Leçon 3 sur 29
Les liens de parenté
Je sais nommer les différents liens de parenté, distinguer la parenté par le sang, par l'alliance et par l'adoption, et calculer un degré de parenté.
- 40 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir la parenté et ses trois sources (sang, alliance, adoption)
- Distinguer ligne directe et ligne collatérale, lignée paternelle et maternelle
- Nommer correctement chaque parent
- Calculer un degré de parenté
- Expliquer l'importance des liens de parenté dans la vie sociale et juridique
Avant de commencer : La leçon « Identifier les types de famille ».
1Je découvre
Au baptême du petit frère d'Ousmane, à Pita, la maison est pleine. Ousmane essaie de présenter tout le monde à son ami Lansana, venu de Kissidougou : « Voici mon grand-père, le père de mon papa. Là-bas, c'est ma tante, la sœur de ma maman. Ce garçon, c'est mon cousin, le fils de mon oncle paternel. Et cette dame, c'est la mère de ma belle-sœur… euh… comment on l'appelle déjà ? »
Lansana éclate de rire : « Chez nous aussi, on s'y perd ! Et mon père dit que le fils de son cousin est "presque son neveu". »
Les deux amis se demandent : comment savoir exactement quel lien nous unit à chaque membre de la famille ? Et pourquoi est-ce si important de le savoir ?
Quels sont les différents liens de parenté, et comment les reconnaître et les mesurer ?
2Je comprends
1. Qu'est-ce que la parenté ?
La parenté est le lien qui unit des personnes appartenant à une même famille. On distingue trois sources de parenté :
- La parenté par le sang (ou consanguinité) : elle unit les personnes qui descendent les unes des autres (père et fils) ou d'un même ancêtre (frères, cousins).
- La parenté par alliance : elle naît du mariage. Elle unit un époux aux parents de son conjoint : beau-père, belle-mère, beau-frère, belle-sœur, gendre, belle-fille (bru).
- La parenté par adoption : elle est créée par un jugement d'adoption. L'enfant adopté a des liens juridiques avec la famille qui l'adopte.
En Guinée, la parenté ne s'arrête pas là : dans de nombreuses communautés, des liens de cousinage à plaisanterie unissent des familles ou des groupes (par exemple entre certains noms de famille). Ce n'est pas une parenté au sens de la loi, mais c'est une tradition précieuse qui favorise la paix et la fraternité.
2. Ligne directe et ligne collatérale
Pour classer les parents par le sang, on utilise deux « lignes ».
- La ligne directe relie les personnes qui descendent les unes des autres : arrière-grand-père, grand-père, père, fils, petit-fils. Quand on remonte, on parle d'ascendants (parents, grands-parents) ; quand on descend, de descendants (enfants, petits-enfants).
- La ligne collatérale relie les personnes qui ne descendent pas les unes des autres, mais d'un ancêtre commun : frères et sœurs, oncles et tantes, neveux et nièces, cousins et cousines.
On distingue aussi deux lignées (ou branches) :
- la lignée paternelle, du côté du père (oncle paternel, tante paternelle, grand-père paternel) ;
- la lignée maternelle, du côté de la mère (oncle maternel, tante maternelle, grand-mère maternelle).
Dans beaucoup de sociétés guinéennes, l'oncle maternel joue un rôle particulier auprès de ses neveux : conseils, protection, rôle dans les cérémonies de mariage.
3. Nommer correctement chaque parent
| Lien | Nom | Lignée ou type |
|---|---|---|
| Le père de mon père | grand-père paternel | ligne directe |
| La mère de ma mère | grand-mère maternelle | ligne directe |
| Le fils de mon fils | petit-fils | ligne directe |
| Le frère de mon père | oncle paternel | collatérale |
| La sœur de ma mère | tante maternelle | collatérale |
| Le fils de mon frère | neveu | collatérale |
| La fille de ma sœur | nièce | collatérale |
| L'enfant de mon oncle ou de ma tante | cousin, cousine germain(e) | collatérale |
| Le frère qui a un seul parent en commun avec moi | demi-frère | collatérale |
| Le père de mon épouse | beau-père | alliance |
| Le mari de ma fille | gendre | alliance |
| L'épouse de mon fils | belle-fille (bru) | alliance |
| La sœur de mon mari ou l'épouse de mon frère | belle-sœur | alliance |
4. Calculer un degré de parenté
Le degré de parenté mesure la distance entre deux parents. Chaque génération compte pour un degré.
