Leçon 20 sur 28
Le cycle de l'eau dans la nature
Je sais décrire le trajet permanent de l'eau entre la mer, l'air, le sol et les êtres vivants, nommer chaque étape et expliquer les saisons de la Guinée et le rôle de la forêt.
- 40 min
- 5 exercices corrigés
- 3 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Nommer les trois états de l'eau et les changements d'état
- Décrire les étapes du cycle de l'eau (évaporation, transpiration, condensation, précipitations, ruissellement, infiltration)
- Expliquer l'alternance saison des pluies et saison sèche en Guinée
- Montrer l'influence de l'être humain (déforestation, bétonnage) sur le cycle de l'eau
Avant de commencer : L'importance de l'eau dans la nature (leçon précédente) ; la transpiration des plantes.
1Je découvre
Un après-midi de juillet, à Conakry, Mariama étend le linge dans la cour. Le soleil brille, les flaques de la pluie du matin sèchent à vue d'œil. Une heure plus tard, de gros nuages noirs arrivent de la mer, et une pluie violente s'abat sur le quartier. L'eau dévale les rues vers les caniveaux, puis vers la mer.
Le soir, en faisant bouillir l'eau du riz, Mariama remarque que le couvercle de la marmite est couvert de gouttelettes qui retombent dans la casserole.
Elle se pose une question : « Où est partie l'eau des flaques ? D'où vient l'eau des nuages ? Et si l'eau des fleuves coule sans arrêt vers la mer depuis toujours, pourquoi la mer ne déborde-t-elle pas et pourquoi les fleuves ne sont-ils jamais vides ? »
Comment l'eau circule-t-elle dans la nature, et pourquoi la quantité d'eau sur Terre ne s'épuise-t-elle pas ?
2Je comprends
1. Les trois états de l'eau
L'eau existe dans la nature sous trois états :
- solide : la glace, la grêle, la neige (sur les très hautes montagnes du monde) ;
- liquide : la pluie, les fleuves, la mer, l'eau des nappes souterraines ;
- gazeux : la vapeur d'eau, invisible, toujours présente dans l'air.
Le passage d'un état à un autre s'appelle un changement d'état.
| Changement d'état | Passage | Exemple |
|---|---|---|
| Évaporation (vaporisation) | liquide → gaz | les flaques sèchent au soleil |
| Condensation (liquéfaction) | gaz → liquide | gouttelettes sur le couvercle, formation des nuages, rosée |
| Solidification | liquide → solide | glaçons au congélateur, grêlons dans les nuages |
| Fusion | solide → liquide | glaçon qui fond dans un verre |
Attention : les nuages et la brume ne sont pas de la vapeur (invisible) : ce sont de minuscules gouttelettes d'eau liquide (ou de glace) en suspension dans l'air.
2. Une expérience pour comprendre
- 1Chauffer : on fait chauffer de l'eau dans une marmite ; elle s'évapore.
- 2Refroidir : on tient au-dessus un couvercle froid (posé sur des glaçons).
- 3Observer : des gouttelettes se forment sous le couvercle : la vapeur s'est condensée.
- 4Constater : les gouttes grossissent puis retombent dans la marmite, comme une pluie.
La marmite représente la mer chauffée par le soleil, le couvercle froid représente l'air froid en altitude, et les gouttes qui tombent représentent la pluie.
3. Les étapes du cycle de l'eau
a) L'évaporation. Chauffée par le soleil, l'eau des océans, des fleuves, des lacs, des mares et du sol humide s'évapore : elle passe dans l'air sous forme de vapeur. L'océan Atlantique, qui borde la Guinée, en fournit la plus grande partie. Le sel ne s'évapore pas : la vapeur est de l'eau pure, c'est pourquoi la pluie n'est pas salée.
b) La transpiration des êtres vivants. Les plantes absorbent l'eau du sol par leurs racines et en rejettent une grande partie dans l'air, sous forme de vapeur, par leurs feuilles : c'est la transpiration. Une forêt rejette ainsi d'énormes quantités d'eau dans l'air. Les animaux et l'être humain rejettent aussi de la vapeur par la respiration et la sueur. On regroupe l'évaporation du sol et la transpiration des plantes sous le nom d'évapotranspiration.
c) La condensation. L'air chargé de vapeur s'élève. En altitude, il fait plus froid : la vapeur se condense en fines gouttelettes autour de minuscules poussières. Ces milliards de gouttelettes forment les nuages. Les vents déplacent les nuages sur de grandes distances. Le matin, la vapeur peut aussi se condenser sur l'herbe froide : c'est la rosée, ou dans l'air près du sol : c'est le brouillard, fréquent au Fouta-Djallon.
d) Les précipitations. Dans le nuage, les gouttelettes se rassemblent et grossissent. Quand elles deviennent trop lourdes, elles tombent : ce sont les précipitations (pluie, parfois grêle lors des gros orages).
e) Le ruissellement. Une partie de l'eau de pluie coule à la surface du sol : c'est le ruissellement. Elle rejoint les ruisseaux, les rivières, puis les fleuves, qui la ramènent à la mer.
f) L'infiltration. Une autre partie pénètre dans le sol : c'est l'infiltration. Elle traverse les couches perméables et s'accumule au-dessus d'une couche imperméable (argile, roche compacte) : elle forme une nappe souterraine (nappe phréatique). C'est cette eau que l'on atteint en creusant un puits ou un forage. La nappe ressort parfois à la surface : c'est une source. Les sources alimentent les rivières même pendant la saison sèche.
