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Français · 9e

Leçon 38 sur 51

Les métiers

Je sais lire et expliquer un texte sur les métiers, en dégager l'idée générale, le portrait de l'artisan et le message sur la valeur du travail, et parler de mon propre projet professionnel.

  • 50 min
  • 6 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Enrichir le vocabulaire des métiers (artisan, apprenti, outil, atelier, secteurs d'activité)
  • Dégager l'idée générale, la structure et les procédés d'un texte
  • Analyser le portrait d'un artisan au travail
  • Exprimer par écrit un projet de métier en le justifiant

Avant de commencer : Les suffixes nominaux (noms d'agent et de lieu) ; le champ lexical ; la méthode de la lecture expliquée

1Je découvre

En fin d'année de 9e, le professeur principal du collège de Kissidougou pose une question à la classe : « Quel métier voulez-vous exercer plus tard ? »

Les réponses fusent : « Médecin ! », « Ingénieur des mines ! », « Avocate ! », « Footballeur ! ». Personne ne dit « menuisier », « mécanicien », « couturière » ou « agriculteur ». Pourtant, dans le quartier, ce sont ces métiers que l'on voit tous les jours, et sans eux, il n'y aurait ni tables dans la classe, ni taxis pour venir au collège, ni riz dans les assiettes.

Ibrahima lève la main : « Mon père est forgeron. Il dit que ses mains ont nourri toute la famille. Mais certains camarades se moquent : ils disent que ce n'est pas un vrai métier. »

Existe-t-il de « petits » et de « grands » métiers ? Qu'est-ce qui fait la valeur d'un travail ? Un texte sur un artisan et son apprenti va nous aider à répondre.

2Je comprends

1. Le texte

Texte écrit pour cette leçon.

> La forge de Fodé

>

> [1] La forge de Fodé se trouvait au bout du marché, sous un toit de tôle noirci par la fumée. Dès le lever du jour, on entendait le chant du marteau sur l'enclume : un coup fort, deux coups légers, comme un tam-tam qui appelle au travail. Autour du foyer, le soufflet respirait, le charbon rougissait, et le fer, sorti des braises, brillait comme un morceau de soleil.

>

> [2] Fodé était un homme sec et silencieux. Ses bras étaient couverts de petites cicatrices, et ses mains, larges et dures comme l'écorce, savaient pourtant façonner les objets les plus fins. De ses outils sortaient des houes pour les paysans, des couteaux pour les ménagères, des charnières pour les portes, et même des bracelets pour les jeunes mariées.

>

> [3] Son neveu Moussa était son apprenti depuis deux ans. Au début, il ne faisait qu'actionner le soufflet et balayer l'atelier. Un jour, il avait demandé : « Oncle, pourquoi ne suis-je pas allé travailler dans un bureau, comme le fils du voisin ? » Fodé avait posé son marteau. « Regarde cette houe, avait-il dit. Sans elle, le paysan ne cultive pas ; sans le paysan, le fonctionnaire ne mange pas. Il n'y a pas de petit métier, Moussa. Il n'y a que du travail bien fait ou mal fait. »

>

> [4] Ce matin-là, pour la première fois, Fodé tendit le marteau à Moussa. Le jeune homme frappa, hésita, puis trouva le rythme. Le fer plia sous ses coups. Quand la lame fut refroidie dans l'eau avec un long sifflement, Fodé la prit, la regarda longtemps, et dit seulement : « C'est bien. » Moussa sentit une fierté plus grande que toutes les richesses du monde.

2. Le vocabulaire

Mot ou expressionSens
la forgeatelier où l'on travaille le métal chauffé au feu
l'enclumebloc de fer sur lequel le forgeron frappe le métal
le souffletinstrument qui envoie de l'air pour attiser le feu
les braisesmorceaux de charbon ou de bois rouges et brûlants
façonnerdonner une forme à un objet avec habileté
une charnièrepièce de métal qui permet à une porte de tourner
un apprentijeune qui apprend un métier auprès d'un maître

Mots utiles du thème : un artisan (personne qui exerce un métier manuel à son compte), l'artisanat, un atelier, l'apprentissage, un maître artisan, une profession, un salarié, un fonctionnaire (employé de l'État), une vocation (attirance forte pour un métier), les secteurs d'activité : primaire (agriculture, élevage, pêche, mines), secondaire (industrie, construction, artisanat de production), tertiaire (commerce, transport, santé, enseignement, administration).

