Leçon 37 sur 51
Le cycle de la sécheresse
Je sais lire et expliquer un texte sur la sécheresse, montrer comment ses causes et ses conséquences s'enchaînent en cercle vicieux, et proposer des solutions dans un court texte argumenté.
- 50 min
- 6 exercices corrigés
- 1 schéma
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Comprendre le vocabulaire de la sécheresse et de la désertification
- Dégager l'idée générale, la structure et les procédés d'un texte
- Expliquer l'enchaînement des causes et des conséquences (le cercle vicieux)
- Rédiger une réponse argumentée sur la protection de l'environnement
Avant de commencer : Le champ lexical ; les figures de style (personnification, hyperbole, antithèse) ; la méthode de la lecture expliquée
1Je découvre
En Haute-Guinée, autour de Siguiri, la saison sèche dure plusieurs mois. L'harmattan souffle, le ciel devient gris de poussière, les herbes jaunissent. Kadiatou remarque que, chaque année, des feux de brousse noircissent les collines et que le vieux puits de la concession se vide plus tôt que dans son enfance, selon sa grand-mère.
Son grand-père explique : « Quand j'étais jeune, il y avait ici une forêt épaisse. On a coupé les arbres pour le bois de chauffe et pour faire des champs. Maintenant, le sol s'envole avec le vent, et l'eau ne reste plus dans la terre. »
Kadiatou se pose une question : « Est-ce que c'est la sécheresse qui fait mourir les arbres, ou la disparition des arbres qui aggrave la sécheresse ? » Son grand-père sourit : « Les deux, ma fille. C'est un serpent qui se mord la queue. »
Qu'est-ce que le « cycle de la sécheresse », comment un texte peut-il le faire comprendre, et comment briser ce cercle ?
2Je comprends
1. Le texte
Texte écrit pour cette leçon.
> La terre a soif
>
> [1] Cette année encore, la pluie n'est pas venue au rendez-vous. Les paysans ont semé après les premières gouttes, puis le ciel s'est refermé comme une porte. Sous un soleil de feu, les jeunes pousses de mil ont jauni, courbé la tête et se sont couchées sur la terre craquelée. Le marigot n'est plus qu'une flaque de boue où les bœufs viennent lécher l'humidité.
>
> [2] Alors les hommes ont cherché ailleurs de quoi vivre. Ils ont abattu les arbres pour vendre du bois et du charbon au bord de la route. Ils ont brûlé la brousse pour préparer de nouveaux champs. Les troupeaux affamés ont brouté jusqu'aux racines la dernière herbe. Et la terre, privée de son manteau vert, s'est retrouvée nue sous le soleil.
>
> [3] Mais une terre nue ne garde pas l'eau. Quand l'orage arrive enfin, l'eau ruisselle et emporte la bonne terre vers les rivières. Quand l'harmattan souffle, il soulève la poussière et la disperse. Sans arbres, l'ombre disparaît, le sol chauffe, les sources se tarissent. Et l'année suivante, la récolte est encore plus maigre, et les hommes coupent encore plus d'arbres.
>
> [4] Ainsi tourne la roue de la sécheresse : la misère pousse à détruire la nature, et la nature détruite apporte plus de misère. Pourtant, à l'entrée du village, un vieux paysan plante chaque saison des arbres autour de son champ. Les jeunes se moquent de lui : « Tu ne mangeras jamais leurs fruits ! » Il répond sans lever la tête : « Mon grand-père a planté les arbres qui m'ont nourri. Je plante ceux qui nourriront vos enfants. »
2. Le vocabulaire
| Mot ou expression | Sens |
|---|---|
| la sécheresse | longue période sans pluie ou avec des pluies insuffisantes |
| le mil | céréale cultivée dans les régions sèches d'Afrique |
| craquelée | fendue de petites fissures, à cause du manque d'eau |
| le marigot | petit cours d'eau ou mare, souvent temporaire |
| les sources se tarissent | elles cessent de couler |
| brouter | manger l'herbe (pour un animal) |
| son manteau vert | la végétation qui couvre et protège le sol (métaphore) |
Mots utiles du thème : l'aridité, aride (très sec), la désertification (transformation progressive d'une région en désert), le déboisement ou la déforestation, l'érosion (usure et enlèvement du sol par l'eau ou le vent), les feux de brousse, le reboisement, l'irrigation, un cercle vicieux (situation où les causes et les conséquences s'entretiennent et s'aggravent).
