentement, puis entaillés par les cours d'eau, ce qui explique leurs vallées profondes et leurs chutes d'eau.
Exemple
Question : « Explique pourquoi l'Himalaya est une montagne plissée et le Fouta-Djallon un plateau. »
Réponse : L'Himalaya est né de la collision de la plaque indienne avec la plaque eurasienne : ce mouvement orogénique horizontal a comprimé les couches sédimentaires, qui se sont plissées et soulevées très haut. Le Fouta-Djallon, lui, se trouve au milieu de la plaque africaine, loin de toute collision : ses couches de grès, posées sur un socle rigide, n'ont pas été plissées mais seulement soulevées lentement par des mouvements épirogéniques. Elles sont restées horizontales et forment des plateaux.
Exemple
Question : « Un géologue trouve des coquillages fossiles à 800 m d'altitude, dans des roches restées horizontales. Que peut-il en conclure ? »
Réponse : Les coquillages prouvent que ces roches se sont formées au fond de la mer. Leur présence à 800 m d'altitude montre que la région a été soulevée. Comme les couches sont restées horizontales, il ne s'agit pas d'un plissement mais d'un mouvement épirogénique, c'est-à-dire d'un soulèvement lent et vertical d'une vaste région.
Méthode
Pour identifier une manifestation du dynamisme interne sur un croquis ou une photo :
- Je regarde les couches de roche : horizontales, pliées ou décalées ?
- Pliées : c'est un plissement ; je cherche l'anticlinal (voûte) et le synclinal (gouttière).
- Décalées de part et d'autre d'une cassure : c'est une faille ; je repère le bloc soulevé et le bloc abaissé.
- Horizontales mais en altitude, avec des fossiles marins : c'est un mouvement épirogénique.
- Je localise la région par rapport aux limites des plaques pour justifier ma réponse.
3Je retiens
Je retiens
Le dynamisme interne est l'ensemble des forces venues de l'intérieur de la Terre (chaleur interne, mouvement des plaques) qui déforment l'écorce terrestre.
Mouvements orogéniques : horizontaux, ils plissent et soulèvent les chaînes de montagnes. Mouvements épirogéniques : verticaux, lents, ils soulèvent ou abaissent de vastes régions.
Pli : anticlinal (voûte) et synclinal (gouttière). Faille : cassure avec déplacement ; horst (bloc soulevé), fossé d'effondrement ou graben (bloc abaissé).
Volcans, séismes et montagnes jeunes se concentrent aux limites des plaques (ceinture de feu du Pacifique, Rift est-africain).
La Guinée, au cœur de la plaque africaine, a un socle ancien et des plateaux gréseux horizontaux : pas de volcan actif, séismes rares.
4Erreurs fréquentes
- Confondre forces internes et forces externes : la pluie et les rivières usent le relief (forces externes) ; seules les forces venues des profondeurs le construisent ou le déforment.
- Inverser anticlinal et synclinal : retiens « anticlinal = A comme un toit pointu », synclinal = creux.
- Croire que toutes les montagnes sont des volcans : la plupart des grandes chaînes (Himalaya, Alpes) sont des montagnes plissées.
- Penser que les mouvements épirogéniques sont visibles d'une année à l'autre : ils sont très lents et ne se mesurent que sur de très longues durées.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis le dynamisme interne.
b) Quelle différence fais-tu entre un mouvement orogénique et un mouvement épirogénique ?
c) Qu'est-ce qu'un horst ? un fossé d'effondrement ?
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a) Le dynamisme interne est l'ensemble des forces qui viennent de l'intérieur de la Terre, dues à sa chaleur interne et au mouvement des plaques, et qui déforment l'écorce terrestre.
b) Un mouvement orogénique est horizontal : il comprime les roches et forme des chaînes de montagnes plissées. Un mouvement épirogénique est vertical et lent : il soulève ou abaisse de vastes régions sans les plisser.
c) Un horst est un bloc de l'écorce terrestre soulevé entre deux failles. Un fossé d'effondrement (graben) est un bloc abaissé entre deux failles.
2Exercice 2
(Vrai ou faux, justifie)
a) Les roches rigides se plient facilement.
b) Le Rift est-africain est un ensemble de fossés d'effondrement.
c) La Guinée est située sur une limite de plaques.
d) Un synclinal a la forme d'une voûte.
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a) Faux : les roches rigides se cassent (failles) ; ce sont les roches souples qui se plient.
b) Vrai : c'est une longue série de fossés d'effondrement en Afrique de l'Est, où la plaque africaine s'étire.
c) Faux : la Guinée est au cœur de la plaque africaine, loin des limites de plaques.
d) Faux : la voûte est l'anticlinal ; le synclinal a la forme d'une gouttière.
3Exercice 3
(Classer) Classe les exemples suivants selon la manifestation du dynamisme interne qu'ils illustrent (plissement, faille, mouvement épirogénique, volcanisme) : l'Himalaya ; le lac Tanganyika ; des fossiles marins sur un plateau ; le Kilimandjaro ; l'Atlas ; une plage ancienne perchée à 20 m au-dessus de la mer.
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Plissement : l'Himalaya, l'Atlas.
Faille : le lac Tanganyika (installé dans un fossé d'effondrement du Rift).
Mouvement épirogénique : les fossiles marins sur un plateau, la plage ancienne perchée.
Volcanisme : le Kilimandjaro.
4Exercice 4
(Analyse de document) Observe le tableau des limites de plaques de la partie « Je comprends ».
a) Quelle limite provoque surtout des plissements ? Pourquoi ?
b) Quelle manifestation se retrouve sur les trois types de limites ?
c) En t'appuyant sur le tableau, explique pourquoi les séismes sont rares en Guinée.
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a) La limite convergente, car les plaques se rapprochent et compriment les couches de roches, qui se plissent (Himalaya, Andes).
b) Les séismes : on les trouve aux limites divergentes, convergentes et transformantes.
c) Le tableau montre que volcans et séismes se produisent aux limites des plaques. Or la Guinée se trouve au milieu de la plaque africaine, loin de ces limites : les roches y subissent peu de tensions brutales, donc les séismes y sont rares.
5Exercice 5
(Rédaction guidée) En une douzaine de lignes, présente les manifestations du dynamisme interne. Plan conseillé : introduction (définition) ; 1. les mouvements lents et les déformations (plis, failles, épirogenèse) ; 2. les manifestations brutales (volcans, séismes) et leur répartition ; conclusion sur le cas de la Guinée.
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Exemple de rédaction :
L'écorce terrestre n'est pas immobile : des forces venues de l'intérieur de la Terre, dues à sa chaleur interne et au déplacement des plaques, la déforment. C'est le dynamisme interne.
Ces forces agissent d'abord lentement. Les mouvements orogéniques, horizontaux, compriment les roches souples qui se plissent en anticlinaux et synclinaux, formant des chaînes comme l'Himalaya ou l'Atlas ; les roches rigides se cassent en failles, qui dessinent des horsts et des fossés d'effondrement comme le Rift est-africain. Les mouvements épirogéniques, verticaux, soulèvent ou abaissent lentement de vastes régions.
Les forces internes se manifestent aussi brutalement par les volcans et les séismes. Ceux-ci se concentrent aux limites des plaques, en particulier autour du Pacifique (ceinture de feu) et dans le Rift.
La Guinée, au cœur de la plaque africaine, a surtout connu des mouvements lents : son socle ancien et ses plateaux de grès horizontaux expliquent l'absence de volcans actifs et la rareté des séismes.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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