Leçon 50 sur 59
L'apprentissage d'un métier
Je sais lire et expliquer un texte qui raconte l'apprentissage d'un métier manuel, repérer les étapes de cet apprentissage et le vocabulaire des outils, et comprendre la valeur du travail bien fait.
- 45 min
- 6 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Enrichir le vocabulaire des métiers, des outils et de l'apprentissage
- Repérer les étapes d'un récit grâce aux indicateurs de temps
- Expliquer l'évolution d'un personnage et le message du texte
- Rédiger un court texte sur un métier que j'aimerais apprendre
Avant de commencer : Lecture expliquée d'un texte narratif ; les indicateurs de temps ; la comparaison
1Je découvre
Dans chaque quartier de Guinée, il y a des ateliers : le menuisier qui rabote des planches sous un hangar, le tailleur penché sur sa machine à coudre, le mécanicien couvert de cambouis sous une voiture, le soudeur qui fait jaillir des étincelles, le coiffeur, le cordonnier, le forgeron.
Autour de chaque maître, il y a souvent des jeunes qui observent, portent les outils, balaient l'atelier et, petit à petit, apprennent les gestes du métier. On les appelle les apprentis. Certains sont venus après l'école, d'autres pendant les vacances, d'autres encore ont choisi d'apprendre un métier plutôt que de poursuivre de longues études.
Apprendre un métier demande du temps, de la patience et beaucoup d'humilité. Au début, on ne fait que regarder et nettoyer ; puis, un jour, le maître vous confie enfin votre premier vrai travail.
Comment se déroule l'apprentissage d'un métier, et quelles qualités faut-il pour devenir un bon artisan ? C'est ce que nous allons découvrir en lisant l'histoire d'un jeune apprenti menuisier.
2Je comprends
1. Le vocabulaire des métiers et de l'apprentissage
| Mot ou expression | Sens |
|---|---|
| un métier | un travail que l'on a appris et qui permet de gagner sa vie |
| un artisan | une personne qui exerce un métier manuel à son compte |
| un apprenti | une personne qui apprend un métier auprès d'un maître |
| le maître d'apprentissage (le patron) | l'artisan qui forme l'apprenti |
| un atelier | le lieu où travaille l'artisan |
| un établi | une grande table solide sur laquelle on travaille le bois ou le métal |
| un rabot | un outil qui sert à rendre une planche lisse en enlevant de fines couches de bois |
| une scie | un outil à lame dentée pour couper |
| un ciseau à bois | un outil tranchant pour creuser ou tailler le bois |
| un copeau | une fine lamelle de bois enlevée par le rabot |
| le savoir-faire | l'habileté acquise par l'expérience |
| la patience | la qualité de celui qui sait attendre et recommencer sans se décourager |
2. Le texte
Texte écrit pour cette leçon.
> Le premier tabouret
>
> [1] Le jour de mes quatorze ans, mon oncle m'a conduit chez Karamoko, le meilleur menuisier de Kankan. Son atelier sentait bon le bois frais ; partout, des planches, des chaises inachevées et des tas de copeaux blonds. « Tu veux apprendre ? m'a-t-il demandé en me regardant par-dessus ses lunettes. Alors commence par balayer. »
>
> [2] Pendant les premières semaines, je n'ai rien fait d'autre : je balayais, je rangeais les outils, je portais les planches, je regardais. J'étais déçu. Je voulais fabriquer des meubles, pas ramasser des copeaux ! Mais peu à peu, j'ai remarqué des choses : la façon dont le maître tenait son rabot, le bruit régulier de la scie quand la coupe était droite, la patience avec laquelle il mesurait deux fois avant de couper une fois.
>
> [3] Au bout de trois mois, Karamoko m'a tendu une vieille planche : « Rabote-la jusqu'à ce qu'elle soit douce comme la joue d'un bébé. » J'ai raboté toute la matinée. Mes bras me faisaient mal, la sueur me piquait les yeux. Quand je lui ai montré mon travail, il a passé la main sur le bois, a secoué la tête et a dit simplement : « Recommence. » J'ai recommencé trois fois.
