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Physique · 12e SM

Leçon 32 sur 33

Le phénomène d'interférence

Je sais expliquer ce qui se passe quand deux ondes de même fréquence se superposent, calculer la différence de marche en un point et dire si ce point vibre au maximum ou reste au repos.

  • 1 h
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Énoncer les conditions d'obtention d'interférences (sources synchrones et cohérentes)
  • Définir la différence de marche δ = d2 − d1 et établir l'amplitude résultante en un point
  • Reconnaître les points d'amplitude maximale (δ = kλ) et les points immobiles (δ = (2k + 1)λ/2)
  • Dénombrer et décrire les franges d'interférence dans une cuve à ondes

Avant de commencer : La leçon « Les ondes progressives » (λ = c/N, équation d'un point yM = a sin(ωt − 2πx/λ), points en phase et en opposition) ; la formule trigonométrique sin p + sin q = 2 sin((p + q)/2) cos((p − q)/2).

1Je découvre

Un après-midi sans vent, Aïssatou et Lansana sont au bord d'une mare calme près de Mamou. Au même instant, et au même rythme, ils tapotent tous les deux la surface de l'eau du bout d'un bâton, à un mètre l'un de l'autre. Deux séries de rides circulaires partent et se croisent.

Aïssatou remarque quelque chose d'étrange : dans la zone où les rides se rencontrent, certaines lignes de la surface s'agitent fortement, tandis que d'autres lignes, entre elles, restent presque immobiles. Des brindilles posées sur ces lignes calmes ne bougent pas, alors que deux ondes arrivent pourtant sur elles !

Comment deux ondes qui se rencontrent peuvent-elles s'annuler à certains endroits et se renforcer à d'autres ?

Que se passe-t-il quand deux ondes de même fréquence se superposent, et comment prévoir où le milieu vibre au maximum et où il reste au repos ?

2Je comprends

1. Superposition de deux ondes

Quand deux ondes se rencontrent en un point M, chaque onde impose à M une élongation, y1 et y2. Pour de petites déformations, l'élongation de M est simplement la somme :

yM = y1 + y2 (principe de superposition).

Après s'être croisées, les deux ondes continuent leur chemin sans être modifiées.

2. Conditions pour observer des interférences

Pour obtenir une figure stable (des lignes agitées et des lignes calmes qui ne bougent pas au cours du temps), il faut deux sources :

  • synchrones : elles vibrent avec la même fréquence ;
  • cohérentes : leur déphasage est constant dans le temps (le plus simple : elles sont en phase).

Dans une cuve à ondes, on obtient ces conditions en fixant deux pointes S1 et S2 sur le même vibreur : elles frappent l'eau exactement en même temps. On dit qu'on observe des interférences dans le champ d'interférences, zone où les deux ondes se superposent.

3. Élongation d'un point et différence de marche

Les deux sources vibrent en phase : yS1 = yS2 = asin(ω t). On néglige l'amortissement : les deux ondes arrivent en M avec la même amplitude a. Le point M est à la distance d1 = S1M de S1 et d2 = S2M de S2.

D'après la leçon précédente :

y1 = asin(ω t - 2π d1λ) et y2 = asin(ω t - 2π d2λ).

Avec la formule sin p + sin q = 2sinp + q2cosp - q2 :

yM = 2acos(π(d2 - d1)λ)sin(ω t - π(d1 + d2)λ).

On appelle différence de marche au point M la grandeur :

δ = d2 - d1 = S2M - S1M.

Le point M vibre donc sinusoïdalement, à la même fréquence que les sources, avec l'amplitude :

A = 2a|cosπ δλ|

qui dépend de la position de M (par δ), mais pas du temps : c'est pourquoi la figure est stable.

−2,5−2−1,5−1−0,500,511,522,500,511,522,5
Amplitude A (en unités de a) d'un point en fonction du rapport δ/λ : A = 2a quand δ/λ est entier, A = 0 quand δ/λ vaut ±0,5 ; ±1,5 ; ±2,5.

