Leçon 42 sur 68
Quelques figures de style : personnification, comparaison, métaphore
Je sais reconnaître une comparaison, une métaphore et une personnification, en nommer les éléments, expliquer leur effet et en écrire moi-même.
- 50 min
- 5 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir la comparaison et nommer ses éléments (comparé, comparant, outil, point commun)
- Distinguer la comparaison de la métaphore, et reconnaître la personnification
- Expliquer l'effet d'une image dans un texte et créer des images dans mes rédactions
Avant de commencer : Leçons « Le comparatif et le superlatif » et « Le champ lexical ».
1Je découvre
Au bord du fleuve Niger, à Kouroussa, grand-père Lansana raconte des histoires aux enfants, le soir. Aïssatou note dans son cahier certaines de ses phrases, parce qu'elle les trouve belles :
- « Le fleuve est comme un long serpent d'argent qui traverse la savane. »
- « Le fleuve est un serpent d'argent. »
- « Le vieux fleuve chante doucement et berce les pirogues. »
Le lendemain, en classe, elle demande à son professeur : « Monsieur, un fleuve n'est pas un serpent, et il ne chante pas ! Pourquoi grand-père dit-il cela ? » Le professeur sourit : « Ton grand-père parle comme un poète. Il utilise des figures de style : des façons de s'exprimer qui créent des images dans l'esprit de celui qui écoute. Dans la première phrase, il y a une comparaison ; dans la deuxième, une métaphore ; dans la troisième, une personnification. »
Comment reconnaître ces trois figures de style, les distinguer, et dire pourquoi un auteur les utilise ?
2Je comprends
1. Qu'est-ce qu'une figure de style ?
Une figure de style est une manière particulière d'utiliser les mots pour rendre un texte plus expressif, plus vivant ou plus beau. On les rencontre dans la poésie, les contes, les romans, mais aussi dans la vie de tous les jours, les proverbes et les chansons.
Les trois figures de cette leçon créent des images : elles rapprochent deux réalités différentes pour aider le lecteur à voir, sentir ou comprendre quelque chose.
2. La comparaison
La comparaison rapproche deux éléments différents qui ont un point commun, à l'aide d'un outil de comparaison.
Elle comporte quatre éléments :
- le comparé : ce dont on parle ;
- le comparant : ce à quoi on le compare ;
- l'outil de comparaison : le mot qui relie les deux ;
- le point commun (ou point de comparaison) : ce qui les rapproche. Il n'est pas toujours écrit.
Exemple
Analyse : « Le fleuve est long et sinueux comme un serpent. »
Comparé : le fleuve.
Comparant : un serpent.
Outil de comparaison : comme.
Point commun : long et sinueux (exprimé dans la phrase).
Effet : le lecteur voit le fleuve qui ondule dans la savane comme un animal vivant.
Les outils de comparaison les plus courants :
- conjonctions : comme, ainsi que, de même que ;
- adjectifs : tel, pareil à, semblable à, comparable à ;
- verbes : ressembler à, sembler, paraître, on dirait, avoir l'air de.
Attention : toute phrase qui contient « comme » n'est pas une comparaison au sens de figure de style. « Sékou est aussi grand que Mamadou » compare deux garçons de la même catégorie : c'est une simple comparaison de grandeur (le comparatif), pas une image. Et dans « Comme il pleuvait, nous sommes restés », « comme » veut dire « parce que ».
3. La métaphore
La métaphore rapproche aussi deux éléments différents, mais sans outil de comparaison. Elle affirme directement que le comparé est le comparant. C'est une image plus forte, plus directe et souvent plus surprenante.
- Comparaison : « Le fleuve est comme un serpent d'argent. »
- Métaphore : « Le fleuve est un serpent d'argent. »
Dans certaines métaphores, le comparé n'est même pas nommé : « Le serpent d'argent traverse la savane. » Le lecteur doit comprendre seul qu'il s'agit du fleuve.
Exemple
Analyse : « Ce marché est une fourmilière. »
Comparé : ce marché.
Comparant : une fourmilière.
Outil : aucun → c'est une métaphore.
