Aller au contenu
Géographie · 12e SE

Leçon 2 sur 31

La croissance de la population mondiale

Je sais mesurer la croissance d'une population avec les taux démographiques et expliquer, grâce à la transition démographique, pourquoi elle est rapide dans certains pays et lente dans d'autres.

  • 50 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir et calculer les taux de natalité, de mortalité et d'accroissement naturel
  • Définir la fécondité, la mortalité infantile et l'espérance de vie
  • Décrire les phases de la transition démographique
  • Comparer la croissance des pays développés et des pays en développement
  • Expliquer les causes de la croissance rapide en Afrique subsaharienne

Avant de commencer : La leçon « Composition, évolution et répartition de la population mondiale » ; savoir calculer un pourcentage.

1Je découvre

Dans la concession de la famille Camara, à Kissidougou, la grand-mère Hawa aime raconter. Elle a eu neuf enfants, mais trois sont morts très jeunes, de fièvre ou de rougeole, car il n'y avait ni vaccin ni dispensaire proche. Aujourd'hui, ses enfants ont chacun quatre ou cinq enfants, et presque tous sont en bonne santé : ils ont été vaccinés et soignés au centre de santé.

Son petit-fils Lansana, élève de 12e, fait le compte : la famille, qui tenait autrefois dans une seule case, occupe maintenant trois concessions. Dans sa classe, le professeur a dit que la population de la Guinée augmente rapidement, alors que dans certains pays d'Europe la population diminue.

Lansana se demande pourquoi. Est-ce parce qu'on fait plus d'enfants ? Pourtant, sa grand-mère en a eu plus que ses parents. Il comprend que ce n'est pas seulement une question de naissances.

Comment mesure-t-on la croissance d'une population, et pourquoi est-elle si différente d'une région du monde à l'autre ?

2Je comprends

1. Les indicateurs démographiques

Une population varie sous l'effet de deux mouvements : le mouvement naturel (naissances et décès) et le mouvement migratoire (arrivées et départs). Dans cette leçon, on s'intéresse surtout au mouvement naturel.

Le taux de natalité (TN) est le nombre de naissances vivantes dans l'année pour 1 000 habitants. Il s'exprime en pour mille (‰) :

TN = nombre de naissancespopulation totale × 1 000

Le taux de mortalité (TM) est le nombre de décès dans l'année pour 1 000 habitants :

TM = nombre de décèspopulation totale × 1 000

Le taux d'accroissement naturel (TAN) est la différence entre les deux. Comme on l'exprime en général en pour cent, on divise par 10 :

TAN (\%) = TN - TM10

Si le TAN est positif, la population augmente naturellement ; s'il est négatif, elle diminue (plus de décès que de naissances).

D'autres indicateurs complètent l'analyse :

  • l'indice synthétique de fécondité (ISF) : le nombre moyen d'enfants par femme ; il faut environ 2,1 enfants par femme pour que les générations se remplacent (c'est le seuil de renouvellement des générations) ;
  • le taux de mortalité infantile : le nombre d'enfants morts avant l'âge d'un an pour 1 000 naissances vivantes ; c'est un très bon indicateur du niveau sanitaire ;
  • l'espérance de vie à la naissance : le nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre si les conditions de mortalité restent les mêmes.

Exemple

Un pays compte 12 000 000 d'habitants. Dans l'année, on y enregistre 456 000 naissances et 120 000 décès. (Données d'exercice.)

  1. TN = 456 000 ÷ 12 000 000 × 1 000 = 38 ‰.
  2. TM = 120 000 ÷ 12 000 000 × 1 000 = 10 ‰.
  3. TAN = (38 − 10) ÷ 10 = 2,8 %.
  4. Accroissement naturel en nombre : 456 000 − 120 000 = 336 000 personnes de plus dans l'année.

Conclusion : la croissance naturelle de ce pays est forte, typique d'un pays d'Afrique subsaharienne.

Méthode

Pour calculer et commenter des taux démographiques :

  1. Je vérifie que les naissances, les décès et la population concernent la même année.
  2. Je calcule TN et TM en ‰ (division puis multiplication par 1 000).
  3. Je calcule le TAN en % : (TN − TM) ÷ 10.
  4. Je compare : un TAN supérieur à 2 % est fort, entre 1 et 2 % moyen, inférieur à 1 % faible, négatif en cas de déclin.
  5. Je conclus sur le type de pays et j'explique par les causes (santé, fécondité, niveau de développement).

2. Le temps de doublement

Un petit pourcentage de croissance chaque année finit par produire de très grands effets, car la croissance porte chaque année sur une population plus nombreuse. Pour estimer le temps de doublement d'une population, on utilise une règle simple : on divise 70 par le taux de croissance annuel en %.

Exemple

Avec un TAN de 2,8 % par an, le temps de doublement est d'environ 70 ÷ 2,8 = 25 ans : la population double en une génération.

