Leçon 20 sur 68
La phrase complexe
Je sais découper une phrase complexe en propositions et dire si elles sont juxtaposées, coordonnées ou reliées par subordination.
- 50 min
- 5 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Distinguer la phrase simple et la phrase complexe en comptant les verbes conjugués
- Reconnaître les propositions juxtaposées, coordonnées, principales et subordonnées
- Nommer les trois grandes sortes de subordonnées : relative, conjonctive complétive, circonstancielle
Avant de commencer : Les constituants de la phrase simple ; les conjonctions de coordination et de subordination ; les pronoms relatifs (8e)
1Je découvre
Mariama écrit à sa cousine Fatoumata, qui habite à Faranah. Voici deux versions du début de sa lettre.
Première version : « La pluie est arrivée. Les routes sont boueuses. Papa ne peut pas venir. Il travaille à Boké. »
Deuxième version : « La pluie est arrivée, les routes sont boueuses et papa ne peut pas venir, parce qu'il travaille à Boké. »
La première version contient quatre phrases courtes. Chacune a un seul verbe conjugué. La seconde n'est qu'une seule phrase, mais elle contient quatre verbes conjugués : « est arrivée », « sont », « peut », « travaille ». Les idées sont reliées entre elles : on comprend mieux que le père ne vient pas à cause de son travail.
Mariama se demande : « Comment s'appellent les morceaux de ma longue phrase ? Et pourquoi certains sont séparés par une virgule, d'autres par "et", d'autres encore par "parce que" ? »
Qu'est-ce qu'une phrase complexe, et comment ses différentes parties sont-elles reliées ?
2Je comprends
1. Phrase simple et phrase complexe
La phrase simple contient un seul verbe conjugué (un seul noyau verbal).
- « Les enfants jouent dans la cour. »
La phrase complexe contient plusieurs verbes conjugués. Elle est formée de plusieurs propositions.
- « Les enfants jouent dans la cour pendant que leur mère prépare le repas. »
Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. Règle pratique : il y a autant de propositions que de verbes conjugués (on ne compte pas les infinitifs ni les participes employés seuls).
Méthode
Pour découper une phrase complexe en propositions :
- Je souligne tous les verbes conjugués (attention aux temps composés : « a mangé » compte pour un seul verbe).
- Je compte les verbes : c'est le nombre de propositions.
- Je sépare les propositions par des barres obliques, en plaçant la barre avant le mot de liaison (virgule, et, qui, que, quand, parce que…).
- Je regarde comment chaque proposition est reliée à la précédente : rien (juxtaposition), une conjonction de coordination (coordination), un subordonnant (subordination).
2. La juxtaposition
Des propositions sont juxtaposées quand elles sont placées côte à côte, séparées seulement par un signe de ponctuation : virgule, point-virgule ou deux-points. Aucun mot de liaison ne les relie.
- « Le soleil se lève / les coqs chantent / le village se réveille. »
- « Il ne viendra pas : il est malade. » (les deux-points expriment la cause)
Les propositions juxtaposées sont de même niveau : aucune ne dépend de l'autre. Chacune pourrait former une phrase simple.
3. La coordination
Des propositions sont coordonnées quand elles sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou par un adverbe de liaison (puis, ensuite, alors, pourtant, cependant…).
- « Fanta a appris sa leçon et elle a réussi l'interrogation. »
- « Le taxi était plein, donc nous avons attendu le suivant. »
- « Il voulait venir, mais la pluie l'en a empêché. »
Comme les juxtaposées, les propositions coordonnées sont de même niveau : chacune est indépendante.
On appelle proposition indépendante une proposition qui ne dépend d'aucune autre et dont aucune autre ne dépend.
4. La subordination
Dans la subordination, une proposition dépend d'une autre.
- La proposition principale est celle dont dépend une autre proposition. Elle a le plus souvent un sens toute seule.
- La proposition subordonnée dépend de la principale ; elle la complète. Elle commence par un mot subordonnant.
« [Nous resterons à la maison] [s'il pleut]. »
- principale : « Nous resterons à la maison » ;
- subordonnée : « s'il pleut », introduite par la conjonction « si ».
