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Français · 7e

Leçon 49 sur 59

Les joies et les peines : le décès

Je sais lire et expliquer un texte qui raconte la perte d'un proche, repérer le vocabulaire du deuil et les façons délicates d'en parler, et comprendre la place de la solidarité dans les moments de peine.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Enrichir le vocabulaire du deuil et de la consolation (décès, défunt, funérailles, condoléances…)
  • Reconnaître l'euphémisme et l'opposition entre la joie et la peine
  • Expliquer comment un texte exprime la tristesse et la solidarité
  • Rédiger un court message de condoléances

Avant de commencer : La comparaison ; les types de phrases ; lecture expliquée « La vie en famille »

1Je découvre

La vie d'une famille est faite de joies et de peines. Les joies, tu les connais : une naissance et le baptême qui suit, un mariage, la réussite d'un grand frère à l'examen, le retour d'un parent parti loin. Ces jours-là, la maison se remplit de monde, de chants et de bonne cuisine.

Mais il y a aussi des jours de peine. Un matin, le téléphone sonne très tôt ; les adultes parlent à voix basse ; une tante se met à pleurer. On apprend qu'un grand-parent, un oncle ou un voisin aimé est mort. Là encore, la maison se remplit de monde, mais cette fois pour prier, consoler et aider.

Il n'est pas facile de parler de la mort. Pourtant, elle fait partie de la vie, et chacun, un jour, perd un être cher.

Comment un texte peut-il parler du décès d'un proche avec respect et délicatesse, exprimer la tristesse, et montrer en même temps la force de la solidarité ? C'est ce que nous allons découvrir.

2Je comprends

1. Le vocabulaire du deuil

Mot ou expressionSens
le décèsla mort d'une personne (mot plus respectueux et plus officiel)
le défunt, la défuntela personne qui est morte
le deuilla douleur causée par la mort d'un proche ; aussi la période qui suit
être endeuilléêtre frappé par un deuil
les funéraillesl'ensemble des cérémonies organisées après un décès
l'inhumationle fait de mettre le corps en terre (l'enterrement)
les condoléancesles paroles par lesquelles on dit sa peine à la famille du défunt
consolerapaiser la peine de quelqu'un
se recueillirprier ou penser en silence à quelqu'un
la solidaritél'aide que l'on s'apporte les uns aux autres

Attention : le mot funérailles s'emploie toujours au pluriel (« des funérailles »). Le mot condoléances aussi (« présenter ses condoléances »).

En Guinée, quand survient un décès, les voisins, les amis et la famille éloignée viennent présenter leurs condoléances. On prie ensemble, on aide la famille pour les repas, on accueille les visiteurs. Dans beaucoup de familles, on se réunit encore à des dates précises après le décès pour prier et partager des offrandes, selon la religion et les coutumes de chacun. Cette présence de tous montre que la famille endeuillée n'est pas seule.

2. Le texte

Texte écrit pour cette leçon.

> Le fauteuil vide

>

> [1] Il y a un mois, toute la famille s'était réunie à Mamou pour le baptême de ma petite sœur. Grand-père Alpha avait béni l'enfant de sa voix grave, puis il avait ri plus fort que tout le monde en écoutant les griots. Ce jour-là, la cour était pleine de chants et de couleurs.

>

> [2] Ce matin, la même cour est pleine encore, mais personne ne chante. Grand-père nous a quittés pendant la nuit, doucement, comme une lampe qui s'éteint. Les femmes pleurent sous le manguier. Les hommes, assis sur des nattes, égrènent leur chapelet en silence. Mon père, lui, reçoit les visiteurs, le dos droit, mais ses yeux sont rouges.

>

> [3] Moi, je ne sais pas où me mettre. Je regarde le vieux fauteuil en rotin où grand-père s'asseyait chaque soir pour nous raconter des contes. Il est vide. Jamais plus je n'entendrai sa voix m'appeler « mon petit savant ». Ma gorge se serre, et les larmes coulent sans que je puisse les retenir.

