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Français · 9e

Leçon 16 sur 51

La concordance des temps

Je sais choisir le temps du verbe de la subordonnée en fonction du temps du verbe principal et du rapport chronologique entre les deux actions.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Définir la concordance des temps et les notions d'antériorité, de simultanéité et de postériorité
  • Appliquer la concordance à l'indicatif quand le verbe principal est au présent, au futur ou au passé
  • Appliquer la concordance au subjonctif et avec « si »

Avant de commencer : La phrase complexe (9e-francais-05) ; les temps de l'indicatif ; le conditionnel (9e-francais-13) ; le subjonctif (9e-francais-14)

1Je découvre

Ibrahima raconte à son camarade Ousmane ce que le professeur a dit ce matin.

Ce matin, le professeur a déclaré : « Je sais que vous travaillez bien. Je pense que vous réussirez le BEPC. »

Ibrahima rapporte : « Le professeur a dit qu'il savait que nous travaillions bien. Il a dit qu'il pensait que nous réussirions le BEPC. »

Quand Ibrahima rapporte les paroles au passé, tous les verbes changent de temps : travaillez devient travaillions, réussirez devient réussirions. Pourtant, le sens est le même. Ibrahima n'a pas choisi ces temps au hasard : le temps du verbe principal (a dit) a entraîné le changement des verbes subordonnés.

Si Ibrahima disait « Le professeur a dit que nous réussirons », beaucoup de lecteurs trouveraient la phrase maladroite.

Selon quelle règle le temps du verbe de la subordonnée dépend-il du temps du verbe principal ?

2Je comprends

1. Qu'est-ce que la concordance des temps ?

Dans une phrase complexe, le verbe de la proposition subordonnée dépend souvent du verbe de la proposition principale. La concordance des temps est la règle qui fixe le temps du verbe subordonné selon deux éléments :

  1. le temps du verbe principal (présent, futur ou passé) ;
  2. le rapport chronologique entre les deux actions.

Il y a trois rapports possibles entre l'action de la subordonnée et celle de la principale :

RapportL'action subordonnée a lieu…Exemple
antérioritéavant l'action principaleJe sais que tu as travaillé hier.
simultanéitéen même temps que l'action principaleJe sais que tu travailles en ce moment.
postérioritéaprès l'action principaleJe sais que tu travailleras demain.
01212
Sur la ligne du temps : 0 = avant (antériorité), 1 = moment de l'action principale (simultanéité), 2 = après (postériorité).

2. Le verbe principal est au présent ou au futur

Quand le verbe principal est au présent ou au futur, on emploie dans la subordonnée le temps qu'exige le sens, comme dans une phrase indépendante.

PrincipaleAntérioritéSimultanéitéPostériorité
Je sais que…tu es venu / tu venaistu vienstu viendras
Je dirai que…tu es venutu vienstu viendras

Il n'y a donc pas de difficulté particulière : on réfléchit au moment de l'action.

3. Le verbe principal est à un temps du passé

Quand le verbe principal est au passé (imparfait, passé simple, passé composé, plus-que-parfait), les temps de la subordonnée se décalent vers le passé.

RapportTemps de la subordonnéeExemple
antérioritéplus-que-parfaitJe savais que tu étais venu.
simultanéitéimparfaitJe savais que tu venais.
postérioritéconditionnel présent (appelé « futur dans le passé »)Je savais que tu viendrais.

On peut aussi exprimer une postériorité achevée avec le conditionnel passé : *Il affirmait qu'il aurait fini avant midi.*

Principale au présent
  • Je sais qu'il est parti. (passé composé)
  • Je sais qu'il part. (présent)
  • Je sais qu'il partira. (futur)
Principale au passé
  • Je savais qu'il était parti. (plus-que-parfait)
  • Je savais qu'il partait. (imparfait)
  • Je savais qu'il partirait. (conditionnel présent)
Quand la principale passe au passé, chaque temps de la subordonnée se décale.

Remarque importante. Quand la subordonnée exprime une vérité générale ou un fait toujours vrai au moment où l'on parle, on peut garder le présent : *Le maître nous a appris que la Terre tourne autour du Soleil.* — *Il m'a dit que le Niger prend sa source en Guinée.*

4. La concordance au subjonctif

Quand la subordonnée est au subjonctif (après il faut que, je veux que, bien que, avant que…), on n'a, dans la langue courante, que deux temps : le subjonctif présent et le subjonctif passé.

