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Français · 8e

Leçon 53 sur 68

Jeux d'enfants

Je sais lire et expliquer un texte de souvenirs sur les jeux d'enfants, reconnaître l'imparfait d'habitude, l'énumération et le ton nostalgique, et raconter à mon tour mes jeux.

  • 50 min
  • 6 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Enrichir le vocabulaire des jeux et des jouets traditionnels
  • Reconnaître un récit de souvenirs et l'imparfait d'habitude
  • Expliquer l'énumération, le pronom « on » et le ton nostalgique
  • Rédiger un paragraphe de souvenirs à l'imparfait

Avant de commencer : L'imparfait de l'indicatif ; les pronoms personnels ; lecture expliquée d'un texte descriptif

1Je découvre

Un soir de pleine lune, à Boké, la coupure de courant a éteint toutes les télévisions du quartier. Les enfants sortent dans la cour, un peu perdus. Leur grand-mère Hawa rit : « Quand j'étais petite, nous n'avions ni télévision ni téléphone, et pourtant nous ne nous ennuyions jamais ! »

Elle leur apprend alors un jeu de son enfance : les enfants forment un cercle, chantent en frappant dans leurs mains, et l'un d'eux doit deviner qui a caché un petit caillou. Puis vient le cache-cache sous les manguiers, et enfin des devinettes. Les rires montent jusqu'à minuit.

Le lendemain, Mariama demande à sa grand-mère : « Grand-mère, à quoi jouais-tu d'autre ? Avec quoi faisais-tu tes jouets ? » La vieille femme sourit, les yeux brillants de souvenirs.

À quoi jouaient les enfants d'autrefois, et comment un texte de souvenirs peut-il nous faire partager la joie et la nostalgie de l'enfance ? C'est ce que nous allons découvrir.

2Je comprends

1. Le vocabulaire des jeux

Mot ou expressionSens
un jeu collectifun jeu auquel on joue à plusieurs
la marellejeu où l'on saute à cloche-pied dans des cases tracées au sol
les osseletspetits os ou cailloux qu'on lance et rattrape avec adresse
une toupiejouet qui tourne sur sa pointe
cloche-pied (à)en sautant sur un seul pied
le clair de lunela lumière de la lune la nuit
fabriquerfaire un objet de ses mains
l'insouciancel'état d'une personne qui ne se fait pas de soucis
la nostalgiele regret mêlé de tendresse d'un temps passé

En Guinée comme ailleurs en Afrique de l'Ouest, les enfants ont longtemps fabriqué eux-mêmes leurs jouets : ballons de chiffons ou de sachets serrés avec de la ficelle, petites voitures en fil de fer, poupées de tissu, cerceaux faits d'une vieille jante de vélo poussée avec un bâton. Les soirs de lune, on se réunissait pour les jeux chantés, les contes et les devinettes.

2. Le texte

Texte écrit pour cette leçon.

> Les jeux de mon enfance

>

> [1] Quand j'étais enfant, à Dalaba, nous n'avions presque pas de jouets achetés. Mais nous étions riches d'autre chose : du temps, de l'imagination et de la bande de cousins qui habitait la même concession.

>

> [2] Nous fabriquions tout nous-mêmes. Avec un vieux pagne roulé serré et ficelé, on faisait un ballon qui rebondissait à peine, mais qui nous suffisait pour jouer des matchs interminables. Avec du fil de fer, mon cousin Lansana tordait de petites voitures, avec des roues en capsules et un long manche pour les conduire. Les filles cousaient des poupées dans des chutes de tissu et leur tressaient des cheveux de laine.

>

> [3] Chaque jour, après l'école, la cour devenait un terrain de jeux. On sautait à la corde, on tournait en rond en chantant, on jouait à la marelle, aux osselets, à cache-cache derrière les greniers. On criait, on se disputait, on se réconciliait aussitôt. Les mamans nous grondaient quand nous soulevions trop de poussière, mais elles souriaient en secret.

>

> [4] Les plus beaux soirs étaient ceux de la pleine lune. Toute la concession sortait sur la place. Les petits jouaient à se poursuivre dans la lumière blanche, les grands posaient des devinettes, et ma grand-mère racontait les aventures du lièvre rusé et de l'hyène gourmande. Nous ne voulions jamais aller nous coucher.

