Leçon 9 sur 51
La subordonnée de comparaison
Je sais reconnaître une subordonnée de comparaison, dire si elle exprime une ressemblance, une égalité, une supériorité ou une infériorité, et l'employer correctement dans mes phrases.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Identifier la subordonnée circonstancielle de comparaison et ses mots introducteurs
- Distinguer la comparaison de ressemblance, d'égalité, d'inégalité et de proportion
- Employer le bon mode (indicatif, conditionnel, « comme si » + imparfait) et reconnaître les verbes sous-entendus
Avant de commencer : Connaître les subordonnées circonstancielles (leçons précédentes) ; savoir ce qu'est un comparatif (plus… que, moins… que).
1Je découvre
Au bord du fleuve Milo, à Kankan, deux pêcheurs se disputent gentiment.
Le vieux Lansana dit : « Mon fils pêche comme je pêchais à son âge : avec patience. »
Son ami Ousmane répond : « Le mien attrape plus de poissons que tu n'en attrapais, crois-moi ! »
Lansana rit : « Plus on vieillit, plus on exagère, Ousmane ! Tu parles comme si tu avais vu toutes nos pêches ! »
Leur petite-fille Mariama, qui écoute en réparant un filet, remarque que chaque phrase compare deux choses. Dans la première, on dit qu'elles se ressemblent ; dans la deuxième, que l'une dépasse l'autre ; dans la troisième, que deux choses augmentent ensemble.
Comment exprimer une comparaison avec une proposition subordonnée, et quelles sont les différentes sortes de comparaisons ?
2Je comprends
1. Définition
La proposition subordonnée circonstancielle de comparaison établit un rapport de ressemblance ou de différence entre l'action ou la qualité de la principale et celle de la subordonnée. Elle répond souvent à la question « comment ? » ou « à quel degré ? ».
Sa fonction est complément circonstanciel de comparaison. Son verbe est le plus souvent à l'indicatif.
« Mon fils pêche [comme je pêchais à son âge]. » → Il pêche comment ? Comme je pêchais à son âge.
Dans une comparaison, on distingue :
- le comparé : ce que l'on compare (ici, la façon de pêcher du fils) ;
- le comparant : ce à quoi on le compare (la façon de pêcher du père autrefois) ;
- l'outil de comparaison : le mot qui relie (comme).
2. Les sortes de comparaisons
a) La ressemblance ou la conformité
Mots introducteurs : comme, ainsi que, de même que, tel que, selon que, de la même façon que.
« Il a agi comme son père le lui avait conseillé. »
« Tout s'est passé ainsi que le chef l'avait prévu. »
b) L'égalité
Mots introducteurs : aussi… que (avec un adjectif ou un adverbe), autant… que (avec un verbe ou un nom), si… que, tant… que (dans une phrase négative).
« Fanta est aussi courageuse que l'était sa mère. »
« Il travaille autant qu'il le peut. »
c) L'inégalité : supériorité ou infériorité
Mots introducteurs : plus… que, moins… que, davantage que, mieux que, meilleur que, pire que, plutôt que, autre que.
« Le car est arrivé plus tard que nous ne le pensions. »
« Cette année, il a moins plu que l'an dernier. »
d) La proportion (deux actions varient ensemble)
Mots introducteurs : plus… plus, moins… moins, plus… moins, à mesure que, d'autant plus que, dans la mesure où.
« Plus on lit, plus on apprend. »
« À mesure que le soleil monte, la chaleur augmente. »
e) La comparaison hypothétique
Mot introducteur : comme si (+ imparfait ou plus-que-parfait, comme avec « si » de condition).
« Tu parles comme si tu avais vu toutes nos pêches. »
« Il court comme si un lion le poursuivait. »
- Ressemblance
- Égalité
- Supériorité
- Infériorité
- Proportion
- Hypothèse
- comme, ainsi que, de même que, tel que
- aussi… que, autant… que
- plus… que, mieux que, meilleur que
- moins… que
- plus… plus, à mesure que
- comme si + imparfait ou plus-que-parfait
3. Le verbe sous-entendu
Très souvent, pour éviter une répétition, le verbe de la subordonnée de comparaison est sous-entendu (non écrit). On dit que la proposition est elliptique.
« Aïssatou est plus grande que sa sœur » = « que sa sœur n'est grande ».
