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Français · 10e Prépare le BEPC

Leçon 8 sur 55

La subordonnée complétive

Je sais reconnaître une proposition subordonnée complétive, la distinguer d'une relative, donner sa fonction et choisir le bon mode (indicatif ou subjonctif) de son verbe.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Reconnaître les trois formes de la complétive (conjonctive en « que », interrogative indirecte, infinitive)
  • Donner la fonction de la complétive dans la phrase
  • Choisir le mode du verbe de la complétive selon le verbe principal

Avant de commencer : Les pronoms relatifs et la proposition relative ; les fonctions COD, sujet, attribut ; les modes indicatif et subjonctif.

1Je découvre

À la veille du BEPC, Kadiatou reçoit plusieurs messages de sa famille.

Son père lui écrit : « Je sais que tu as bien travaillé. »

Sa mère ajoute : « Je souhaite que tu sois calme demain. »

Son oncle de Kissidougou demande : « Dis-moi si tu as besoin de quelque chose. »

Sa petite sœur Fanta, elle, envoie : « J'entends les coqs chanter : il est déjà tard, va dormir ! »

Kadiatou, qui révise justement sa grammaire, remarque que chacun de ces messages contient une phrase complexe. Dans chacune, une partie répond à la question « quoi ? » posée après le verbe principal : je sais quoi ? je souhaite quoi ? dis-moi quoi ? j'entends quoi ? Ces propositions jouent le rôle d'un complément d'objet, comme un simple nom : « Je sais la vérité. »

Elle remarque aussi un détail étrange : son père écrit « tu as », mais sa mère écrit « tu sois ».

Qu'est-ce qu'une subordonnée complétive, sous quelles formes la trouve-t-on, et comment choisir le mode de son verbe ?

2Je comprends

1. Définition

Une proposition subordonnée complétive est une proposition qui complète le verbe de la proposition principale (le plus souvent) et qui occupe une fonction nominale : on peut en général la remplacer par un groupe nominal ou par le pronom « cela ».

« Je sais que tu as bien travaillé. » → « Je sais cela. » → « Je sais ta réussite. »

Elle est appelée « complétive » parce qu'elle complète le verbe, comme un COD.

2. Les trois formes de la complétive

a) La complétive conjonctive introduite par « que ». C'est la forme la plus fréquente. Elle est introduite par la conjonction de subordination « que ».

« Le maître annonce que les résultats sont bons. »

b) L'interrogative indirecte. Elle rapporte une question sans point d'interrogation. Elle est introduite par si, ou par un mot interrogatif (qui, quand, où, comment, pourquoi, combien, ce que, ce qui, quel).

« Dis-moi si tu as besoin de quelque chose. » ; « Je me demande pourquoi le car est en retard. »

c) L'infinitive. Son verbe est à l'infinitif et elle a son propre sujet, différent de celui du verbe principal. Elle suit surtout les verbes de perception (voir, entendre, sentir, regarder, écouter) et « laisser », « faire ».

« J'entends les coqs chanter. » → sujet de l'infinitif : « les coqs ».

Forme
  • conjonctive en « que »
  • interrogative indirecte
  • infinitive
Exemple
  • Je crois que la pluie arrive.
  • Je me demande si la pluie arrive.
  • Je vois la pluie arriver.
Les trois formes de la subordonnée complétive.

3. Ne pas confondre « que » conjonction et « que » pronom relatif

C'est la difficulté principale de la leçon.

« que » pronom relatif« que » conjonction de subordination
Il a un antécédent (un nom placé avant).Il n'a pas d'antécédent ; il suit souvent un verbe.
Il remplace ce nom et a une fonction (souvent COD) dans la relative.Il ne remplace rien et n'a aucune fonction ; il sert seulement à relier.
La relative complète un nom.La complétive complète un verbe.
« Le livre que tu lis est beau. »« Je pense que tu lis trop vite. »

Test : dans la subordonnée, le mot « que » peut-il être remplacé par l'antécédent ? « tu lis le livre » → oui : relatif. « tu lis trop vite » est déjà complet sans « que » → conjonction.

