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Économie · Terminale SM Prépare le BAC

Leçon 6 sur 42

La faiblesse de l'élevage

Je sais décrire l'élevage des pays sous-développés, en particulier en Guinée, expliquer pourquoi il est peu productif et mesurer cette faiblesse avec des indicateurs simples.

  • 50 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Décrire les formes d'élevage (extensif, transhumant, sédentaire) et les espèces élevées en Guinée
  • Identifier les signes de la faiblesse de l'élevage
  • Expliquer ses causes naturelles, sanitaires, techniques, économiques et socioculturelles
  • Calculer un taux d'exploitation du troupeau et une productivité
  • Proposer des pistes d'amélioration

Avant de commencer : La leçon « La faiblesse de l'agriculture et de l'élevage ».

1Je découvre

Mamadou Saliou vit près de Pita, au Fouta-Djallon. Sa famille possède un troupeau d'une trentaine de bœufs N'Dama. Chaque matin, son petit frère les conduit sur les plateaux ; en saison sèche, quand l'herbe devient rare et jaune, les hommes partent avec les bêtes vers des vallées plus humides, parfois à plusieurs jours de marche.

Son grand-père refuse de vendre plus d'une ou deux bêtes par an : « Le troupeau, c'est notre banque et notre honneur. On vend quand il faut payer un mariage, soigner un malade ou acheter du riz. » Pourtant, les vaches donnent peu de lait, un veau est mort de maladie le mois dernier, et le vétérinaire le plus proche est à des dizaines de kilomètres.

À Conakry, la cousine de Mamadou achète du lait en poudre et du poulet congelé importés. Mamadou se demande : pourquoi un pays qui compte tant de bétail importe-t-il du lait et de la viande ?

Quels sont les signes et les causes de la faiblesse de l'élevage dans les pays sous-développés comme la Guinée ?

2Je comprends

1. Un élevage important mais peu productif

L'élevage est une activité essentielle dans les pays sous-développés : il fournit de la viande, du lait, des peaux, du fumier, de la force de travail, et constitue une épargne pour les familles. En Guinée, on élève :

  • des bovins, surtout au Fouta-Djallon et en Haute-Guinée, principalement de race N'Dama ;
  • des petits ruminants (moutons et chèvres) dans toutes les régions ;
  • des porcs, surtout en Guinée forestière ;
  • des volailles, dans presque toutes les familles.

Malgré ce cheptel important, l'élevage fournit peu de produits commercialisés : la production de lait et de viande par animal est faible, et le pays importe des produits animaux.

2. Les formes d'élevage

FormeDescriptionAvantagesLimites
Élevage extensif sédentaireLes animaux pâturent autour du village, sans aliments achetésPeu coûteuxFaible productivité, dégâts dans les champs
Élevage transhumantDéplacements saisonniers vers des pâturages plus humides en saison sècheUtilise des pâturages éloignésConflits avec les agriculteurs, fatigue et pertes d'animaux
Élevage intensif ou semi-intensifAnimaux en enclos, nourris, soignés et sélectionnés (volailles, porcs, embouche bovine)Forte productivitéCoûteux, demande des compétences et des capitaux ; encore rare

L'élevage extensif domine : les animaux dépendent entièrement des pâturages naturels, qui se dessèchent en saison sèche. Les bêtes maigrissent chaque année, puis regagnent du poids en saison des pluies : on parle d'un « effet yo-yo » qui ralentit leur croissance.

3. Les signes de la faiblesse de l'élevage

  • Faible productivité : peu de lait par vache, animaux légers, croissance lente, âge tardif de la première mise bas.
  • Mortalité élevée, surtout chez les jeunes animaux (veaux, agneaux, poussins).
  • Faible taux d'exploitation du troupeau : on vend ou abat une petite partie des animaux chaque année.
  • Faible transformation : peu de laiteries, d'abattoirs modernes, de tanneries ; pas de chaîne du froid pour conserver le lait et la viande.
  • Importations de lait en poudre, de viande et de volaille congelées.