« Il chante comme un rossignol » = « comme un rossignol chante ».
Pour l'analyse, on rétablit le verbe par la pensée : il y a bien une subordonnée, même si le verbe manque. Tu étudieras ce phénomène dans la leçon sur les propositions elliptiques.
4. Le « ne » explétif
Après une comparaison d'inégalité (plus… que, moins… que, autre que, mieux que), on ajoute souvent un « ne » dans la subordonnée quand la principale est affirmative. Ce « ne » n'est pas négatif : on l'appelle « ne » explétif. Il appartient au style soutenu.
« Ce marché est plus animé que je ne le croyais. » (= je croyais qu'il était moins animé)
5. « Comme » : trois valeurs à distinguer
Le mot « comme » peut introduire trois sortes de subordonnées. Seul le sens permet de trancher.
| Valeur | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| Comparaison | de la même façon que | Il danse comme dansait son père. |
| Cause | puisque, étant donné que | Comme il pleuvait, nous sommes restés. |
| Temps | au moment où | Comme j'arrivais au marché, l'orage éclata. |
Remarque : « comme » de cause et de temps se place en général en tête de phrase, alors que « comme » de comparaison suit souvent la principale.
6. Comparaison grammaticale et figure de style
La subordonnée de comparaison est souvent utilisée pour créer une image : c'est la figure de style de la comparaison, que tu as vue en vocabulaire. « Ses yeux brillaient comme des étoiles. » Un écrivain compare pour faire voir ou ressentir. Le grammairien, lui, analyse la structure : comparé, outil, comparant.
Méthode
Pour analyser une subordonnée de comparaison :
- Je repère l'outil de comparaison (comme, ainsi que, plus… que, aussi… que, à mesure que, comme si…).
- Je vérifie le sens : « comme » signifie-t-il « de la même façon que » (et non « puisque » ou « au moment où ») ?
- Je délimite la subordonnée et je rétablis le verbe s'il est sous-entendu.
- Je nomme la sorte de comparaison : ressemblance, égalité, supériorité, infériorité, proportion, hypothèse.
- Je rédige : « proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de comparaison, complément circonstanciel de comparaison du verbe (ou de l'adjectif) … ».
Exemple
Analyse : « Le Niger est moins large à Kouroussa qu'il ne l'est à Siguiri. »
Outil : moins… que → comparaison d'infériorité.
Subordonnée : « qu'il ne l'est à Siguiri » ; « ne » est explétif (pas de sens négatif).
Comparé : la largeur du fleuve à Kouroussa. Comparant : sa largeur à Siguiri.
Nature et fonction : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de comparaison, complément circonstanciel de comparaison de l'adjectif « large ».
Exemple
Distinguer les « comme » :
a) « Comme la route était coupée, le car a fait demi-tour. » → « comme » = puisque : subordonnée de cause.
b) « Comme le car démarrait, un voyageur est arrivé en courant. » → « comme » = au moment où : subordonnée de temps.
c) « Le car roulait lentement, comme roulent les vieux camions chargés de bauxite. » → « comme » = de la même façon que : subordonnée de comparaison (ressemblance).
3Je retiens
Je retiens
La subordonnée de comparaison compare l'action ou la qualité de la principale à une autre ; elle est complément circonstanciel de comparaison.
Comparé : ce qu'on compare ; comparant : ce à quoi on compare ; outil : le mot qui relie.
Ressemblance : comme, ainsi que, de même que. Égalité : aussi… que, autant… que.
Inégalité : plus… que, moins… que, mieux que. Proportion : plus… plus, à mesure que.
Comparaison hypothétique : comme si + imparfait ou plus-que-parfait.
Le verbe de la subordonnée est souvent sous-entendu (proposition elliptique).
Après plus… que, moins… que, on peut trouver un « ne » explétif sans valeur négative.
« Comme » peut exprimer la comparaison, la cause ou le temps : on tranche par le sens.
4Erreurs fréquentes
- Prendre tout « comme » pour une comparaison : « Comme il était malade, il n'est pas venu » exprime la cause.
- Mettre le conditionnel après « comme si » : on écrit « comme s'il avait peur », et non « comme s'il aurait peur ».