Point commun (sous-entendu) : la foule nombreuse et l'agitation permanente.
Effet : l'image fait voir une masse de gens qui vont et viennent sans arrêt, comme des fourmis.
- Un outil relie les deux éléments (comme, tel, pareil à)
- Ses cheveux sont blancs comme le coton
- Cet enfant est rusé comme un lièvre
- Image expliquée, plus douce
- Aucun outil de comparaison
- Ses cheveux sont du coton
- Cet enfant est un vrai lièvre
- Image directe, plus forte
4. La personnification
La personnification consiste à attribuer des caractéristiques humaines (actions, sentiments, paroles, parties du corps) à un animal, à un objet, à un élément de la nature ou à une idée.
- « Le vieux fleuve chante et berce les pirogues. » (chanter et bercer sont des actions humaines)
- « Le vent pleure dans les manguiers. »
- « La savane a soif en saison sèche. »
- « Le soleil se lève paresseusement sur le Fouta-Djallon. »
Dans les contes et les fables, les animaux parlent, réfléchissent et agissent comme des humains : Leuk le lièvre, rusé, ou l'hyène, gourmande, sont des animaux personnifiés que l'on rencontre dans de nombreux contes d'Afrique de l'Ouest.
Effet : la personnification rend la nature ou les objets vivants et proches de nous. Elle peut rendre un paysage accueillant, triste ou menaçant.
Exemple
Analyse : « La nuit tombe. Les étoiles clignent de l'œil aux enfants endormis. »
Élément personnifié : les étoiles.
Mots qui leur donnent un trait humain : « clignent de l'œil » (geste humain, avec une partie du corps humain).
Effet : la nuit paraît douce et bienveillante ; les étoiles semblent veiller sur les enfants.
5. Tableau récapitulatif
| Figure | Définition | Indice | Exemple |
|---|---|---|---|
| Comparaison | rapproche deux éléments différents avec un outil | comme, tel, pareil à, ressembler à | Ses dents brillent comme des perles. |
| Métaphore | rapproche deux éléments sans outil | le verbe « être » ou le comparant seul | Ses dents sont des perles. |
| Personnification | donne des traits humains à une chose, un animal, une idée | verbe ou adjectif réservé aux humains | Le vent murmure des secrets. |
Méthode
Pour analyser une image dans un texte (question de lecture expliquée) :
- Je repère les deux éléments rapprochés, ou l'élément qui agit comme un humain.
- Je cherche un outil de comparaison : s'il y en a un, c'est une comparaison ; sinon, une métaphore.
- Si une chose, un animal ou une idée agit ou ressent comme un humain, c'est une personnification.
- Je nomme les éléments : comparé, comparant, outil, point commun.
- J'explique l'effet : ce que l'image fait voir, sentir ou comprendre (beauté, peur, tendresse, force…).
- Je rédige ma réponse en phrases complètes, en citant le texte entre guillemets.
3Je retiens
Je retiens
Une figure de style est une façon expressive d'utiliser les mots pour créer une image.
Comparaison : rapproche deux éléments différents avec un outil (comme, tel, pareil à, ressembler à…). Éléments : comparé, comparant, outil, point commun.
Métaphore : rapproche deux éléments sans outil de comparaison ; image plus directe (« Ce marché est une fourmilière »).
Personnification : donne des caractéristiques humaines à une chose, un animal, une idée (« Le vent pleure »).
Pour analyser une image : nommer la figure, ses éléments, puis expliquer son effet.
4Erreurs fréquentes
- Prendre tout « comme » pour une comparaison : « Comme il pleut, je reste » exprime la cause ; « Fanta est aussi grande que Hawa » est un simple comparatif.
- Confondre comparaison et métaphore : s'il y a un outil (comme, tel, semblable à), c'est une comparaison ; s'il n'y en a pas, c'est une métaphore.
- Oublier l'effet : nommer la figure ne suffit pas, il faut expliquer ce qu'elle apporte au texte.