- En ligne directe : on compte les générations qui séparent les deux personnes. Père et fils : 1 degré. Grand-père et petit-fils : 2 degrés.
- En ligne collatérale : on remonte de la première personne jusqu'à l'ancêtre commun, puis on redescend jusqu'à la seconde, en comptant une génération à chaque pas (l'ancêtre commun ne compte pas lui-même).
Exemple
Question : « À quel degré suis-je parent avec mon oncle paternel ? »
Calcul pas à pas :
- L'ancêtre commun est mon grand-père paternel (le père de mon père et de mon oncle).
- Je remonte : de moi à mon père (1), de mon père au grand-père (2).
- Je redescends : du grand-père à mon oncle (3).
Réponse : je suis parent avec mon oncle au 3e degré, en ligne collatérale.
Exemple
Question : « Quel est le degré entre deux frères ? entre moi et mon arrière-grand-père ? »
Deux frères : on remonte au père (1), puis on redescend vers le frère (2). Ils sont parents au 2e degré en ligne collatérale.
Moi et mon arrière-grand-père : moi, père (1), grand-père (2), arrière-grand-père (3). Nous sommes parents au 3e degré en ligne directe.
Méthode
Pour calculer un degré de parenté :
- Je dessine un petit arbre généalogique avec les personnes concernées.
- Je repère si elles sont en ligne directe ou en ligne collatérale.
- Ligne directe : je compte les générations entre les deux.
- Ligne collatérale : je remonte jusqu'à l'ancêtre commun, puis je redescends, en comptant une génération par trait.
- J'écris la réponse complète : « parents au … degré en ligne … ».
Voici les degrés les plus courants, calculés selon cette règle :
5. Pourquoi les liens de parenté sont-ils importants ?
Connaître ses liens de parenté n'est pas seulement une question de politesse. Ces liens ont des conséquences sociales et juridiques :
- Le mariage : la loi interdit le mariage entre proches parents (par exemple entre un parent et son enfant, ou entre frère et sœur). Les traditions ajoutent souvent d'autres interdits.
- L'héritage : à la mort d'une personne, ses biens reviennent à ses héritiers selon l'ordre et le degré de parenté fixés par la loi (et, pour beaucoup de familles, selon les règles religieuses).
- L'obligation d'entraide : les parents doivent nourrir et entretenir leurs enfants ; en retour, les enfants doivent aider leurs parents âgés ou dans le besoin. C'est l'obligation alimentaire.
- Le nom de famille : l'enfant reçoit en général le nom de son père, ce qui le rattache à sa lignée.
- La cohésion sociale : les liens de parenté et d'alliance créent la solidarité lors des baptêmes, des mariages, des funérailles et des travaux collectifs.
Exemple
Situation : Aïssatou dit que sa belle-sœur Mariama n'est « pas de la famille » parce qu'elles n'ont pas le même sang.
Analyse : Aïssatou se trompe. Mariama, épouse de son frère, est sa parente par alliance. Le mariage a créé un lien reconnu par la société et par la loi. Elle lui doit donc respect et considération, comme à tout membre de la famille.
3Je retiens
Je retiens
La parenté est le lien qui unit les membres d'une même famille ; elle vient du sang (consanguinité), du mariage (alliance) ou de l'adoption.
Ligne directe : personnes qui descendent les unes des autres (ascendants, descendants). Ligne collatérale : personnes qui ont un ancêtre commun.
Lignée paternelle (côté du père) et lignée maternelle (côté de la mère).
Degré de parenté : une génération = un degré. En ligne collatérale, on remonte à l'ancêtre commun puis on redescend.
