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Biologie · 8e

Leçon 6 sur 28

La reproduction chez les végétaux

Je sais expliquer comment une plante se multiplie seule à partir de ses tiges, racines, feuilles ou bourgeons (multiplication végétative naturelle) et reconnaître l'organe utilisé.

  • 50 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir la multiplication végétative naturelle et montrer qu'elle est une reproduction asexuée
  • Reconnaître les organes de multiplication (stolon, rhizome, tubercule, bulbe, rejet, drageon, feuille) sur des exemples
  • Expliquer le rôle des bourgeons et les avantages et limites de ce mode de reproduction

Avant de commencer : La leçon « La reproduction des plantes » (graines, multiplication végétative, spores) ; les organes d'une plante (racine, tige, feuille, bourgeon).

1Je découvre

Ibrahima habite à Boffa, en Basse-Guinée. Dans la cour, sa grand-mère a laissé dans un panier quelques pommes de terre achetées au marché. Au bout de quelques semaines, Ibrahima voit sortir de petites pousses blanches des « yeux » des pommes de terre.

Derrière la maison, une touffe d'herbe envahit le potager : quand il essaie de l'arracher, Ibrahima découvre de longues tiges qui courent sous la terre et donnent de nouvelles touffes un peu plus loin. Au bord du ruisseau, le vieux bananier est entouré de plusieurs jeunes bananiers qui sortent de sa base. Enfin, sur le rebord de la fenêtre, une feuille charnue tombée d'une plante grasse porte sur son bord de minuscules plantes avec des racines !

Personne n'a semé de graines, personne n'a planté de boutures.

Comment une plante peut-elle, toute seule, donner de nouvelles plantes à partir d'une tige, d'une racine ou d'une feuille ?

2Je comprends

1. La multiplication végétative naturelle

La multiplication végétative naturelle est la formation de nouvelles plantes, sans intervention de l'homme, à partir d'un organe végétatif (tige, racine, feuille) de la plante mère.

C'est une reproduction asexuée :

  • il n'y a ni fleur, ni gamètes, ni fécondation ;
  • il n'y a qu'un seul parent ;
  • les nouvelles plantes sont identiques à la plante mère : on dit qu'elles forment un clone.

Au début, la jeune plante reste souvent reliée à la plante mère qui la nourrit ; puis elle forme ses propres racines et devient autonome, même si le lien se coupe.

2. Le rôle des bourgeons

Comment un morceau de tige peut-il donner une plante entière ? Grâce aux bourgeons. Un bourgeon est un petit organe situé sur la tige (au bout de la tige ou à l'aisselle des feuilles) qui contient des cellules capables de se diviser et de former de nouvelles tiges, feuilles et racines. Les « yeux » de la pomme de terre sont des bourgeons. Placés dans de bonnes conditions (humidité, chaleur), les bourgeons se développent et donnent une nouvelle plante.

Les racines qui naissent sur une tige, une feuille ou un bourgeon s'appellent des racines adventives.

3. Les organes de multiplication végétative

a) Les tiges rampantes : les stolons. Un stolon est une tige aérienne qui rampe à la surface du sol. De place en place, au niveau des nœuds, il forme des racines et des feuilles : une nouvelle plante apparaît. Quand le stolon se dessèche ou se coupe, la jeune plante devient indépendante. Exemples : le fraisier, certaines herbes des pelouses et des bords de route.

b) Les tiges souterraines : les rhizomes. Un rhizome est une tige qui pousse horizontalement sous la terre. Il porte des bourgeons qui donnent des tiges aériennes et des racines. Exemples : le gingembre, le curcuma, beaucoup de graminées envahissantes, le bambou. C'est pour cela que ces plantes sont difficiles à arracher : un morceau de rhizome oublié dans le sol redonne une plante.

c) Les tubercules. Un tubercule est un organe gonflé de réserves (surtout d'amidon) qui porte des bourgeons.

  • Le tubercule de la pomme de terre est une tige souterraine renflée : ses « yeux » sont des bourgeons.
  • L'igname forme aussi un gros tubercule riche en réserves, qui peut donner une nouvelle plante.
  • La patate douce forme des racines tubérisées, capables elles aussi de produire des pousses.

d) Les bulbes. Un bulbe est une tige très courte (le plateau) entourée de feuilles épaisses et charnues, les écailles, pleines de réserves. Exemples : l'oignon, l'ail. À l'aisselle des écailles se forment de petits bulbes (les caïeux : les gousses de l'ail) qui donnent chacun une nouvelle plante.

e) Les rejets. Un rejet est une jeune pousse qui sort de la base d'une plante, près du sol. Exemples : le bananier (le vrai tronc du bananier est une tige souterraine d'où partent les rejets), l'ananas, le palmier dattier.

f) Les drageons. Un drageon est une pousse qui naît sur une racine, parfois à une certaine distance de l'arbre. Exemples : certains arbres fruitiers, le prunier, le peuplier.

g) Les feuilles. Chez quelques plantes grasses, comme le kalanchoé (appelé parfois « plante mère »), de petites plantes se forment sur le bord des feuilles et tombent au sol, où elles s'enracinent. C'est ce qu'a vu Ibrahima.

