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Économie · Terminale SM Prépare le BAC

Leçon 37 sur 42

La coopération économique internationale

Je sais définir la coopération économique internationale, en distinguer les formes et les domaines, présenter ses grandes étapes (CNUCED, Lomé, Cotonou, coopération Sud-Sud) et juger de ses apports et de ses limites pour la Guinée.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir la coopération économique internationale et ses formes (bilatérale, multilatérale, Nord-Sud, Sud-Sud)
  • Présenter ses domaines (financier, technique, commercial) et l'aide publique au développement
  • Connaître les grandes étapes de la coopération Nord-Sud et Sud-Sud
  • Évaluer ses avantages et ses limites pour les pays en développement

Avant de commencer : Les leçons sur l'échange inégal, l'endettement, les groupes de pays et la mobilisation des ressources internes.

1Je découvre

À l'hôpital régional de Faranah, Kadiatou, infirmière, vient de recevoir un nouvel appareil d'échographie. Sur la caisse, une étiquette indique qu'il a été offert dans le cadre d'un programme de coopération. Le même mois, trois médecins de l'hôpital partent se former à l'étranger grâce à des bourses, et un chantier de route financé par un prêt d'une banque internationale commence à la sortie de la ville.

Son frère Ibrahima, élève de Terminale SM, s'interroge : « Pourquoi d'autres pays et des organisations internationales nous aident-ils ? Qu'est-ce qu'ils y gagnent ? Et est-ce que cette aide nous rend plus forts, ou plus dépendants ? »

Il découvre que ces actions font partie de ce qu'on appelle la coopération économique internationale, qui lie la Guinée à de nombreux partenaires du Nord comme du Sud.

Qu'est-ce que la coopération économique internationale, quelles formes prend-elle, et contribue-t-elle vraiment au développement des pays du Sud ?

2Je comprends

1. Définition

La coopération économique internationale est l'ensemble des relations et des actions communes entre États, ou entre États et organisations internationales, destinées à favoriser le développement économique et social des partenaires : échanges commerciaux, transferts de capitaux, de technologies et de savoir-faire, aide.

Elle repose en principe sur l'intérêt mutuel : le pays aidé reçoit des moyens pour se développer ; le pays qui aide y gagne de l'influence, des débouchés pour ses entreprises, un accès aux matières premières, ou la stabilité d'une région.

2. Les formes de la coopération

Selon le nombre de partenaires :

  • la coopération bilatérale : entre deux États (par exemple un accord entre la Guinée et un pays partenaire pour construire un barrage) ;
  • la coopération multilatérale : passe par des organisations internationales qui regroupent de nombreux pays (ONU et ses agences, Banque mondiale, FMI, Banque africaine de développement, Union européenne) ;
  • la coopération décentralisée : entre collectivités locales (jumelage entre une commune guinéenne et une ville étrangère) ou par les ONG.

Selon le niveau de développement des partenaires :

  • la coopération Nord-Sud : entre pays développés et pays en développement ;
  • la coopération Sud-Sud : entre pays en développement (échanges d'expériences, investissements, formation) ;
  • la coopération triangulaire : un pays du Nord ou une organisation finance un projet mené par un pays du Sud au profit d'un autre pays du Sud.
Coopération bilatérale
  • Entre deux États
  • Exemple : accord entre la Guinée et un pays partenaire
  • Souvent liée aux intérêts du pays donateur
Coopération multilatérale
  • Par des organisations internationales
  • Exemples : Banque mondiale, BAD, agences de l'ONU
  • Plus neutre, mais avec des conditions communes
Deux grandes formes de coopération selon le nombre de partenaires.

3. Les domaines de la coopération

a) La coopération financière : dons (argent qui ne se rembourse pas) et prêts à des conditions plus avantageuses que celles du marché (taux faible, longue durée, délai de grâce).

b) La coopération technique : envoi d'experts, formation de cadres, bourses d'études, transfert de technologies, équipements.

c) La coopération commerciale : accords qui facilitent les exportations des pays du Sud, par exemple par des préférences tarifaires (baisse ou suppression des droits de douane sur leurs produits).

d) La coopération culturelle, scientifique et sanitaire : échanges universitaires, recherche, campagnes de vaccination.