>

> [5] Aujourd'hui, mes neveux ont des jeux sur téléphone. Ils s'amusent, eux aussi, et c'est très bien. Pourtant, quand je les vois seuls devant leur petit écran, je repense à nos ballons de chiffon et à nos soirées de lune. Nous étions pauvres en jouets, c'est vrai. Mais qu'est-ce que nous étions riches de rires !

3. L'idée générale et le plan

Idée générale : un adulte se souvient avec tendresse des jeux de son enfance au Fouta-Djallon : les enfants fabriquaient eux-mêmes leurs jouets et jouaient ensemble, surtout les soirs de lune ; il compare ces souvenirs aux jeux d'aujourd'hui avec un peu de nostalgie.

  1. 1§1 Introduction : une enfance pauvre en jouets mais riche en imagination
  2. 2§2 Les jouets fabriqués : ballon de pagne, voitures en fil de fer, poupées
  3. 3§3 Les jeux de la cour après l'école
  4. 4§4 Les soirs de pleine lune : jeux, devinettes, contes
  5. 5§5 Aujourd'hui : la comparaison avec les jeux sur téléphone
Le plan du texte : du passé (§1 à §4) au présent (§5).

4. L'étude détaillée

Un récit de souvenirs. Le narrateur est un adulte qui parle de son enfance : « Quand j'étais enfant ». Il écrit à la première personne (« je », « nous ») : c'est un récit autobiographique ou un récit de souvenirs. Le lecteur partage son regard d'adulte sur l'enfant qu'il a été.

L'imparfait d'habitude. La plupart des verbes sont à l'imparfait : « nous fabriquions », « on faisait », « tordait », « cousaient », « on sautait », « on jouait ». Ici, l'imparfait n'exprime pas seulement une description : il exprime des actions répétées, des habitudes du passé. Les indicateurs « Chaque jour », « après l'école », « les soirs de la pleine lune » le confirment. On l'appelle imparfait d'habitude.

Le pronom « on » et le « nous ». Le narrateur emploie souvent « nous » et « on » (au sens de « nous ») : « on faisait un ballon », « On sautait à la corde », « On criait, on se disputait, on se réconciliait ». Ces pronoms montrent que les jeux étaient collectifs : l'enfant ne jouait jamais seul, il faisait partie d'une bande.

Les énumérations. Le paragraphe 3 accumule les jeux : « On sautait à la corde, on tournait en rond en chantant, on jouait à la marelle, aux osselets, à cache-cache ». Cette énumération montre l'abondance et la variété des jeux : les journées étaient pleines. La suite « On criait, on se disputait, on se réconciliait aussitôt » montre en trois verbes la vie agitée et vite apaisée des enfants.

Le paradoxe « pauvres / riches ». Le texte oppose deux idées dès le paragraphe 1 : « nous n'avions presque pas de jouets achetés. Mais nous étions riches d'autre chose ». Cette opposition revient à la fin : « Nous étions pauvres en jouets […]. Mais qu'est-ce que nous étions riches de rires ! » Cette reprise encadre tout le texte : la vraie richesse de l'enfance, ce n'est pas l'argent, c'est l'imagination, l'amitié et la joie.

Le retour au présent et le ton nostalgique. Au paragraphe 5, le temps change : « Aujourd'hui » ouvre un passage au présent (« mes neveux ont », « Ils s'amusent », « je les vois »). Le narrateur ne condamne pas les jeux modernes (« c'est très bien »), mais le connecteur « Pourtant » introduit son regret : les enfants sont « seuls devant leur petit écran ». Ce mélange de tendresse et de regret pour un temps passé s'appelle la nostalgie. La phrase exclamative finale exprime l'émotion du narrateur.

Exemple

Question : Quel est le temps dominant dans les paragraphes 2 et 3 ? Quelle est sa valeur ?

Réponse rédigée : Le temps dominant est l'imparfait, par exemple « nous fabriquions », « on sautait », « on jouait ». Il exprime ici des actions répétées dans le passé : ce sont les habitudes de l'enfance du narrateur. C'est un imparfait d'habitude, confirmé par l'indicateur de temps « Chaque jour ».