OrganeNatureExemples
Stolontige aérienne rampantefraisier, herbes des pelouses
Rhizometige souterraine horizontalegingembre, bambou
Tuberculetige ou racine gonflée de réservespomme de terre, igname, patate douce
Bulbetige courte entourée d'écailles charnuesoignon, ail
Rejetpousse née à la base de la plantebananier, ananas
Drageonpousse née sur une racinecertains arbres fruitiers
Feuillepetites plantes sur le bord des feuilleskalanchoé
  1. 1Un bourgeon porté par un organe végétatif (tubercule, stolon, rhizome, bulbe)
  2. 2Le bourgeon se développe grâce aux réserves de l'organe
  3. 3Des racines adventives apparaissent
  4. 4La jeune plante devient autonome : elle se nourrit seule
  5. 5Nouvelle plante identique à la plante mère
Les étapes de la multiplication végétative naturelle.

Méthode

Pour identifier un organe de multiplication végétative :

  1. Je regarde où il se trouve : à la surface du sol, sous la terre, à la base de la plante, sur une racine ou sur une feuille.
  2. Je cherche s'il porte des bourgeons (« yeux », nœuds) ou des feuilles : si oui, c'est une tige.
  3. Je regarde s'il est gonflé de réserves (tubercule, bulbe) ou allongé (stolon, rhizome).
  4. Je nomme l'organe et je conclus : c'est une multiplication végétative, donc une reproduction asexuée.

Exemple

Pourquoi la pomme de terre est-elle une tige et non une racine ?

On observe à sa surface des « yeux » : ce sont des bourgeons, et chaque bourgeon est accompagné d'une petite cicatrice de feuille.

Les racines ne portent ni bourgeons disposés ainsi ni feuilles ; les tiges, si.

Si on laisse une pomme de terre à la lumière, elle verdit, comme une tige.

Conclusion : le tubercule de la pomme de terre est une tige souterraine renflée.

Exemple

Expliquer la multiplication d'une touffe de gingembre.

Hawa plante un seul morceau de rhizome de gingembre.

Un an plus tard, elle récolte une touffe de plusieurs tiges reliées par des rhizomes ramifiés.

Explication : le rhizome a poussé horizontalement sous la terre ; ses bourgeons ont donné de nouvelles tiges aériennes et des racines adventives.

Toutes ces tiges sont identiques à la plante de départ : c'est une multiplication végétative naturelle.

4. Avantages et limites

Avantages pour la plante :

  • la multiplication est rapide et ne dépend ni des insectes pollinisateurs ni de la fécondation ;
  • la jeune plante est nourrie par les réserves de la plante mère (tubercule, bulbe, rhizome) : elle a plus de chances de survivre qu'une petite graine ;
  • les organes souterrains (rhizomes, tubercules, bulbes) résistent à la saison sèche et aux feux de brousse : la plante repousse dès les premières pluies ;
  • la plante occupe rapidement l'espace autour d'elle.

Limites :

  • les nouvelles plantes restent près de la plante mère : la dispersion est faible ;
  • toutes les plantes sont identiques : une maladie ou un changement du milieu peut les détruire toutes ;
  • les organes souterrains peuvent transmettre des maladies à la génération suivante.

3Je retiens

Je retiens

La multiplication végétative naturelle donne de nouvelles plantes, sans l'homme, à partir d'un organe végétatif (tige, racine, feuille).

C'est une reproduction asexuée : un seul parent, pas de fécondation, descendants identiques (clone).

Elle repose sur les bourgeons, qui forment tiges et feuilles, et sur l'apparition de racines adventives.

Organes : stolon (tige rampante), rhizome (tige souterraine), tubercule (organe de réserve), bulbe (écailles charnues), rejet, drageon, feuille.

Avantages : rapide, jeune plante nourrie par les réserves, résistance à la saison sèche ; limites : faible dispersion, plantes toutes identiques.

