Leçon 28 sur 28
La protection de l'eau
Je sais reconnaître une eau potable, identifier les sources de pollution de l'eau en Guinée, rendre une eau plus sûre à la maison et proposer des mesures pour protéger les sources, les puits et les rivières.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir une eau potable et les trois types de pollution de l'eau
- Identifier les principales sources de pollution (domestique, agricole, minière et industrielle) et leurs conséquences
- Décrire les techniques simples de traitement et de conservation de l'eau à la maison
- Proposer des mesures individuelles et collectives pour protéger et économiser l'eau
Avant de commencer : L'importance et le cycle de l'eau ; le péril fécal et les maladies liées à l'eau (leçons précédentes).
1Je découvre
Au bord d'une rivière de la préfecture de Siguiri, Sékou observe la scène : en amont, des orpailleurs lavent la terre aurifère dans l'eau et utilisent un produit argenté et brillant ; un peu plus bas, des femmes font la lessive et laissent l'eau savonneuse repartir dans la rivière ; plus loin encore, des enfants se baignent et un berger fait boire ses bœufs. Dans le village, un puits sans margelle est entouré de flaques boueuses, à quelques pas d'une latrine.
L'eau de la rivière, autrefois claire, est devenue jaune et boueuse, et les pêcheurs disent que les poissons se font rares.
Le professeur de Sékou a dit en classe : « La Guinée est le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest, mais un château d'eau qu'on ne protège pas se vide ou s'empoisonne. »
Qu'est-ce qui rend l'eau impropre à la consommation, et que peut faire chacun, à la maison, au village et dans tout le pays, pour protéger l'eau ?
2Je comprends
1. Qu'est-ce qu'une eau potable ?
Une eau potable est une eau que l'on peut boire sans danger pour la santé. Elle doit être :
- limpide (claire), sans odeur et sans goût désagréable ;
- sans germes dangereux (bactéries, virus, amibes, œufs de vers) ;
- sans substances toxiques en quantité dangereuse (mercure, pesticides, produits chimiques…).
Attention : une eau claire n'est pas forcément potable. Les germes sont invisibles, et de nombreux produits toxiques dissous ne changent ni la couleur ni le goût de l'eau. L'eau des forages bien entretenus et des réseaux publics contrôlés est en principe potable ; l'eau des rivières, des mares et des puits non protégés doit être considérée comme douteuse.
2. Les trois types de pollution
La pollution de l'eau est l'introduction dans l'eau de substances ou d'êtres vivants qui la rendent dangereuse pour la santé ou pour la vie aquatique.
| Type | Polluants | Exemples |
|---|---|---|
| Biologique | germes venant des selles et des eaux usées | défécation à l'air libre, latrines trop proches des puits, eaux usées rejetées dans les caniveaux et les rivières |
| Chimique | substances dissoutes toxiques | mercure utilisé par l'orpaillage, pesticides et engrais, carburants et huiles de vidange, produits industriels |
| Physique | boues, déchets solides | terre arrachée par l'érosion et les travaux miniers, sacs et bouteilles en plastique, ordures |
3. D'où vient la pollution en Guinée ?
a) Les activités domestiques. Ordures jetées dans les caniveaux et les rivières, eaux de vaisselle et de lessive, défécation à l'air libre, latrines mal placées. En saison des pluies, le ruissellement emporte tout vers les cours d'eau et les puits.
b) L'agriculture. Engrais et pesticides mal utilisés, entraînés par les pluies ; feux de brousse et défrichements qui laissent le sol nu : la terre est emportée par l'érosion et rend les rivières boueuses.
c) Les mines et l'industrie. Les grandes exploitations de bauxite (région de Boké notamment) et d'autres minerais déplacent d'énormes quantités de terre : poussières et boues peuvent atteindre les rivières si elles ne sont pas maîtrisées. L'orpaillage artisanal, en Haute Guinée surtout, remue le lit des rivières et utilise parfois du mercure, un métal très toxique qui s'accumule dans les poissons et dans le corps humain. Les ateliers, garages et stations rejettent aussi des huiles et des carburants.
d) Les villes. Dans les quartiers denses, les eaux usées non traitées et les déchets plastiques finissent dans les rivières et dans la mer.
Conséquences : maladies (choléra, typhoïde, amibiase, intoxications), mort des poissons et baisse de la pêche, sources et puits inutilisables, envahissement de certaines eaux par des plantes aquatiques qui étouffent la vie, et coût élevé pour rendre l'eau à nouveau potable.
4. Rendre l'eau plus sûre à la maison
Quand on n'a pas accès à une eau potable, on peut traiter l'eau de boisson à la maison.
- 1Décanter : laisser reposer l'eau dans un récipient propre pour que la terre tombe au fond, puis verser doucement l'eau claire.
- 2Filtrer : faire passer l'eau à travers un tissu propre plié en plusieurs épaisseurs ou un filtre à sable.
