Aller au contenu
Biologie · 8e

Leçon 12 sur 28

Étude des mousses

Je sais observer et décrire une mousse (rhizoïdes, tigelle, feuilles, soie, urne), expliquer comment elle vit en milieu humide, et décrire son cycle de reproduction.

  • 55 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Décrire l'appareil végétatif et l'appareil reproducteur d'une mousse à partir d'une observation
  • Expliquer comment la mousse absorbe l'eau et supporte la saison sèche (vie ralentie)
  • Décrire le cycle de la mousse et son rôle dans la nature

Avant de commencer : Les leçons « La reproduction des plantes sans fleurs » et « La reproduction sexuée des plantes à spores » (spores, gamétophyte, sporophyte, anthéridie, archégone).

1Je découvre

Au mois d'août, en pleine saison des pluies, le professeur de sciences du collège de Dalaba demande à chaque élève d'apporter un petit morceau de mousse, prélevé sur un mur, un tronc ou un rocher. Mamadou détache délicatement une touffe verte et spongieuse du vieux mur de la mosquée ; elle est gorgée d'eau comme une éponge.

En classe, avec une loupe, il découvre que ce qu'il prenait pour un simple tapis vert est en réalité formé de centaines de petites plantes serrées les unes contre les autres, chacune avec une petite tige et de minuscules feuilles. Sur certaines, de fins filaments rougeâtres se dressent, terminés par une petite capsule.

Son camarade Sékou a apporté une touffe prise en saison sèche, oubliée dans un cahier : elle est brune, sèche et cassante. Le professeur la plonge dans un verre d'eau. Vingt minutes plus tard, elle est redevenue verte et souple !

Comment une mousse est-elle organisée, comment vit-elle, et comment peut-elle « revivre » après avoir été complètement desséchée ?

2Je comprends

1. Où trouve-t-on les mousses ?

Les mousses sont de petites plantes vertes, souvent hautes de quelques millimètres à quelques centimètres, qui vivent serrées en touffes ou en tapis. On les trouve dans les endroits humides et souvent ombragés : murs et toits, troncs d'arbres, rochers au bord des cascades du Fouta-Djallon, sol des forêts de Guinée forestière, bords des ruisseaux. Elles sont très abondantes en saison des pluies.

2. L'appareil végétatif de la mousse

Observée à la loupe, une petite plante de mousse (une tige feuillée) comprend :

  • des rhizoïdes : de fins filaments à la base, qui fixent la mousse à son support. Ce ne sont pas de vraies racines : ils n'ont pas de vaisseaux conducteurs et absorbent peu d'eau ;
  • une tigelle : une petite tige dressée, fine, sans vaisseaux conducteurs de sève ;
  • des feuilles (ou feuillules) : minuscules, vertes, souvent formées d'une seule couche de cellules, disposées tout autour de la tigelle. Elles contiennent des chloroplastes : la mousse fabrique sa matière grâce à la lumière, comme toute plante verte.

La mousse n'a ni vraies racines, ni vaisseaux, ni fleurs. C'est l'une des plantes les plus simples de la terre ferme.

3. Comment la mousse absorbe-t-elle l'eau ?

Comme elle n'a ni vraies racines ni vaisseaux, la mousse absorbe l'eau et les sels minéraux par toute sa surface, surtout par ses feuilles, directement à partir de la pluie, de la rosée ou de l'humidité de l'air. L'eau circule lentement de cellule en cellule et reste retenue entre les feuilles serrées de la touffe, qui fonctionne comme une éponge.

Conséquence : la mousse ne peut pas aller chercher l'eau en profondeur. C'est pourquoi elle reste petite et vit dans des lieux humides.

4. La reviviscence : une vie ralentie en saison sèche

En saison sèche, quand l'harmattan souffle, la mousse perd presque toute son eau. Elle devient brune, sèche et cassante : elle semble morte. En réalité, elle est en vie ralentie : ses cellules fonctionnent presque plus, mais elles restent vivantes. Dès qu'elle est mouillée, elle absorbe l'eau par toute sa surface, redevient verte et reprend une vie active en quelques minutes ou quelques heures. Cette capacité à « revivre » après une dessiccation s'appelle la reviviscence. C'est ce qu'a montré l'expérience du professeur avec la mousse de Sékou.

Exemple

Mesurer la quantité d'eau absorbée par une mousse.

Sékou pèse sa touffe de mousse sèche : 4 g.

Après 30 minutes dans l'eau, puis égouttage, elle pèse 22 g.

Masse d'eau absorbée : 22 − 4 = 18 g.

Rapport : 18 ÷ 4 = 4,5 ; la mousse a absorbé 4,5 fois sa masse sèche en eau.

Cela explique qu'une touffe de mousse retienne l'eau de pluie comme une éponge.

5. L'appareil reproducteur de la mousse

Au sommet de certaines tiges feuillées se trouvent les organes sexuels, entourés de feuilles serrées :

  • les anthéridies, qui produisent les anthérozoïdes (gamètes mâles nageurs) ;
  • les archégones, en forme de petite bouteille, qui contiennent chacun une oosphère (gamète femelle).

