Leçon 47 sur 68
La saison sèche au Soudan
Je sais lire et expliquer la description d'un paysage en saison sèche, relever un champ lexical et expliquer l'effet de l'imparfait, de la personnification et de l'hyperbole.
- 50 min
- 6 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Savoir ce que désigne le « Soudan » dans les textes anciens et reconnaître la saison sèche et l'harmattan
- Relever le champ lexical de la chaleur et de la sécheresse
- Expliquer l'imparfait de description, la personnification et l'hyperbole
- Décrire un paysage en saison sèche
Avant de commencer : Le champ lexical ; la personnification ; l'imparfait de l'indicatif
1Je découvre
Au mois de janvier, à Siguiri, en Haute-Guinée, Alpha se réveille avec les lèvres gercées. Dans la cour, une fine poussière rouge recouvre les feuilles du manguier et le seau d'eau. Le ciel n'est pas bleu : il est blanchâtre, comme voilé. Sa mère dit : « C'est l'harmattan. »
L'après-midi, il fait si chaud que les chèvres se couchent à l'ombre du mur. Les marigots où les enfants se baignaient pendant l'hivernage ne sont plus que de la boue craquelée. Au loin, un feu de brousse fait monter une colonne de fumée.
Dans son livre de lecture, Alpha trouve justement un texte intitulé « La saison sèche au Soudan ». Il se demande : « Le Soudan ? Ce n'est pas la Guinée ! Pourtant, ce texte décrit exactement ce que je vois chez moi. »
Qu'appelait-on « le Soudan » dans les anciens livres, et comment un écrivain fait-il sentir au lecteur la chaleur et la sécheresse ? C'est ce que nous allons découvrir.
2Je comprends
1. Situer le sujet
Dans les anciens livres de lecture, le mot « Soudan » ne désigne pas seulement le pays actuel qui porte ce nom en Afrique de l'Est. À l'époque coloniale, on appelait Soudan français le territoire qui est devenu le Mali à l'indépendance, en 1960. Plus largement, on appelle zone soudanienne la grande bande de savanes qui traverse l'Afrique de l'Ouest, au sud du Sahel. La Haute-Guinée (Kankan, Siguiri, Kouroussa, Faranah) a un climat de ce type : une longue saison sèche et une saison des pluies.
Pendant la saison sèche, souffle l'harmattan, un vent sec et chargé de poussière qui vient du Sahara, du nord-est. Il assèche l'air, voile le ciel, rend les nuits plus fraîches et les journées brûlantes.
- harmattan, vent sec et poussiéreux
- ciel blanchâtre, voilé
- herbe jaune, arbres dépouillés
- marigots à sec, puits bas
- temps des feux de brousse et du repos des champs
- vent humide de la mer, orages
- ciel chargé de gros nuages
- herbe verte, feuillage épais
- rivières en crue, mares pleines
- temps des semailles et des travaux des champs
2. Le texte
Texte écrit pour cette leçon.
> La saison sèche
>
> [1] Depuis des semaines, il n'était pas tombé une goutte de pluie. L'harmattan soufflait sans répit du fond du désert. Il arrivait chaque matin, invisible et brûlant, chargé d'une poussière rouge qui se glissait partout : dans les cases, dans les greniers, jusque dans les yeux des enfants.
>
> [2] La brousse avait perdu toutes ses couleurs. L'herbe, qui montait si haut pendant l'hivernage, n'était plus qu'une paille jaune et cassante. Les arbres tendaient vers le ciel leurs branches nues, comme des bras qui supplient. Seuls les grands baobabs, gris et silencieux, semblaient se moquer de la soif.
>
> [3] À midi, le soleil régnait en maître. Il écrasait la plaine de tout son poids, et l'air tremblait au-dessus de la terre durcie. Le marigot n'était plus qu'une croûte de boue fendillée, où quelques oiseaux cherchaient en vain une flaque. Les troupeaux, maigres et lents, marchaient des heures pour trouver un puits.
>
> [4] Au village, la vie s'était ralentie. Les hommes réparaient les toits de paille à l'ombre des manguiers, les femmes allaient au puits de plus en plus loin. Tout le monde levait les yeux vers le ciel blanc et attendait. On attendait les premiers nuages comme on attend un parent parti depuis longtemps.
3. Le vocabulaire
| Mot ou expression | Sens dans le texte |
|---|---|
| sans répit | sans s'arrêter, sans repos |
| la brousse | étendue de terre sauvage couverte d'herbes et d'arbustes |
| cassant | qui se brise facilement |
| supplier | demander avec insistance, en implorant |
| régner en maître | dominer, commander sans partage |
| fendillé | couvert de petites fentes, de fissures |
| en vain | inutilement, sans résultat |
Autres mots du thème : aride (très sec), torride (très chaud), la canicule (période de très forte chaleur), la sécheresse, la soif, tarir (cesser de couler : le puits tarit), flétri (fané, desséché), la poussière, la brume sèche (air troublé par la poussière de l'harmattan), le feu de brousse.