>

> [4] Toute la journée, le quartier défile. Les voisines apportent des marmites de riz et de sauce. Les jeunes installent des bâches et des chaises. Chacun serre la main de mon père et murmure : « Que Dieu l'accueille en sa miséricorde. » Même le vieux voisin fâché avec nous depuis des années est venu s'asseoir parmi les hommes.

>

> [5] Le soir, ma grand-mère m'a pris la main. « Ne pleure pas trop, mon enfant. Ton grand-père a eu une longue vie. Il vit maintenant dans tout ce qu'il t'a appris. » Alors j'ai compris que je devais continuer ses histoires. Ce soir-là, pour la première fois, c'est moi qui ai raconté un conte à mes petits cousins, près du fauteuil vide.

3. L'idée générale et le plan

Idée générale : un enfant raconte la mort de son grand-père, peu de temps après une fête familiale ; il décrit la tristesse de la famille et la solidarité du quartier, puis, consolé par sa grand-mère, décide de continuer à transmettre les contes de son grand-père.

  1. 1§1 Le souvenir d'une joie : le baptême, un mois plus tôt
  2. 2§2 Le jour du décès : la tristesse de toute la famille
  3. 3§3 La peine du narrateur devant le fauteuil vide
  4. 4§4 La solidarité du quartier
  5. 5§5 La consolation : le narrateur prend le relais de son grand-père
Le plan du texte : de la joie à la peine, puis de la peine à l'espoir.

4. L'étude détaillée

Le contraste entre la joie et la peine (§1 et §2). Le texte s'ouvre sur un souvenir heureux : le baptême, les bénédictions, les rires, les griots, « les chants et les couleurs ». Le paragraphe 2 reprend presque les mêmes mots, mais pour dire le contraire : « la même cour est pleine encore, mais personne ne chante ». Cette opposition (on dit aussi un contraste) rend la peine plus forte : le lecteur mesure tout ce qui a changé en un mois. Le titre de la leçon, « Les joies et les peines », est ainsi illustré dans le texte lui-même.

Parler de la mort avec délicatesse : l'euphémisme. Le narrateur n'écrit pas « Grand-père est mort ». Il écrit : « Grand-père nous a quittés ». C'est un euphémisme : une façon plus douce de dire une réalité pénible, pour ne pas choquer et par respect. D'autres euphémismes du même genre : « il s'est éteint », « il n'est plus », « il a rejoint ses ancêtres ». La comparaison « comme une lampe qui s'éteint » ajoute une image paisible : la vie de grand-père s'est arrêtée doucement, sans violence.

Les signes de la tristesse (§2 et §3). L'auteur montre la peine de chaque membre de la famille :

  • les femmes « pleurent » ;
  • les hommes prient « en silence » ;
  • le père garde « le dos droit », mais « ses yeux sont rouges » : il cache sa douleur pour accueillir dignement les visiteurs.

Le narrateur, lui, exprime sa peine à la première personne : « je ne sais pas où me mettre », « Ma gorge se serre », « les larmes coulent ». Le fauteuil vide est un symbole : c'est un objet concret qui rend visible l'absence du grand-père. La phrase « Jamais plus je n'entendrai sa voix » insiste, avec « Jamais plus » placé en tête, sur le caractère définitif de la perte.

La force de la solidarité (§4). Le paragraphe 4 montre que toute la communauté se mobilise. L'énumération des actions (les voisines apportent à manger, les jeunes installent bâches et chaises, chacun serre la main du père) montre que chacun apporte son aide. Les paroles « Que Dieu l'accueille en sa miséricorde » sont une formule de condoléances. Le détail du « vieux voisin fâché » est important : devant la mort, les disputes s'effacent. Le deuil rapproche les gens.