Selon les espèces, anthéridies et archégones sont portés par la même tige feuillée ou par des tiges différentes (pieds mâles et pieds femelles).

Après la fécondation, un sporophyte se développe au sommet de la tige feuillée femelle. Il comprend :

  • un pied, enfoncé dans la tige feuillée, par lequel il se nourrit ;
  • la soie, un long filament fin (les filaments rougeâtres vus par Mamadou) ;
  • l'urne (ou capsule), à son sommet, qui contient les spores. Elle est fermée par un petit couvercle, l'opercule, et, quand elle est jeune, coiffée d'un petit capuchon, la coiffe.

Quand l'urne est mûre et que l'air est sec, l'opercule tombe et les spores sont libérées, puis dispersées par le vent.

  1. 1Urne (capsule) : produit et libère les spores
  2. 2Soie : long filament qui porte l'urne
  3. 3Pied : fixe le sporophyte dans la tige feuillée et le nourrit
  4. 4Feuilles minuscules, vertes : fabriquent la matière et absorbent l'eau
  5. 5Tigelle : petite tige sans vaisseaux
  6. 6Rhizoïdes : fixent la mousse au support
Organisation d'une mousse portant un sporophyte, du haut vers le bas.

6. Le cycle de la mousse

TigesfeuilléesGamètesCellule-œufSoie et urneSporesProtonéma
Le cycle de la mousse : la tige feuillée est le gamétophyte, la soie et l'urne forment le sporophyte.
  1. La tige feuillée (gamétophyte) porte les anthéridies et les archégones.
  2. Après une pluie, les anthérozoïdes nagent jusqu'aux archégones : fécondation, formation d'une cellule-œuf.
  3. L'œuf se développe sur la tige feuillée en un sporophyte (pied, soie, urne), qui reste fixé et nourri par elle.
  4. L'urne libère les spores, emportées par le vent.
  5. Une spore tombée dans un endroit humide germe et donne un protonéma, filament vert ramifié qui s'étale sur le support.
  6. Sur le protonéma poussent des bourgeons qui donnent de nouvelles tiges feuillées, et le cycle recommence.

La mousse peut aussi se multiplier de façon végétative : un fragment de tige feuillée arraché et emporté par l'eau peut donner une nouvelle touffe.

Méthode

Pour réaliser et légender le dessin d'une mousse :

  1. Je dessine au crayon, en grand, une seule tige feuillée observée à la loupe.
  2. Je dessine les rhizoïdes à la base, la tigelle, les feuilles, puis, s'il existe, le sporophyte (soie et urne).
  3. Je trace des traits de légende horizontaux, à la règle, sans qu'ils se croisent.
  4. J'écris les légendes : rhizoïdes, tigelle, feuille, soie, urne ; j'indique gamétophyte et sporophyte.
  5. J'écris un titre (« Une mousse avec son sporophyte ») et le grossissement de la loupe.

7. Le rôle des mousses

  • Les mousses colonisent les milieux nus (rochers, murs) : en retenant l'eau et les poussières, elles forment peu à peu une fine couche de terre où d'autres plantes pourront pousser.
  • Elles retiennent l'eau de pluie et la libèrent lentement : elles protègent les sols des pentes contre l'érosion et entretiennent l'humidité des forêts.
  • Elles servent d'abri à de nombreux petits animaux (insectes, acariens, petits vers).
  • Leur présence sur les murs et les toits indique un endroit humide.

Exemple

Expliquer pourquoi la mousse pousse sur le côté ombragé d'un mur.

Sur le côté ensoleillé, le mur sèche vite après la pluie : la mousse perd son eau, ses spores germent mal et la fécondation, qui exige de l'eau, se fait rarement.

Sur le côté ombragé, le mur reste humide plus longtemps : la mousse absorbe l'eau par toute sa surface, se nourrit, et ses anthérozoïdes peuvent nager jusqu'aux archégones.

Conclusion : la mousse est une plante des lieux humides, favorisée par l'ombre.

3Je retiens

Je retiens

La mousse est une petite plante sans fleurs, sans vraies racines et sans vaisseaux : rhizoïdes (fixation), tigelle, feuilles minuscules chlorophylliennes.

Elle absorbe l'eau par toute sa surface ; elle reste petite et vit dans les lieux humides et ombragés.

En saison sèche, elle passe en vie ralentie et reprend vie dès qu'elle est mouillée : c'est la reviviscence.

Tige feuillée = gamétophyte (anthéridies, archégones) ; soie + urne = sporophyte, fixé sur la tige feuillée.

Cycle : fécondation dans l'eau, sporophyte, spores, protonéma, nouvelles tiges feuillées.

