Leçon 12 sur 29
Le tremblement de terre ou séisme
Je sais expliquer ce qu'est un séisme et son origine, nommer foyer, épicentre et ondes sismiques, distinguer magnitude et intensité, et connaître les bons gestes de prévention.
- 1 h
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir un séisme et expliquer son origine (rupture le long d'une faille)
- Nommer et placer foyer, épicentre, ondes sismiques et isoséistes
- Distinguer magnitude (échelle de Richter) et intensité (échelle à 12 degrés)
- Citer les conséquences d'un séisme et les mesures de prévention et de protection
Avant de commencer : Les leçons « Notions de géodynamique » et « Les phénomènes géologiques internes » (plaques, failles).
1Je découvre
Le grand-père d'Aïssatou habite à Gaoual, en Moyenne-Guinée. Un soir, il raconte un souvenir qui l'a marqué : « C'était en décembre 1983, très tôt le matin, avant le lever du jour. Nous dormions encore quand la terre s'est mise à gronder. Le sol a bougé comme une pirogue sur l'eau. Des murs se sont fendus, des cases se sont effondrées, surtout du côté de Koumbia. Il y a eu des morts et beaucoup de blessés. Nous ne savions pas ce qui se passait : on n'avait jamais connu cela ici. »
Aïssatou est surprise. En classe, elle avait appris que la Guinée est loin des limites des plaques et n'a pas de volcan actif. Comment la terre a-t-elle pu trembler aussi fort ? Et d'où vient cette énergie capable de renverser des maisons ?
Qu'est-ce qu'un séisme, quelle est son origine et comment s'en protéger ?
2Je comprends
1. Définition et origine
Un séisme (ou tremblement de terre) est une série de vibrations du sol, plus ou moins violentes, provoquées par une rupture brutale des roches en profondeur.
Voici ce qui se passe. Sous l'effet du mouvement des plaques, les roches de la lithosphère sont soumises à des forces (compression, étirement, cisaillement). Comme un bâton que l'on plie, elles se déforment lentement et accumulent de l'énergie. Quand la force devient plus grande que la résistance de la roche, celle-ci casse d'un coup, ou une faille déjà existante rejoue : les deux blocs glissent brusquement l'un contre l'autre. L'énergie accumulée pendant des années, voire des siècles, est libérée en quelques secondes sous forme d'ondes sismiques qui se propagent dans toutes les directions.
Après le séisme principal, d'autres secousses plus faibles, les répliques, peuvent se produire pendant des jours ou des semaines.
2. Foyer, épicentre et ondes sismiques
- Le foyer (ou hypocentre) est le point, en profondeur, où commence la rupture et d'où partent les ondes.
- L'épicentre est le point de la surface situé à la verticale du foyer. C'est en général là que les secousses sont les plus fortes.
- La profondeur du foyer va de quelques kilomètres à environ 700 km.
- Les ondes sismiques sont des vibrations qui se propagent dans les roches à partir du foyer.
Il existe plusieurs types d'ondes :
- les ondes P (premières) : les plus rapides, elles arrivent en premier ; elles traversent les solides et les liquides ;
- les ondes S (secondes) : plus lentes, elles arrivent ensuite ; elles ne traversent pas les liquides (c'est ainsi qu'on a découvert que le noyau externe est liquide) ;
- les ondes de surface : les plus lentes, mais celles qui provoquent le plus de dégâts.
On enregistre les ondes avec un sismographe (ou sismomètre). Le tracé obtenu s'appelle un sismogramme.
3. Mesurer un séisme : magnitude et intensité
Il ne faut pas confondre deux mesures.
La magnitude mesure l'énergie libérée au foyer. Elle est calculée à partir des sismogrammes. Elle ne dépend pas de l'endroit où l'on se trouve : un séisme n'a qu'une seule magnitude. L'échelle la plus connue est l'échelle de Richter, proposée en 1935 par le sismologue américain Charles Richter. C'est une échelle ouverte (sans limite supérieure théorique). Quand la magnitude augmente de 1, l'amplitude des vibrations enregistrées est multipliée par 10, et l'énergie libérée par environ 30. Les plus forts séismes enregistrés dépassent la magnitude 9.
L'intensité mesure les effets du séisme en un lieu donné : ce que ressentent les habitants et les dégâts observés. Elle est notée en chiffres romains de I à XII (échelles MSK ou EMS, par exemple). Un même séisme a plusieurs intensités : forte près de l'épicentre, plus faible quand on s'en éloigne.
| Intensité | Effets (résumé) |
|---|---|
| I à III | non ressenti ou ressenti par quelques personnes au repos |
| IV à V | ressenti par tous à l'intérieur, objets qui bougent, dormeurs réveillés |
| VI à VII | frayeur, meubles déplacés, fissures dans les murs |
| VIII à IX | dégâts importants, maisons fragiles effondrées |
| X à XII | destruction générale, sol profondément déformé |
Sur une carte, on relie les lieux de même intensité par des lignes appelées isoséistes. Elles forment à peu près des cercles autour de l'épicentre ; l'intensité diminue quand on s'éloigne.