Une partie de l'eau passe aussi par les êtres vivants : absorbée par les plantes, bue par les animaux, elle est rejetée plus tard par la transpiration, l'urine ou la respiration.
Ainsi, l'eau ne disparaît jamais : elle change d'état et de lieu, en boucle. C'est le cycle de l'eau, et c'est le soleil qui lui fournit son énergie. La mer ne déborde pas car elle perd par évaporation autant d'eau qu'elle en reçoit des fleuves et des pluies.
4. Le cycle de l'eau et les saisons en Guinée
En Guinée, l'année est partagée en deux grandes saisons.
- Environ de mai-juin à octobre, selon les régions
- Vent humide venu de l'océan Atlantique (mousson)
- Air chargé de vapeur, nuages, fortes pluies
- Rivières en crue, nappes qui se rechargent
- Environ de novembre à avril-mai
- Vent sec et poussiéreux venu du Sahara (harmattan)
- Air sec, ciel voilé de poussière, pas de pluie
- Rivières basses, mares qui sèchent, puits qui baissent
La Guinée maritime, face à l'océan, reçoit les pluies les plus abondantes ; Conakry compte parmi les capitales les plus arrosées d'Afrique de l'Ouest. Les montagnes du Fouta-Djallon obligent l'air humide à s'élever, ce qui provoque de fortes pluies : elles alimentent les nombreuses sources qui donnent naissance aux fleuves. En Haute Guinée, la saison sèche est plus longue et plus marquée.
5. Mesurer la pluie
On mesure la pluie avec un pluviomètre, un récipient gradué placé à découvert. La hauteur de pluie s'exprime en millimètres (mm). 1 mm de pluie correspond à 1 litre d'eau tombé sur chaque mètre carré de sol.
Exemple
Question : il tombe 25 mm de pluie sur le toit en tôle de la maison de Sékou, qui mesure 40 m². Combien de litres peut-il récupérer dans ses fûts, s'il récupère toute l'eau ?
1 mm sur 1 m² = 1 litre, donc 25 mm sur 1 m² = 25 litres.
Sur 40 m² : 25 × 40 = 1 000 litres.
Réponse : Sékou peut récupérer 1 000 litres d'eau (soit 1 m³).
Exemple
Question : un pluviomètre de Labé a enregistré 12 mm lundi, 30 mm mardi et 18 mm mercredi. Quelle est la hauteur totale de pluie et la moyenne par jour ?
Total : 12 + 30 + 18 = 60 mm.
Moyenne : 60 ÷ 3 = 20 mm par jour.
Méthode
Pour décrire le cycle de l'eau :
- Je pars de la mer et du soleil (évaporation), sans oublier la transpiration des plantes.
- J'explique la condensation en altitude (formation des nuages) et le rôle du vent.
- Je décris les précipitations.
- Je sépare les deux chemins de l'eau au sol : ruissellement (rivières, fleuves, mer) et infiltration (nappes, puits, sources).
- Je conclus : l'eau revient à la mer et le cycle recommence, grâce à l'énergie du soleil.
6. L'être humain modifie le cycle de l'eau
- La déforestation et les feux de brousse : sans arbres, le sol n'est plus protégé. L'eau de pluie ruisselle très vite au lieu de s'infiltrer : elle emporte la terre (érosion), provoque des inondations brutales, et les nappes se rechargent mal. Les sources et les petites rivières tarissent plus tôt en saison sèche. Moins d'arbres, c'est aussi moins de transpiration, donc moins de vapeur dans l'air local.
- Le bétonnage et le goudron des villes empêchent l'infiltration : pendant les grosses pluies, les caniveaux débordent.
- Le pompage excessif des nappes les fait baisser.
Protéger les forêts, en particulier autour des sources du Fouta-Djallon, c'est protéger l'eau de toute l'Afrique de l'Ouest.
3Je retiens
Je retiens
L'eau existe sous trois états : solide (glace), liquide (pluie, fleuves), gazeux (vapeur d'eau, invisible).
Changements d'état : évaporation (liquide → gaz), condensation (gaz → liquide), solidification (liquide → solide), fusion (solide → liquide).
Cycle de l'eau : évaporation et transpiration → condensation (nuages) → précipitations → ruissellement (rivières, mer) et infiltration (nappes, puits, sources) → retour à la mer.
Le soleil fournit l'énergie du cycle ; l'eau ne disparaît pas, elle change d'état et de lieu.