L'aide publique au développement (APD) désigne les dons et prêts à conditions très favorables accordés par les États (directement ou via les organisations internationales) pour favoriser le développement des pays du Sud. En 1970, l'Assemblée générale de l'ONU a fixé aux pays riches l'objectif de consacrer 0,7 % de leur revenu national brut à l'APD. Très peu de pays, surtout en Europe du Nord, atteignent régulièrement cet objectif.

Exemple

Situation (chiffres imaginaires) : un pays riche a un RNB de 3 000 milliards de dollars et consacre 0,3 % de son RNB à l'aide publique au développement. Combien lui manque-t-il pour atteindre l'objectif de 0,7 % ?

Aide actuelle : 3 000 × 0,003 = 9 milliards de dollars.

Aide à 0,7 % : 3 000 × 0,007 = 21 milliards de dollars.

Écart : 21 − 9 = 12 milliards de dollars.

Conclusion : pour tenir l'engagement de 1970, ce pays devrait plus que doubler son aide (21 / 9 ≈ 2,3).

4. Les grandes étapes de la coopération Nord-Sud

Après les indépendances, les pays du Sud s'organisent pour obtenir des relations économiques plus justes :

  • 1964 : création de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), à Genève, et du Groupe des 77, qui rassemble les pays en développement pour défendre leurs intérêts. La CNUCED défend des prix stables pour les matières premières et des préférences commerciales pour les produits du Sud.
  • 1974 : l'Assemblée générale de l'ONU adopte une déclaration pour un nouvel ordre économique international (NOEI) : souveraineté des États sur leurs ressources naturelles, prix justes, transferts de technologies.
  • 1975 : convention de Lomé entre la Communauté économique européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), dont la Guinée : accès préférentiel au marché européen et mécanisme de stabilisation des recettes d'exportation (STABEX).
  • 2000 : l'accord de Cotonou remplace Lomé ; il associe l'aide au dialogue politique (démocratie, bonne gouvernance) et prépare des accords commerciaux réciproques.
  • 2023 : l'accord de Samoa, signé en novembre, succède à Cotonou pour organiser les relations entre l'Union européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.
  1. 11964 : naissance de la CNUCED et du Groupe des 77
  2. 21970 : objectif de 0,7 % du RNB pour l'aide publique au développement
  3. 31974 : déclaration pour un nouvel ordre économique international
  4. 41975 : convention de Lomé entre l'Europe et les pays ACP
  5. 52000 : accord de Cotonou
  6. 62023 : accord de Samoa
Les grandes étapes de la coopération Nord-Sud.

5. La coopération Sud-Sud

Dès la conférence de Bandung (Indonésie, 1955), des pays d'Asie et d'Afrique affirment leur volonté de coopérer entre eux. En 1978, le plan d'action de Buenos Aires organise la coopération technique entre pays en développement.

Aujourd'hui, la coopération Sud-Sud s'est fortement développée :

  • de grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Turquie, pays du Golfe) financent des routes, des barrages, des stades, des hôpitaux en Afrique ; la Chine a créé en 2000 le Forum sur la coopération sino-africaine ;
  • les pays africains coopèrent entre eux au sein des organisations régionales (CEDEAO, Union africaine) et échangent des enseignants, des médecins, des étudiants.

Avantages : des partenaires qui ont connu les mêmes difficultés, des technologies souvent mieux adaptées, moins de conditions politiques. Limites : des prêts parfois garantis par des ressources naturelles, un endettement qui augmente, et des échanges qui peuvent reproduire la spécialisation dans les matières premières.

6. Bilan : apports et limites

Apports :

  • financement d'infrastructures, d'écoles, de centres de santé ;
  • formation de cadres et transfert de savoir-faire ;
  • accès facilité aux marchés des pays riches ;
  • réponse aux urgences (épidémies, catastrophes).

