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Français · 12e SS

Leçon 41 sur 52

Le commentaire composé de texte

Je sais construire et rédiger un commentaire composé : trouver les centres d'intérêt d'un texte littéraire, bâtir un plan en deux ou trois axes et rédiger introduction, parties argumentées et conclusion.

  • 1 h
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir le commentaire composé et le distinguer de l'explication de texte
  • Dégager deux ou trois centres d'intérêt et construire un plan organisé
  • Rédiger l'introduction, des paragraphes d'analyse, les transitions et la conclusion

Avant de commencer : L'explication de texte ; les procédés d'écriture et les tons

1Je découvre

Au lycée de N'Zérékoré, le sujet du devoir est tombé : « Vous ferez de ce poème un commentaire composé. » Ousmane a bien compris le texte et a relevé une vingtaine de procédés. Mais au moment d'écrire, il hésite : faut-il suivre le poème vers par vers, comme pour une explication ? Et comment regrouper toutes ces remarques ?

Sa voisine Mariama a déjà trouvé : « Regarde, le poème parle à la fois de la forêt et de la mémoire des ancêtres. Ce sont peut-être deux parties ! » Ousmane objecte : « Mais alors, où je mets la métaphore du vers 3, qui parle des deux à la fois ? »

Comment passer d'une liste de remarques à un commentaire organisé, en quelques grandes parties qui montrent tout l'intérêt du texte ?

2Je comprends

1. Définition

Le commentaire composé est l'étude organisée d'un texte littéraire : au lieu de suivre le texte ligne à ligne, on regroupe les remarques autour de deux ou trois centres d'intérêt (appelés axes), qui forment les parties du devoir. Le mot « composé » signifie justement construit selon un plan.

Le commentaire doit montrer ce que dit le texte (le fond) et comment il le dit (la forme), en les liant toujours. Il ne s'agit ni de donner son avis sur le sujet, ni de raconter la vie de l'auteur.

2. Du brouillon au plan

  1. 1Lire le texte plusieurs fois et noter ses premières impressions (thème, ton, émotion)
  2. 2Situer le texte : auteur, œuvre, date, genre, mouvement littéraire
  3. 3Relever au brouillon les procédés, dans un tableau à trois colonnes : citation, procédé, effet
  4. 4Regrouper les remarques qui vont dans le même sens : ce sont les centres d'intérêt
  5. 5Formuler deux ou trois axes et, pour chacun, deux ou trois sous-parties
  6. 6Formuler une problématique qui relie les axes
Construire le plan d'un commentaire composé.

Le tableau de relevés est l'outil décisif :

CitationProcédéEffet / sens
« … »métaphore…
« … »anaphore…

Quand le tableau est rempli, on cherche ce qui rassemble les effets : la description d'un lieu ? l'expression d'un sentiment ? une dénonciation ? un éloge ? Chaque grand regroupement devient un axe.

Réponse à Ousmane : une même citation peut servir deux axes, mais on l'analyse sous un angle différent dans chacun ; on évite de répéter exactement la même remarque.

3. Les axes les plus fréquents

Selon le texte, on retrouve souvent des couples d'axes comme :

  • une description / un sentiment qu'elle exprime ;
  • une dénonciation / un espoir ;
  • un portrait / sa signification symbolique ;
  • un récit / une leçon (morale, sociale, politique) ;
  • la nostalgie du passé / la critique du présent.

Les axes doivent être formulés comme des idées (« Une nature sacrée »), pas comme des procédés (« Les métaphores »).

4. L'introduction

  1. Amorce : une phrase qui situe le thème ou le contexte.
  2. Présentation : auteur, œuvre, date, genre, thème du texte.
  3. Problématique : la question qui guide le commentaire.
  4. Annonce du plan : les deux ou trois axes.

5. Le développement

Chaque axe forme une partie, divisée en deux ou trois paragraphes (les sous-parties). Chaque paragraphe suit la structure :

  • une idée (phrase d'ouverture) ;
  • des preuves : citations courtes, procédés nommés ;
  • l'interprétation : l'effet et le sens ;
  • une phrase de bilan.