- Mesure l'énergie libérée au foyer
- Une seule valeur par séisme
- Calculée avec les sismogrammes
- Échelle de Richter, ouverte
- Mesure les effets en un lieu
- Plusieurs valeurs selon les lieux
- Évaluée d'après les dégâts et les témoignages
- Échelle de I à XII
4. Localiser un séisme
Les ondes P et S partent en même temps du foyer, mais les ondes P vont plus vite. Plus la station est loin, plus l'écart entre l'arrivée des ondes P et celle des ondes S est grand. En mesurant cet écart dans trois stations, on trace trois cercles dont l'intersection donne l'épicentre.
Exemple
Dans une région, on suppose que les ondes P se propagent à 6 km/s et les ondes S à 3 km/s. Une station enregistre les ondes S 20 secondes après les ondes P. À quelle distance du foyer se trouve la station ?
Étape 1 : j'appelle d la distance en km. Durée du trajet des ondes P : d ÷ 6 ; des ondes S : d ÷ 3.
Étape 2 : l'écart est d ÷ 3 − d ÷ 6 = 2d ÷ 6 − d ÷ 6 = d ÷ 6.
Étape 3 : d ÷ 6 = 20, donc d = 20 × 6 = 120 km.
Vérification : les ondes P mettent 120 ÷ 6 = 20 s, les ondes S 120 ÷ 3 = 40 s ; l'écart est bien de 20 s.
Conclusion : la station est à 120 km du foyer.
Exemple
Deux séismes ont pour magnitudes 5 et 7. Combien de fois l'amplitude des vibrations enregistrées est-elle plus grande pour le second ?
Étape 1 : la différence de magnitude est 7 − 5 = 2.
Étape 2 : chaque degré multiplie l'amplitude par 10 : 10 × 10 = 100.
Conclusion : l'amplitude est 100 fois plus grande ; et l'énergie libérée est environ 30 × 30 = 900 fois plus grande.
5. Où se produisent les séismes ?
La grande majorité des séismes se produisent aux limites des plaques, surtout autour de l'océan Pacifique (Japon, Chili, Indonésie), en Méditerranée et le long de l'Himalaya. Mais des séismes peuvent aussi se produire à l'intérieur des plaques, là où de vieilles failles rejouent sous l'effet des forces transmises par les plaques. C'est le cas du séisme qui a frappé la région de Koumbia, dans la préfecture de Gaoual, le 22 décembre 1983 : c'est le séisme le plus fort connu en Guinée. Ces séismes intraplaques sont rares, mais ils peuvent être dangereux, car les constructions n'y sont pas prévues pour résister.
6. Conséquences et prévention
Conséquences : effondrement de bâtiments, de ponts et de routes ; incendies (fuites de gaz, courts-circuits) ; glissements de terrain ; tsunamis (vagues géantes provoquées par un séisme sous la mer) ; victimes et sans-abri.
On ne sait pas prévoir la date exacte d'un séisme. On peut en revanche réduire les dégâts :
- construire parasismique : fondations solides, murs chaînés avec des poteaux et des poutres en béton armé, bâtiments légers et symétriques ;
- établir des cartes des zones à risque et informer la population ;
- organiser des exercices d'alerte dans les écoles.
Méthode
Les bons gestes en cas de séisme :
- Pendant la secousse, à l'intérieur : je m'abrite sous une table solide, loin des fenêtres, et je protège ma tête.
- À l'extérieur : je m'éloigne des bâtiments, des murs, des arbres et des fils électriques.
- Je ne sors pas en courant pendant la secousse ; je n'utilise pas d'ascenseur.
- Après la secousse : je sors calmement, je coupe le gaz et l'électricité, je m'attends à des répliques.
- Je n'encombre pas les routes et j'aide les secours.
3Je retiens
Je retiens
Un séisme est une série de vibrations du sol causées par la rupture brutale des roches en profondeur, souvent le long d'une faille.
Foyer (hypocentre) : point de rupture en profondeur ; épicentre : point de la surface à la verticale du foyer.
Ondes P (les plus rapides), ondes S (plus lentes, ne traversent pas les liquides), ondes de surface (les plus destructrices) ; enregistrées par un sismographe.
Magnitude (Richter) : énergie libérée, une seule valeur, échelle ouverte ; +1 = amplitude × 10.
