Aller au contenu
Éducation civique et morale · 9e

Leçon 9 sur 29

Les incidences des IST et du VIH/sida sur la population

Je sais expliquer ce que sont les IST et le VIH/sida, comment ils se transmettent et s'évitent, et quelles conséquences ils ont sur les personnes, les familles et tout le pays.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir les IST, le VIH et le sida
  • Expliquer les modes de transmission et les moyens de prévention
  • Analyser les incidences sanitaires, démographiques, économiques et sociales des IST et du VIH/sida
  • Adopter une attitude responsable et refuser la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH

Avant de commencer : La leçon « Les différents types de travers sociaux ».

1Je découvre

À Faranah, la maman d'Ousmane est infirmière. Un soir, elle rentre fatiguée et raconte : « Aujourd'hui, j'ai reçu une jeune femme malade depuis des mois. Elle a peur de faire le test du VIH parce qu'elle craint que tout le quartier la rejette. » Elle ajoute qu'elle suit aussi une grand-mère qui élève seule ses quatre petits-enfants depuis que leurs parents sont décédés.

Ousmane est troublé : « Une seule maladie peut donc toucher une personne, puis toute une famille ? » Sa grande sœur Aïssatou, en 11e, se souvient d'une campagne de sensibilisation au lycée, le 1er décembre, avec un ruban rouge. Elle dit : « On nous a expliqué que ces maladies ne touchent pas seulement le malade, mais aussi l'économie et l'avenir du pays. »

Que sont les IST et le VIH/sida, et quelles sont leurs incidences sur la population ?

2Je comprends

1. Définitions

Les IST (infections sexuellement transmissibles) sont des infections causées par des microbes (bactéries, virus, parasites) qui se transmettent principalement lors des rapports sexuels non protégés avec une personne infectée. On disait autrefois « MST » (maladies sexuellement transmissibles) ; on parle aujourd'hui d'infections, car une personne peut être infectée sans avoir de signes visibles et transmettre quand même le microbe.

Exemples d'IST : la gonococcie (blennorragie), la syphilis, la chlamydiose, l'herpès génital, l'hépatite B et l'infection par le VIH.

Le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) est le virus qui attaque le système immunitaire, c'est-à-dire les défenses naturelles du corps contre les maladies.

Le sida (syndrome d'immunodéficience acquise) est le stade avancé de l'infection par le VIH, quand les défenses du corps sont tellement affaiblies que des maladies opportunistes (tuberculose, diarrhées graves, infections de la peau, pneumonies) s'installent.

Une personne séropositive est une personne dont le test montre qu'elle porte le VIH. Elle peut vivre longtemps sans être malade du sida, surtout si elle est soignée.

Quelques repères : les premiers cas de sida ont été décrits en 1981 ; le virus a été identifié en 1983 ; la Journée mondiale de lutte contre le sida a lieu chaque 1er décembre ; son symbole est le ruban rouge.

2. Comment se transmettent le VIH et les IST ?

Le VIH se transmet par trois voies seulement :

  1. La voie sexuelle : rapports sexuels non protégés avec une personne infectée. C'est la voie la plus fréquente.
  2. La voie sanguine : transfusion de sang non contrôlé, partage d'objets tranchants ou piquants souillés (seringues, lames de rasoir, instruments de scarification ou d'excision, aiguilles de tatouage).
  3. La transmission de la mère à l'enfant : pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement.

Le VIH ne se transmet pas par : la poignée de main, les accolades, le partage du repas ou du plat commun, les verres, les toilettes, les piqûres de moustiques, la toux, la sueur, les larmes, le fait de vivre ou d'étudier avec une personne séropositive.

Le VIH se transmet par
  • Rapports sexuels non protégés
  • Transfusion de sang non contrôlé
  • Lames, seringues, aiguilles partagées
  • De la mère à l'enfant sans traitement
Le VIH ne se transmet pas par
  • Poignée de main, accolade
  • Plat commun, verre, cuillère
  • Piqûre de moustique
  • Toux, larmes, sueur, toilettes
Connaître les vraies voies de transmission permet de se protéger sans rejeter les autres.