4. Les causes de la faiblesse de l'élevage

a) Causes naturelles. Longue saison sèche où l'herbe et l'eau manquent ; feux de brousse qui détruisent les pâturages ; présence de la mouche tsé-tsé (glossine) dans les zones humides, qui transmet la trypanosomose. La race N'Dama y résiste (on dit qu'elle est trypanotolérante), mais elle est de petite taille et produit peu de lait.

b) Causes sanitaires. Les maladies sont nombreuses : trypanosomose, péripneumonie contagieuse bovine, peste des petits ruminants, maladie de Newcastle chez les volailles, parasites internes et externes (tiques). Les vétérinaires, les vaccins et les médicaments sont insuffisants, surtout loin des villes.

c) Causes techniques. Peu de cultures fourragères ou de réserves de foin pour la saison sèche, peu de sélection des reproducteurs, peu de points d'eau aménagés, faible formation des éleveurs.

d) Causes économiques. Manque de crédit pour acheter des aliments, des vaccins ou des géniteurs améliorés ; pistes et marchés à bétail mal organisés ; nombreux intermédiaires ; concurrence des produits importés souvent moins chers.

e) Causes socioculturelles. Le bétail est souvent une épargne sur pied et un signe de prestige : on cherche à avoir beaucoup de têtes plutôt que des animaux productifs, et on vend seulement en cas de besoin (mariage, dot, maladie, fêtes comme la Tabaski). C'est une logique de capitalisation, pas de production pour le marché.

f) Faible intégration agriculture-élevage. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont fréquents quand les animaux entrent dans les champs. Pourtant, le fumier pourrait fertiliser les champs et les résidus de récolte nourrir les animaux, et les bœufs pourraient tirer la charrue (culture attelée).

PâturagepauvreBêtes maigresPeu de laitRevenu faiblePeu de soins
Le cercle vicieux de l'élevage extensif.

5. Mesurer la faiblesse de l'élevage

Le taux d'exploitation d'un troupeau mesure la part des animaux vendus ou abattus dans l'année :

taux d'exploitation = nombre d'animaux vendus ou abattuseffectif du troupeau × 100

Un taux faible montre un élevage de capitalisation, peu tourné vers le marché.

La productivité laitière se mesure en litres de lait par vache et par jour (ou par lactation).

Exemple

Énoncé (données fictives) : un troupeau compte 40 bovins. Dans l'année, la famille en vend 2 et en abat 1 pour une cérémonie. Un élevage d'embouche voisin, de 40 têtes également, vend 14 animaux engraissés.

a) Calcule le taux d'exploitation de chaque élevage.

b) Commente.

Solution :

a) Troupeau familial : (2 + 1) / 40 × 100 = 3 / 40 × 100 = 7,5 %. Élevage d'embouche : 14 / 40 × 100 = 35 %.

b) Le troupeau familial est surtout une épargne : il fournit peu de viande au marché. L'élevage d'embouche, qui nourrit et soigne ses animaux, produit presque cinq fois plus (35 / 7,5 ≈ 4,7).

Exemple

Énoncé (données fictives) : une vache N'Dama élevée de façon extensive donne en moyenne 1,5 L de lait par jour pendant 180 jours. Une vache nourrie avec du fourrage et soignée donne 4 L par jour pendant 240 jours.

a) Calcule la production par lactation de chacune.

b) Combien de vaches extensives faut-il pour produire autant qu'une vache améliorée ?

Solution :

a) Vache extensive : 1,5 × 180 = 270 L. Vache améliorée : 4 × 240 = 960 L.

b) 960 / 270 ≈ 3,6 : il faut environ 3,6 vaches extensives (donc 4 vaches en pratique) pour égaler une vache bien nourrie et soignée.

Méthode

Pour expliquer la faiblesse de l'élevage dans une copie :

  1. Je présente l'importance de l'élevage (produits, épargne, régions et espèces).
  2. Je décris les formes d'élevage en montrant la domination de l'extensif.
  3. J'expose les signes (productivité, mortalité, taux d'exploitation, importations).
  4. J'explique les causes par catégorie : naturelles, sanitaires, techniques, économiques, socioculturelles.
  5. Je propose des solutions liées à chaque cause.