Avec un TAN de 0,5 % par an, il faut environ 70 ÷ 0,5 = 140 ans.

On voit que la différence de rythme entre les pays est énorme.

3. La transition démographique

Les démographes ont observé que tous les pays passent, à des époques différentes, par la même évolution : c'est la transition démographique, le passage d'un régime où la natalité et la mortalité sont toutes deux élevées à un régime où elles sont toutes deux faibles.

  1. 1Phase 1 (régime ancien) : natalité et mortalité très élevées, croissance presque nulle
  2. 2Phase 2 : la mortalité baisse vite grâce à la médecine, la natalité reste forte, la croissance s'accélère
  3. 3Phase 3 : la natalité baisse à son tour (scolarisation, ville, planification familiale), la croissance ralentit
  4. 4Phase 4 (régime moderne) : natalité et mortalité faibles, croissance faible, parfois négative
Les quatre phases de la transition démographique.

Au cours de la transition, il y a un décalage : la mortalité baisse avant la natalité. Pendant ce décalage, la population augmente très vite ; c'est la cause de l'explosion démographique.

  • Les pays d'Europe ont commencé leur transition au XVIIIe et au XIXe siècle ; ils l'ont terminée. Certains, comme l'Italie ou le Japon, ont plus de décès que de naissances.
  • Les pays d'Asie et d'Amérique latine ont vu leur mortalité chuter au XXe siècle ; leur natalité baisse depuis plusieurs décennies : ils sont en fin de transition.
  • La plupart des pays d'Afrique subsaharienne, dont la Guinée, sont encore en phase 2 ou au début de la phase 3 : la mortalité a beaucoup baissé, mais la fécondité reste élevée.

4. Une croissance mondiale forte mais qui ralentit

La croissance de la population mondiale a atteint son rythme maximal dans les années 1960, à plus de 2 % par an. Depuis, elle ralentit : elle est passée sous 1 % par an au début des années 2020. Mais comme la population de départ est très nombreuse, le nombre d'habitants supplémentaires chaque année reste considérable.

Pays développés
  • Natalité faible
  • Mortalité faible
  • Moins de 2,1 enfants par femme en général
  • Croissance faible ou nulle
  • Transition terminée
Pays en développement (Afrique subsaharienne)
  • Natalité forte
  • Mortalité en baisse mais encore plus élevée
  • Souvent plus de 4 enfants par femme
  • Croissance forte (souvent plus de 2 % par an)
  • Transition en cours
Deux grands types de croissance démographique.

5. Les causes de la croissance rapide en Afrique subsaharienne

La baisse de la mortalité : vaccinations, lutte contre le paludisme, eau potable, centres de santé. Beaucoup plus d'enfants survivent qu'autrefois.

Le maintien d'une natalité élevée

  • le mariage précoce des filles allonge la période où elles ont des enfants ;
  • la valeur sociale de l'enfant : les enfants sont une richesse, une aide aux champs et un soutien pour les parents âgés ;
  • les traditions et les convictions religieuses favorables aux familles nombreuses ;
  • la faible scolarisation des filles et l'accès encore limité à la planification familiale ;
  • la population est jeune : beaucoup de femmes sont en âge d'avoir des enfants, ce qui entretient la croissance.

Exemple

Question : « Pourquoi la population guinéenne augmente-t-elle rapidement ? »

Réponse : La population guinéenne augmente rapidement parce que la Guinée se trouve encore dans la deuxième phase de la transition démographique. D'une part, la mortalité, surtout celle des enfants, a reculé grâce aux campagnes de vaccination, aux centres de santé et à la lutte contre les grandes maladies. D'autre part, la natalité reste forte, car les femmes se marient jeunes, les enfants sont considérés comme une richesse et la scolarisation des filles progresse encore. L'écart entre naissances et décès reste donc important.

3Je retiens

Je retiens

TN = naissances ÷ population × 1 000 (en ‰) ; TM = décès ÷ population × 1 000 (en ‰).

TAN (%) = (TN − TM) ÷ 10 ; temps de doublement ≈ 70 ÷ taux de croissance (%).

ISF : nombre moyen d'enfants par femme ; seuil de renouvellement des générations : 2,1.

Transition démographique : passage de natalité et mortalité fortes à natalité et mortalité faibles ; la mortalité baisse avant la natalité, d'où l'explosion démographique.

Les pays développés ont terminé leur transition ; l'Afrique subsaharienne, dont la Guinée, est encore en pleine transition.

La croissance mondiale a dépassé 2 % par an dans les années 1960 ; elle ralentit depuis.