Intensité (I à XII) : effets en un lieu, plusieurs valeurs ; isoséistes = lignes d'égale intensité.
Séismes surtout aux limites des plaques ; en Guinée, séisme de Koumbia (Gaoual) le 22 décembre 1983.
Prévention : constructions parasismiques, information, bons gestes.
4Erreurs fréquentes
- Confondre foyer et épicentre : le foyer est en profondeur ; l'épicentre est à la surface.
- Confondre magnitude et intensité : la magnitude mesure l'énergie (une valeur) ; l'intensité mesure les effets (plusieurs valeurs).
- Dire que l'échelle de Richter va de 1 à 12 : elle est ouverte ; c'est l'échelle d'intensité qui va de I à XII.
- Croire qu'un pays loin des limites de plaques ne peut jamais trembler : des séismes intraplaques existent, comme en Guinée en 1983.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Définis : séisme, foyer, épicentre, isoséiste, réplique.
Voir le corrigéCacher le corrigé
- Séisme : série de vibrations du sol provoquées par la rupture brutale des roches en profondeur.
- Foyer : point, en profondeur, où commence la rupture et d'où partent les ondes sismiques.
- Épicentre : point de la surface situé à la verticale du foyer.
- Isoséiste : ligne qui relie les lieux où le séisme a eu la même intensité.
- Réplique : secousse plus faible qui suit le séisme principal.
2Exercice 2
Réponds par vrai ou faux et corrige si nécessaire.
a) Un séisme a plusieurs magnitudes selon les villes.
b) Les ondes P arrivent avant les ondes S.
c) L'intensité est notée de I à XII.
d) On sait prévoir le jour exact d'un séisme.
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a) Faux : un séisme n'a qu'une magnitude ; ce sont les intensités qui varient selon les lieux.
b) Vrai.
c) Vrai.
d) Faux : on ne sait pas prévoir la date exacte d'un séisme.
3Exercice 3
Sur une carte, les isoséistes d'un séisme entourent la ville X (intensité VIII) ; la ville Y est dans la zone d'intensité V et la ville Z dans la zone d'intensité III.
a) Quelle ville est la plus proche de l'épicentre ? Justifie.
b) Décris ce que les habitants de Y ont probablement ressenti.
c) Ces trois villes ont-elles enregistré la même magnitude ? Explique.
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a) La ville X, car c'est là que l'intensité est la plus forte (VIII) ; l'intensité diminue quand on s'éloigne de l'épicentre.
b) À Y (intensité V), tous les habitants à l'intérieur ont ressenti la secousse, les objets ont bougé et les dormeurs ont pu être réveillés, sans dégâts graves.
c) Oui : la magnitude mesure l'énergie libérée au foyer ; elle est la même pour tout le séisme. Seule l'intensité change d'une ville à l'autre.
4Exercice 4
On suppose que les ondes P voyagent à 6 km/s et les ondes S à 3 km/s.
a) Une station reçoit les ondes S 15 s après les ondes P. Calcule sa distance au foyer.
b) Une autre station est à 240 km du foyer. Calcule l'écart entre l'arrivée des ondes P et celle des ondes S.
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a) L'écart vaut d3 - d6 = d6. Donc d6 = 15 et d = 90 km.
b) Ondes P : 2406 = 40 s ; ondes S : 2403 = 80 s. Écart : 80 - 40 = 40 s.
5Exercice 5
(Type composition) Document : « Le 22 décembre 1983, un fort séisme a frappé la région de Koumbia, en Moyenne-Guinée. De nombreuses maisons en banco se sont effondrées. Les secousses ont été ressenties dans plusieurs pays voisins. Des centaines de répliques ont été enregistrées pendant les semaines suivantes. »
a) La Guinée est au milieu de la plaque africaine. Comment expliquer qu'un séisme s'y soit produit ?
b) Pourquoi les maisons en banco ont-elles été particulièrement touchées ?
c) Pourquoi les secousses ont-elles été plus faibles dans les pays voisins ?
d) Propose trois mesures pour limiter les dégâts si un tel séisme se reproduisait.
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a) Même loin des limites des plaques, les roches subissent des forces transmises par le mouvement des plaques. Une vieille faille a pu rejouer brutalement et libérer l'énergie accumulée : c'est un séisme intraplaque.
b) Le banco (terre crue) est un matériau lourd et peu résistant aux secousses ; les murs non renforcés par des poteaux et des chaînages se fissurent et s'effondrent facilement.
c) L'énergie des ondes diminue avec la distance ; les pays voisins, plus éloignés de l'épicentre, ont ressenti une intensité plus faible.
d) Construire avec des chaînages et des poteaux en béton armé (constructions parasismiques) ; établir une carte des zones à risque et informer la population ; apprendre les bons gestes par des exercices dans les écoles.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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