Limites :

  • l'aide liée : le pays aidé doit acheter les biens et les services du pays donateur, souvent plus chers ;
  • les conditionnalités économiques et politiques ;
  • une dépendance durable et un endettement croissant ;
  • une aide parfois mal adaptée aux besoins, ou détournée ;
  • des montants inférieurs aux promesses (objectif de 0,7 %).

Conclusion pratique : la coopération n'est efficace que si elle complète l'effort national (ressources internes, bonne gouvernance, plan clair) et si le pays aidé choisit ses priorités au lieu de les subir.

Exemple

Question de BAC : « Montrez que la coopération internationale peut à la fois aider et freiner le développement. »

Réponse rédigée : La coopération internationale aide le développement lorsqu'elle apporte des moyens que le pays ne possède pas : des dons et des prêts à faible taux pour construire des routes, des barrages ou des hôpitaux, des bourses et des experts pour former des cadres, des préférences commerciales pour exporter, comme l'a fait la convention de Lomé à partir de 1975. Mais elle peut aussi le freiner : l'aide liée oblige à acheter chez le donateur, les conditionnalités imposent des politiques qui ne correspondent pas toujours aux priorités nationales, et l'accumulation de prêts conduit à l'endettement. Elle est donc utile si elle complète l'effort national au lieu de le remplacer.

Méthode

Pour étudier une action de coopération (document ou exemple) :

  1. J'identifie les partenaires (bilatéral, multilatéral, Nord-Sud, Sud-Sud).
  2. Je précise le domaine (financier, technique, commercial, culturel) et la forme (don, prêt, préférence).
  3. Je relève ce que gagne chaque partenaire (intérêt mutuel).
  4. J'évalue les effets positifs et les risques (dépendance, dette, aide liée).
  5. Je conclus sur les conditions d'efficacité.

3Je retiens

Je retiens

Coopération économique internationale : ensemble des relations et actions communes entre États ou organisations pour favoriser le développement, en principe dans l'intérêt mutuel.

Formes : bilatérale (deux États), multilatérale (organisations), décentralisée (collectivités, ONG) ; Nord-Sud, Sud-Sud, triangulaire.

Domaines : financier (dons, prêts), technique (experts, formation), commercial (préférences), culturel et scientifique.

APD : objectif de 0,7 % du RNB des pays riches (ONU, 1970), rarement atteint.

Étapes : CNUCED et Groupe des 77 (1964), NOEI (1974), Lomé (1975), Cotonou (2000), Samoa (2023). Sud-Sud : Bandung (1955), Buenos Aires (1978).

Limites : aide liée, conditionnalités, dépendance, endettement, aide inadaptée ou détournée. Elle doit compléter l'effort national.

4Erreurs fréquentes

  • Confondre coopération bilatérale (deux États) et multilatérale (organisations internationales regroupant de nombreux pays).
  • Présenter la coopération comme un don désintéressé : elle repose aussi sur les intérêts des pays qui aident.
  • Croire que tous les prêts sont de l'aide : seuls les prêts à conditions très favorables comptent dans l'APD.
  • Oublier la coopération Sud-Sud, devenue très importante pour l'Afrique.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Définis la coopération économique internationale.

b) Distingue coopération bilatérale et coopération multilatérale.

c) Qu'est-ce que l'aide liée ?

d) Quel objectif l'ONU a-t-elle fixé en 1970 aux pays riches ?

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a) C'est l'ensemble des relations et des actions communes entre États, ou entre États et organisations internationales, destinées à favoriser le développement économique et social des partenaires, en principe dans leur intérêt mutuel.

b) La coopération bilatérale lie directement deux États ; la coopération multilatérale passe par des organisations internationales regroupant de nombreux pays (Banque mondiale, BAD, agences de l'ONU, Union européenne).

c) C'est une aide accordée à condition que le pays bénéficiaire achète les biens et les services du pays donateur.

d) Consacrer 0,7 % de leur revenu national brut à l'aide publique au développement.