>
> [4] Enfin, un matin de saison sèche, il m'a dit : « Aujourd'hui, tu vas faire un tabouret. Seul. » J'ai mesuré, scié, assemblé, poncé, les mains tremblantes d'émotion. Le soir, le tabouret tenait debout sur ses quatre pieds, bien droit. Karamoko s'est assis dessus, a balancé son poids d'un côté à l'autre, puis il a souri pour la première fois : « C'est bien. Tu seras menuisier. »
>
> [5] Ce tabouret, je l'ai offert à ma mère. Aujourd'hui encore, elle s'assoit dessus pour préparer le repas. Et chaque fois que je le vois, je me souviens de la leçon de mon maître : un bon artisan n'est pas celui qui va vite, c'est celui qui recommence jusqu'à ce que ce soit bien fait.
3. L'idée générale et le plan
Idée générale : un jeune garçon raconte son apprentissage chez un menuisier de Kankan : d'abord déçu de ne faire que balayer, il apprend en observant, recommence patiemment ses exercices, puis fabrique seul son premier tabouret ; il en retient que le bon travail demande patience et exigence.
Dans ce texte, ce sont les indicateurs de temps qui marquent les étapes : « Le jour de mes quatorze ans », « Pendant les premières semaines », « Au bout de trois mois », « Enfin, un matin », « Aujourd'hui encore ».
- 1Le jour de mes quatorze ans : l'arrivée à l'atelier
- 2Pendant les premières semaines : balayer, ranger, observer
- 3Au bout de trois mois : le premier exercice, recommencé trois fois
- 4Enfin, un matin : le premier tabouret, fait seul
- 5Aujourd'hui encore : le souvenir et la leçon du maître
4. L'étude détaillée
Un récit à la première personne. Le narrateur raconte sa propre histoire : « mon oncle m'a conduit », « je balayais ». C'est un récit de souvenirs. Le temps principal est le passé composé (« m'a conduit », « J'ai raboté ») pour les actions uniques, et l'imparfait pour les habitudes (« je balayais, je rangeais les outils ») et les sentiments (« J'étais déçu »).
L'atelier décrit par les sens (§1). L'auteur fait appel à l'odorat (« sentait bon le bois frais ») et à la vue (« des planches, des chaises inachevées et des tas de copeaux blonds »). L'adjectif « blonds » donne une couleur douce et chaleureuse aux copeaux. La première parole du maître, « Alors commence par balayer », est courte et surprenante : elle montre que l'apprentissage commence par l'humilité.
La déception, puis l'observation (§2). L'énumération « je balayais, je rangeais les outils, je portais les planches, je regardais » montre la monotonie des tâches. La phrase exclamative « Je voulais fabriquer des meubles, pas ramasser des copeaux ! » exprime l'impatience du garçon. Puis le connecteur « Mais peu à peu » annonce un changement : en observant, il découvre les secrets du métier. La formule « il mesurait deux fois avant de couper une fois » résume une règle de sagesse : il vaut mieux vérifier que se tromper.
L'effort et l'exigence (§3). Le maître emploie une comparaison : la planche doit être « douce comme la joue d'un bébé ». Cette image montre le niveau de perfection attendu. Les détails physiques (« Mes bras me faisaient mal, la sueur me piquait les yeux ») montrent que l'apprentissage est dur. La réponse du maître tient en un seul mot : « Recommence. » Sa sévérité n'est pas de la méchanceté : c'est une façon d'apprendre à l'apprenti à ne jamais se contenter d'un travail à moitié fait.
La réussite (§4). Le mot « Enfin » marque l'aboutissement d'une longue attente. La suite de verbes « J'ai mesuré, scié, assemblé, poncé » reprend, dans l'ordre, les étapes du travail du menuisier. Le maître vérifie le tabouret en s'asseyant dessus : c'est l'épreuve finale. Son sourire, « pour la première fois », et sa phrase « Tu seras menuisier » sont la plus grande récompense de l'apprenti.