- 3Désinfecter : faire bouillir l'eau à gros bouillons au moins une minute, ou la chlorer selon la dose indiquée par l'agent de santé.
- 4Conserver : garder l'eau dans un récipient propre, fermé, si possible avec un robinet, et puiser avec un gobelet propre réservé.
- La décantation et la filtration enlèvent la terre et une partie des germes, mais ne suffisent pas : il faut ensuite désinfecter.
- L'ébullition tue les germes, y compris les kystes d'amibes ; laisser refroidir à couvert.
- La chloration (eau de Javel ou comprimés) tue la plupart des germes : on respecte la dose conseillée par les agents de santé et on attend environ 30 minutes avant de boire.
- Il existe aussi la désinfection solaire : des bouteilles en plastique transparent, remplies d'eau claire, sont exposées au plein soleil pendant au moins 6 heures.
- Aucun de ces traitements n'enlève le mercure ni les autres produits chimiques : contre la pollution chimique, la seule solution est de protéger les sources et d'utiliser une autre eau.
Méthode
Pour choisir la bonne façon de traiter une eau :
- J'observe l'eau : si elle est trouble, je la décante puis je la filtre.
- Je la désinfecte toujours : ébullition, chloration selon la dose indiquée, ou soleil pour une eau claire.
- Si l'eau risque d'être polluée par des produits chimiques (mines, orpaillage, pesticides), je ne la bois pas et je cherche une autre source (forage).
- Je conserve l'eau traitée à l'abri, dans un récipient propre et fermé.
5. Protéger les points d'eau
Un puits protégé possède :
- une margelle (muret autour de l'ouverture) qui empêche l'eau sale de ruisseler dedans ;
- un couvercle ;
- une dalle en ciment autour, avec une rigole pour évacuer l'eau renversée ;
- une corde et un seau propres, réservés au puits (ou une pompe) ;
- une latrine éloignée (au moins 15 à 30 mètres) et placée plus bas que le puits, pour que les germes ne s'infiltrent pas jusqu'à la nappe ;
- une clôture pour éloigner les animaux.
Une source protégée est entourée d'une zone où l'on ne cultive pas, où l'on ne fait pas ses besoins, où l'on ne coupe pas les arbres. La forêt autour des sources du Fouta-Djallon favorise l'infiltration et garde l'eau propre : la reboiser et la protéger des feux, c'est protéger les fleuves.
6. Économiser l'eau
L'eau douce est rare, et sa collecte coûte du temps et de l'argent (bidons achetés, trajets jusqu'au forage). Économiser l'eau fait aussi partie de sa protection :
- fermer les robinets et réparer les fuites ;
- réutiliser l'eau de lessive pour laver la cour ou les latrines ;
- récupérer l'eau de pluie des toits pour le jardin ;
- arroser le jardin le soir, quand l'évaporation est plus faible.
Exemple
Question : on admet qu'une personne a besoin d'au moins 20 litres d'eau par jour pour boire, cuisiner et se laver. La famille de Fatoumata compte 8 personnes. Combien de bidons de 20 litres faut-il chaque jour ? Chaque semaine ?
Besoin par jour : 8 × 20 = 160 litres.
Bidons par jour : 160 ÷ 20 = 8 bidons.
Par semaine : 8 × 7 = 56 bidons, soit 56 × 20 = 1 120 litres.
Exemple
Question : un robinet de la cour fuit et perd 3 litres par heure. Combien d'eau est perdue en une journée ? En 30 jours ?
En un jour : 3 × 24 = 72 litres.
En 30 jours : 72 × 30 = 2 160 litres, soit plus de 100 bidons de 20 litres.
Conclusion : réparer une petite fuite permet d'économiser beaucoup d'eau.
7. Qui protège l'eau ?
| Niveau | Actions |
|---|---|
| Moi et ma famille | latrines, ordures à la poubelle, eau de boisson traitée et couverte, économies d'eau |
| Le village ou le quartier | comité de gestion du point d'eau, entretien des forages et des puits, lavoirs éloignés des sources, journées de salubrité, curage des caniveaux |
| L'école | club d'hygiène et d'environnement, latrines et lave-mains entretenus, sensibilisation |
| L'État et les entreprises | lois et contrôles, traitement des eaux usées, obligation pour les mines de maîtriser les boues et les produits chimiques, réseaux d'eau potable, reboisement |
Chaque année, le 22 mars, la Journée mondiale de l'eau rappelle à tous que l'eau est un bien précieux à partager et à protéger.
3Je retiens
Je retiens
Une eau potable est limpide, sans odeur ni goût désagréable, sans germes et sans substances toxiques ; une eau claire n'est pas forcément potable.
Trois types de pollution : biologique (germes des selles), chimique (mercure, pesticides, carburants), physique (boues, plastiques).
Sources de pollution : activités domestiques, agriculture, mines et orpaillage, industrie et villes.