PrincipaleSimultanéité ou postérioritéAntériorité
au présent ou au futursubjonctif présent : *Je veux qu'il vienne.*subjonctif passé : *Je suis content qu'il soit venu.*
au passé (langue courante)subjonctif présent : *Je voulais qu'il vienne.*subjonctif passé : *J'étais content qu'il soit venu.*
au passé (langue littéraire)subjonctif imparfait : *Je voulais qu'il vînt.*subjonctif plus-que-parfait : *J'étais content qu'il fût venu.*

Dans tes rédactions, emploie la langue courante. Sache seulement reconnaître l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif dans les textes littéraires.

5. La concordance avec « si » (subordonnée de condition)

Tu l'as vu dans la leçon sur la subordonnée de condition : après si exprimant une condition, on n'emploie jamais le futur ni le conditionnel.

Subordonnée avec « si »PrincipaleSens
si + présentfuturcondition réalisable : *Si tu révises, tu réussiras.*
si + imparfaitconditionnel présentcondition imaginée dans le présent : *Si tu révisais, tu réussirais.*
si + plus-que-parfaitconditionnel passécondition non réalisée dans le passé : *Si tu avais révisé, tu aurais réussi.*

6. Le passage au discours indirect

La concordance des temps s'applique surtout quand on rapporte des paroles au passé (discours indirect).

Paroles au discours directDiscours indirect après « il a dit que »
présent : « Je suis fatigué. »imparfait : il a dit qu'il était fatigué.
passé composé : « J'ai fini. »plus-que-parfait : il a dit qu'il avait fini.
futur : « Je viendrai. »conditionnel présent : il a dit qu'il viendrait.
imparfait : « Je dormais. »imparfait (pas de changement) : il a dit qu'il dormait.

N'oublie pas de changer aussi les pronoms (je → il) et les indications de temps (demain → le lendemain ; hier → la veille ; aujourd'hui → ce jour-là).

Méthode

Pour appliquer la concordance des temps :

  1. Je repère le verbe principal et je note son temps : présent, futur ou passé.
  2. Je repère le verbe de la subordonnée et je cherche son mode : indicatif, subjonctif, ou subordonnée avec « si ».
  3. Je détermine le rapport entre les deux actions : avant (antériorité), en même temps (simultanéité), après (postériorité).
  4. J'applique le tableau qui correspond.
  5. Je vérifie les accords et les pronoms, puis je relis la phrase à voix basse.

Exemple

Consigne : mets le verbe principal au passé composé et fais la concordance.

« Mariama annonce que sa sœur arrive de Kindia et qu'elle repartira dimanche. »

  1. Verbe principal : annonce (présent) → a annoncé (passé composé).
  2. « arrive » : simultanéité → imparfait : arrivait.
  3. « repartira » : postériorité → conditionnel présent : repartirait.

Réponse : « Mariama a annoncé que sa sœur arrivait de Kindia et qu'elle repartirait dimanche. »

Exemple

Consigne : rapporte les paroles au discours indirect.

Le chef de chantier a déclaré : « Nous avons terminé la route hier et nous goudronnerons le pont demain. »

  1. Verbe introducteur au passé : a déclaré.
  2. « avons terminé » : antériorité → plus-que-parfait : avaient terminé.
  3. « goudronnerons » : postériorité → conditionnel présent : goudronneraient.
  4. Pronoms : nous → ils ; indications de temps : hier → la veille ; demain → le lendemain.

Réponse : « Le chef de chantier a déclaré qu'ils avaient terminé la route la veille et qu'ils goudronneraient le pont le lendemain. »

3Je retiens

Je retiens

La concordance des temps règle le temps du verbe subordonné selon le temps du verbe principal et le rapport entre les deux actions.

Principale au présent ou au futur : on emploie le temps exigé par le sens.

Principale au passé : antériorité → plus-que-parfait ; simultanéité → imparfait ; postériorité → conditionnel présent.

Une vérité générale peut rester au présent.

Subjonctif (langue courante) : présent pour la simultanéité ou la postériorité, passé pour l'antériorité.

Si + présent → futur ; si + imparfait → conditionnel présent ; si + plus-que-parfait → conditionnel passé.

4Erreurs fréquentes

  • Garder le futur après un verbe principal au passé : on écrit « Il a promis qu'il viendrait », pas « qu'il viendra ».
  • Mettre le conditionnel après « si » : on écrit « Si j'avais de l'argent », jamais « Si j'aurais ».
  • Confondre le futur « je viendrai » et le conditionnel « je viendrais » : au discours indirect au passé, c'est le conditionnel, avec un s.
  • Oublier de changer les indications de temps : « demain » devient « le lendemain » quand on rapporte des paroles au passé.