3. L'idée générale et la structure

Idée générale : le texte présente Fodé, un forgeron habile et respecté, et son neveu Moussa, qui apprend le métier ; à travers les paroles du maître et la première réussite de l'apprenti, il montre qu'il n'y a pas de petit métier et que la fierté vient du travail bien fait.

  1. 1§1 Le décor : la forge, lieu de bruit, de feu et de lumière
  2. 2§2 Le portrait de Fodé : un artisan dur au mal et habile
  3. 3§3 La leçon du maître : « Il n'y a pas de petit métier »
  4. 4§4 L'épreuve de l'apprenti : la première lame de Moussa et sa fierté
Du lieu de travail au maître, puis du maître à l'apprenti.

4. L'étude du texte

a) La forge : un lieu vivant. L'auteur fait appel aux sens du lecteur :

  • l'ouïe : « le chant du marteau », « un coup fort, deux coups légers », « un long sifflement » ;
  • la vue : « toit de tôle noirci », « le charbon rougissait », « le fer… brillait » ;
  • le toucher (la chaleur) : « foyer », « braises ».

Les personnifications (« le chant du marteau », « le soufflet respirait ») rendent la forge vivante, comme un être qui respire et qui chante. Les comparaisons (« comme un tam-tam qui appelle au travail », « comme un morceau de soleil ») donnent au travail une dimension de fête et de beauté.

b) Le portrait de Fodé.

  • Physique : « sec », « bras couverts de petites cicatrices », « mains, larges et dures comme l'écorce ».
  • Moral : « silencieux », patient, exigeant (il ne dit que « C'est bien »), sage (sa leçon au §3).
  • Une antithèse : ses mains sont « dures comme l'écorce » mais savent « façonner les objets les plus fins » : la force et la délicatesse s'unissent dans le savoir-faire de l'artisan.
  • L'énumération « des houes…, des couteaux…, des charnières…, des bracelets… » montre que le forgeron est utile à tous : paysans, ménagères, maisons, mariées.

c) La leçon du maître. Fodé répond par un raisonnement en chaîne : la houe → le paysan → le fonctionnaire. Tous les métiers dépendent les uns des autres ; aucun n'est inutile. La phrase « Il n'y a pas de petit métier » est une maxime (une vérité générale). La vraie différence n'est pas entre métiers « nobles » et « petits », mais entre « travail bien fait » et « travail mal fait » (antithèse).

d) La fierté de l'apprenti. Le rythme des phrases imite l'apprentissage : « Le jeune homme frappa, hésita, puis trouva le rythme. » La récompense est un simple « C'est bien », mais pour Moussa elle vaut plus que « toutes les richesses du monde » (hyperbole) : la reconnaissance du maître est la plus belle des paies.

5. Réflexion : la valeur de tous les métiers

Le forgeron occupe une place importante dans les sociétés mandingues : il maîtrise le feu et le fer, fabrique les outils des paysans et les armes, et il est souvent respecté comme détenteur de savoirs anciens. Dans L'Enfant noir (1953), l'écrivain guinéen Camara Laye décrit avec admiration l'atelier de son père, forgeron et bijoutier à Kouroussa, et le travail de l'or qui s'y faisait.

Aujourd'hui, la Guinée a besoin de tous les métiers : médecins et enseignants, mais aussi mécaniciens, électriciens, maçons, menuisiers, couturières, agriculteurs, techniciens des mines. Un bon métier est celui qui correspond à tes goûts et à tes capacités, qui est utile aux autres, et que tu apprends sérieusement, à l'école, dans un centre de formation professionnelle ou auprès d'un maître.

Méthode

Pour analyser un portrait dans un texte :

  1. Je relève les éléments physiques (corps, visage, mains, vêtements).
  2. Je relève les éléments moraux (caractère, qualités, défauts), exprimés par les adjectifs, les actions et les paroles.
  3. Je repère les figures de style (comparaisons, antithèses, énumérations) et je dis ce qu'elles soulignent.
  4. Je me demande quel sentiment l'auteur éprouve pour le personnage (admiration, pitié, moquerie).
  5. Je rédige : « L'auteur fait de X le portrait d'un homme… : en effet, … (citation). »

Exemple

Question : Quel sentiment l'auteur éprouve-t-il pour Fodé ? Justifiez.