Traitement à la maison : décanter, filtrer, désinfecter (ébullition, chloration selon la dose indiquée, soleil), conserver dans un récipient propre et fermé ; ces traitements n'enlèvent pas les produits chimiques.
Puits protégé : margelle, couvercle, dalle, seau propre, latrine éloignée et placée plus bas.
Protéger les forêts et les sources, économiser l'eau, gérer les déchets : l'affaire de chacun, du village et de l'État.
4Erreurs fréquentes
- Croire qu'une eau claire est potable : les germes et de nombreux produits toxiques sont invisibles.
- Penser que filtrer suffit : un tissu retient la terre, pas la plupart des germes ; il faut ensuite faire bouillir ou chlorer.
- Penser que faire bouillir enlève le mercure ou les pesticides : l'ébullition tue les germes, mais n'enlève pas les produits chimiques.
- Placer la latrine au-dessus du puits ou tout près : les germes s'infiltrent dans le sol et rejoignent la nappe qui alimente le puits.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis une eau potable.
b) Cite les trois types de pollution de l'eau avec un exemple pour chacun.
c) Cite quatre éléments d'un puits protégé.
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a) Une eau potable est une eau que l'on peut boire sans danger : limpide, sans odeur ni goût désagréable, sans germes dangereux et sans substances toxiques en quantité dangereuse.
b) Biologique : les germes des selles ; chimique : le mercure de l'orpaillage (ou les pesticides) ; physique : la boue d'érosion (ou les plastiques).
c) Une margelle, un couvercle, une dalle avec rigole, une corde et un seau propres réservés au puits, une latrine éloignée et placée plus bas, une clôture (quatre éléments suffisent).
2Exercice 2
Classe chaque polluant selon le type de pollution : mercure ; selles ; sacs plastiques ; pesticides ; boue d'érosion ; bactéries du choléra.
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Biologique : selles, bactéries du choléra. Chimique : mercure, pesticides. Physique : sacs plastiques, boue d'érosion.
3Exercice 3
Mariama puise de l'eau trouble dans un marigot. Décris dans l'ordre ce qu'elle doit faire pour la rendre plus sûre à boire, en justifiant chaque étape.
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- Décanter : laisser reposer l'eau dans un récipient propre, pour que la terre tombe au fond, puis verser l'eau claire. 2. Filtrer à travers un tissu propre plié en plusieurs épaisseurs, pour enlever les particules restantes. 3. Désinfecter en la faisant bouillir à gros bouillons au moins une minute (ou en la chlorant selon la dose indiquée), pour tuer les germes invisibles. 4. La conserver dans un récipient propre et fermé et la puiser avec un gobelet propre, pour éviter qu'elle soit de nouveau contaminée.
4Exercice 4
Une famille de 6 personnes utilise en moyenne 25 litres d'eau par personne et par jour.
a) Calcule sa consommation d'eau par jour et par mois (30 jours).
b) L'eau est achetée en bidons de 20 litres à 1 000 GNF le bidon (prix imaginé pour l'exercice). Combien la famille dépense-t-elle par mois ?
c) En réutilisant l'eau de lessive et en récupérant l'eau de pluie, elle économise 30 litres par jour. Combien économise-t-elle en GNF par mois ?
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a) Par jour : 6 × 25 = 150 litres. Par mois : 150 × 30 = 4 500 litres.
b) Nombre de bidons : 4 500 ÷ 20 = 225 bidons. Dépense : 225 × 1 000 = 225 000 GNF par mois.
c) Économie par mois : 30 × 30 = 900 litres, soit 900 ÷ 20 = 45 bidons, donc 45 × 1 000 = 45 000 GNF économisés par mois.
5Exercice 5
(Type devoir) Relis la situation de « Je découvre » (orpaillage en amont, lessive dans la rivière, puits sans margelle près d'une latrine).
a) Relève trois causes de pollution de l'eau et indique pour chacune le type de pollution.
b) Pourquoi l'eau de la rivière reste-t-elle dangereuse même après avoir été bouillie ?
c) Propose un plan de protection de l'eau du village en cinq mesures, en précisant qui doit agir (famille, village, État).
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a) L'orpaillage en amont : pollution chimique (mercure) et physique (boue). La lessive dans la rivière : pollution chimique (savon, détergents). Le puits sans margelle près d'une latrine : pollution biologique (germes des selles).
b) L'ébullition tue les germes, mais elle n'enlève ni le mercure ni les autres produits chimiques dissous ; la boue non plus n'est pas éliminée par l'ébullition seule.
c) 1. Famille : construire les latrines à au moins 15 à 30 mètres du puits et plus bas que lui. 2. Village : aménager le puits (margelle, couvercle, dalle, seau réservé) et créer un comité de gestion. 3. Village : installer un lavoir loin de la rivière pour la lessive. 4. État et autorités locales : contrôler l'orpaillage, interdire les rejets de mercure dans l'eau, installer un forage pour l'eau de boisson. 5. École et village : sensibiliser la population et reboiser les berges pour limiter l'érosion.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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