On passe d'une partie à l'autre par une transition qui résume la partie terminée et annonce la suivante.

6. La conclusion

  1. Bilan : réponse à la problématique, en reprenant les grandes idées.
  2. Ouverture : rapprochement avec un autre texte ou une réflexion plus large.

Méthode

Pour rédiger un commentaire composé :

  1. Au brouillon : lectures, situation, tableau citation-procédé-effet.
  2. Regroupement des remarques en deux ou trois axes formulés comme des idées.
  3. Problématique qui relie les axes.
  4. Introduction : amorce, présentation, problématique, annonce du plan.
  5. Chaque partie : deux ou trois paragraphes (idée, citations, procédés, interprétation, bilan).
  6. Transitions entre les parties.
  7. Conclusion : bilan et ouverture. Relecture.

7. Exemple guidé

Texte écrit pour cette leçon :

> La forêt de mon grand-père

> [1] Dans la forêt de Ziama, les arbres parlent bas.

> [2] Leurs racines sont des mains qui tiennent la terre,

> [3] Leurs branches sont des bras levés vers les ancêtres.

> [4] Mon grand-père y marchait pieds nus, lentement,

> [5] Il demandait pardon avant de couper une liane.

> [6] Aujourd'hui, les tronçonneuses crient plus fort que les oiseaux,

> [7] Et les camions emportent le silence vers la ville.

> [8] Forêt, qui gardera la voix de mon grand-père

> [9] Quand ton dernier arbre sera tombé ?

Exemple

Du tableau de relevés aux axes.

Relevés principaux :

  • « les arbres parlent bas » (v. 1) : personnification ; la forêt est vivante et respectée.
  • « racines… mains », « branches… bras levés vers les ancêtres » (v. 2-3) : métaphores et parallélisme ; la forêt relie la terre et les ancêtres, elle est sacrée.
  • « pieds nus, lentement », « demandait pardon » (v. 4-5) : imparfait d'habitude, gestes de respect ; une sagesse traditionnelle.
  • « Aujourd'hui » (v. 6) : rupture temporelle ; passage au présent.
  • « les tronçonneuses crient plus fort que les oiseaux » (v. 6) : personnification et comparaison ; la violence moderne couvre la nature.
  • « emportent le silence » (v. 7) : image paradoxale ; on vole jusqu'à l'âme de la forêt.
  • « Forêt, qui gardera… ? » (v. 8-9) : apostrophe et question rhétorique ; angoisse, appel.

Regroupements :

Axe I : Une forêt sacrée, gardienne de la mémoire (v. 1 à 5).

Axe II : Un cri contre la destruction (v. 6 à 9).

Problématique : comment le poète fait-il de la forêt un lieu sacré pour mieux dénoncer sa destruction ?

Exemple

Introduction rédigée.

En Guinée forestière, la forêt n'est pas seulement une ressource : elle est aussi un lieu de mémoire et de croyances. Dans ce poème en vers libres, écrit pour notre étude, le poète évoque la forêt de Ziama à travers le souvenir de son grand-père, puis déplore l'exploitation qui la détruit. Nous nous demanderons comment il fait de la forêt un lieu sacré pour mieux dénoncer sa destruction. Nous étudierons d'abord l'image d'une forêt vivante, gardienne de la mémoire des ancêtres, puis le cri de révolte que provoque sa disparition.

Exemple

Première partie rédigée (deux paragraphes), transition et conclusion.

I. Une forêt sacrée, gardienne de la mémoire.

Le poète présente d'abord la forêt comme un être vivant. Dès le premier vers, la personnification « les arbres parlent bas » prête aux arbres une voix, discrète et respectueuse, comme celle des anciens pendant une veillée. Le parallélisme des vers 2 et 3, « Leurs racines sont des mains » / « Leurs branches sont des bras », file la métaphore du corps humain : la forêt tient la terre comme on protège un enfant, et elle s'élève « vers les ancêtres » comme dans une prière. Ainsi, la forêt relie la terre des vivants et le monde des morts : elle est un lieu sacré.