4Erreurs fréquentes

  • Appeler « racines » les rhizoïdes : ils fixent la mousse mais n'ont pas de vaisseaux et absorbent peu d'eau.
  • Croire que la soie et l'urne sont une fleur et un fruit : c'est le sporophyte, qui produit des spores, pas des graines.
  • Penser qu'une mousse sèche est morte : elle est en vie ralentie et redevient active quand on la mouille.
  • Oublier que le sporophyte de la mousse vit sur la tige feuillée et dépend d'elle pour sa nourriture.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Cite les trois parties de l'appareil végétatif d'une mousse.

b) Comment la mousse absorbe-t-elle l'eau ?

c) Qu'est-ce que la reviviscence ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Les rhizoïdes, la tigelle et les feuilles.

b) Par toute sa surface, surtout par ses feuilles, directement à partir de la pluie, de la rosée ou de l'humidité de l'air.

c) C'est la capacité de la mousse à reprendre une vie active quand on la mouille, après une période de dessiccation passée en vie ralentie.

2Exercice 2

Associe chaque partie de la mousse à son rôle : rhizoïdes, feuilles, urne, soie, archégone. Rôles : produit les spores ; contient l'oosphère ; fixe la mousse ; porte l'urne ; fabriquent la matière grâce à la lumière.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Rhizoïdes : fixent la mousse. Feuilles : fabriquent la matière grâce à la lumière. Urne : produit les spores. Soie : porte l'urne. Archégone : contient l'oosphère.

3Exercice 3

Une touffe de mousse sèche pèse 6 g. Après avoir trempé dans l'eau, elle pèse 30 g.

a) Calcule la masse d'eau absorbée.

b) Combien de fois sa masse sèche la mousse a-t-elle absorbé d'eau ?

c) Quel rôle la mousse joue-t-elle sur une pente du Fouta-Djallon pendant la saison des pluies ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) 30 − 6 = 24 g d'eau.

b) 24 ÷ 6 = 4 : la mousse a absorbé 4 fois sa masse sèche en eau.

c) Elle retient l'eau de pluie comme une éponge et la libère lentement : elle limite le ruissellement et protège le sol contre l'érosion.

4Exercice 4

Remets dans l'ordre les étapes du cycle de la mousse : germination de la spore et formation du protonéma ; fécondation dans l'eau ; formation de nouvelles tiges feuillées ; libération des spores par l'urne ; développement de la soie et de l'urne sur la tige feuillée.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Fécondation dans l'eau ; développement de la soie et de l'urne sur la tige feuillée ; libération des spores par l'urne ; germination de la spore et formation du protonéma ; formation de nouvelles tiges feuillées.

5Exercice 5

(Type examen) Hawa observe deux murs de la cour de son école à Mamou : le mur A, orienté vers le soleil de l'après-midi, n'a presque pas de mousse ; le mur B, à l'ombre d'un manguier, est couvert d'un épais tapis de mousse portant de nombreuses urnes.

a) Formule une explication de cette différence.

b) Pourquoi les urnes sont-elles nombreuses sur le mur B ? Utilise le mot « fécondation ».

c) Pourquoi la mousse ne peut-elle pas devenir aussi grande qu'un arbuste ?

d) Hawa gratte le mur B en saison sèche et garde la mousse dans une boîte. Six mois plus tard, que se passera-t-il si elle la mouille ? Explique.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Le mur A sèche vite au soleil : la mousse y perd son eau et y vit mal. Le mur B, à l'ombre, reste humide longtemps : la mousse, qui a besoin d'humidité, s'y développe bien.

b) Les urnes sont les sporophytes, qui se forment après une fécondation. Sur le mur B, l'eau reste longtemps à la surface des tiges feuillées : les anthérozoïdes peuvent nager jusqu'aux archégones, la fécondation est fréquente, donc les urnes sont nombreuses.

c) La mousse n'a ni vraies racines ni vaisseaux conducteurs : l'eau circule lentement de cellule en cellule et ne peut pas monter haut. La plante reste donc très petite.

d) Elle redeviendra verte et reprendra une vie active : elle était en vie ralentie, pas morte. C'est la reviviscence.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Les rhizoïdes de la mousse servent surtout à :
Voir la réponse

Réponse A : la fixer à son support. Ce ne sont pas de vraies racines : ils fixent la mousse.

2L'urne de la mousse contient :
Voir la réponse

Réponse B : des spores. L'urne est la capsule du sporophyte qui produit les spores.

3Une mousse sèche et brune plongée dans l'eau redevient verte. Ce phénomène s'appelle :
Voir la réponse

Réponse C : la reviviscence. La mousse passe de la vie ralentie à la vie active.

4Pourquoi la mousse reste-t-elle petite ?
Voir la réponse

Réponse B : parce qu'elle n'a ni vraies racines ni vaisseaux conducteurs. Sans vaisseaux, l'eau ne peut pas monter haut dans la plante.

5Une mousse sèche de 5 g pèse 25 g après trempage. Elle a absorbé :
Voir la réponse

Réponse C : 20 g d'eau, soit 4 fois sa masse sèche. 25 − 5 = 20 g et 20 ÷ 5 = 4.

Tu as fini la leçon ?

Crée ton compte élève gratuit pour cocher les leçons terminées, suivre ta progression et gagner des points au QCM.

Karamö
Un point pas clair ? Dis-moi ce qui te bloque dans cette leçon : je t’explique autrement, pas à pas. Demander à Karamö

Toutes les leçons de Biologie · 8e

Demander à Karamö