Exemple

Question : Explique la dernière phrase : « Mais qu'est-ce que nous étions riches de rires ! »

Réponse rédigée : Cette phrase exclamative oppose la pauvreté matérielle des enfants (« pauvres en jouets ») à leur richesse de joie. Le narrateur montre que le bonheur ne dépend pas des objets que l'on possède, mais de l'amitié et du plaisir de jouer ensemble. L'exclamation traduit son émotion et sa nostalgie.

Méthode

Pour écrire un souvenir d'enfance :

  1. J'ouvre par un repère de temps passé : « Quand j'étais petit(e) », « Autrefois ».
  2. J'emploie l'imparfait pour les habitudes (chaque jour, souvent, le soir) et le passé composé ou le passé simple pour un événement unique.
  3. Je donne des détails concrets : lieux, objets, personnes, jeux.
  4. J'utilise une énumération pour montrer la variété.
  5. J'exprime mes sentiments d'aujourd'hui (joie, regret, tendresse) dans une phrase finale.

Conclusion de l'explication. Ce récit de souvenirs rend hommage aux jeux d'enfants d'autrefois : jouets fabriqués à la main, jeux collectifs dans la cour, soirées de lune. Grâce à l'imparfait d'habitude, aux énumérations et à l'opposition entre pauvreté et richesse, il montre que l'imagination et la vie en groupe faisaient le bonheur des enfants. Sans rejeter le présent, le narrateur exprime une douce nostalgie.

3Je retiens

Je retiens

Récit de souvenirs (autobiographique) : un adulte raconte son enfance à la première personne.

Imparfait d'habitude : il exprime des actions répétées dans le passé (chaque jour, souvent, le soir).

Le pronom « on » peut remplacer « nous » dans la langue courante ; il se conjugue à la 3e personne du singulier.

Énumération : suite de mots ou de groupes de même nature ; elle montre l'abondance, la variété.

Nostalgie : regret mêlé de tendresse pour un temps passé.

Les jeux traditionnels sont souvent collectifs et les jouets fabriqués à la main.

4Erreurs fréquentes

  • Conjuguer « on » au pluriel : on écrit « on jouait », jamais « on jouaient ». Mais l'adjectif peut s'accorder au sens : « on était contents ».
  • Confondre imparfait d'habitude et imparfait de description : l'un exprime une action répétée (on jouait chaque soir), l'autre peint un décor (la cour était grande).
  • Croire que la nostalgie est de la tristesse seulement : c'est un regret plein de tendresse pour de bons souvenirs.
  • Écrire « cache-cache » sans trait d'union ou « à cloche pied » : on écrit « cache-cache » et « à cloche-pied ».

5Je m’exerce

1Exercice 1

Vocabulaire. Complète avec : marelle, nostalgie, osselets, à cloche-pied, fabriquait.

a) Pour jouer à la …, on saute … dans des cases tracées sur le sol.

b) Mon grand frère … des voitures en fil de fer.

c) Les … se jouent avec de petits cailloux qu'on lance et qu'on rattrape.

d) En regardant ses vieilles photos, grand-mère est prise de …

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a) Pour jouer à la marelle, on saute à cloche-pied dans des cases tracées sur le sol.

b) Mon grand frère fabriquait des voitures en fil de fer.

c) Les osselets se jouent avec de petits cailloux qu'on lance et qu'on rattrape.

d) En regardant ses vieilles photos, grand-mère est prise de nostalgie.

2Exercice 2

Compréhension.

a) Où le narrateur a-t-il passé son enfance ? Avec qui jouait-il ?

b) Comment fabriquait-on un ballon ? et une voiture ?

c) Que se passait-il les soirs de pleine lune ?

d) À quoi jouent les neveux du narrateur aujourd'hui ?

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a) Le narrateur a passé son enfance à Dalaba. Il jouait avec « la bande de cousins qui habitait la même concession ».

b) On faisait un ballon « avec un vieux pagne roulé serré et ficelé ». Les voitures étaient tordues dans du fil de fer, « avec des roues en capsules et un long manche pour les conduire ».

c) Toute la concession sortait sur la place : les petits jouaient à se poursuivre, les grands posaient des devinettes et la grand-mère racontait des contes.

d) Ils jouent à des « jeux sur téléphone ».