4. Les fonctions de la complétive

  • COD du verbe principal (cas le plus fréquent) : « Je souhaite que tu réussisses. »
  • Sujet (placée en tête) : « Que tu sois en retard m'étonne. » (= Cela m'étonne.)
  • Attribut du sujet : « Mon souhait est que tu réussisses. »
  • Sujet réel d'un verbe impersonnel : « Il faut que tu partes. » ; « Il est certain qu'il pleuvra. »
  • Complément de l'adjectif : « Je suis heureux que tu sois venu. »
  • Complément du nom : « L'idée que tu partes m'attriste. »
  • COI (avec « à ce que », « de ce que ») : « Je tiens à ce que tu viennes. »

5. Le mode du verbe dans la complétive en « que »

Le mode dépend du sens du verbe principal.

L'indicatif s'emploie quand la principale exprime une certitude, une constatation, une déclaration, une opinion affirmée ou une perception : savoir, affirmer, dire, annoncer, constater, penser, croire, espérer, voir, être sûr que, il est certain que.

« Je sais que tu as bien travaillé. » ; « J'espère qu'il viendra. »

Le subjonctif s'emploie quand la principale exprime une volonté (ordre, souhait, défense), un sentiment (joie, crainte, regret), un doute ou une nécessité : vouloir, souhaiter, exiger, ordonner, craindre, regretter, douter, il faut que, il est possible que, être content que.

« Je souhaite que tu sois calme. » ; « Il faut que nous partions. » ; « Je doute qu'il vienne. »

Cas particulier : les verbes d'opinion (penser, croire) à la forme négative ou interrogative sont souvent suivis du subjonctif : « Je ne crois pas qu'il soit malade. » ; « Crois-tu qu'il puisse venir ? »

La principale exprime…Mode de la complétiveExemple
certitude, déclaration, perception, espoirindicatifJe constate que tu es prêt.
volonté, souhait, ordresubjonctifJe veux que tu sois prêt.
sentiment (joie, crainte, regret)subjonctifJe crains qu'il ne soit trop tard.
doute, possibilité, nécessitésubjonctifIl faut que tu sois prêt.

Méthode

Pour analyser une subordonnée complétive :

  1. Je repère les verbes conjugués et je délimite les propositions.
  2. Je repère le mot qui introduit la subordonnée (que, si, un mot interrogatif) ou un infinitif avec son propre sujet.
  3. Si c'est « que », je cherche un antécédent : s'il n'y en a pas et que la proposition peut être remplacée par « cela », c'est une complétive.
  4. Je donne sa forme (conjonctive, interrogative indirecte ou infinitive).
  5. Je donne sa fonction par rapport au verbe principal (COD, sujet, attribut…).
  6. Je justifie le mode : indicatif (certitude) ou subjonctif (volonté, sentiment, doute, nécessité).

Exemple

Phrase : « Les paysans espèrent que la saison des pluies sera abondante. »

Principale : « Les paysans espèrent » ; subordonnée : « que la saison des pluies sera abondante ».

« que » n'a pas d'antécédent ; on peut dire « Les paysans espèrent cela » → complétive conjonctive.

Fonction : COD du verbe « espèrent ».

Mode : indicatif (futur « sera ») car « espérer » exprime une attente jugée probable.

Exemple

Phrase : « Le chef du village exige que chacun participe au nettoyage du marché. »

Subordonnée : « que chacun participe au nettoyage du marché » ; complétive conjonctive, COD de « exige ».

Mode : subjonctif (« participe ») car « exiger » exprime une volonté.

Vérification : avec « nous », on aurait « que nous participions », forme propre au subjonctif.

3Je retiens

Je retiens

La subordonnée complétive complète le plus souvent un verbe ; on peut la remplacer par « cela ».

Trois formes : conjonctive en « que », interrogative indirecte (si, où, quand, pourquoi…), infinitive (infinitif avec son propre sujet).

« que » conjonction n'a pas d'antécédent et n'a pas de fonction ; « que » relatif a un antécédent.

Fonctions : surtout COD ; aussi sujet, attribut, sujet réel, complément de l'adjectif ou du nom.

Indicatif après un verbe de certitude, de déclaration, de perception ou d'espoir.

Subjonctif après un verbe de volonté, de sentiment, de doute ou de nécessité (il faut que).