4Erreurs fréquentes

  • Croire que tout ce qui pousse sous la terre est une racine : le rhizome, le tubercule de pomme de terre et le bulbe sont des tiges.
  • Confondre rejet et drageon : le rejet naît à la base de la plante, le drageon naît sur une racine.
  • Parler de multiplication « naturelle » quand l'homme coupe et plante un morceau de tige : c'est une multiplication artificielle (bouturage).
  • Oublier de dire que les descendants sont identiques : c'est la conséquence essentielle de toute reproduction asexuée.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Définis la multiplication végétative naturelle.

b) Pourquoi dit-on que c'est une reproduction asexuée ?

c) Quel est le rôle des bourgeons ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) C'est la formation de nouvelles plantes, sans intervention de l'homme, à partir d'un organe végétatif (tige, racine ou feuille) de la plante mère.

b) Parce qu'elle se fait sans fleur, sans gamètes et sans fécondation, à partir d'un seul parent.

c) Les bourgeons contiennent des cellules capables de se diviser : ils forment de nouvelles tiges et de nouvelles feuilles.

2Exercice 2

Associe chaque plante à son organe de multiplication naturelle : bananier, oignon, gingembre, pomme de terre, fraisier. Organes : stolon, bulbe, rhizome, tubercule, rejet.

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Bananier : rejet ; oignon : bulbe ; gingembre : rhizome ; pomme de terre : tubercule ; fraisier : stolon.

3Exercice 3

Fatoumata laisse un oignon dans un coin humide de la cuisine. Au bout de deux semaines, des feuilles vertes sortent du haut et des racines blanches sortent du bas.

a) Comment s'appelle cet organe ? Décris sa structure.

b) Où se trouvent les réserves utilisées par les jeunes feuilles ?

c) La plante obtenue sera-t-elle identique à celle qui a produit l'oignon ? Pourquoi ?

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a) C'est un bulbe : une tige très courte (le plateau) entourée de feuilles épaisses et charnues (les écailles).

b) Les réserves se trouvent dans les écailles charnues.

c) Oui : c'est une multiplication végétative, donc une reproduction asexuée ; la nouvelle plante est identique à la plante mère.

4Exercice 4

Un paysan de la région de Kankan remarque qu'après un feu de brousse, certaines herbes repoussent très vite dès les premières pluies, alors que d'autres plantes mettent plus longtemps.

a) Propose une explication en utilisant les mots « rhizome » ou « tubercule ».

b) Pourquoi ces herbes sont-elles difficiles à éliminer d'un champ ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Ces herbes possèdent des organes souterrains, rhizomes ou tubercules, protégés du feu par la terre. Leurs bourgeons utilisent les réserves accumulées et produisent rapidement de nouvelles tiges dès que la pluie humidifie le sol.

b) Parce que chaque morceau de rhizome ou de tubercule resté dans le sol peut redonner une plante : il ne suffit pas de couper les parties aériennes.

5Exercice 5

(Type examen) Un bananier adulte porte à sa base 4 rejets. Chaque rejet, devenu adulte au bout d'un an, produit à son tour 4 rejets. On suppose qu'on laisse tous les rejets se développer et qu'aucun ne meurt.

a) Combien de nouveaux bananiers la plante de départ a-t-elle produits au bout d'un an ?

b) Combien de nouveaux rejets les 4 bananiers de la première année produisent-ils l'année suivante ?

c) Tous ces bananiers sont-ils identiques ? Quel risque cela représente-t-il pour la plantation ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) 4 nouveaux bananiers (les 4 rejets).

b) 4 × 4 = 16 nouveaux rejets.

c) Oui, ils sont tous identiques : ils proviennent tous de la même plante par multiplication végétative. Si une maladie attaque un bananier, elle risque d'attaquer tous les autres de la même façon, car aucun n'est différent ni plus résistant.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Le rhizome est :
Voir la réponse

Réponse B : une tige souterraine horizontale. Le rhizome est une tige : il porte des bourgeons qui donnent des tiges aériennes.

2Les « yeux » de la pomme de terre sont :
Voir la réponse

Réponse A : des bourgeons. Ce sont des bourgeons capables de donner de nouvelles tiges.

3Le bananier se multiplie naturellement grâce à :
Voir la réponse

Réponse C : des rejets. Les rejets naissent à la base du bananier.

4Dans la multiplication végétative naturelle, les descendants sont :
Voir la réponse

Réponse B : identiques à la plante mère. C'est une reproduction asexuée : les descendants forment un clone.

5Pourquoi certaines herbes repoussent-elles vite après un feu de brousse ?
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Réponse B : parce que leurs organes souterrains (rhizomes, tubercules) ont survécu. Protégés par la terre, les organes souterrains gardent leurs bourgeons et leurs réserves.

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