6. Des pistes pour moderniser l'élevage

  • Santé animale : campagnes de vaccination, formation d'auxiliaires vétérinaires dans les villages.
  • Alimentation : cultures fourragères, réserves de foin et de résidus de récolte, points d'eau pour la saison sèche.
  • Amélioration génétique raisonnée, en gardant la résistance de la N'Dama.
  • Intégration agriculture-élevage : culture attelée, fumure des champs, couloirs de passage pour les troupeaux afin de limiter les conflits.
  • Transformation et commercialisation : mini-laiteries, abattoirs modernes, chaîne du froid, marchés à bétail organisés, coopératives d'éleveurs.
  • Crédit adapté aux éleveurs et aviculteurs.

3Je retiens

Je retiens

L'élevage fournit viande, lait, peaux, fumier, traction et épargne ; en Guinée, bovins N'Dama (Fouta-Djallon, Haute-Guinée), petits ruminants, porcs (Guinée forestière), volailles.

Forme dominante : l'élevage extensif, sédentaire ou transhumant, dépendant des pâturages naturels.

Signes : faible productivité, mortalité élevée, faible taux d'exploitation, peu de transformation, importations de produits animaux.

Causes : naturelles (saison sèche, tsé-tsé), sanitaires (maladies, peu de vétérinaires), techniques (pas de fourrage ni de sélection), économiques (crédit, marchés), socioculturelles (bétail-épargne et prestige), faible lien avec l'agriculture.

Taux d'exploitation = animaux vendus ou abattus / effectif × 100.

Pistes : vaccination, fourrage, points d'eau, culture attelée, laiteries, abattoirs, chaîne du froid, coopératives.

4Erreurs fréquentes

  • Juger la richesse d'un éleveur au seul nombre de têtes : un grand troupeau mal nourri produit peu.
  • Dire que la N'Dama est une « mauvaise race » : elle produit peu, mais sa résistance à la trypanosomose est un atout précieux à conserver.
  • Oublier les causes socioculturelles : la logique d'épargne et de prestige explique en grande partie le faible taux d'exploitation.
  • Calculer le taux d'exploitation en divisant l'effectif par les ventes : c'est l'inverse.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Distingue élevage extensif et élevage intensif.

b) Qu'est-ce que la transhumance ? Pourquoi est-elle pratiquée ?

c) Cite trois maladies animales qui freinent l'élevage en Afrique de l'Ouest.

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a) L'élevage extensif utilise de grandes surfaces de pâturages naturels, avec peu de travail et de capital par animal ; la productivité est faible. L'élevage intensif concentre les animaux dans des enclos ou bâtiments, les nourrit, les soigne et les sélectionne ; la productivité est forte mais le coût aussi.

b) La transhumance est le déplacement saisonnier des troupeaux, avec leurs bergers, vers des pâturages plus riches. On la pratique en saison sèche, quand l'herbe et l'eau manquent près des villages.

c) La trypanosomose, la péripneumonie contagieuse bovine, la peste des petits ruminants (ou la maladie de Newcastle chez les volailles).

2Exercice 2

(Classer) Classe chaque cause dans la bonne catégorie (naturelle, sanitaire, technique, économique, socioculturelle) : manque de vétérinaires ; bétail gardé pour la dot ; absence de réserves de foin ; longue saison sèche ; manque de crédit pour acheter des aliments ; mouche tsé-tsé.

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Manque de vétérinaires : sanitaire. Bétail gardé pour la dot : socioculturelle. Absence de réserves de foin : technique. Longue saison sèche : naturelle. Manque de crédit : économique. Mouche tsé-tsé : naturelle (et sanitaire, car elle transmet la trypanosomose).