Ce caractère sacré se lit aussi dans l'attitude du grand-père. L'imparfait d'habitude (« marchait », « demandait ») évoque un passé régulier et paisible. Les compléments « pieds nus, lentement » traduisent l'humilité et le respect, et le geste de « demand[er] pardon avant de couper une liane » montre que l'homme ne prenait à la nature que le nécessaire, après avoir demandé la permission. Le grand-père incarne une sagesse traditionnelle en accord avec la nature.

Transition : cette forêt vivante et respectée rend d'autant plus douloureuse sa destruction, que le poète dénonce dans la seconde partie du texte.

(La seconde partie analyserait : la rupture marquée par « Aujourd'hui » et le passage au présent ; la personnification des « tronçonneuses [qui] crient » et la comparaison avec les oiseaux ; l'image des camions qui « emportent le silence » ; enfin l'apostrophe et la question rhétorique finales.)

Conclusion : en faisant de la forêt de Ziama un être vivant et sacré, relié aux ancêtres par la figure du grand-père, le poète donne toute sa force à la dénonciation de la déforestation : ce n'est pas seulement du bois qui disparaît, mais une mémoire et une sagesse. La question finale laisse le lecteur face à sa responsabilité. Ce poème rejoint l'attachement aux ancêtres et à la nature que l'on trouve chez Birago Diop dans « Souffles ».

3Je retiens

Je retiens

Commentaire composé : étude organisée d'un texte littéraire en deux ou trois axes, qui lie toujours le fond et la forme.

Brouillon : tableau citation, procédé, effet ; regroupement des remarques en centres d'intérêt.

Axes formulés comme des idées, pas comme des procédés.

Introduction : amorce, présentation, problématique, annonce du plan.

Paragraphe : idée, citations, procédés, interprétation, bilan. Transitions entre les parties.

Conclusion : bilan qui répond à la problématique, puis ouverture.

Différence avec l'explication : le commentaire ne suit pas l'ordre du texte.

4Erreurs fréquentes

  • Construire les parties sur des procédés (« I. Les figures de style ; II. Le rythme ») : les axes doivent être des idées sur le sens du texte.
  • Séparer le fond et la forme (« I. Le fond ; II. La forme ») : chaque remarque doit lier un procédé à un sens.
  • Suivre l'ordre du texte vers après vers : c'est une explication, pas un commentaire composé.
  • Donner son opinion sur le thème (« Moi, je pense que la déforestation est grave ») au lieu d'analyser le texte.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Parmi ces titres de parties, lesquels conviennent à un commentaire composé ? Justifie.

a) Les métaphores du texte.

b) Une nature menacée par l'homme.

c) Le fond et la forme.

d) Un portrait élogieux de la mère.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Ne convient pas : c'est un procédé, pas une idée sur le sens du texte.

b) Convient : c'est une idée qui peut regrouper plusieurs remarques.

c) Ne convient pas : on ne sépare jamais le fond et la forme.

d) Convient : c'est une idée qui annonce une analyse du sens.

2Exercice 2

Complète le tableau de relevés pour ces citations du poème « La forêt de mon grand-père ».

CitationProcédéEffet / sens
« Aujourd'hui » (v. 6)……
« les tronçonneuses crient plus fort que les oiseaux » (v. 6)……
« Forêt, qui gardera la voix de mon grand-père » (v. 8)……
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CitationProcédéEffet / sens
« Aujourd'hui » (v. 6)adverbe de temps en tête de vers, passage au présentrupture entre le passé paisible et le présent destructeur
« les tronçonneuses crient plus fort que les oiseaux » (v. 6)personnification et comparaisonla violence mécanique couvre et remplace la voix de la nature
« Forêt, qui gardera la voix de mon grand-père » (v. 8)apostrophe et question rhétoriquela forêt devient une interlocutrice ; angoisse devant la perte de la mémoire

3Exercice 3

Rédige la seconde partie du commentaire (axe II : « Un cri contre la destruction ») en deux paragraphes.