La morale (§5). Le texte se termine au présent (« Aujourd'hui encore, elle s'assoit ») : le narrateur est devenu adulte. Le tabouret, toujours utilisé, prouve la solidité d'un travail bien fait. La dernière phrase donne la leçon du texte, sous forme d'opposition : « un bon artisan n'est pas celui qui va vite, c'est celui qui recommence jusqu'à ce que ce soit bien fait ».
Exemple
Question : Relève les indicateurs de temps qui montrent les étapes de l'apprentissage.
Réponse rédigée : Les étapes sont marquées par les indicateurs de temps « Le jour de mes quatorze ans » (l'arrivée), « Pendant les premières semaines » (les petites tâches), « Au bout de trois mois » (le premier exercice), « Enfin, un matin » (le premier tabouret) et « Aujourd'hui encore » (le souvenir). Ils montrent que l'apprentissage est long et se fait progressivement.
Exemple
Question : Le maître est-il méchant avec son apprenti ? Justifie ta réponse.
Réponse rédigée : Non, le maître n'est pas méchant, il est exigeant. Quand il dit « Recommence », il veut que l'apprenti apprenne à bien faire son travail. La preuve, c'est qu'à la fin il sourit « pour la première fois » et lui dit « Tu seras menuisier » : il est fier de lui. Sa sévérité a permis à l'apprenti de devenir un bon artisan.
| Qualités de l'apprenti | Preuves dans le texte |
|---|---|
| l'humilité | il accepte de balayer pendant des semaines |
| le sens de l'observation | il remarque la façon dont le maître tient son rabot |
| la persévérance | il recommence trois fois le rabotage |
| le courage | il continue malgré la douleur et la sueur |
Méthode
Pour présenter un métier à l'écrit :
- Je nomme le métier et le lieu où il s'exerce (atelier, marché, garage…).
- Je cite les principaux outils et je dis à quoi ils servent.
- Je décris les étapes du travail avec des indicateurs de temps (d'abord, ensuite, puis, enfin).
- J'indique les qualités nécessaires pour bien l'exercer.
- Je termine en disant pourquoi ce métier est utile ou pourquoi il me plaît.
Conclusion de l'explication. Ce récit montre que l'apprentissage d'un métier est un long chemin, fait d'observation, d'efforts et de recommencements. Grâce aux indicateurs de temps, on suit la transformation du jeune garçon, déçu au début, fier à la fin. Le texte rend hommage aux artisans et à leur savoir-faire, et nous rappelle que le travail bien fait demande patience et persévérance.
3Je retiens
Je retiens
Un apprenti apprend un métier auprès d'un maître d'apprentissage, dans un atelier.
Un artisan exerce un métier manuel (menuisier, tailleur, forgeron, mécanicien, coiffeur…).
Les indicateurs de temps (d'abord, pendant, au bout de, enfin, aujourd'hui) marquent les étapes d'un récit.
Passé composé : actions uniques ; imparfait : habitudes, descriptions, sentiments dans le passé.
Qualités de l'apprenti : humilité, observation, patience, persévérance.
La morale du texte : le bon artisan n'est pas celui qui va vite, mais celui qui fait bien.
4Erreurs fréquentes
- Confondre apprenti et apprentissage : l'apprenti est la personne ; l'apprentissage est la période où l'on apprend.
- Écrire « j'ai scier » ou « j'ai raboter » : après l'auxiliaire avoir, on met le participe passé en -é (« j'ai scié », « j'ai raboté »). Astuce : remplace par « vendu » ; si ça marche, c'est -é.
- Écrire « il s'assoit » et « il s'assied » en pensant que l'un est faux : les deux formes sont correctes.