Réponse rédigée : L'auteur éprouve de l'admiration pour Fodé. Il montre son habileté : ses mains « savaient pourtant façonner les objets les plus fins ». Il souligne son utilité à travers l'énumération des objets qu'il fabrique « pour les paysans », « pour les ménagères », « pour les jeunes mariées ». Enfin, il lui donne la parole pour exprimer une leçon de sagesse : « Il n'y a pas de petit métier. »

Exemple

Question : Expliquez la phrase « Il n'y a que du travail bien fait ou mal fait ».

Réponse rédigée : Pour Fodé, la valeur d'un métier ne dépend pas de son prestige (bureau ou atelier), mais de la manière dont on l'exerce. Un forgeron consciencieux mérite plus de respect qu'un employé négligent. L'antithèse « bien fait / mal fait » remplace l'opposition « grand / petit métier » : ce qui compte, c'est le sérieux et la qualité du travail.

3Je retiens

Je retiens

Un artisan exerce un métier manuel ; il apprend auprès d'un maître : c'est l'apprentissage.

Les secteurs d'activité : primaire (agriculture, pêche, mines), secondaire (industrie, construction), tertiaire (commerce, services).

Idée du texte : à travers le forgeron Fodé et son apprenti Moussa, l'auteur montre qu'il n'y a pas de petit métier et que la fierté vient du travail bien fait.

Procédés : personnifications (« le soufflet respirait »), comparaisons, antithèse (mains dures / objets fins), énumération, hyperbole, maxime.

Pour un portrait : physique, moral, figures de style, sentiment de l'auteur.

Tous les métiers sont utiles et dépendent les uns des autres.

4Erreurs fréquentes

  • Résumer le texte au lieu d'expliquer : dire « Fodé est forgeron » ne suffit pas ; il faut montrer comment l'auteur le présente et pourquoi.
  • Oublier le portrait moral : un portrait ne se limite pas au physique ; les actions et les paroles révèlent le caractère.
  • Confondre artisan et apprenti : Fodé est le maître artisan, Moussa l'apprenti.
  • Écrire « il n'y a pas de sot métier » en citant le texte : cite exactement les mots du texte (« Il n'y a pas de petit métier »).

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Vocabulaire) Donne le nom du métier correspondant à chaque activité, puis le lieu où il s'exerce : travailler le bois ; faire le pain ; réparer les moteurs ; coudre des vêtements ; soigner les dents ; travailler le fer.

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  • Travailler le bois : menuisier ; dans une menuiserie.
  • Faire le pain : boulanger ; dans une boulangerie.
  • Réparer les moteurs : mécanicien ; dans un garage.
  • Coudre des vêtements : couturier, couturière (ou tailleur) ; dans un atelier de couture.
  • Soigner les dents : dentiste ; dans un cabinet dentaire.
  • Travailler le fer : forgeron ; dans une forge.

2Exercice 2

(Vocabulaire) Classe ces métiers dans les trois secteurs d'activité : *pêcheur, maçon, commerçant, institutrice, agricultrice, ouvrier d'usine, chauffeur de taxi, mineur, infirmier, menuisier*.

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  • Primaire : pêcheur, agricultrice, mineur.
  • Secondaire : maçon, ouvrier d'usine, menuisier.
  • Tertiaire : commerçant, institutrice, chauffeur de taxi, infirmier.

3Exercice 3

(Compréhension) Réponds par des phrases complètes en citant le texte.

a) Quels bruits entend-on dans la forge ?

b) Quels objets Fodé fabrique-t-il, et pour qui ?

c) Que faisait Moussa au début de son apprentissage ?

d) Pourquoi Moussa est-il si fier à la fin ?

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a) On entend « le chant du marteau sur l'enclume », « un coup fort, deux coups légers », le souffle du soufflet (« le soufflet respirait ») et, à la fin, le « long sifflement » de la lame plongée dans l'eau.

b) Il fabrique « des houes pour les paysans, des couteaux pour les ménagères, des charnières pour les portes, et même des bracelets pour les jeunes mariées ».

c) Au début, Moussa « ne faisait qu'actionner le soufflet et balayer l'atelier ».

d) Il est fier parce qu'il a forgé sa première lame et que son maître, très exigeant et avare de compliments, lui a dit « C'est bien » : cette reconnaissance lui donne « une fierté plus grande que toutes les richesses du monde ».

4Exercice 4

(Étude de la langue)

a) « le soufflet respirait » : nomme la figure de style et explique-la.

b) Relève une comparaison dans le §1 et explique-la.

c) « Le jeune homme frappa, hésita, puis trouva le rythme. » À quel temps sont ces verbes ? Quel effet produit cette succession ?