- Lire le « ne » explétif comme une négation : « Il est plus fort que tu ne crois » veut dire que tu crois qu'il est moins fort qu'il ne l'est réellement.
- Écrire « plus meilleur » ou « plus mieux » : « meilleur » et « mieux » sont déjà des comparatifs. On dit « meilleur que », « mieux que ».
5Je m’exerce
1Exercice 1
Relève la subordonnée de comparaison et son outil de comparaison.
a) Elle cuisine comme cuisinait sa grand-mère.
b) Ce devoir est plus facile que je ne le pensais.
c) Plus tu t'entraînes, plus tu cours vite.
d) Il crie comme s'il avait vu un serpent.
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a) « comme cuisinait sa grand-mère » ; outil : comme.
b) « que je ne le pensais » ; outil : plus… que.
c) « Plus tu t'entraînes » ; outil : plus… plus. (Les deux propositions sont liées : la première est la subordonnée de proportion.)
d) « comme s'il avait vu un serpent » ; outil : comme si.
2Exercice 2
Indique la sorte de comparaison : ressemblance, égalité, supériorité, infériorité, proportion, hypothèse.
a) Le riz de Guinée forestière est aussi bon que celui de Basse-Guinée.
b) À mesure que la nuit tombe, les bruits de la forêt augmentent.
c) Il a dépensé moins d'argent qu'il ne l'avait prévu.
d) Hawa danse ainsi que sa mère le lui a appris.
e) Il tremble comme s'il avait froid.
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a) Égalité (aussi… que ; verbe sous-entendu : « que celui de Basse-Guinée est bon »).
b) Proportion (à mesure que).
c) Infériorité (moins… que).
d) Ressemblance (ainsi que).
e) Hypothèse (comme si).
3Exercice 3
Dis si « comme » exprime la comparaison, la cause ou le temps.
a) Comme il faisait nuit, nous avons allumé la lampe.
b) Il parle comme parle un vieux sage.
c) Comme j'entrais dans la classe, la cloche sonna.
d) Fais comme je t'ai montré.
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a) Cause (= puisqu'il faisait nuit).
b) Comparaison (= de la même façon que parle un vieux sage).
c) Temps (= au moment où j'entrais).
d) Comparaison (= de la façon que je t'ai montrée).
4Exercice 4
Complète chaque phrase par une subordonnée de comparaison du type demandé.
a) Mon petit frère mange … (supériorité)
b) Cette année, les pluies sont … (égalité)
c) … plus on comprend. (proportion)
d) Il marche lentement … (hypothèse)
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Exemples de réponses :
a) Mon petit frère mange plus que ne mange un adulte.
b) Cette année, les pluies sont aussi abondantes qu'elles l'étaient l'an dernier.
c) Plus on lit, plus on comprend.
d) Il marche lentement comme s'il portait un lourd fardeau.
5Exercice 5
(Format BEPC) Lis le passage, puis réponds.
« Le vieux griot chantait comme chantaient ses ancêtres. Plus la nuit avançait, plus sa voix devenait forte. Les enfants l'écoutaient comme s'ils assistaient à un grand spectacle. Sa kora résonnait mieux que ne résonne le tam-tam des fêtes. »
a) Relève les quatre subordonnées de comparaison.
b) Précise la sorte de chaque comparaison.
c) Dans la dernière phrase, rétablis l'ordre habituel et explique le rôle du « ne ».
d) Donne la nature et la fonction de la première subordonnée.
e) Pourquoi le verbe « assistaient » est-il à l'imparfait ?
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a) « comme chantaient ses ancêtres » ; « Plus la nuit avançait » ; « comme s'ils assistaient à un grand spectacle » ; « que ne résonne le tam-tam des fêtes ».
b) Ressemblance ; proportion ; hypothèse ; supériorité (mieux… que).
c) Ordre habituel : « que le tam-tam des fêtes ne résonne ». Le « ne » est explétif : il n'a pas de valeur négative ; il appartient au style soutenu et apparaît après une comparaison d'inégalité (« mieux que »).
d) « comme chantaient ses ancêtres » : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de comparaison, complément circonstanciel de comparaison du verbe « chantait ».
e) Après « comme si », on emploie l'imparfait (ou le plus-que-parfait), comme après « si » de condition ; ici l'imparfait indique une action imaginée, simultanée à celle de la principale.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.
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