4. Points d'amplitude maximale et points immobiles

Amplitude maximale (A = 2a) : |cosπδλ| = 1, soit

δ = d2 - d1 = kλ (k entier relatif).

Les deux ondes arrivent en phase en M : elles se renforcent. On parle d'interférence constructive.

Amplitude nulle (A = 0, point immobile) : cosπδλ = 0, soit

δ = d2 - d1 = (2k + 1)λ2.

Les deux ondes arrivent en opposition de phase en M : elles s'annulent. On parle d'interférence destructive.

Différence de marche δLes ondes arrivent…Le point M
kλen phasevibre avec l'amplitude maximale 2a
(2k + 1)λ2en opposition de phasereste immobile
autre valeuravec un autre déphasagevibre avec une amplitude entre 0 et 2a

Méthode

Pour savoir comment vibre un point M du champ d'interférences :

  1. Je calcule λ = c / N (même unité que les distances).
  2. Je calcule la différence de marche δ = d2 − d1 = S2M − S1M.
  3. Je calcule le rapport δ / λ.
  4. Si δ / λ est un entier k : amplitude maximale 2a (frange « d'ordre k »). Si δ / λ = k + 1/2 : point immobile.
  5. Sinon, A = 2a |cos(πδ/λ)|.

Exemple

Dans une cuve à ondes, deux pointes S1 et S2 fixées au même vibreur (N = 20 Hz) frappent l'eau ; la célérité vaut 0,30 m/s. Préciser l'état vibratoire des points M (S1M = 6,0 cm ; S2M = 9,0 cm) et P (S1P = 5,25 cm ; S2P = 7,5 cm).

λ = c / N = 0,30 / 20 = 1,5 × 10⁻² m = 1,5 cm.

Point M : δ = 9,0 − 6,0 = 3,0 cm ; δ / λ = 3,0 / 1,5 = 2 (entier) : M vibre avec l'amplitude maximale 2a.

Point P : δ = 7,5 − 5,25 = 2,25 cm ; δ / λ = 2,25 / 1,5 = 1,5 = 1 + 1/2 : P reste immobile.

5. Les franges d'interférence

L'ensemble des points de la surface pour lesquels δ = S2M - S1M a une valeur constante forme une hyperbole de foyers S1 et S2 (sauf pour δ = 0 : c'est la médiatrice de [S1S2], qui est une droite).

On observe donc, à la surface de l'eau :

  • des franges d'amplitude maximale (lignes très agitées), hyperboles où δ = kλ ; la médiatrice de [S1S2] en fait partie (k = 0) ;
  • des franges d'amplitude nulle (lignes calmes), hyperboles où δ = (2k + 1)λ2, intercalées entre les précédentes.
S1S2MIJd1d2médiatrice : δ = 0
Deux sources S1 et S2 ; en un point M, la différence de marche vaut δ = d2 − d1. Sur la médiatrice de [S1S2], δ = 0 : les points y vibrent avec l'amplitude maxi

Dénombrer les franges. Sur le segment [S1S2], la différence de marche varie de -S1S2 à +S1S2. Les franges coupent ce segment en des points où :

  • maximum : |kλ| < S1S2 ;
  • repos : |(2k + 1)λ2| < S1S2.

Sur le segment [S1S2], deux points consécutifs d'amplitude maximale sont séparés de λ2 (et de même pour deux points immobiles consécutifs).

Exemple

Avec λ = 1,5 cm et S1S2 = 5,0 cm, dénombrer les franges d'amplitude maximale et les franges d'amplitude nulle.

Maximums : |k| × 1,5 < 5,0, donc |k| < 3,33 : k ∈ {−3 ; −2 ; −1 ; 0 ; 1 ; 2 ; 3}, soit 7 franges d'amplitude maximale (dont la médiatrice).

Repos : |2k + 1| × 0,75 < 5,0, donc |2k + 1| < 6,67 : 2k + 1 ∈ {−5 ; −3 ; −1 ; 1 ; 3 ; 5}, soit 6 franges d'amplitude nulle.