4. L'idée générale et le plan
Idée générale : l'auteur décrit la brousse et le village de la zone soudanienne pendant la saison sèche : l'harmattan et le soleil dessèchent tout, et les hommes attendent avec impatience le retour de la pluie.
- 1§1 L'harmattan : un vent brûlant qui apporte la poussière partout
- 2§2 La brousse sans couleurs : herbe jaune, arbres nus, baobabs
- 3§3 Le soleil de midi : la plaine écrasée, le marigot à sec, les troupeaux assoiffés
- 4§4 La vie ralentie du village et l'attente de la pluie
La description avance du plus général au plus humain : le vent, puis le paysage, puis le soleil et les animaux, et enfin les habitants du village.
5. L'étude détaillée
Le champ lexical de la chaleur et de la sécheresse. Le texte réunit de nombreux mots qui renvoient à la même idée : « pas une goutte de pluie », « désert », « brûlant », « poussière », « paille jaune et cassante », « branches nues », « soif », « soleil », « terre durcie », « boue fendillée », « maigres ». Ce champ lexical crée une impression d'étouffement et de manque.
L'imparfait de description. Presque tous les verbes sont à l'imparfait : « soufflait », « arrivait », « tendaient », « régnait », « écrasait », « marchaient », « attendait ». L'imparfait sert à peindre un décor, des actions qui durent ou se répètent (« chaque matin »). Le lecteur a l'impression que cette situation n'en finit pas. Le plus-que-parfait (« il n'était pas tombé », « avait perdu », « s'était ralentie ») montre ce qui s'est passé avant : la saison sèche dure depuis longtemps.
Les personnifications. L'auteur donne des attitudes humaines aux éléments de la nature :
- l'harmattan « arrivait chaque matin » et « se glissait partout », comme un visiteur indiscret ;
- les baobabs « semblaient se moquer de la soif » ;
- le soleil « régnait en maître », comme un roi tout-puissant.
Ces personnifications rendent la nature vivante et montrent sa puissance face aux hommes.
La comparaison. Les arbres tendent leurs branches « comme des bras qui supplient » : ils semblent prier pour avoir de l'eau. La dernière phrase contient une autre comparaison : on attend les nuages « comme on attend un parent parti depuis longtemps ». La pluie est donc désirée avec amour et impatience.
L'hyperbole. Le soleil « écrasait la plaine de tout son poids » : c'est une hyperbole, une exagération volontaire. Le soleil n'a pas de poids, mais l'expression fait sentir combien la chaleur est accablante.
Exemple
Question : Relève cinq mots du champ lexical de la sécheresse et dis quelle impression ils créent.
Réponse rédigée : On trouve dans le texte les mots « désert », « paille jaune et cassante », « soif », « terre durcie » et « boue fendillée ». Ils appartiennent au champ lexical de la sécheresse. Rassemblés, ils créent une impression de manque et d'étouffement : la nature et les hommes souffrent de l'absence d'eau.
Exemple
Question : Dans la phrase « le soleil régnait en maître », quelle figure de style reconnais-tu ? Explique son effet.
Réponse rédigée : C'est une personnification : le soleil est présenté comme un roi, un maître qui commande. Cette image montre que le soleil domine tout le paysage à midi et qu'on ne peut pas lui échapper. Elle fait sentir la puissance écrasante de la chaleur en saison sèche.
Méthode
Pour expliquer un texte descriptif :
- Je repère ce qui est décrit et dans quel ordre (du général au détail, de la nature aux hommes…).
- Je relève le champ lexical dominant et je dis l'impression qu'il crée.
- J'observe les temps : l'imparfait peint le décor et les actions qui durent.
- Je cherche les images (comparaison, personnification, hyperbole) et j'explique leur effet.
- Je conclus : quel sentiment l'auteur veut-il faire partager ?
Conclusion de l'explication. Grâce à un riche champ lexical de la sécheresse, à l'imparfait de description et à des images fortes (personnifications, comparaisons, hyperbole), l'auteur fait vivre au lecteur la dure saison sèche des régions soudaniennes. Le texte se termine sur l'espoir : les hommes attendent la pluie comme le retour d'un être cher. Un élève de Haute-Guinée y reconnaît son propre paysage de janvier.
3Je retiens
Je retiens
Dans les textes anciens, « Soudan » désigne souvent le Soudan français (l'actuel Mali) ou la zone des savanes soudaniennes.
L'harmattan est un vent sec et poussiéreux venu du Sahara, qui souffle pendant la saison sèche.
Champ lexical : ensemble des mots qui se rapportent à une même idée.
L'imparfait est le temps de la description : il peint le décor et les actions qui durent ou se répètent.
Personnification : on prête à une chose ou à un animal des comportements humains.