De la peine à l'espoir (§5). La grand-mère console l'enfant. Sa phrase « Il vit maintenant dans tout ce qu'il t'a appris » donne une idée forte : un défunt continue d'exister dans le souvenir et dans ce qu'il a transmis. Le narrateur transforme alors sa tristesse en action : il raconte à son tour un conte. La fin reprend le fauteuil vide, mais cette fois le fauteuil n'est plus seulement un signe d'absence : c'est l'endroit où la tradition continue.

Exemple

Question : Relève l'euphémisme du paragraphe 2 et explique pourquoi l'auteur l'emploie.

Réponse rédigée : L'euphémisme est « Grand-père nous a quittés ». Au lieu de dire brutalement « il est mort », le narrateur emploie une expression plus douce. Il le fait par respect pour le défunt et par tendresse, et pour atténuer la dureté de la nouvelle.

Exemple

Question : Montre que les paragraphes 1 et 2 s'opposent.

Réponse rédigée : Au paragraphe 1, la cour est « pleine de chants et de couleurs » pour le baptême : c'est un jour de joie. Au paragraphe 2, « la même cour est pleine encore, mais personne ne chante » : c'est un jour de deuil. Le même lieu et la même foule servent à opposer la joie et la peine, ce qui rend la tristesse plus forte.

Méthode

Pour rédiger un message de condoléances :

  1. Je m'adresse à la personne avec respect (« Cher ami », « Chère Madame »).
  2. J'exprime ma peine en une phrase simple (« J'ai appris avec tristesse le décès de… »).
  3. Je dis une qualité ou un souvenir du défunt.
  4. J'offre mon soutien ou mon aide.
  5. Je termine par une formule de sympathie ou une prière, puis je signe.

Conclusion de l'explication. Ce texte parle de la mort avec délicatesse, grâce à l'euphémisme et à des images douces. Il oppose la joie d'un baptême à la peine d'un deuil, et montre les signes de tristesse de chacun. Mais il insiste surtout sur la solidarité qui entoure la famille, et sur l'idée que les défunts continuent de vivre à travers ce qu'ils nous ont transmis.

3Je retiens

Je retiens

Décès : mort d'une personne ; défunt : la personne décédée ; deuil : la douleur et la période qui suivent.

« Funérailles » et « condoléances » s'emploient toujours au pluriel.

Euphémisme : façon adoucie de dire une réalité pénible (« il nous a quittés », « il s'est éteint »).

Contraste (opposition) : rapprocher deux situations contraires rend chacune plus forte (la joie du baptême / la peine du deuil).

Un symbole est un objet concret qui représente une idée (le fauteuil vide = l'absence).

Dans les moments de peine, la solidarité (visites, aide, prières) soutient la famille endeuillée.

4Erreurs fréquentes

  • Écrire « une funéraille » ou « une condoléance » : ces mots s'emploient au pluriel, « des funérailles », « mes condoléances ».
  • Confondre « décès » et « défunt » : le décès est l'événement ; le défunt est la personne.
  • Croire qu'un euphémisme est un mensonge : il dit la vérité, mais avec douceur.
  • Écrire « décé » ou « déçès » : on écrit « décès », avec un accent aigu puis un accent grave et un s final.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Vocabulaire. Complète avec : défunt, condoléances, funérailles, deuil, consoler.

a) Toute la famille est en … depuis la mort de l'oncle Sékou.

b) Les voisins sont venus présenter leurs … à la veuve.

c) Les … ont réuni des centaines de personnes.

d) On a prié pour le … à la mosquée.

e) Mariama a essayé de … son amie qui pleurait.

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a) Toute la famille est en deuil depuis la mort de l'oncle Sékou.

b) Les voisins sont venus présenter leurs condoléances à la veuve.

c) Les funérailles ont réuni des centaines de personnes.

d) On a prié pour le défunt à la mosquée.

e) Mariama a essayé de consoler son amie qui pleurait.

2Exercice 2

Compréhension du texte.

a) Quelle fête la famille a-t-elle célébrée un mois plus tôt ?

b) Comment chaque membre de la famille montre-t-il sa peine ?

c) Que font les voisins pour aider ?

d) Que décide le narrateur à la fin ?