- Résumer le texte au lieu de l'expliquer : il faut citer les mots (« Recommence », « Enfin ») et dire ce qu'ils montrent.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Vocabulaire. Associe chaque outil à son métier : le rabot, les ciseaux et le mètre ruban, la clé à molette, l'enclume, le peigne.
Métiers : le forgeron, le coiffeur, le menuisier, le tailleur, le mécanicien.
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Le rabot → le menuisier ; les ciseaux et le mètre ruban → le tailleur ; la clé à molette → le mécanicien ; l'enclume → le forgeron ; le peigne → le coiffeur.
2Exercice 2
Compréhension du texte.
a) Qui est Karamoko ? Où travaille-t-il ?
b) Que fait l'apprenti pendant les premières semaines ? Qu'en pense-t-il ?
c) Quel est son premier exercice ? Combien de fois le recommence-t-il ?
d) Que fabrique-t-il seul ? À qui l'offre-t-il ?
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a) Karamoko est « le meilleur menuisier de Kankan ». Il travaille dans son atelier, à Kankan.
b) Il balaie, range les outils, porte les planches et regarde. Il est déçu : il voulait fabriquer des meubles, « pas ramasser des copeaux ».
c) Son premier exercice est de raboter une vieille planche jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement douce. Il le recommence trois fois.
d) Il fabrique seul un tabouret, qu'il offre à sa mère.
3Exercice 3
Relève dans le texte :
a) une comparaison (précise l'outil de comparaison) ;
b) une phrase exclamative et dis quel sentiment elle exprime ;
c) le connecteur qui annonce un changement au paragraphe 2.
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a) « douce comme la joue d'un bébé » ; l'outil de comparaison est « comme ».
b) « Je voulais fabriquer des meubles, pas ramasser des copeaux ! » Elle exprime l'impatience et la déception de l'apprenti.
c) « Mais peu à peu ».
4Exercice 4
Remets ces étapes du travail du menuisier dans l'ordre et relie-les avec des indicateurs de temps (d'abord, ensuite, puis, enfin) : poncer le meuble — mesurer la planche — assembler les pièces — scier la planche.
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D'abord, on mesure la planche. Ensuite, on scie la planche. Puis on assemble les pièces. Enfin, on ponce le meuble.
5Exercice 5
Étude du texte.
a) Pourquoi le maître demande-t-il d'abord à l'apprenti de balayer ?
b) Explique la phrase « il mesurait deux fois avant de couper une fois ».
c) Pourquoi le tabouret est-il important pour le narrateur, aujourd'hui encore ?
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a) Le maître veut d'abord apprendre l'humilité et la patience à l'apprenti. En balayant et en rangeant, celui-ci découvre l'atelier et observe les gestes du maître : c'est la première étape de l'apprentissage.
b) Cette phrase signifie qu'il faut vérifier ses mesures avec soin avant d'agir, car une planche mal coupée ne peut plus être réparée. Elle montre la prudence et la précision du bon artisan.
c) Le tabouret est son premier vrai travail, fait seul, et le signe qu'il est devenu menuisier. Il le fait se souvenir de la leçon de son maître, et il prouve qu'un travail bien fait dure longtemps.
6Exercice 6
(Expression écrite) En huit à dix lignes, présente un métier que tu aimerais apprendre. Nomme au moins trois outils, décris les étapes du travail avec des indicateurs de temps et dis quelles qualités il faut pour réussir.
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Exemple de réponse :
« J'aimerais devenir couturière, comme ma tante Fatoumata à Labé. Dans son atelier, il y a une machine à coudre, de grands ciseaux, un mètre ruban et une craie de tailleur. D'abord, elle prend les mesures de la cliente. Ensuite, elle trace le modèle à la craie sur le tissu. Puis elle coupe les pièces avec ses ciseaux. Enfin, elle les assemble à la machine et fait les finitions à la main. Pour réussir, il faut de la patience, de la précision et du goût pour les belles couleurs. Ce métier me plaît, car il permet d'embellir les gens pour les fêtes. »
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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