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Exemple de réponse :

II. Un cri contre la destruction.

Le vers 6 marque une rupture brutale. L'adverbe « Aujourd'hui », placé en tête de vers, et le passage de l'imparfait au présent opposent le temps paisible du grand-père à un présent de violence. La personnification des « tronçonneuses [qui] crient » transforme les machines en êtres agressifs, et la comparaison « plus fort que les oiseaux » montre que le bruit de l'exploitation couvre la voix de la nature. Au vers 7, l'image paradoxale des camions qui « emportent le silence vers la ville » suggère qu'on ne vole pas seulement du bois, mais la paix et l'âme de la forêt, au profit de la ville.

Le poème s'achève sur un appel angoissé. L'apostrophe « Forêt » fait de la nature une interlocutrice, comme une parente à qui l'on parle. La question rhétorique des vers 8 et 9 n'attend pas de réponse : elle souligne que la disparition de la forêt entraînera celle de la mémoire, symbolisée par « la voix de mon grand-père ». Le futur « sera tombé » envisage la catastrophe comme proche. Le poème se termine donc sur un cri qui interpelle le lecteur et l'invite à agir.

4Exercice 4

Lis ce texte écrit pour l'exercice. Propose une problématique et un plan en deux axes, avec deux sous-parties chacun.

> [1] Ma mère se levait avant le coq. [2] Dans la cour encore noire, elle pilait le riz, et le bruit régulier du pilon était ma première musique. [3] Ses mains, dures comme l'écorce, savaient pourtant caresser nos fronts brûlants de fièvre. [4] Elle ne parlait guère ; elle donnait. [5] Aujourd'hui que je vis loin d'elle, dans une ville où personne ne se lève avant le jour, c'est ce bruit du pilon que j'entends dans mes nuits d'insomnie.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Problématique : comment le souvenir de la mère, fait de gestes simples, devient-il pour le narrateur exilé une présence qui ne le quitte pas ?

I. Le portrait d'une mère courageuse et tendre

  1. Une femme de labeur (le lever « avant le coq », le pilage du riz).
  2. Une tendresse sans paroles (« dures comme l'écorce » / « caresser » ; « Elle ne parlait guère ; elle donnait »).

II. Un souvenir qui accompagne l'exil

  1. L'opposition entre la cour du passé et la ville du présent.
  2. Le bruit du pilon, musique de l'enfance devenue refuge contre la solitude.

5Exercice 5

Rédige l'introduction du commentaire du texte de l'exercice 4.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Exemple d'introduction :

Dans de nombreuses familles guinéennes, le bruit du pilon au petit matin annonce le début de la journée. Dans ce court récit à la première personne, écrit pour notre étude, un narrateur qui vit désormais loin de sa mère se souvient d'elle à travers ses gestes quotidiens. Nous nous demanderons comment ce souvenir, fait de gestes simples, devient pour le narrateur exilé une présence qui ne le quitte pas. Nous verrons d'abord le portrait d'une mère courageuse et tendre, puis la manière dont ce souvenir accompagne la solitude de l'exil.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Que signifie le mot « composé » dans « commentaire composé » ?
Voir la réponse

Réponse B : construit selon un plan. Le commentaire est organisé en axes, au lieu de suivre le texte ligne à ligne.

2Combien d'axes compte habituellement un commentaire composé ?
Voir la réponse

Réponse B : deux ou trois. Deux ou trois axes permettent de couvrir l'essentiel du texte de façon organisée.

3Quel titre de partie est correct ?
Voir la réponse

Réponse C : Une enfance heureuse au village. Un axe doit être une idée sur le sens, pas un procédé ni une catégorie abstraite.

4Quel outil de brouillon aide le plus à trouver les axes ?
Voir la réponse

Réponse A : le tableau citation, procédé, effet. Le tableau permet de regrouper les effets qui vont dans le même sens.

5Que doit contenir une transition ?
Voir la réponse

Réponse B : le bilan de la partie terminée et l'annonce de la suivante. La transition fait le lien logique entre deux parties.

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