Leçon 68 sur 68
Le résumé de texte
Je sais résumer un texte en respectant l'ordre des idées, le point de vue de l'auteur et le nombre de mots demandé, avec mes propres mots.
- 55 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Connaître les règles du résumé de texte
- Repérer les idées essentielles et les distinguer des exemples et des détails
- Reformuler avec ses propres mots en utilisant des mots de liaison
- Compter les mots et respecter la longueur demandée
Avant de commencer : Trouver l'idée générale et le plan d'un texte ; les connecteurs logiques ; les synonymes et les mots génériques
1Je découvre
Mamadou rentre de la réunion des parents d'élèves, à Labé. Sa grande sœur Fatoumata, qui n'a pas pu y aller, lui demande : « Alors, qu'est-ce qu'ils ont dit ? »
Mamadou commence : « D'abord, le directeur a salué tout le monde, il a remercié l'imam et le chef de quartier, il a dit qu'il faisait chaud, puis il a parlé pendant longtemps de l'ancien bâtiment, construit il y a très longtemps, et… » Fatoumata l'arrête : « Mamadou, dis-moi seulement l'essentiel ! »
Mamadou réfléchit, puis répond en une phrase : « Les cours reprennent lundi, les frais de scolarité ne changent pas, et chaque parent doit apporter une table-banc avant la fin du mois. »
Fatoumata sourit : « Voilà ! En trois informations, j'ai tout compris. »
Comment réduire un texte à l'essentiel, sans rien oublier d'important, sans le trahir, et en respectant un nombre de mots précis ? C'est tout l'art du résumé.
2Je comprends
1. Qu'est-ce qu'un résumé ?
Résumer un texte, c'est le réduire en ne gardant que ses idées essentielles, dans le même ordre, en se mettant à la place de l'auteur, avec ses propres mots, et en respectant un nombre de mots fixé (souvent le quart ou le tiers du texte).
Le résumé est un texte suivi, clair et compréhensible par quelqu'un qui n'a pas lu le texte de départ.
2. Les règles du résumé
| Règle | Explication |
|---|---|
| Respecter l'ordre du texte | on suit les idées dans l'ordre où l'auteur les présente |
| Garder le point de vue de l'auteur | on écrit comme si l'on était l'auteur ; on n'écrit pas « l'auteur dit que… » ni « dans ce texte… » |
| Ne pas donner son avis | aucun commentaire personnel, aucune idée ajoutée |
| Reformuler | on emploie ses propres mots ; on ne recopie pas les phrases du texte (on peut garder quelques mots clés qu'on ne peut pas remplacer) |
| Supprimer | les exemples, les détails, les répétitions, les citations |
| Respecter la longueur | le nombre de mots demandé, avec une marge de 10 % en plus ou en moins |
| Garder les liens logiques | cause, conséquence, opposition : les connecteurs montrent comment les idées s'enchaînent |
| Garder la situation d'énonciation | si le texte dit « je » ou « nous », le résumé le garde ; si le texte est au présent, le résumé aussi |
Attention : le résumé n'est pas le compte rendu (où l'on écrit « L'auteur explique que… ») ni le commentaire (où l'on donne son avis).
3. Comment compter les mots ?
Voici la règle la plus utilisée à l'école (ton professeur peut préciser une autre règle) :
- on compte comme un mot tout groupe de lettres séparé des autres par un espace ou une apostrophe : « l'arbre » = 2 mots (l' + arbre), « c'est » = 2 mots ;
- un mot composé avec trait d'union compte pour un mot : « petits-enfants », « Haute-Guinée » = 1 mot ;
- « aujourd'hui » compte pour un mot ;
- un nombre écrit en chiffres compte pour un mot : « 2026 » = 1 mot ;
- on indique à la fin du résumé le nombre de mots : « (51 mots) ».
Le calcul de la longueur. Si un texte compte 193 mots et qu'on demande un résumé au quart : 193 ÷ 4 ≈ 48 mots. Avec la marge de 10 % : 48 × 0,9 ≈ 43 et 48 × 1,1 ≈ 53. Le résumé doit donc compter entre 43 et 53 mots.