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a) Un mois plus tôt, la famille a célébré le baptême de la petite sœur du narrateur, à Mamou.

b) Les femmes pleurent sous le manguier ; les hommes prient en silence en égrenant leur chapelet ; le père accueille les visiteurs le dos droit, mais les yeux rouges ; le narrateur pleure devant le fauteuil vide.

c) Les voisines apportent des marmites de riz et de sauce, les jeunes installent des bâches et des chaises, et chacun présente ses condoléances au père.

d) Il décide de continuer les histoires de son grand-père : il raconte pour la première fois un conte à ses petits cousins.

3Exercice 3

Remplace chaque phrase par une phrase plus douce, en employant un euphémisme.

a) Le vieux pêcheur est mort hier.

b) Ma tante est morte à l'hôpital.

c) Le chef du village est mort la semaine dernière.

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Réponses possibles :

a) Le vieux pêcheur nous a quittés hier.

b) Ma tante s'est éteinte à l'hôpital.

c) Le chef du village n'est plus depuis la semaine dernière.

4Exercice 4

Étude du texte.

a) Explique la comparaison « comme une lampe qui s'éteint ».

b) Que représente le fauteuil vide ? Pourquoi revient-il à la fin ?

c) Pourquoi l'auteur parle-t-il du « vieux voisin fâché » ?

d) Explique la phrase de la grand-mère : « Il vit maintenant dans tout ce qu'il t'a appris. »

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a) Cette comparaison rapproche la mort du grand-père d'une lampe qui s'éteint, grâce à l'outil « comme ». Elle montre que sa vie s'est arrêtée doucement, calmement, sans souffrance ni violence.

b) Le fauteuil vide représente l'absence du grand-père : c'est un symbole. Il revient à la fin parce que le narrateur raconte un conte près de ce fauteuil : l'objet ne montre plus seulement le vide, il montre que la tradition continue grâce à lui.

c) Ce détail montre que la mort rapproche les gens : même un voisin brouillé avec la famille oublie la dispute pour venir partager la peine. La solidarité est plus forte que les querelles.

d) La grand-mère veut dire que le grand-père n'a pas complètement disparu : ses contes, ses conseils et son exemple restent vivants dans la mémoire de son petit-fils, qui peut à son tour les transmettre.

5Exercice 5

(Expression écrite) Ton camarade Ibrahima vient de perdre sa grand-mère. Écris-lui un message de condoléances de six à huit lignes, en suivant la méthode de la leçon.

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Exemple de réponse :

« Cher Ibrahima,

J'ai appris avec beaucoup de tristesse le décès de ta grand-mère. Je me souviens de sa gentillesse quand elle nous offrait des beignets après l'école. Je pense très fort à toi et à toute ta famille. Si tu as besoin de moi, pour réviser tes leçons ou simplement pour parler, je suis là. Que Dieu l'accueille en sa miséricorde et vous donne du courage.

Ton ami, Mamadou. »

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Que signifie le mot « défunt » ?
Voir la réponse

Réponse B : la personne qui est morte. Le défunt est la personne décédée ; le décès est l'événement.

2Quelle phrase contient un euphémisme ?
Voir la réponse

Réponse B : Grand-père nous a quittés.. « Nous a quittés » est une façon adoucie de dire « est mort ».

3Quelle orthographe est correcte ?
Voir la réponse

Réponse C : des funérailles. « Funérailles » et « condoléances » s'emploient toujours au pluriel.

4Que représente le fauteuil vide dans le texte ?
Voir la réponse

Réponse A : l'absence du grand-père. C'est un symbole : un objet concret qui rend visible l'absence du défunt.

5Quelle idée le paragraphe 4 met-il en valeur ?
Voir la réponse

Réponse C : la solidarité du quartier. Les voisins apportent à manger, installent des chaises et présentent leurs condoléances.

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