Leçon 10 sur 51
Les propositions elliptiques et participiales
Je sais reconnaître une proposition elliptique (dont un élément est sous-entendu) et une proposition participiale (construite autour d'un participe avec son propre sujet), et je sais les transformer en subordonnées conjonctives.
- 50 min
- 5 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Définir et reconnaître la proposition elliptique et rétablir les mots sous-entendus
- Définir et reconnaître la proposition subordonnée participiale et la distinguer du participe apposé
- Donner la valeur circonstancielle d'une participiale et la transformer en subordonnée conjonctive
Avant de commencer : Savoir découper une phrase complexe et connaître les subordonnées circonstancielles (temps, cause, condition, comparaison) ; connaître le participe présent et le participe passé.
1Je découvre
Dans le journal de l'école de Labé, Aïssatou a écrit un petit article sur la fête de fin d'année :
« La cérémonie terminée, les élèves ont rangé les chaises. Les garçons ont porté les bancs ; les filles, les nattes. Le directeur, plus fatigué que les élèves, s'est assis à l'ombre. Le soleil baissant, chacun est rentré chez soi. »
Son professeur la félicite : « Ton style est rapide et élégant. Tu as utilisé des propositions sans verbe conjugué, et des propositions construites avec un participe. »
Aïssatou est surprise : « Mais une proposition, ce n'est pas toujours un verbe conjugué ? Et dans "les filles, les nattes", où est le verbe ? »
Comment reconnaître ces propositions « raccourcies » ou construites avec un participe, et comment les analyser ?
2Je comprends
1. La proposition elliptique
a) Définition
Une ellipse est l'absence d'un mot que l'on peut facilement deviner. Une proposition elliptique est une proposition dont un ou plusieurs éléments (le plus souvent le verbe, parfois le sujet et le verbe) sont sous-entendus, pour éviter une répétition ou pour aller plus vite.
On la compte quand même comme une proposition, car on peut rétablir le verbe par la pensée.
b) Les cas les plus fréquents
| Cas | Exemple | Mots sous-entendus |
|---|---|---|
| Proposition coordonnée ou juxtaposée | Les garçons ont porté les bancs ; les filles, les nattes. | ont porté |
| Subordonnée de comparaison | Le directeur est plus fatigué que les élèves. | ne sont fatigués |
| Subordonnée de concession | Quoique malade, Sékou est venu. | il était |
| Subordonnée de temps | Une fois arrivé, appelle-moi. | que tu seras |
| Subordonnée de condition | Si possible, viens tôt. | c'est |
| Réponse à une question | — Qui veut de l'eau ? — Moi. | veux de l'eau |
c) La virgule de l'ellipse
Quand le verbe est sous-entendu dans une proposition coordonnée ou juxtaposée, on met souvent une virgule à la place du verbe : « Mamadou aime le football ; Ibrahima, le basket. »
2. La proposition subordonnée participiale
a) Définition
La proposition subordonnée participiale est une proposition :
- construite autour d'un participe (présent ou passé) qui joue le rôle de verbe ;
- qui a son propre sujet, différent du sujet de la principale ;
- qui n'est introduite par aucun mot subordonnant (ni conjonction, ni pronom relatif) ;
- qui est en général détachée par une virgule.
« [La cérémonie terminée], les élèves ont rangé les chaises. »
Participe : terminée ; sujet du participe : la cérémonie ; sujet de la principale : les élèves. Les deux sujets sont différents : c'est une participiale.
« [Le soleil baissant], chacun est rentré chez soi. »
Participe présent : baissant ; sujet : le soleil.
b) Les formes du participe
- Participe présent : « Le car partant à 6 heures, nous nous sommes levés tôt. »
- Participe passé seul : « Les bagages chargés, le chauffeur démarra. »
- Participe passé composé (ayant ou étant + participe passé) : « La pluie ayant cessé, les enfants sortirent. »
Le participe passé employé seul s'accorde avec son sujet : « La cérémonie terminée », « Les récoltes rentrées ».
c) La valeur circonstancielle
La participiale joue le rôle d'un complément circonstanciel. Elle peut exprimer :
| Valeur | Exemple | Subordonnée conjonctive équivalente |
|---|---|---|
| Temps | La nuit tombée, les lucioles apparaissent. | Quand la nuit est tombée… |
| Cause | Le pont étant coupé, le car a fait un détour. | Comme le pont était coupé… |
| Condition | Les pluies aidant, la récolte sera bonne. | Si les pluies aident… |
| Concession (rare) | Les prix ayant baissé, il n'achète toujours rien. | Bien que les prix aient baissé… |
- Le participe a son propre sujet
- Sujet différent de celui de la principale
- La pluie ayant cessé, les enfants sortent.