4Erreurs fréquentes

  • Confondre complétive et relative : dans « L'idée que tu m'as donnée », « que » a un antécédent (« l'idée ») et il est COD de « as donnée » : c'est une relative.
  • Mettre l'indicatif après un verbe de volonté : « Je veux que tu viens » est faux ; écris « Je veux que tu viennes ».
  • Mettre le subjonctif après « espérer » : on écrit « J'espère qu'il viendra » (indicatif), et non « qu'il vienne ».
  • Oublier que l'interrogative indirecte ne prend pas de point d'interrogation ni d'inversion : « Je me demande où il est », et non « où est-il ? ».

5Je m’exerce

1Exercice 1

Souligne (recopie) la subordonnée complétive et donne sa forme.

a) Le médecin affirme que l'enfant est guéri.

b) Je ne sais pas quand le bac traversera le fleuve.

c) Nous regardons les pirogues arriver au port.

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a) « que l'enfant est guéri » : complétive conjonctive introduite par « que ».

b) « quand le bac traversera le fleuve » : interrogative indirecte introduite par « quand ».

c) « les pirogues arriver au port » : infinitive (sujet de l'infinitif : « les pirogues »).

2Exercice 2

Dis si « que » est un pronom relatif ou une conjonction de subordination. Justifie.

a) La nouvelle que tu annonces me réjouit.

b) Je pense que tu as raison.

c) Il est évident que l'eau est précieuse.

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a) Pronom relatif : il a pour antécédent « la nouvelle » et il est COD de « annonces » (tu annonces la nouvelle).

b) Conjonction de subordination : pas d'antécédent ; la subordonnée « tu as raison » est complète sans lui ; elle est COD de « pense ».

c) Conjonction de subordination : pas d'antécédent ; la complétive est sujet réel de la tournure impersonnelle « il est évident ».

3Exercice 3

Mets le verbe entre parenthèses au mode et au temps qui conviennent.

a) Je veux que tu (faire) tes devoirs.

b) Je sais que tu (être) courageux.

c) Il faut que nous (partir) avant la nuit.

d) Je ne crois pas qu'il (pouvoir) venir.

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a) Je veux que tu fasses tes devoirs. (volonté → subjonctif)

b) Je sais que tu es courageux. (certitude → indicatif)

c) Il faut que nous partions avant la nuit. (nécessité → subjonctif)

d) Je ne crois pas qu'il puisse venir. (opinion à la forme négative → subjonctif)

4Exercice 4

Donne la fonction de chaque complétive.

a) Que tu aies réussi réjouit toute la famille.

b) Mon vœu est que la paix règne.

c) Il semble que la route soit coupée.

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a) « Que tu aies réussi » : sujet du verbe « réjouit ».

b) « que la paix règne » : attribut du sujet « Mon vœu ».

c) « que la route soit coupée » : sujet réel de la tournure impersonnelle « il semble ».

5Exercice 5

(Format BEPC) Analyse logique : découpe la phrase en propositions, donne la nature et la fonction de chacune.

« Le directeur annonce que les examens commenceront lundi et il souhaite que tous les candidats soient à l'heure. »

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Proposition 1 : « Le directeur annonce » : proposition principale.

Proposition 2 : « que les examens commenceront lundi » : proposition subordonnée complétive conjonctive, introduite par « que », COD du verbe « annonce » ; verbe à l'indicatif (déclaration).

Proposition 3 : « et il souhaite » : proposition principale, coordonnée à la première par « et ».

Proposition 4 : « que tous les candidats soient à l'heure » : proposition subordonnée complétive conjonctive, introduite par « que », COD du verbe « souhaite » ; verbe au subjonctif (souhait).

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Dans « Je crois que tu as raison », la subordonnée est :
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Réponse B : une complétive conjonctive. « que » n'a pas d'antécédent ; la proposition est COD de « crois ».

2Quelle phrase contient une interrogative indirecte ?
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Réponse B : Je me demande où tu vas.. L'interrogative indirecte rapporte une question sans point d'interrogation, après un verbe comme « se demander ».

3Quelle forme est correcte ? « Ma mère veut que je … à l'heure. »
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Réponse B : sois. Après un verbe de volonté (vouloir), le verbe de la complétive se met au subjonctif : « que je sois ».

4Dans « J'entends le tam-tam résonner », la subordonnée est :
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Réponse A : infinitive. Le verbe est à l'infinitif et a son propre sujet (« le tam-tam »).

5Après « espérer que », on emploie :
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Réponse A : l'indicatif. « espérer » exprime une attente jugée probable : il est suivi de l'indicatif.

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