4. Les procédés de réduction
- Supprimer les exemples et les détails : « Le commerçant de Kankan connaît en quelques secondes le prix du riz à Kindia » devient « il renseigne les commerçants ».
- Remplacer une énumération par un mot général (un mot générique) : « le mil, le maïs, le riz et le fonio » → « les céréales ».
- Remplacer une proposition par un nom (nominalisation) : « quand les pluies arrivent » → « à l'arrivée des pluies ».
- Fusionner plusieurs phrases en une seule, reliées par un connecteur.
- Choisir des mots précis : « les pluies emportent la bonne terre » → « la terre s'érode ».
- 1Je lis le texte en entier deux fois et je trouve l'idée générale
- 2Je repère les paragraphes et je donne à chacun son idée essentielle
- 3Je souligne les connecteurs qui relient les idées (mais, donc, car, pourtant)
- 4Je barre les exemples, les détails, les répétitions
- 5Je compte les mots du texte et je calcule la longueur du résumé (avec la marge de 10 %)
- 6Je rédige un brouillon avec mes mots, dans l'ordre du texte, puis je compte, j'ajuste et je recopie
5. Un exemple complet
Texte écrit pour cette leçon (193 mots).
> L'arbre, notre ami
>
> [1] Autrefois, dans nos villages, l'arbre était un ami respecté. On ne coupait pas un karité ni un néré sans raison, car ils nourrissaient les familles. Les anciens plantaient des manguiers pour leurs petits-enfants, sachant qu'ils ne mangeraient jamais eux-mêmes les fruits de ces arbres.
>
> [2] Aujourd'hui, la forêt recule chaque année. Pour cuisiner, beaucoup de familles utilisent le bois de chauffe et le charbon de bois, et des camions entiers de charbon quittent les campagnes vers les villes. Les feux de brousse, allumés pour préparer les champs ou pour chasser, échappent souvent à tout contrôle et brûlent des hectares de savane.
>
> [3] Les conséquences sont graves. Sans arbres, la terre n'est plus protégée : les pluies emportent la bonne terre, les sources tarissent, les rivières baissent pendant la saison sèche. Les animaux sauvages disparaissent, et les femmes doivent marcher de plus en plus loin pour trouver du bois.
>
> [4] Pourtant, des solutions existent. Chaque élève peut planter et entretenir un arbre dans la cour de son école. Les foyers améliorés consomment moins de bois. Enfin, les villages peuvent s'organiser pour surveiller les feux de brousse. Protéger l'arbre, c'est protéger la vie.
Consigne : résumez ce texte au quart de sa longueur (48 mots, entre 43 et 53).
Exemple
Étape 1 : l'idée générale.
Le texte montre que l'arbre, autrefois respecté, est aujourd'hui menacé par l'action des hommes, ce qui a des conséquences graves, mais que des solutions existent.
Étape 2 : l'idée essentielle de chaque paragraphe.
§1 Autrefois, l'arbre était respecté car il nourrissait les villageois.
§2 Aujourd'hui, le bois de chauffe, le charbon et les feux de brousse font reculer la forêt.
§3 Conséquences : érosion des sols, manque d'eau, disparition des animaux, bois plus rare.
§4 Solutions : planter, économiser le bois, surveiller les feux ; protéger l'arbre, c'est protéger la vie.
Étape 3 : ce que l'on supprime.
Les exemples précis (karité, néré, manguiers), l'image des « camions entiers », les raisons des feux (« pour préparer les champs ou pour chasser »), le détail « dans la cour de son école ».
Étape 4 : le résumé rédigé.
Jadis, l'arbre nourrissait les villageois, qui le respectaient. Désormais, bois de chauffe, charbon et feux de brousse détruisent la forêt. La terre s'érode alors, l'eau manque, les animaux fuient et le bois se raréfie. Planter, économiser le bois et surveiller les feux sauveraient pourtant cette source de vie. (51 mots)
Vérifions le compte, mot par mot : Jadis (1) l' (2) arbre (3) nourrissait (4) les (5) villageois (6) qui (7) le (8) respectaient (9). Désormais (10) bois (11) de (12) chauffe (13) charbon (14) et (15) feux (16) de (17) brousse (18) détruisent (19) la (20) forêt (21). La (22) terre (23) s' (24) érode (25) alors (26) l' (27) eau (28) manque (29) les (30) animaux (31) fuient (32) et (33) le (34) bois (35) se (36) raréfie (37). Planter (38) économiser (39) le (40) bois (41) et (42) surveiller (43) les (44) feux (45) sauveraient (46) pourtant (47) cette (48) source (49) de (50) vie (51). Le résumé compte 51 mots : il est bien entre 43 et 53.