5Je m’exerce

1Exercice 1

Indique pour chaque phrase si l'action subordonnée est antérieure, simultanée ou postérieure à l'action principale.

a) Je crois qu'il pleut.

b) Je crois qu'il a plu cette nuit.

c) Je crois qu'il pleuvra ce soir.

d) Nous pensions que tu étais parti.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) il pleut : simultanéité (présent, en même temps que « je crois »).

b) il a plu : antériorité (la pluie a eu lieu avant).

c) il pleuvra : postériorité (la pluie aura lieu après).

d) tu étais parti : antériorité (plus-que-parfait après un verbe principal au passé).

2Exercice 2

Récris les phrases en mettant le verbe principal à l'imparfait. Fais la concordance.

a) Je vois que le fleuve monte.

b) Kadiatou sait que son frère a réussi.

c) Les paysans espèrent que la pluie tombera bientôt.

d) Nous comprenons que le car ne viendra pas.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Je voyais que le fleuve montait. (simultanéité → imparfait)

b) Kadiatou savait que son frère avait réussi. (antériorité → plus-que-parfait)

c) Les paysans espéraient que la pluie tomberait bientôt. (postériorité → conditionnel présent)

d) Nous comprenions que le car ne viendrait pas. (postériorité → conditionnel présent)

3Exercice 3

Complète avec le temps qui convient (subordonnée de condition).

a) Si tu (se lever) tôt, tu verras le lever du soleil sur le mont Nimba.

b) Si nous (avoir) une pirogue, nous traverserions le fleuve.

c) Si Lansana (écouter) le conseil de son père, il n'aurait pas perdu sa récolte.

d) S'il fait beau demain, nous (aller) au marché de Dabola.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Si tu te lèves tôt, tu verras… (si + présent, principale au futur)

b) Si nous avions une pirogue, nous traverserions… (si + imparfait, principale au conditionnel présent)

c) Si Lansana avait écouté le conseil… (si + plus-que-parfait, principale au conditionnel passé)

d) S'il fait beau demain, nous irons au marché de Dabola. (si + présent → futur)

4Exercice 4

Mets le verbe entre parenthèses au subjonctif présent ou passé.

a) Le maître voulait que nous (apprendre) la leçon par cœur.

b) Je suis heureux que tu (guérir) si vite la semaine dernière.

c) Il faudra que vous (finir) avant la nuit.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Le maître voulait que nous apprenions la leçon par cœur. (langue courante : subjonctif présent)

b) Je suis heureux que tu aies guéri si vite la semaine dernière. (antériorité : subjonctif passé)

c) Il faudra que vous finissiez avant la nuit. (postériorité : subjonctif présent)

5Exercice 5

(Type BEPC) Rapporte ces paroles au discours indirect, en commençant par « Le vieux sage a dit que… ».

« Le village est fier de ses enfants. Hier, les jeunes ont reconstruit le puits. Demain, ils planteront des arbres. Tant que nous resterons unis, rien ne nous manquera. »

Voir le corrigéCacher le corrigé

« Le vieux sage a dit que le village était fier de ses enfants. Il a ajouté que la veille, les jeunes avaient reconstruit le puits et que le lendemain, ils planteraient des arbres. Il a conclu que tant qu'ils resteraient unis, rien ne leur manquerait. »

Justifications : est → était (simultanéité) ; ont reconstruit → avaient reconstruit (antériorité) ; planteront → planteraient (postériorité) ; resterons, manquera → resteraient, manquerait ; hier → la veille ; demain → le lendemain ; nous → ils ; nous (manquera à nous) → leur.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1« Il a promis qu'il … demain. » Quelle forme convient ?
Voir la réponse

Réponse B : viendrait. Verbe principal au passé et action postérieure : conditionnel présent, appelé futur dans le passé.

2Après un verbe principal au passé, l'antériorité s'exprime par :
Voir la réponse

Réponse B : le plus-que-parfait. Je savais qu'il était parti : l'action de partir a eu lieu avant.

3Quelle phrase est correcte ?
Voir la réponse

Réponse B : Si j'avais le temps, je viendrais.. Si + imparfait entraîne le conditionnel présent dans la principale.

4« Le professeur a rappelé que l'eau … à 100 °C au niveau de la mer. » Quelle forme peut-on garder ?
Voir la réponse

Réponse A : bout. Une vérité générale peut rester au présent, même après un verbe principal au passé.

5Au discours indirect au passé, « demain » devient :
Voir la réponse

Réponse C : le lendemain. Les indications de temps changent : demain devient le lendemain, hier devient la veille.

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