On retrouve bien l'alternance : 7 franges agitées séparées par 6 franges calmes.

6. Observation au stroboscope

En lumière ordinaire, la figure est difficile à voir, car tout bouge vite. Avec un stroboscope réglé sur la fréquence du vibreur, les franges d'amplitude nulle apparaissent comme des lignes grises et immobiles qui séparent des zones où l'on voit des rides. Si l'on modifie la fréquence du vibreur, la longueur d'onde change et le nombre de franges aussi : il augmente quand N augmente (car λ diminue).

7. Pour aller plus loin : les interférences, signature des ondes

Le phénomène d'interférence est caractéristique des ondes : deux jets de billes ne s'annulent jamais, alors que deux ondes le peuvent. Il se produit aussi avec le son (deux haut-parleurs alimentés par le même signal créent des zones de silence relatif) et avec la lumière : en éclairant deux fentes très fines et très proches avec une même source, on observe sur un écran une alternance de franges brillantes et sombres. Cette expérience a joué un grand rôle historique pour montrer que la lumière se comporte comme une onde ; tu l'étudieras en détail en Terminale.

3Je retiens

Je retiens

Interférences : superposition de deux ondes issues de sources synchrones (même fréquence) et cohérentes (déphasage constant).

Différence de marche : δ = d2 − d1 = S2M − S1M.

Amplitude en M (sources en phase) : A = 2a |cos(πδ/λ)|.

Amplitude maximale 2a si δ = kλ (ondes en phase en M).

Point immobile si δ = (2k + 1)λ/2 (ondes en opposition de phase en M).

Franges : hyperboles de foyers S1 et S2 ; la médiatrice de [S1S2] est une frange d'amplitude maximale.

Sur [S1S2], deux maximums consécutifs sont distants de λ/2.

4Erreurs fréquentes

  • Confondre les conditions : δ = kλ donne un maximum ; δ = (2k + 1)λ/2 donne un point immobile, et non l'inverse.
  • Calculer la somme d1 + d2 au lieu de la différence d2 − d1 pour savoir si le point vibre.
  • Oublier la condition de cohérence : deux vibreurs indépendants, même réglés « à la même fréquence », ne donnent pas de figure stable.
  • Compter la médiatrice deux fois ou l'oublier : elle correspond à k = 0 et fait partie des franges d'amplitude maximale.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Deux sources synchrones et en phase émettent des ondes de longueur d'onde 2,0 cm. Donne l'état vibratoire des points suivants : A (d1 = 10 cm ; d2 = 14 cm), B (d1 = 7,0 cm ; d2 = 10 cm), C (d1 = d2 = 8,0 cm).

Voir le corrigéCacher le corrigé

A : δ = 4,0 cm, δλ = 2 : amplitude maximale.

B : δ = 3,0 cm, δλ = 1,5 : point immobile.

C : δ = 0 (point de la médiatrice) : amplitude maximale.

2Exercice 2

Pourquoi faut-il fixer les deux pointes d'une cuve à ondes sur le même vibreur ? Qu'observerait-on avec deux vibreurs indépendants ?

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Les deux sources doivent être synchrones et cohérentes : fixées au même vibreur, elles ont exactement la même fréquence et vibrent en phase. Avec deux vibreurs indépendants, les fréquences ne seraient jamais rigoureusement égales et le déphasage varierait au cours du temps : les zones agitées et calmes se déplaceraient sans cesse, on n'observerait pas de figure stable.

3Exercice 3

Dans une cuve à ondes, les sources S1 et S2, en phase, vibrent à 25 Hz ; la célérité est de 0,40 m/s ; S1S2 = 4,0 cm.

a) Calcule la longueur d'onde.

b) Dénombre les franges d'amplitude maximale et les franges d'amplitude nulle.

c) Quelle est la distance entre deux points immobiles consécutifs sur le segment [S1S2] ?