4Erreurs fréquentes

  • Oublier de diviser par 10 pour passer du ‰ au % : un écart de 28 ‰ donne un TAN de 2,8 %, pas de 28 %.
  • Croire que la population augmente parce que les femmes ont plus d'enfants qu'avant : c'est surtout la baisse de la mortalité qui a provoqué l'explosion démographique.
  • Confondre taux de mortalité et taux de mortalité infantile : le premier concerne toute la population, le second les enfants de moins d'un an pour 1 000 naissances.
  • Penser qu'une croissance « qui ralentit » signifie que la population diminue : elle continue d'augmenter, mais moins vite.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours) Définis : taux de natalité, taux de mortalité infantile, espérance de vie, transition démographique.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Le taux de natalité est le nombre de naissances vivantes dans l'année pour 1 000 habitants. Le taux de mortalité infantile est le nombre d'enfants morts avant l'âge d'un an pour 1 000 naissances vivantes. L'espérance de vie à la naissance est le nombre moyen d'années qu'un nouveau-né peut espérer vivre dans les conditions de mortalité du moment. La transition démographique est le passage d'un régime de natalité et de mortalité élevées à un régime de natalité et de mortalité faibles.

2Exercice 2

(Calcul) Un pays de 5 000 000 d'habitants enregistre en un an 60 000 naissances et 45 000 décès. (Données d'exercice.)

a) Calcule le TN et le TM.

b) Calcule le TAN.

c) Dans quelle phase de la transition démographique ce pays se trouve-t-il probablement ? Justifie.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) TN = 60 000 ÷ 5 000 000 × 1 000 = 12 ‰. TM = 45 000 ÷ 5 000 000 × 1 000 = 9 ‰.

b) TAN = (12 − 9) ÷ 10 = 0,3 %.

c) Natalité et mortalité sont faibles et la croissance est faible : le pays est dans la phase 4 (régime moderne), comme la plupart des pays développés.

3Exercice 3

(Calcul) Estime le temps de doublement d'une population qui croît de 3,5 % par an, puis de 0,7 % par an.

Voir le corrigéCacher le corrigé

À 3,5 % par an : 70 ÷ 3,5 = 20 ans. À 0,7 % par an : 70 ÷ 0,7 = 100 ans.

4Exercice 4

(Analyse) Recopie et complète le tableau :

PhaseNatalitéMortalitéCroissance
1………
2………
3………
4………
Voir le corrigéCacher le corrigé
PhaseNatalitéMortalitéCroissance
1très élevéetrès élevéepresque nulle
2élevéeen forte baissetrès forte
3en baissefaibleralentie
4faiblefaiblefaible ou négative

5Exercice 5

(Rédaction guidée) En une douzaine de lignes, explique pourquoi la population de l'Afrique subsaharienne augmente plus vite que celle de l'Europe. Plan : introduction ; 1. la baisse de la mortalité ; 2. le maintien d'une forte natalité ; 3. la comparaison avec l'Europe ; conclusion.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Exemple de rédaction :

Aujourd'hui, la population de l'Afrique subsaharienne augmente beaucoup plus vite que celle de l'Europe, qui stagne.

D'abord, la mortalité a fortement reculé en Afrique au XXe siècle grâce aux vaccinations, aux médicaments, à la lutte contre le paludisme et à l'amélioration de l'accès à l'eau potable. Beaucoup plus d'enfants atteignent l'âge adulte.

Ensuite, la natalité reste élevée : les filles se marient jeunes, les enfants sont considérés comme une richesse et une sécurité pour la vieillesse, la scolarisation des filles et la planification familiale progressent encore lentement.

En Europe, au contraire, la transition démographique est terminée : les couples ont peu d'enfants, souvent moins de 2,1 par femme, et la population vieillit.

Ainsi, l'écart s'explique par le fait que l'Afrique subsaharienne est encore au cœur de sa transition démographique alors que l'Europe l'a achevée.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Comment s'exprime le taux de natalité ?
Voir la réponse

Réponse A : en pour mille (‰). C'est le nombre de naissances pour 1 000 habitants.

2Si TN = 40 ‰ et TM = 12 ‰, quel est le TAN ?
Voir la réponse

Réponse B : 2,8 %. (40 − 12) ÷ 10 = 2,8 %.

3Quel est le seuil de renouvellement des générations ?
Voir la réponse

Réponse B : 2,1 enfants par femme. Il faut en moyenne 2,1 enfants par femme pour que chaque génération remplace la précédente.

4Pendant la phase 2 de la transition démographique :
Voir la réponse

Réponse A : la mortalité baisse tandis que la natalité reste forte. C'est ce décalage qui provoque la forte croissance.

5Une population qui croît de 2 % par an double en environ :
Voir la réponse

Réponse B : 35 ans. 70 ÷ 2 = 35 ans.

Tu as fini la leçon ?

Crée ton compte élève gratuit pour cocher les leçons terminées, suivre ta progression et gagner des points au QCM.

Karamö
Un point pas clair ? Dis-moi ce qui te bloque dans cette leçon : je t’explique autrement, pas à pas. Demander à Karamö

Toutes les leçons de Géographie · 12e SE

Demander à Karamö