3Exercice 3

(Calcul, données fictives) Une préfecture compte 120 000 bovins. Dans l'année, 8 400 sont vendus et 1 200 abattus pour les cérémonies.

a) Calcule le taux d'exploitation du cheptel.

b) Si le taux passait à 12 %, combien d'animaux supplémentaires seraient mis sur le marché ?

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a) (8 400 + 1 200) / 120 000 × 100 = 9 600 / 120 000 × 100 = 8 %.

b) 12 % de 120 000 = 14 400 animaux ; 14 400 − 9 600 = 4 800 animaux supplémentaires.

4Exercice 4

(Calcul, données fictives) Un aviculteur achète 500 poussins. 15 % meurent avant la vente. Il vend chaque poulet 60 000 GNF. Ses dépenses (poussins, aliments, vaccins) s'élèvent à 19 000 000 GNF.

a) Combien de poulets vend-il ?

b) Calcule sa recette et son bénéfice.

c) Si une bonne vaccination réduisait la mortalité à 5 %, de combien sa recette augmenterait-elle ?

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a) Morts : 500 × 0,15 = 75. Poulets vendus : 500 − 75 = 425.

b) Recette : 425 × 60 000 = 25 500 000 GNF. Bénéfice : 25 500 000 − 19 000 000 = 6 500 000 GNF.

c) Avec 5 % de mortalité : 500 × 0,05 = 25 morts, 475 poulets vendus ; recette : 475 × 60 000 = 28 500 000 GNF. Hausse : 28 500 000 − 25 500 000 = 3 000 000 GNF (en supposant que la meilleure vaccination ne change pas les dépenses).

5Exercice 5

(Rédaction, type BAC) Sujet : « La Guinée possède un cheptel important mais importe du lait et de la viande. Expliquez ce paradoxe et proposez des solutions. » Rédige une introduction, deux parties et une conclusion.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Plan détaillé attendu :

Introduction : l'élevage occupe une place importante en Guinée (bovins N'Dama du Fouta-Djallon et de Haute-Guinée, petits ruminants, volailles) ; pourtant le pays importe du lait en poudre et de la viande congelée. Comment l'expliquer et y remédier ?

I. Les raisons du paradoxe : élevage extensif dépendant des pâturages naturels ; faible productivité (peu de lait, animaux légers) ; mortalité due aux maladies et au manque de vétérinaires ; bétail considéré comme une épargne et un prestige (faible taux d'exploitation) ; absence de laiteries, d'abattoirs modernes et de chaîne du froid ; concurrence des produits importés.

II. Les solutions : vaccination et auxiliaires vétérinaires ; cultures fourragères et points d'eau ; culture attelée et fumure pour relier agriculture et élevage ; coopératives, mini-laiteries, abattoirs, chaîne du froid ; crédit aux éleveurs ; organisation des marchés à bétail.

Conclusion : moderniser l'élevage réduirait les importations, augmenterait les revenus ruraux et améliorerait l'alimentation ; mais il faut respecter les savoir-faire des éleveurs et conserver les qualités de la race N'Dama.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Quelle forme d'élevage domine dans les pays sous-développés ?
Voir la réponse

Réponse A : l'élevage extensif. Les animaux se nourrissent surtout sur les pâturages naturels, avec peu de soins et d'aliments achetés.

2La transhumance est :
Voir la réponse

Réponse B : le déplacement saisonnier des troupeaux vers des pâturages plus riches. Elle se pratique surtout en saison sèche, quand l'herbe manque près des villages.

3Un troupeau de 50 bovins dont 4 sont vendus dans l'année a un taux d'exploitation de :
Voir la réponse

Réponse B : 8 %. 4 / 50 × 100 = 8 %.

4Pourquoi beaucoup d'éleveurs vendent-ils peu d'animaux ?
Voir la réponse

Réponse C : parce que le troupeau sert d'épargne et de signe de prestige. C'est une logique de capitalisation : on vend seulement en cas de besoin.

5Quel insecte transmet la trypanosomose ?
Voir la réponse

Réponse B : la mouche tsé-tsé. La glossine, ou mouche tsé-tsé, transmet la trypanosomose aux animaux et à l'homme.

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