Hyperbole : exagération volontaire pour frapper le lecteur.
4Erreurs fréquentes
- Confondre le Soudan des textes anciens avec le pays actuel du même nom : dans ces textes, il s'agit le plus souvent de l'Afrique de l'Ouest (Mali, savanes soudaniennes).
- Relever un champ lexical avec un seul mot : il faut au moins quatre ou cinq mots, puis dire l'impression qu'ils créent.
- Confondre personnification et comparaison : dans « le soleil régnait en maître », il n'y a pas d'outil ; on donne au soleil un rôle humain, c'est une personnification.
- Écrire « harmatan » ou « armattan » : on écrit « harmattan », avec un h et deux t.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Vocabulaire. Trouve dans la liste le mot qui correspond à chaque définition : aride, tarir, brousse, en vain, torride.
a) Très chaud, brûlant.
b) Cesser de couler.
c) Inutilement, sans résultat.
d) Très sec, où rien ne pousse facilement.
e) Étendue sauvage couverte d'herbes et d'arbustes.
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a) torride ; b) tarir ; c) en vain ; d) aride ; e) brousse.
2Exercice 2
Compréhension.
a) D'où vient l'harmattan, selon le texte ? Que transporte-t-il ?
b) Comment l'herbe a-t-elle changé depuis l'hivernage ?
c) Que font les hommes et les femmes du village ?
d) Qu'attendent les villageois à la fin du texte ?
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a) L'harmattan vient « du fond du désert ». Il transporte « une poussière rouge qui se glissait partout ».
b) Pendant l'hivernage, l'herbe « montait si haut » ; maintenant, elle n'est plus « qu'une paille jaune et cassante ».
c) Les hommes réparent les toits de paille à l'ombre des manguiers ; les femmes vont chercher l'eau au puits de plus en plus loin.
d) Ils attendent les premiers nuages, c'est-à-dire le retour de la pluie.
3Exercice 3
Mets les verbes entre parenthèses à l'imparfait.
Le vent (souffler) fort. Les enfants (tousser) à cause de la poussière. Nous (aller) chercher de l'eau loin du village. Vous (avoir) soif. Le ciel (être) blanc.
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Le vent soufflait fort. Les enfants toussaient à cause de la poussière. Nous allions chercher de l'eau loin du village. Vous aviez soif. Le ciel était blanc.
4Exercice 4
Étude du texte.
a) Relève deux personnifications dans le texte et explique l'une d'elles.
b) Explique la comparaison « comme des bras qui supplient ».
c) Pourquoi la phrase « Il écrasait la plaine de tout son poids » est-elle une hyperbole ?
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a) Personnifications : l'harmattan « se glissait partout » ; les baobabs « semblaient se moquer de la soif » ; le soleil « régnait en maître ». Explication (exemple) : dire que les baobabs se moquent de la soif, c'est leur prêter une attitude humaine, la moquerie. L'auteur montre ainsi que ces arbres très résistants supportent la sécheresse mieux que les autres.
b) L'auteur compare les branches des arbres à des bras levés vers le ciel pour implorer (outil « comme »). Les arbres dépouillés semblent prier pour obtenir de la pluie. L'image rend la souffrance de la nature émouvante.
c) C'est une exagération : le soleil n'a pas de poids et ne peut pas écraser une plaine. L'auteur exagère volontairement pour faire sentir combien la chaleur de midi est lourde, accablante.
5Exercice 5
Dis si chaque phrase contient une comparaison, une personnification ou une hyperbole.
a) Le vent hurlait dans les branches.
b) Il fait une chaleur à faire fondre les pierres.
c) La terre craquelée est comme une vieille peau.
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a) Personnification : le vent « hurle » comme une personne.
b) Hyperbole : la chaleur ne fait pas réellement fondre les pierres ; c'est une exagération.
c) Comparaison : l'outil « comme » rapproche la terre et une vieille peau.
6Exercice 6
(Expression écrite) En huit à dix lignes, décris ton village ou ton quartier pendant la saison sèche. Emploie l'imparfait, au moins cinq mots du champ lexical de la chaleur, une personnification et une comparaison.
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Exemple de réponse :
« En février, mon village près de Kankan semblait endormi sous la chaleur. Chaque matin, l'harmattan déposait une poussière fine sur les nattes et les calebasses. Le soleil, cruel, brûlait les toits de paille dès neuf heures. L'herbe de la savane était sèche et jaune comme de la paille de balai. Le puits baissait de jour en jour, et les femmes faisaient la queue en silence. À midi, même les chiens n'osaient plus traverser la cour torride. Tout le monde attendait la fraîcheur du soir. »
Vérification : imparfait ; champ lexical (chaleur, sèche, soleil, brûlait, torride, harmattan) ; personnification (« le soleil, cruel, brûlait ») ; comparaison (« comme de la paille de balai »).
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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