En Guinée, la mousson apporte la saison des pluies, l'harmattan la saison sèche.
1 mm de pluie = 1 litre par m². La déforestation augmente le ruissellement et l'érosion et diminue l'infiltration.
4Erreurs fréquentes
- Dire que les nuages sont de la vapeur d'eau : la vapeur est invisible ; les nuages sont formés de gouttelettes d'eau liquide ou de cristaux de glace.
- Oublier la transpiration des plantes : les forêts rejettent beaucoup de vapeur dans l'air, elles font partie du cycle.
- Confondre évaporation et ébullition : l'eau s'évapore aussi sans bouillir, à la température ordinaire (flaques, linge qui sèche).
- Croire que l'eau de pluie est salée parce qu'elle vient de la mer : le sel ne s'évapore pas.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Nomme les trois états de l'eau et donne un exemple de chacun.
b) Qu'est-ce que la condensation ? Donne deux exemples dans la nature.
c) Quelle est la source d'énergie du cycle de l'eau ?
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a) Solide : la glace (ou la grêle) ; liquide : la pluie (ou l'eau d'un fleuve) ; gazeux : la vapeur d'eau contenue dans l'air.
b) La condensation est le passage de l'état gazeux (vapeur) à l'état liquide. Exemples : la formation des nuages, la rosée du matin sur l'herbe (ou le brouillard).
c) Le soleil.
2Exercice 2
Complète avec les mots : infiltration, évaporation, ruissellement, condensation, précipitations.
Sous l'effet du soleil, l'eau de la mer subit une ……. En altitude, la vapeur se refroidit : c'est la ……, qui forme les nuages. L'eau retombe sous forme de ……. Une partie coule vers les rivières : c'est le ……. L'autre pénètre dans le sol : c'est l'…….
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évaporation ; condensation ; précipitations ; ruissellement ; infiltration.
3Exercice 3
Il est tombé 45 mm de pluie en une nuit sur un champ de riz de 500 m² près de Boké.
a) Combien de litres d'eau sont tombés sur ce champ ?
b) Exprime ce volume en mètres cubes (1 m³ = 1 000 litres).
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a) 45 mm correspondent à 45 litres par m². Sur 500 m² : 45 × 500 = 22 500 litres.
b) 22 500 ÷ 1 000 = 22,5 m³.
4Exercice 4
Au village de Kadiatou, la colline voisine a été entièrement déboisée pour faire du charbon. Depuis, pendant les pluies, les ruisseaux débordent et deviennent boueux, et en saison sèche la source du village tarit plus tôt.
Explique ces deux observations à l'aide du cycle de l'eau.
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Sans arbres, le sol n'est plus protégé ni retenu par les racines : l'eau de pluie ruisselle vite au lieu de s'infiltrer. Elle arrive d'un coup dans les ruisseaux, qui débordent, et elle arrache la terre, d'où l'eau boueuse (érosion). Comme moins d'eau s'infiltre, la nappe souterraine qui alimente la source se recharge moins pendant la saison des pluies : en saison sèche, elle s'épuise plus tôt et la source tarit.
5Exercice 5
(Type devoir) Le document présente les deux saisons de la Guinée : de mai-juin à octobre, un vent humide venu de l'océan souffle sur le pays ; de novembre à avril, l'harmattan, vent sec venu du Sahara, domine.
a) Pourquoi le vent venu de l'océan apporte-t-il des pluies ?
b) Pourquoi le niveau de l'eau dans les puits baisse-t-il pendant la saison sèche et remonte-t-il pendant la saison des pluies ?
c) Rédige en cinq à six lignes le trajet d'une goutte d'eau qui part de l'océan Atlantique et revient à l'océan en passant par un manguier du Fouta-Djallon.
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a) Au-dessus de l'océan, l'air se charge de vapeur d'eau par évaporation. Quand il arrive sur le pays et s'élève (notamment sur les reliefs), il se refroidit : la vapeur se condense en nuages, qui donnent des pluies.
b) Pendant la saison sèche, il ne pleut pas : la nappe n'est plus rechargée par l'infiltration, alors qu'on y puise et que l'eau s'écoule vers les sources et les rivières ; son niveau baisse. Pendant la saison des pluies, l'infiltration recharge la nappe, et le niveau des puits remonte.
c) Chauffée par le soleil, la goutte s'évapore de l'océan Atlantique et monte dans l'air sous forme de vapeur. La mousson la pousse vers le Fouta-Djallon ; en s'élevant sur les montagnes, l'air se refroidit et la vapeur se condense dans un nuage. La goutte tombe en pluie et s'infiltre dans le sol. Les racines d'un manguier l'absorbent ; elle monte dans la sève jusqu'aux feuilles, d'où elle repart dans l'air par transpiration. Elle se condense de nouveau, retombe en pluie, ruisselle jusqu'à une rivière qui rejoint un fleuve, puis la mer : le cycle recommence.
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6Je vérifie
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