3. Comment se protéger ?

  • L'abstinence : pour les jeunes, retarder le début des rapports sexuels est le moyen le plus sûr.
  • La fidélité mutuelle entre deux partenaires qui connaissent leur statut, après un test.
  • Le préservatif, utilisé correctement à chaque rapport, pour les adultes.
  • Ne jamais partager lames, rasoirs, seringues ou aiguilles ; exiger du matériel stérile.
  • Le dépistage volontaire : faire le test pour connaître son statut ; il est confidentiel.
  • La prévention de la transmission de la mère à l'enfant (PTME) : une femme enceinte séropositive suivie et traitée peut donner naissance à un enfant non infecté.
  • Consulter rapidement un centre de santé en cas de signes d'IST (écoulement, plaie, démangeaisons, douleurs) et ne pas se soigner soi-même.

Il n'existe pas encore de vaccin ni de médicament qui guérit définitivement le VIH. Mais les antirétroviraux (ARV), pris chaque jour, bloquent la multiplication du virus : la personne reste en bonne santé, peut travailler et vivre normalement, et le risque qu'elle transmette le virus diminue fortement.

4. Les incidences sur la population

Les IST et le VIH/sida ont des conséquences sur plusieurs plans.

a) Incidences sanitaires

  • Les IST non soignées peuvent entraîner la stérilité, des grossesses extra-utérines, des fausses couches, des infections du nouveau-né et, pour certaines, des atteintes graves (cœur, cerveau, foie).
  • Les IST facilitent la transmission du VIH : une plaie génitale est une porte d'entrée pour le virus.
  • Le VIH affaiblit l'organisme et favorise d'autres maladies, notamment la tuberculose.
  • Les hôpitaux et centres de santé doivent consacrer beaucoup de moyens aux soins.

b) Incidences démographiques

  • Le VIH/sida non traité augmente la mortalité, surtout chez les jeunes adultes (15-49 ans), c'est-à-dire les personnes en âge de travailler et d'avoir des enfants.
  • Il fait baisser l'espérance de vie.
  • Il crée des orphelins, souvent élevés par leurs grands-parents.

c) Incidences économiques

  • Perte de main-d'œuvre : les malades ne peuvent plus travailler au champ, à l'atelier, à la mine ou au bureau.
  • Baisse des revenus des familles, qui dépensent en soins et en transport vers les centres de santé.
  • Pour l'État et les entreprises : dépenses de santé plus élevées, perte de travailleurs formés (enseignants, soignants), baisse de la production et ralentissement du développement.

d) Incidences sociales et familiales

  • Stigmatisation et discrimination : rejet des personnes vivant avec le VIH, qui peuvent perdre leur emploi, leur logement ou leurs amis.
  • Éclatement des familles, conflits dans les couples.
  • Déscolarisation : des enfants quittent l'école pour soigner un parent ou travailler.
  • Pauvreté accrue des ménages touchés.
Infection nonsoignéeMaladiePerte detravailPauvretéMoins desoins
Sans prévention ni traitement, la maladie et la pauvreté s'entretiennent l'une l'autre.
PlanIncidences principales
SanitaireStérilité, maladies opportunistes, tuberculose, hôpitaux surchargés
DémographiqueHausse de la mortalité des jeunes adultes, baisse de l'espérance de vie, orphelins
ÉconomiquePerte de main-d'œuvre, dépenses de santé, baisse de la production
SocialStigmatisation, familles éclatées, déscolarisation, pauvreté

Exemple

Question : « Montre que le VIH/sida est un frein au développement d'un pays. »

Réponse rédigée : Le VIH/sida touche surtout les jeunes adultes de 15 à 49 ans, c'est-à-dire la population active. Quand ils tombent malades sans traitement, ils ne peuvent plus travailler : la production agricole, minière ou industrielle diminue. Les familles dépensent leurs revenus en soins et s'appauvrissent ; certains enfants quittent l'école. L'État doit consacrer une grande part de son budget à la santé, au lieu de construire des routes ou des écoles, et il perd des enseignants et des soignants formés. Le VIH/sida ralentit donc le développement économique et social du pays. C'est pourquoi la prévention, le dépistage et le traitement sont des investissements pour l'avenir.