- C'est une proposition subordonnée
- Le participe n'a pas de sujet propre
- Il se rapporte au sujet de la principale
- Ayant fini ses devoirs, Fanta sort.
- Ce n'est pas une proposition
3. Participiale ou participe apposé ?
Dans « Fatiguée, Hawa s'assoit », le participe « fatiguée » n'a pas de sujet propre : il se rapporte à « Hawa », sujet de la principale. Ce n'est pas une proposition ; c'est un participe apposé (fonction : apposition au sujet).
Test : cherche le sujet du participe. S'il est écrit juste à côté du participe et différent du sujet de la principale, c'est une participiale.
Attention à l'erreur de construction : « Arrivant au marché, la pluie commença à tomber » est incorrect si c'est Kadiatou qui arrive : la phrase dit que c'est la pluie qui arrive au marché ! On écrit : « Comme Kadiatou arrivait au marché, la pluie commença à tomber » ou « Kadiatou arrivant au marché, la pluie commença à tomber ».
4. Une autre proposition sans verbe conjugué : l'infinitive
Pour information : il existe aussi la proposition infinitive, construite autour d'un infinitif qui a son propre sujet, après des verbes de perception (voir, entendre, sentir) ou « laisser », « faire ». « J'entends [les oiseaux chanter]. » Elle est COD du verbe principal.
Méthode
Pour identifier une participiale :
- Je repère un participe présent (-ant) ou passé détaché en début ou en fin de phrase.
- Je cherche le sujet de ce participe : un nom ou un groupe nominal placé juste avant lui.
- Je compare ce sujet à celui de la principale : s'il est différent, c'est une participiale ; s'il est le même ou absent, c'est un participe apposé.
- Je cherche la valeur : je la transforme en subordonnée conjonctive (quand, comme, si, bien que) et je vois laquelle convient.
- Je rédige : « proposition subordonnée participiale, complément circonstanciel de … du verbe … ».
Exemple
Analyse : « Les pluies étant abondantes, les rizières de la Guinée forestière donnent de belles récoltes. »
Participe : « étant » (participe présent de « être ») ; sujet du participe : « Les pluies ».
Sujet de la principale : « les rizières ». Les sujets sont différents : c'est une participiale.
Transformation : « Comme les pluies sont abondantes, les rizières… » → valeur de cause.
Nature et fonction : proposition subordonnée participiale, complément circonstanciel de cause du verbe « donnent ».
Exemple
Rétablir une proposition elliptique :
« Mariama lit un roman ; son frère, une bande dessinée ; sa petite sœur, un conte. »
Verbes conjugués écrits : « lit » (1). Verbes sous-entendus : « lit » (2 fois).
Phrase complète : « Mariama lit un roman ; son frère lit une bande dessinée ; sa petite sœur lit un conte. »
La phrase contient donc trois propositions indépendantes juxtaposées, dont deux elliptiques du verbe.
3Je retiens
Je retiens
Une proposition elliptique est une proposition dont un élément (souvent le verbe) est sous-entendu ; on peut le rétablir.
Cas fréquents : coordination (les filles, les nattes), comparaison (plus fatigué que les élèves), concession (quoique malade), réponse (Moi).
La proposition subordonnée participiale est construite autour d'un participe qui a son propre sujet, différent de celui de la principale.
Elle n'a pas de mot subordonnant et elle est détachée par une virgule.
Elle est complément circonstanciel : temps, cause, condition, parfois concession.
Si le participe n'a pas de sujet propre, c'est un participe apposé, pas une proposition.
Le participe passé seul de la participiale s'accorde avec son sujet (la cérémonie terminée).
4Erreurs fréquentes
- Prendre un participe apposé pour une participiale : dans « Épuisé, le coureur s'arrête », « épuisé » n'a pas de sujet propre ; ce n'est pas une proposition.
- Construire un participe qui ne se rapporte pas au bon sujet : « En rentrant de l'école, la pluie m'a mouillé » est incorrect ; écris « En rentrant de l'école, j'ai été mouillé par la pluie ».
- Oublier d'accorder le participe passé de la participiale : on écrit « Les récoltes terminées », « La porte fermée ».