3Exercice 3

Conjugue les verbes à l'imparfait d'habitude.

Chaque soir, nous (se réunir) dans la cour. Les filles (chanter), les garçons (courir). On (rire) beaucoup. Ma grand-mère nous (raconter) des contes.

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Chaque soir, nous nous réunissions dans la cour. Les filles chantaient, les garçons couraient. On riait beaucoup. Ma grand-mère nous racontait des contes.

4Exercice 4

Étude du texte.

a) Relève l'énumération des jeux dans le paragraphe 3. Que montre-t-elle ?

b) Pourquoi le narrateur utilise-t-il souvent « on » et « nous » ?

c) Montre que le début et la fin du texte se répondent.

d) Quel mot marque le passage au présent ? Quel sentiment le narrateur exprime-t-il alors ?

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a) « On sautait à la corde, on tournait en rond en chantant, on jouait à la marelle, aux osselets, à cache-cache derrière les greniers. » Cette énumération montre la grande variété des jeux et l'abondance d'activités : les enfants ne s'ennuyaient jamais.

b) Il utilise « on » et « nous » parce que les jeux étaient collectifs : il jouait toujours avec ses cousins et les autres enfants de la concession. Ces pronoms montrent l'esprit de groupe.

c) Au début, le narrateur dit qu'ils n'avaient « presque pas de jouets achetés » mais qu'ils étaient « riches d'autre chose » ; à la fin, il répète : « Nous étions pauvres en jouets […]. Mais qu'est-ce que nous étions riches de rires ! » La même opposition pauvreté / richesse ouvre et ferme le texte : elle en donne l'idée principale.

d) C'est le mot « Aujourd'hui ». Le narrateur exprime de la nostalgie : il accepte les jeux modernes, mais il regrette avec tendresse les jeux collectifs de son enfance.

5Exercice 5

Corrige les erreurs d'accord avec « on ».

a) On jouaient à cache-cache.

b) Le soir, on écoutent les contes.

c) On étaient heureux.

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a) On jouait à cache-cache.

b) Le soir, on écoute les contes.

c) On était heureux (on accepte « heureux » au pluriel par le sens).

6Exercice 6

(Expression écrite) En huit à dix lignes, raconte à l'imparfait d'habitude les jeux que tu pratiquais quand tu étais plus petit(e). Emploie une énumération et termine par une phrase qui exprime ce que tu ressens aujourd'hui en y repensant.

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Exemple de réponse :

« Quand j'étais au primaire, à Kissidougou, je passais tous mes samedis avec mes amis du quartier. Nous fabriquions des cerfs-volants avec des sachets et des tiges de bambou. Nous jouions au football, à la marelle, aux billes, à cache-cache derrière l'école. Le soir, nous nous asseyions autour de mon grand-père, qui nous posait des devinettes. Je perdais souvent, mais je riais toujours. Aujourd'hui, quand je passe devant cette cour, je souris : c'était le temps le plus insouciant de ma vie. »

Vérification : imparfait d'habitude ; énumération (« au football, à la marelle, aux billes, à cache-cache ») ; phrase finale sur le sentiment présent.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Quelle est la valeur de l'imparfait dans « Chaque jour, on jouait à la marelle » ?
Voir la réponse

Réponse B : une habitude dans le passé. « Chaque jour » montre la répétition : c'est l'imparfait d'habitude.

2Quelle phrase est correctement écrite ?
Voir la réponse

Réponse B : On jouait dans la cour.. « On » se conjugue à la 3e personne du singulier.

3Qu'est-ce que la nostalgie ?
Voir la réponse

Réponse B : le regret mêlé de tendresse d'un temps passé. Le narrateur se souvient avec tendresse de son enfance et la regrette un peu.

4Dans ce texte, qui est le narrateur ?
Voir la réponse

Réponse B : un adulte qui se souvient de son enfance. « Quand j'étais enfant » montre que le narrateur est devenu adulte.

5Quelle opposition encadre le texte ?
Voir la réponse

Réponse A : pauvres en jouets / riches de rires. Le début et la fin reprennent l'opposition entre pauvreté matérielle et richesse de joie.

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