5. La lutte contre les IST et le VIH/sida en Guinée

La Guinée mène depuis de nombreuses années une politique de lutte contre le VIH/sida, coordonnée par un Comité national de lutte contre le sida, avec l'appui de partenaires internationaux. Cette lutte repose sur :

  • la sensibilisation (écoles, radios rurales, campagnes, associations de jeunes, leaders religieux) ;
  • le dépistage volontaire et confidentiel ;
  • la prise en charge des personnes vivant avec le VIH par les antirétroviraux ;
  • la PTME dans les maternités ;
  • la sécurité transfusionnelle (contrôle du sang donné) ;
  • la lutte contre la stigmatisation.

Exemple

Situation : Dans la classe de Mariama, on apprend qu'une camarade vit avec le VIH. Certains élèves refusent de s'asseoir à côté d'elle et de partager son plat à la cantine.

Analyse : Ces élèves ont peur par ignorance. Le VIH ne se transmet ni en s'asseyant à côté de quelqu'un, ni en partageant le repas. Leur comportement est une discrimination qui fait souffrir la camarade et peut la pousser à abandonner l'école. L'attitude responsable est de la traiter comme tout le monde, de respecter la confidentialité de son état de santé et d'informer correctement les autres élèves.

Méthode

Pour répondre à une question sur les incidences d'une maladie :

  1. Je définis la maladie en une ou deux phrases.
  2. Je classe les incidences par plan : sanitaire, démographique, économique, social.
  3. Pour chaque plan, je donne une conséquence expliquée par un exemple.
  4. Je conclus en rappelant les moyens de prévention.

3Je retiens

Je retiens

Les IST sont des infections transmises surtout par les rapports sexuels non protégés : gonococcie, syphilis, chlamydiose, herpès, hépatite B, VIH.

Le VIH attaque le système immunitaire ; le sida est le stade avancé de l'infection, marqué par des maladies opportunistes.

Trois voies de transmission du VIH : sexuelle, sanguine, de la mère à l'enfant. Il ne se transmet pas par les contacts de la vie courante.

Prévention : abstinence, fidélité, préservatif, pas de partage d'objets tranchants, dépistage, PTME ; les ARV permettent de vivre longtemps en bonne santé.

Incidences : sanitaires (stérilité, maladies), démographiques (mortalité des jeunes adultes, orphelins), économiques (perte de main-d'œuvre, dépenses), sociales (stigmatisation, pauvreté, déscolarisation).

Journée mondiale de lutte contre le sida : 1er décembre ; symbole : le ruban rouge.

4Erreurs fréquentes

  • Confondre VIH et sida : le VIH est le virus, le sida est le stade avancé de la maladie ; une personne séropositive n'a pas forcément le sida.
  • Croire que le VIH se transmet par le plat commun, la poignée de main ou le moustique : c'est faux et cela entraîne des rejets injustes.
  • Penser qu'on reconnaît une personne infectée à son apparence : seul un test permet de connaître son statut.
  • Réduire les incidences au seul malade : le VIH/sida touche aussi la famille, l'économie et le pays.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Que signifient les sigles IST, VIH et sida ?

b) Cite les trois voies de transmission du VIH.

c) Cite quatre moyens de prévention.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) IST : infections sexuellement transmissibles ; VIH : virus de l'immunodéficience humaine ; sida : syndrome d'immunodéficience acquise.

b) La voie sexuelle, la voie sanguine, la transmission de la mère à l'enfant.

c) L'abstinence, la fidélité mutuelle après un test, le préservatif, le refus de partager les objets tranchants (on pouvait aussi citer le dépistage et la PTME).

2Exercice 2

(Vrai ou faux, justifie)

a) On peut attraper le VIH en mangeant dans le même plat qu'une personne séropositive.

b) Une personne infectée par une IST peut n'avoir aucun signe visible.

c) Les antirétroviraux guérissent définitivement le VIH.

d) Une IST non soignée peut rendre stérile.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Faux : le VIH ne se transmet pas par les contacts de la vie courante comme le partage du repas.

b) Vrai : c'est pourquoi on parle d'infection, et qu'on peut transmettre une IST sans le savoir.

c) Faux : ils bloquent la multiplication du virus et permettent de vivre longtemps en bonne santé, mais ils ne l'éliminent pas ; il faut les prendre à vie.

d) Vrai : certaines IST, comme la gonococcie ou la chlamydiose, peuvent provoquer la stérilité.