Observe : l'ordre des quatre idées est respecté ; les connecteurs « Désormais », « alors », « pourtant » gardent les liens (opposition dans le temps, conséquence, opposition) ; aucune phrase n'est recopiée ; il n'y a ni « l'auteur dit », ni avis personnel.
- « L'auteur dit que l'arbre était respecté. »
- Recopie : « les sources tarissent, les rivières baissent »
- Garde les exemples : karité, néré, manguiers
- Ajoute un avis : « Je pense qu'il faut punir… »
- Change l'ordre des idées
- « Jadis, l'arbre… était respecté. »
- Reformule : « l'eau manque »
- Emploie un mot général : l'arbre, la forêt
- Aucun avis personnel
- Suit l'ordre du texte
Méthode
Pour résumer un texte :
- Je lis deux fois le texte et je formule son idée générale.
- Je donne un titre ou une phrase à chaque paragraphe (l'idée essentielle).
- Je repère les connecteurs et je barre exemples, détails et répétitions.
- Je compte les mots du texte et je calcule la longueur demandée, avec la marge de 10 %.
- Je rédige avec mes mots, dans l'ordre, à la place de l'auteur, en reliant les idées par des connecteurs.
- Je compte mes mots, j'ajuste (je supprime ou j'ajoute), je recopie et j'indique le nombre de mots.
3Je retiens
Je retiens
Résumer, c'est réduire un texte à ses idées essentielles, dans le même ordre, à la place de l'auteur, avec ses propres mots, en respectant le nombre de mots demandé.
Interdits : « l'auteur dit que… », son avis personnel, les idées ajoutées, les phrases recopiées, les exemples et les détails.
Procédés : supprimer, employer un mot général, nominaliser, fusionner des phrases, garder les connecteurs logiques.
Longueur : souvent le quart ou le tiers du texte, avec une marge de 10 % ; on indique le nombre de mots à la fin.
Comptage courant : un mot entre deux espaces ou apostrophes (« l'eau » = 2) ; mot composé = 1 ; « aujourd'hui » = 1 ; nombre en chiffres = 1.
4Erreurs fréquentes
- Écrire « L'auteur dit que… » ou « Dans ce texte… » : dans un résumé, on parle à la place de l'auteur.
- Recopier des phrases du texte bout à bout : c'est un montage de citations, pas un résumé.
- Garder les exemples et oublier une idée essentielle, souvent celle du dernier paragraphe.
- Ne pas compter ses mots ou dépasser largement la longueur : c'est sanctionné à l'examen.
- Changer l'ordre des idées ou supprimer les connecteurs : le résumé devient une liste sans logique.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Compte les mots de chaque phrase en appliquant la règle de la leçon.
a) L'harmattan souffle depuis deux semaines sur la Haute-Guinée.
b) Aujourd'hui, les élèves d'Aïssatou révisent.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) L' (1) harmattan (2) souffle (3) depuis (4) deux (5) semaines (6) sur (7) la (8) Haute-Guinée (9) : 9 mots.
b) Aujourd'hui (1) les (2) élèves (3) d' (4) Aïssatou (5) révisent (6) : 6 mots.
2Exercice 2
Remplace chaque énumération par un mot général.
a) le mil, le maïs, le riz et le fonio ;
b) les chèvres, les moutons et les bœufs ;
c) le français, les mathématiques, l'histoire et l'anglais ;
d) les mangues, les oranges, les bananes et les ananas.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) les céréales ; b) le bétail ; c) les matières (scolaires) ; d) les fruits.