- Voir une personnification quand un humain agit : « L'enfant pleure » est normal ; « Le ciel pleure » est une personnification.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Dis si chaque phrase contient une comparaison, une métaphore ou une personnification.
a) La mer gronde de colère contre les rochers.
b) Ses yeux brillent comme des étoiles.
c) Cette jeune fille est une gazelle.
d) Le baobab, tel un vieux sage, veille sur le village.
e) Les feuilles du manguier dansent au vent.
f) La vie est un long voyage.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) personnification (la mer « gronde de colère » comme une personne fâchée).
b) comparaison (outil : « comme »).
c) métaphore (pas d'outil : la jeune fille « est » une gazelle).
d) comparaison (outil : « tel ») et personnification (le baobab « veille » comme un sage).
e) personnification (les feuilles « dansent »).
f) métaphore (la vie « est » un voyage).
2Exercice 2
Pour chaque comparaison, relève le comparé, le comparant, l'outil et le point commun.
a) Le soleil de midi est brûlant comme un feu de brousse.
b) Pareille à une reine, la mariée avance lentement.
c) Ses cheveux sont blancs comme le coton.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Comparé : le soleil de midi ; comparant : un feu de brousse ; outil : comme ; point commun : brûlant.
b) Comparé : la mariée ; comparant : une reine ; outil : pareille à ; point commun : l'allure majestueuse, la lenteur solennelle (sous-entendu).
c) Comparé : ses cheveux ; comparant : le coton ; outil : comme ; point commun : blancs.
3Exercice 3
Transforme chaque comparaison en métaphore.
a) Ce garçon est rusé comme un renard.
b) Le ciel était comme un grand toit bleu.
c) La route de terre est pareille à un ruban rouge.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Ce garçon est un vrai renard.
b) Le ciel était un grand toit bleu.
c) La route de terre est un ruban rouge.
4Exercice 4
Complète ces phrases par un verbe qui crée une personnification.
a) Le vent … dans les palmiers.
b) La pluie … sur les toits de tôle.
c) La vieille pirogue … au bord du fleuve.
d) Le soleil … derrière les montagnes du Fouta.
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Exemples de réponses :
a) Le vent chante (murmure, soupire) dans les palmiers.
b) La pluie danse (chante, joue) sur les toits de tôle.
c) La vieille pirogue dort (se repose) au bord du fleuve.
d) Le soleil s'endort (se cache) derrière les montagnes du Fouta.
5Exercice 5
(Type évaluation) Lis ce texte, puis réponds.
« Le soir descend sur la savane. Le soleil, fatigué de sa longue journée, se couche derrière les collines. Le ciel devient une immense toile rouge et or. Bientôt, la lune se lève, ronde et blanche comme une calebasse de lait. Les étoiles, une à une, ouvrent leurs yeux curieux sur le village endormi. »
a) Relève une comparaison ; nomme le comparé, le comparant, l'outil et le point commun.
b) Relève une métaphore et explique-la.
c) Relève deux personnifications et dis quels éléments sont personnifiés.
d) Quelle atmosphère ces images créent-elles ? Réponds en deux ou trois phrases.
e) Écris deux phrases sur la saison des pluies : l'une avec une comparaison, l'autre avec une personnification.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) « la lune se lève, ronde et blanche comme une calebasse de lait » : comparé : la lune ; comparant : une calebasse de lait ; outil : comme ; point commun : ronde et blanche.
b) « Le ciel devient une immense toile rouge et or » : le ciel du coucher de soleil est comparé, sans outil, à une toile peinte ; l'image montre la beauté des couleurs, comme un tableau.
c) « Le soleil, fatigué de sa longue journée, se couche » : le soleil est personnifié (il est fatigué comme un travailleur). « Les étoiles […] ouvrent leurs yeux curieux » : les étoiles sont personnifiées (elles ont des yeux et de la curiosité).
d) Ces images créent une atmosphère calme, douce et paisible. La nature semble vivante et bienveillante : le soleil se repose, la lune rappelle le lait nourrissant, les étoiles veillent sur le village comme des gardiennes.
e) Exemples : « Les gouttes de pluie tombent comme des cailloux sur le toit. » (comparaison) — « Le ciel en colère gronde au-dessus de la forêt. » (personnification)
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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