On distingue trois grandes sortes de propositions subordonnées :
| Sorte de subordonnée | Mot qui l'introduit | Rôle | Exemple |
|---|---|---|---|
| Relative | pronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, lequel… | complète un nom (l'antécédent) | Le puits que mon père a creusé est profond. |
| Conjonctive complétive | conjonction que | COD (le plus souvent) d'un verbe comme dire, penser, savoir, vouloir | Je sais que tu viendras. |
| Circonstancielle | conjonction ou locution : quand, lorsque, parce que, puisque, si, pour que, bien que, afin que… | indique une circonstance : temps, cause, but, condition… | Nous partirons quand le soleil se couchera. |
La subordonnée relative complète un nom ou un pronom qu'on appelle l'antécédent. « Le garçon qui court est mon frère. » → antécédent : « le garçon ».
La subordonnée conjonctive complétive est introduite par « que » ; elle est souvent COD du verbe principal. « Ma mère pense que la récolte sera bonne. » → pense quoi ? que la récolte sera bonne.
La subordonnée circonstancielle joue le rôle d'un complément circonstanciel :
- temps : quand, lorsque, pendant que, avant que, après que, dès que ;
- cause : parce que, puisque, comme ;
- but : pour que, afin que ;
- condition : si ;
- conséquence : si bien que, de sorte que ;
- opposition (concession) : bien que, quoique.
Attention : le mot « que » peut être pronom relatif ou conjonction. S'il a un antécédent (un nom juste avant) et qu'il le remplace, c'est un pronom relatif : « le livre que je lis ». S'il suit un verbe et ne remplace rien, c'est une conjonction : « je crois que tu as raison ».
- 1Phrase complexe : plusieurs verbes conjugués, donc plusieurs propositions
- 2Juxtaposition : les propositions sont séparées par une virgule, un point-virgule ou deux-points
- 3Coordination : elles sont reliées par mais, ou, et, donc, or, ni, car
- 4Subordination : une subordonnée dépend d'une principale
- 5La subordonnée est relative (qui, que, dont, où), complétive (que) ou circonstancielle (quand, parce que, si…)
5. Des phrases qui mélangent tout
Une même phrase peut contenir juxtaposition, coordination et subordination.
« La pluie est arrivée, / les routes sont boueuses / et papa ne peut pas venir, / parce qu'il travaille à Boké. »
- « La pluie est arrivée » et « les routes sont boueuses » : juxtaposées ;
- « et papa ne peut pas venir » : coordonnée ; elle est aussi principale de la suivante ;
- « parce qu'il travaille à Boké » : subordonnée circonstancielle de cause.
Exemple
Phrase : « Les élèves se taisent quand le directeur entre dans la classe. »
Verbes conjugués : « se taisent », « entre » → 2 propositions.
Découpage : Les élèves se taisent / quand le directeur entre dans la classe.
« Les élèves se taisent » : proposition principale.
« quand le directeur entre dans la classe » : subordonnée circonstancielle de temps, introduite par la conjonction « quand ».
Exemple
Phrase : « Mon grand-père, qui habite à Dalaba, dit que les orangers ont bien donné cette année. »
Verbes conjugués : « habite », « dit », « ont donné » → 3 propositions.
« Mon grand-père dit » : proposition principale.
« qui habite à Dalaba » : subordonnée relative, introduite par « qui » ; antécédent : « mon grand-père ».
« que les orangers ont bien donné cette année » : subordonnée conjonctive complétive, COD de « dit ».
Exemple
Phrase : « Sékou a couru, mais il a manqué le car ; il rentrera à pied. »
Verbes conjugués : « a couru », « a manqué », « rentrera » → 3 propositions.
« Sékou a couru » et « mais il a manqué le car » : coordonnées par « mais ».
« il rentrera à pied » : juxtaposée aux précédentes par un point-virgule.
Les trois sont des propositions indépendantes.
3Je retiens
Je retiens
Phrase simple : un seul verbe conjugué. Phrase complexe : plusieurs verbes conjugués.
Il y a autant de propositions que de verbes conjugués.
Juxtaposition : propositions séparées par une ponctuation (, ; :).
Coordination : propositions reliées par mais, ou, et, donc, or, ni, car.
Subordination : une subordonnée dépend d'une proposition principale.
Subordonnée relative : introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où), elle complète un antécédent.
Subordonnée complétive : introduite par « que », souvent COD du verbe principal.
Subordonnée circonstancielle : introduite par quand, parce que, si, pour que, bien que…, elle indique une circonstance.
4Erreurs fréquentes
- Compter l'auxiliaire et le participe comme deux verbes : « a mangé », « est parti », « s'est levé » ne forment qu'un seul verbe conjugué, donc une seule proposition.