2Exercice 2

(Identifier) Pour chaque action, précise la forme (bilatérale, multilatérale, décentralisée) et le domaine (financier, technique, commercial) :

a) une commune guinéenne et une ville étrangère jumelées financent un puits ;

b) la Banque africaine de développement prête à la Guinée pour une route ;

c) un pays partenaire envoie des ingénieurs former des techniciens guinéens ;

d) l'Union européenne supprime les droits de douane sur les mangues guinéennes.

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a) décentralisée, financière ; b) multilatérale, financière ; c) bilatérale, technique ; d) multilatérale (l'Union européenne agit pour ses États membres), commerciale.

3Exercice 3

(Calcul) Un pays reçoit un prêt d'aide de 50 millions de dollars. L'accord l'oblige à acheter le matériel chez le pays prêteur, 20 % plus cher que le meilleur prix du marché mondial.

a) Quelle quantité de matériel (en valeur au prix mondial) le pays obtient-il réellement ?

b) Combien perd-il par rapport à un prêt non lié ?

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a) Le matériel coûte 1,2 fois le prix mondial. Valeur réelle au prix mondial : 50 / 1,2 ≈ 41,7 millions de dollars.

b) Perte : 50 − 41,7 ≈ 8,3 millions de dollars. Le pays rembourse 50 millions pour un matériel qui en vaut environ 41,7 sur le marché mondial.

4Exercice 4

(Chronologie) Range dans l'ordre et date : accord de Cotonou ; conférence de Bandung ; création de la CNUCED ; convention de Lomé ; accord de Samoa ; déclaration sur le NOEI.

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Conférence de Bandung (1955) ; création de la CNUCED (1964) ; déclaration sur le NOEI (1974) ; convention de Lomé (1975) ; accord de Cotonou (2000) ; accord de Samoa (2023).

5Exercice 5

(Sujet type BAC) « La coopération économique internationale est-elle un facteur de développement pour les pays africains ? » Rédige une introduction, un plan détaillé et une conclusion.

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Introduction. Depuis les indépendances, les pays africains entretiennent des relations de coopération avec les pays du Nord, les organisations internationales et, de plus en plus, les pays émergents du Sud. Cette coopération prend la forme de dons, de prêts, d'assistance technique et d'accords commerciaux. Est-elle un facteur de développement pour l'Afrique ?

I. Un facteur de développement. a) Financement d'infrastructures (routes, barrages, hôpitaux). b) Formation de cadres et transfert de savoir-faire. c) Accès aux marchés grâce aux préférences (Lomé, Cotonou). d) Diversification des partenaires grâce à la coopération Sud-Sud.

II. Des limites qui peuvent freiner le développement. a) Aide liée et conditionnalités. b) Endettement croissant et dépendance. c) Aide inférieure aux promesses (0,7 %) et parfois mal adaptée ou détournée. d) Relations qui entretiennent la spécialisation dans les matières premières.

Conclusion. La coopération n'est un facteur de développement que si les pays africains définissent leurs propres priorités, mobilisent leurs ressources internes et gèrent l'aide avec rigueur. L'intégration régionale, étudiée dans la leçon suivante, est une autre forme de coopération qui peut renforcer leur position.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Un accord entre la Guinée et un seul autre État relève de la coopération :
Voir la réponse

Réponse A : bilatérale. Bilatérale signifie « entre deux parties ».

2En quelle année la CNUCED a-t-elle été créée ?
Voir la réponse

Réponse C : 1964. La CNUCED et le Groupe des 77 sont nés en 1964.

3Quelle convention a lié en 1975 la Communauté européenne et les pays ACP ?
Voir la réponse

Réponse B : la convention de Lomé. Signée en 1975, elle a été remplacée par l'accord de Cotonou en 2000.

4L'objectif d'aide publique au développement fixé par l'ONU en 1970 est de :
Voir la réponse

Réponse B : 0,7 % du RNB. Sept dixièmes de 1 % du revenu national brut des pays riches.

5L'aide liée désigne :
Voir la réponse

Réponse B : une aide qui oblige à acheter les biens et services du pays donateur. Elle réduit la valeur réelle de l'aide pour le pays bénéficiaire.

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