3Exercice 3
Résume ce texte au tiers de sa longueur. Le texte compte 63 mots : ton résumé doit compter environ 21 mots.
« La radio rurale joue un grand rôle dans nos campagnes. Elle informe les paysans sur les prix des produits, sur la météo et sur les campagnes de vaccination. Elle diffuse aussi des émissions en langues nationales, que tout le monde comprend, même ceux qui ne savent pas lire. Grâce à elle, les villages isolés ne se sentent plus coupés du reste du pays. »
Voir le corrigéCacher le corrigé
Exemple de résumé :
« La radio rurale informe les paysans, en langues nationales comprises de tous, et relie les villages isolés au reste du pays. » (21 mots)
Les exemples (prix, météo, vaccination) sont remplacés par « informe » ; « même ceux qui ne savent pas lire » par « comprises de tous » ; la dernière phrase est reformulée.
4Exercice 4
Voici trois résumés d'une même phrase : « Chaque matin, avant l'école, Hawa aide sa mère à puiser l'eau, à balayer la cour et à préparer la bouillie de ses petits frères. » Lequel est le meilleur ? Explique ce qui ne va pas dans les deux autres.
a) « L'auteur dit que Hawa aide sa mère le matin. »
b) « Chaque matin, Hawa participe aux travaux ménagers avant l'école. »
c) « Hawa est très courageuse, je l'admire. »
Voir le corrigéCacher le corrigé
Le meilleur résumé est b : il garde l'idée essentielle, remplace l'énumération par « travaux ménagers » et parle à la place de l'auteur.
a) est mauvais car il commence par « L'auteur dit que » : dans un résumé, on ne parle pas de l'auteur.
c) est mauvais car il donne un avis personnel (« je l'admire ») et invente une idée (« très courageuse ») que le texte ne dit pas.
5Exercice 5
(Type BEPC) Lis le texte suivant (155 mots), puis réponds.
> Le téléphone portable a changé la vie de nombreuses familles guinéennes. Autrefois, pour donner une nouvelle à un parent éloigné, il fallait écrire une lettre ou envoyer un télégramme, et attendre des jours. Aujourd'hui, un simple appel suffit. Le commerçant de Kankan connaît en quelques secondes le prix du riz à Kindia ; la mère de famille reçoit l'argent envoyé par son fils depuis la capitale sans se déplacer.
>
> Mais cet outil a aussi ses dangers. Certains élèves passent des heures à jouer ou à discuter au lieu d'apprendre leurs leçons. De fausses nouvelles circulent très vite et sèment parfois la panique. Enfin, on se parle de plus en plus par écran, et de moins en moins les yeux dans les yeux.
>
> Le téléphone n'est donc ni bon ni mauvais en lui-même : tout dépend de l'usage qu'on en fait. Bien utilisé, il rapproche et enrichit ; mal utilisé, il isole et trompe.
a) Donne l'idée essentielle de chaque paragraphe.
b) Calcule la longueur d'un résumé au tiers, avec la marge de 10 %.
c) Rédige ce résumé et indique ton nombre de mots.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) §1 : le téléphone portable a facilité la communication, le commerce et l'envoi d'argent. §2 : mais il présente des dangers : il détourne des études, propage de fausses nouvelles, réduit les vraies rencontres. §3 : il n'est ni bon ni mauvais, tout dépend de son usage.
b) 155 ÷ 3 ≈ 52 mots. Marge de 10 % : 52 × 0,9 ≈ 47 et 52 × 1,1 ≈ 57. Le résumé doit compter entre 47 et 57 mots.
c) Exemple :
« Le téléphone portable a transformé la vie des Guinéens : il remplace lettres et télégrammes, renseigne les commerçants et permet d'envoyer de l'argent. Mais il détourne des élèves de leurs études, propage de fausses nouvelles et réduit les vraies rencontres. Il n'est donc ni bon ni mauvais : tout dépend de son usage. » (54 mots)
Les trois idées sont dans l'ordre, les connecteurs « Mais » et « donc » sont conservés, les exemples (Kankan, Kindia, la capitale) ont disparu.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.
Crée ton compte élève gratuit pour cocher les leçons terminées, suivre ta progression et gagner des points au QCM.