- Oublier la virgule qui remplace le verbe sous-entendu : « Sékou prend le riz ; Fanta, la sauce. »
5Je m’exerce
1Exercice 1
Rétablis les mots sous-entendus dans chaque proposition elliptique.
a) Mon père cultive le maïs ; mon oncle, le manioc.
b) Kadiatou est plus rapide que son frère.
c) Quoique fatigués, les joueurs ont continué.
d) — Qui a gagné la course ? — Ibrahima.
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a) Mon père cultive le maïs ; mon oncle cultive le manioc.
b) Kadiatou est plus rapide que son frère n'est rapide (ou : ne l'est).
c) Quoique les joueurs soient fatigués (ou : quoiqu'ils soient fatigués), les joueurs ont continué.
d) — Qui a gagné la course ? — Ibrahima a gagné la course.
2Exercice 2
Relève la proposition participiale de chaque phrase, puis souligne le participe et son sujet.
a) Le soleil s'étant levé, les pêcheurs partirent en mer.
b) Les examens terminés, les élèves rentrent au village.
c) Les routes étant glissantes, le chauffeur roule doucement.
d) La nuit venue, on raconte des contes autour du feu.
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a) « Le soleil s'étant levé » ; participe : s'étant levé ; sujet : Le soleil.
b) « Les examens terminés » ; participe : terminés ; sujet : Les examens.
c) « Les routes étant glissantes » ; participe : étant ; sujet : Les routes.
d) « La nuit venue » ; participe : venue ; sujet : La nuit.
3Exercice 3
Dis si le passage en italique est une proposition participiale ou un participe apposé. Justifie.
a) Le repas fini, les hommes discutent sous le manguier.
b) Fini à temps, le travail a été payé.
c) Sa mère étant malade, Fatoumata s'occupe de la maison.
d) Étant malade, Fatoumata est restée à la maison.
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a) Proposition participiale : le participe « fini » a son propre sujet, « Le repas », différent du sujet de la principale, « les hommes ».
b) Participe apposé : « Fini » n'a pas de sujet propre ; il se rapporte à « le travail », sujet de la principale.
c) Proposition participiale : le participe « étant » a pour sujet « Sa mère », différent de « Fatoumata ».
d) Participe apposé : « Étant malade » se rapporte à « Fatoumata », sujet de la principale ; il n'a pas de sujet propre.
4Exercice 4
Transforme chaque participiale en subordonnée conjonctive, puis donne sa valeur.
a) La cloche ayant sonné, les élèves entrent en classe.
b) Le prix du riz ayant augmenté, les familles achètent moins.
c) Le temps le permettant, nous irons aux chutes de Kinkon.
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a) Quand la cloche a sonné, les élèves entrent en classe. Valeur : temps.
b) Comme le prix du riz a augmenté (ou : Parce que le prix du riz a augmenté), les familles achètent moins. Valeur : cause.
c) Si le temps le permet, nous irons aux chutes de Kinkon. Valeur : condition.
5Exercice 5
(Format BEPC) Lis le passage, puis réponds.
« Les pluies arrivées, les paysans de la Haute-Guinée préparent leurs champs. Les hommes labourent ; les femmes, les jeunes aussi. Le travail terminé, tout le village se réunit. Plus heureux que jamais, chacun rêve d'une bonne récolte. »
a) Relève les deux propositions participiales et donne leur valeur.
b) Relève une proposition elliptique et rétablis le verbe sous-entendu.
c) « Plus heureux que jamais » : est-ce une proposition participiale ? Justifie.
d) Transforme la première participiale en subordonnée conjonctive de temps.
e) Écris une phrase de ton choix contenant une proposition participiale de cause.
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a) « Les pluies arrivées » : participiale de temps (ou de cause). « Le travail terminé » : participiale de temps.
b) « les femmes, les jeunes aussi » : proposition elliptique ; phrase rétablie : « les femmes labourent, les jeunes labourent aussi ». (La virgule remplace le verbe sous-entendu.)
c) Non. « Plus heureux que jamais » n'a pas de participe avec un sujet propre ; « heureux » est un adjectif apposé au sujet « chacun ». On y trouve en revanche une comparaison elliptique : « que jamais [il n'a été heureux] ».
d) « Quand les pluies sont arrivées, les paysans de la Haute-Guinée préparent leurs champs. »
e) Exemple : « Le marché étant fermé, ma mère a cuisiné avec les provisions de la veille. »
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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