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a) λ = cN = 0,4025 = 1,6 × 10-2 m = 1,6 cm.

b) Maximums : |k| × 1,6 < 4,0, soit |k| < 2,5 : k ∈ {-2 ; -1 ; 0 ; 1 ; 2}, donc 5 franges d'amplitude maximale. Repos : |2k + 1| × 0,8 < 4,0, soit |2k + 1| < 5 : 2k + 1 ∈ {-3 ; -1 ; 1 ; 3}, donc 4 franges d'amplitude nulle.

c) λ2 = 0,8 cm.

4Exercice 4

On donne a = 2,0 mm et λ = 1,2 cm. Calcule l'amplitude de vibration d'un point M pour lequel d1 = 5,0 cm et d2 = 5,4 cm.

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δ = 0,4 cm ; πδλ = π × 0,41,2 = π3. A = 2a|cosπ3| = 2 × 2,0 × 0,5 = 2,0 mm. Le point vibre avec une amplitude intermédiaire (égale ici à celle d'une seule onde).

5Exercice 5

(Type examen) Deux pointes S1 et S2, distantes de 6,0 cm, fixées au même vibreur de fréquence N = 50 Hz, produisent à la surface de l'eau des ondes d'amplitude a = 1,0 mm, de célérité c = 0,50 m/s. Les sources vibrent selon y = asin(ω t).

a) Calcule la longueur d'onde.

b) Montre que l'élongation d'un point M situé à d1 de S1 et d2 de S2 s'écrit yM = 2acosπ(d2 - d1)λsin(ω t - π(d1 + d2)λ).

c) Donne l'état vibratoire des points M1 (d1 = 3,5 cm ; d2 = 5,5 cm) et M2 (d1 = 4,0 cm ; d2 = 5,5 cm).

d) Écris l'équation horaire du mouvement de M1.

e) Combien de franges d'amplitude nulle coupent le segment [S1S2] ?

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a) λ = cN = 0,5050 = 1,0 × 10-2 m = 1,0 cm.

b) y1 = asin(ω t - 2π d1λ) et y2 = asin(ω t - 2π d2λ). yM = y1 + y2 ; avec sin p + sin q = 2sinp + q2cosp - q2 : p + q2 = ω t - π(d1 + d2)λ et p - q2 = π(d2 - d1)λ, d'où l'expression demandée.

c) M1 : δ = 2,0 cm = 2λ : amplitude maximale 2a = 2,0 mm. M2 : δ = 1,5 cm = 1,5λ : point immobile.

d) Pour M1 : cos(2π) = 1 et π(d1 + d2)λ = π × 9,01,0 = 9π. yM1 = 2,0 × 10-3sin(100π t - 9π) = -2,0 × 10-3sin(100π t) (en m) : M1 vibre avec l'amplitude 2,0 mm, en opposition de phase avec les sources.

e) |2k + 1| × 0,5 < 6,0, soit |2k + 1| < 12 : 2k + 1 ∈ { ± 1 ; ± 3 ; ± 5 ; ± 7 ; ± 9 ; ± 11}, soit 12 franges d'amplitude nulle.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Pour obtenir des interférences stables, les deux sources doivent être :
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Réponse B : synchrones et cohérentes. Même fréquence et déphasage constant : on les obtient avec deux pointes fixées au même vibreur.

2Un point où la différence de marche vaut 3λ :
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Réponse A : vibre avec l'amplitude maximale. δ = kλ avec k = 3 : les deux ondes arrivent en phase.

3Un point où δ = 5λ2 :
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Réponse B : reste immobile. δ = (2k + 1)λ2 avec 2k + 1 = 5 : les ondes arrivent en opposition de phase.

4La médiatrice du segment [S1S2] est :
Voir la réponse

Réponse B : une frange d'amplitude maximale. Sur la médiatrice, d1 = d2, donc δ = 0 = 0 × λ.

5Sur le segment [S1S2], deux points consécutifs d'amplitude maximale sont séparés de :
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Réponse B : λ2. Quand on se déplace de x sur le segment, δ varie de 2x ; pour passer de kλ à (k + 1)λ, il faut x = λ2.

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