3Exercice 3

(Classer) Classe chaque conséquence selon son plan (sanitaire, démographique, économique, social) : baisse de l'espérance de vie ; rejet d'un malade par ses voisins ; perte de main-d'œuvre agricole ; tuberculose ; augmentation du nombre d'orphelins ; dépenses de santé des familles.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Sanitaire : tuberculose. Démographique : baisse de l'espérance de vie ; augmentation du nombre d'orphelins. Économique : perte de main-d'œuvre agricole ; dépenses de santé des familles. Social : rejet d'un malade par ses voisins.

4Exercice 4

(Analyse de situation) Relis la situation de Mariama dans la partie « Je comprends ».

a) Comment appelle-t-on le comportement des élèves qui rejettent leur camarade ?

b) Pourquoi ce comportement n'est-il pas justifié ?

c) Quelles conséquences peut-il avoir pour la camarade ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) C'est de la stigmatisation et de la discrimination.

b) Parce que le VIH ne se transmet pas en s'asseyant à côté de quelqu'un ni en partageant un plat : la peur des élèves vient de l'ignorance. De plus, toute personne a droit au respect et à l'éducation, quel que soit son état de santé.

c) Elle peut souffrir de solitude et de honte, perdre confiance en elle, voir ses résultats baisser, voire abandonner l'école.

5Exercice 5

(Rédaction guidée, type examen) En 12 lignes environ, montre que les IST et le VIH/sida ont des incidences graves sur la population guinéenne, puis propose des solutions. Plan : définition ; incidences sur plusieurs plans ; moyens de lutte ; conclusion.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Exemple de réponse :

Les IST sont des infections transmises surtout par les rapports sexuels non protégés ; parmi elles, le VIH attaque les défenses du corps et conduit, sans traitement, au sida. Ces infections ont des incidences graves sur la population guinéenne. Sur le plan sanitaire, elles provoquent la stérilité, favorisent la tuberculose et encombrent les centres de santé. Sur le plan démographique, le VIH/sida non traité tue surtout des jeunes adultes, fait baisser l'espérance de vie et laisse des orphelins. Sur le plan économique, il fait perdre des travailleurs et oblige les familles et l'État à de lourdes dépenses. Sur le plan social, il entraîne la stigmatisation, la pauvreté et la déscolarisation. Pour lutter contre ces fléaux, chacun doit adopter une conduite responsable (abstinence pour les jeunes, fidélité, préservatif), refuser le partage d'objets tranchants et faire le test de dépistage. Les personnes séropositives doivent être soignées et respectées. La santé de chacun fait la force de la nation.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Que signifie le sigle VIH ?
Voir la réponse

Réponse B : virus de l'immunodéficience humaine. Le VIH attaque le système immunitaire.

2Le VIH ne se transmet PAS par :
Voir la réponse

Réponse C : la poignée de main. Les contacts de la vie courante ne transmettent pas le VIH.

3Quelle est une incidence démographique du VIH/sida ?
Voir la réponse

Réponse A : la baisse de l'espérance de vie. La démographie concerne la population : naissances, décès, espérance de vie.

4À quoi servent les antirétroviraux ?
Voir la réponse

Réponse B : à bloquer la multiplication du virus. Pris régulièrement, ils permettent de vivre longtemps en bonne santé.

5Quelle est la date de la Journée mondiale de lutte contre le sida ?
Voir la réponse

Réponse B : le 1er décembre. Elle est célébrée chaque 1er décembre, avec le ruban rouge comme symbole.

Tu as fini la leçon ?

Crée ton compte élève gratuit pour cocher les leçons terminées, suivre ta progression et gagner des points au QCM.

Karamö
Un point pas clair ? Dis-moi ce qui te bloque dans cette leçon : je t’explique autrement, pas à pas. Demander à Karamö

Toutes les leçons de Éducation civique et morale · 9e

Demander à Karamö