Père-fils : 1 ; frères : 2 ; oncle-neveu : 3 ; cousins germains : 4.
La parenté a des effets sur le mariage, l'héritage, l'obligation d'entraide et le nom.
4Erreurs fréquentes
- Compter l'ancêtre commun comme un degré : on compte les générations (les traits de l'arbre), pas les personnes.
- Dire que deux frères sont parents au 1er degré : ils sont au 2e degré, car il faut remonter au père puis redescendre.
- Confondre belle-mère (mère du conjoint, ou épouse du père) et marâtre : « marâtre » a un sens péjoratif, on dit plutôt belle-mère.
- Oublier la parenté par alliance : un beau-frère ou une belle-sœur est un parent, même sans lien de sang.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Vocabulaire) Complète.
a) Le frère de ma mère est mon …
b) La fille de mon frère est ma …
c) Le mari de ma sœur est mon …
d) Le père de mon mari est mon …
e) La mère de ma mère est ma …
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a) oncle maternel ; b) nièce ; c) beau-frère ; d) beau-père ; e) grand-mère maternelle.
2Exercice 2
(Classer) Classe en parenté par le sang ou par alliance : cousin, belle-mère, grand-père, gendre, nièce, bru, demi-sœur.
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Par le sang : cousin, grand-père, nièce, demi-sœur.
Par alliance : belle-mère, gendre, bru.
3Exercice 3
(Calcul) Donne le degré et la ligne de parenté entre :
a) Fanta et sa grand-mère ;
b) Alpha et sa nièce, fille de sa sœur ;
c) Kadiatou et le fils de son cousin germain.
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a) Fanta, sa mère (ou son père) : 1 ; la grand-mère : 2. Elles sont parentes au 2e degré en ligne directe.
b) Alpha remonte à son père, ancêtre commun (1), redescend vers sa sœur (2), puis vers la nièce (3). Parents au 3e degré en ligne collatérale.
c) Kadiatou remonte à son père (1) puis à son grand-père, ancêtre commun (2) ; elle redescend vers l'oncle (3), le cousin germain (4) puis le fils de ce cousin (5). Parents au 5e degré en ligne collatérale.
4Exercice 4
(Arbre généalogique) Le vieux Mamadou a deux enfants : Sékou et Hawa. Sékou a un fils, Ibrahima. Hawa a une fille, Fatoumata.
a) Dessine l'arbre généalogique.
b) Quel lien unit Ibrahima et Fatoumata ? À quel degré ?
c) Quel lien unit Hawa et Ibrahima ? À quel degré ?
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a) Arbre : en haut, le vieux Mamadou ; en dessous, ses deux enfants, Sékou et Hawa, reliés à lui ; sous Sékou, son fils Ibrahima ; sous Hawa, sa fille Fatoumata.
b) Ibrahima et Fatoumata sont cousins germains : on remonte d'Ibrahima à Sékou (1), puis au vieux Mamadou (2), et on redescend à Hawa (3) puis à Fatoumata (4). Ils sont parents au 4e degré en ligne collatérale.
c) Hawa est la tante paternelle d'Ibrahima (sœur de son père). On remonte d'Ibrahima à Sékou (1), au vieux Mamadou (2), puis on redescend à Hawa (3) : 3e degré en ligne collatérale.
5Exercice 5
(Réflexion) En 6 à 8 lignes, explique pourquoi il est important de connaître ses liens de parenté. Donne au moins deux raisons illustrées par un exemple.
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Exemple de réponse :
Connaître ses liens de parenté est important pour plusieurs raisons. D'abord, cela permet de respecter les règles du mariage : la loi et les traditions interdisent de se marier avec un proche parent, comme un frère ou une sœur. Ensuite, la parenté fixe l'ordre de l'héritage : à la mort d'un père, ce sont ses enfants et ses proches, selon leur degré, qui reçoivent ses biens. Elle crée aussi des devoirs d'entraide : un enfant doit aider ses parents âgés. Enfin, bien connaître sa famille renforce la solidarité lors des baptêmes, des mariages et des deuils.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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