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a) C'est une personnification : le soufflet est présenté comme un être vivant qui respire. L'image rend bien le mouvement régulier de l'air qui entre et sort, et fait de la forge un lieu vivant.

b) « comme un tam-tam qui appelle au travail » : le bruit régulier du marteau est comparé au rythme d'un tam-tam ; le travail devient une musique qui rassemble. On accepte aussi : « brillait comme un morceau de soleil » (le fer chauffé est éclatant de lumière, presque précieux).

c) Ils sont au passé simple. La succession rapide de trois verbes montre les étapes de l'apprentissage : l'essai, le doute, puis la réussite ; le lecteur vit ce moment en même temps que Moussa.

5Exercice 5

(Type BEPC)

a) Donne l'idée générale du texte.

b) Fais le portrait physique et moral de Fodé en citant le texte.

c) Explique le raisonnement de Fodé au §3 : « Sans elle, le paysan ne cultive pas ; sans le paysan, le fonctionnaire ne mange pas. »

d) Relève une hyperbole dans le dernier paragraphe et explique son effet.

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a) Le texte présente le forgeron Fodé et son apprenti Moussa ; à travers la leçon du maître et la première réussite de l'apprenti, il montre qu'il n'y a pas de petit métier et que le travail bien fait apporte la fierté.

b) Physique : Fodé est « un homme sec » ; ses bras sont « couverts de petites cicatrices » ; ses mains sont « larges et dures comme l'écorce ». Moral : il est « silencieux », habile (il sait « façonner les objets les plus fins »), sage (« Il n'y a pas de petit métier »), exigeant et sobre dans ses compliments (« C'est bien »). C'est le portrait d'un maître respecté, que l'auteur admire.

c) Fodé montre que les métiers dépendent les uns des autres : le forgeron fabrique la houe, la houe permet au paysan de cultiver, le paysan nourrit le fonctionnaire. Si un maillon manque, toute la chaîne s'arrête. Il en conclut qu'aucun métier n'est inférieur aux autres.

d) « une fierté plus grande que toutes les richesses du monde » : cette exagération souligne l'intensité du bonheur de Moussa ; elle montre que la reconnaissance d'un travail bien fait vaut plus que l'argent.

6Exercice 6

(Expression écrite) En dix à douze lignes, présente le métier que tu aimerais exercer plus tard. Explique pourquoi tu l'as choisi, en quoi il est utile à la Guinée, et comment tu comptes t'y préparer.

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Exemple de réponse :

« Plus tard, je voudrais être électricienne. J'ai choisi ce métier parce que j'aime comprendre comment fonctionnent les choses et que je suis patiente et précise. Dans mon quartier, beaucoup de maisons ont des installations dangereuses, qui provoquent parfois des incendies. Une bonne électricienne protège les familles et aide les commerces et les ateliers à travailler. La Guinée construit de nouveaux barrages et de nouvelles maisons : elle aura besoin de techniciens bien formés. Pour me préparer, je vais travailler sérieusement les mathématiques et la physique, puis entrer dans un centre de formation professionnelle. Pendant les vacances, je demanderai à un électricien du quartier de m'accepter comme apprentie. Comme le dit le forgeron Fodé, il n'y a pas de petit métier : il n'y a que du travail bien fait. »

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Comment appelle-t-on celui qui apprend un métier auprès d'un maître ?
Voir la réponse

Réponse B : un apprenti. L'apprenti apprend un métier en travaillant aux côtés d'un maître artisan.

2À quel secteur d'activité appartient le métier d'enseignant ?
Voir la réponse

Réponse C : tertiaire. Le secteur tertiaire regroupe les services : commerce, santé, enseignement, transport.

3Dans « des mains dures comme l'écorce », on trouve :
Voir la réponse

Réponse A : une comparaison. L'outil « comme » rapproche les mains du forgeron de l'écorce d'un arbre.

4Quelle phrase exprime la leçon principale du texte ?
Voir la réponse

Réponse B : « Il n'y a pas de petit métier. ». Cette maxime affirme que tous les métiers ont de la valeur.

5Quel écrivain guinéen a décrit l'atelier de son père forgeron dans « L'Enfant noir » ?
Voir la réponse

Réponse C : Camara Laye. Camara Laye, né à Kouroussa, y raconte son enfance et le travail de son père.

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