- Compter les infinitifs comme des propositions : dans « Il veut partir », il n'y a qu'un verbe conjugué (« veut ») : c'est une phrase simple.
- Confondre le « que » relatif et le « que » conjonction : cherche l'antécédent. « La mangue que je mange » (relatif) ; « Je sais que tu manges » (conjonction).
- Croire que la subordonnée est toujours après la principale : dans « Quand il pleut, nous restons dedans », la subordonnée est en tête.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Dis si chaque phrase est simple ou complexe. Pour les phrases complexes, indique le nombre de propositions.
a) Les pêcheurs de Kamsar partent en mer avant l'aube.
b) Le vent souffle, les arbres plient.
c) Ma sœur veut devenir médecin.
d) J'ai lu le livre que tu m'as prêté.
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a) Phrase simple (un verbe conjugué : « partent »).
b) Phrase complexe : 2 propositions (« souffle », « plient »).
c) Phrase simple : un seul verbe conjugué (« veut ») ; « devenir » est un infinitif.
d) Phrase complexe : 2 propositions (« ai lu », « as prêté »).
2Exercice 2
Découpe les phrases en propositions et dis si elles sont juxtaposées ou coordonnées.
a) Il a plu toute la nuit ; la rivière a débordé.
b) Kadiatou a révisé ses leçons, puis elle s'est couchée.
c) Nous irons au champ ou nous resterons au village.
d) Le marché était plein : c'était jour de fête.
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a) Il a plu toute la nuit / la rivière a débordé : juxtaposées (point-virgule).
b) Kadiatou a révisé ses leçons / puis elle s'est couchée : coordonnées par l'adverbe de liaison « puis ».
c) Nous irons au champ / ou nous resterons au village : coordonnées par « ou ».
d) Le marché était plein / c'était jour de fête : juxtaposées (deux-points qui expriment la cause).
3Exercice 3
Relève les subordonnées et indique leur sorte (relative, complétive, circonstancielle).
a) Le tailleur qui a cousu ma robe habite à Coyah.
b) L'instituteur annonce que l'examen aura lieu en juin.
c) Nous planterons le maïs dès que les pluies commenceront.
d) Ibrahima reste à la maison parce qu'il a de la fièvre.
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a) « qui a cousu ma robe » : subordonnée relative ; antécédent : « le tailleur ».
b) « que l'examen aura lieu en juin » : subordonnée conjonctive complétive, COD de « annonce ».
c) « dès que les pluies commenceront » : subordonnée circonstancielle de temps.
d) « parce qu'il a de la fièvre » : subordonnée circonstancielle de cause.
4Exercice 4
Réunis les deux phrases simples en une phrase complexe, avec le lien demandé.
a) Le fleuve Niger traverse Kouroussa. Ce fleuve est très long. (subordonnée relative)
b) La récolte sera bonne. Le paysan l'espère. (subordonnée complétive)
c) Il fait nuit. Les enfants rentrent. (subordonnée circonstancielle de temps)
d) Hawa a gagné le concours. Elle a beaucoup travaillé. (subordonnée circonstancielle de cause)
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a) Le fleuve Niger, qui traverse Kouroussa, est très long.
b) Le paysan espère que la récolte sera bonne.
c) Quand il fait nuit, les enfants rentrent. (ou : Les enfants rentrent lorsqu'il fait nuit.)
d) Hawa a gagné le concours parce qu'elle a beaucoup travaillé.
5Exercice 5
(Analyse complète) Découpe la phrase en propositions, puis donne la nature de chaque proposition et le mot qui la relie aux autres.
« Lorsque l'harmattan souffle, les feuilles tombent, la poussière couvre les maisons et les vieux disent que la saison sèche sera longue. »
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Verbes conjugués : souffle, tombent, couvre, disent, sera → 5 propositions.
Découpage : Lorsque l'harmattan souffle / les feuilles tombent / la poussière couvre les maisons / et les vieux disent / que la saison sèche sera longue.
- « Lorsque l'harmattan souffle » : subordonnée circonstancielle de temps, introduite par « lorsque » ; elle dépend des propositions principales qui suivent.
- « les feuilles tombent » : proposition principale.
- « la poussière couvre les maisons » : proposition principale juxtaposée à la précédente (virgule).
- « et les vieux disent » : proposition principale coordonnée par « et ».
- « que la saison sèche sera longue » : subordonnée conjonctive complétive, COD de « disent ».
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6Je vérifie
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