3. L'idée générale et la structure
Idée générale : l'auteur montre comment le manque de pluie pousse les hommes à détruire les arbres et l'herbe, ce qui appauvrit le sol et aggrave encore la sécheresse ; mais le geste d'un vieux paysan qui plante des arbres montre qu'on peut briser ce cercle.
| Paragraphe | Titre proposé |
|---|---|
| §1 | La pluie manque : les cultures meurent |
| §2 | Pour survivre, les hommes détruisent la végétation |
| §3 | Le sol nu aggrave la sécheresse |
| §4 | La roue de la sécheresse… et l'espoir du planteur d'arbres |
4. L'étude du texte
a) L'enchaînement des causes et des conséquences. Le texte est construit comme une chaîne : chaque paragraphe commence par un mot de liaison qui relie une conséquence à une cause.
- « Alors les hommes ont cherché ailleurs… » (§2) : conséquence de la mauvaise récolte.
- « Mais une terre nue ne garde pas l'eau » (§3) : le remède devient un nouveau mal.
- « Ainsi tourne la roue… » (§4) : conclusion qui résume le cercle.
- « Pourtant… » (§4) : opposition qui introduit l'espoir.
b) Les procédés d'écriture.
- Personnifications : les pousses de mil « ont courbé la tête et se sont couchées », comme des êtres humains épuisés ; « la terre a soif » (titre) ; la terre est « nue ».
- Comparaison : « le ciel s'est refermé comme une porte » : la pluie semble refusée, sans espoir de retour.
- Métaphores : « son manteau vert » (la végétation qui protège la terre comme un vêtement) ; « la roue de la sécheresse » (le cercle qui tourne sans fin).
- Hyperbole : « un soleil de feu ».
- Reprise croisée des mots : « la misère pousse à détruire la nature, et la nature détruite apporte plus de misère » : les mots reviennent dans l'ordre inverse, si bien que la phrase elle-même tourne en rond, comme le cercle vicieux (les écrivains appellent ce procédé un chiasme).
- Champ lexical de la sécheresse : « soleil de feu », « jauni », « craquelée », « flaque de boue », « nue », « chauffe », « se tarissent », « maigre ».
c) Le vieux paysan : un symbole. Face aux jeunes qui ne pensent qu'au présent, le vieux paysan pense aux générations futures. Sa réponse repose sur une antithèse entre le passé (« Mon grand-père a planté… ») et l'avenir (« … vos enfants ») : chaque génération doit transmettre la terre en bon état à la suivante. C'est l'idée de développement durable, exprimée avec des mots simples.
5. Réflexion : briser le cercle
La sécheresse dépend du climat, que l'homme ne commande pas. Mais l'homme peut aggraver ou réduire ses effets. Les pays du Sahel ont connu de grandes sécheresses dans les années 1970 et 1980, qui ont provoqué famines et migrations. En Guinée, pays plus arrosé, les feux de brousse, la coupe du bois et l'érosion menacent aussi les sols et les sources, en particulier dans les régions de savane.
Solutions possibles :
- reboiser et protéger les arbres autour des champs et des sources ;
- lutter contre les feux de brousse ;
- utiliser des foyers améliorés qui consomment moins de bois ;
- pratiquer des techniques qui retiennent l'eau : cordons de pierres, paillage, petites retenues d'eau ;
- sensibiliser les jeunes, à l'école et à la radio.
Méthode
Pour expliquer un enchaînement de causes et de conséquences dans un texte :
- Je repère les mots de liaison (alors, donc, mais, ainsi, car, pourtant).
- Pour chaque phrase importante, je me demande : est-ce une cause ou une conséquence ?
- Je dessine la chaîne (ou le cercle) : A entraîne B, qui entraîne C…
- Je vérifie si la dernière conséquence ramène à la première cause : c'est alors un cercle vicieux.
- Je rédige en utilisant les connecteurs : « parce que », « c'est pourquoi », « par conséquent ».
Exemple
Question : Montrez que le paragraphe 3 transforme une conséquence en cause.
Réponse rédigée : Au paragraphe 2, la terre nue est une conséquence de l'action des hommes, qui ont coupé les arbres et brûlé la brousse. Au paragraphe 3, cette terre nue devient à son tour une cause : « une terre nue ne garde pas l'eau ». Elle entraîne l'érosion, le tarissement des sources et une récolte « encore plus maigre ». Ainsi, le mal que les hommes ont fait pour survivre aggrave leur misère.
Exemple
Question : Expliquez la réponse du vieux paysan.
Réponse rédigée : Le vieux paysan répond : « Mon grand-père a planté les arbres qui m'ont nourri. Je plante ceux qui nourriront vos enfants. » Il veut dire qu'on ne plante pas un arbre pour soi seulement, mais pour les générations futures, comme ses ancêtres l'ont fait pour lui. Sa réponse est une leçon de sagesse et de solidarité entre les générations : elle montre qu'on peut briser le cercle de la sécheresse par des gestes patients.
3Je retiens
Je retiens
La sécheresse est une longue période de pluies insuffisantes ; la désertification est la transformation progressive d'une région en désert.
Cercle vicieux : pluies faibles → mauvaises récoltes → arbres coupés, brousse brûlée → sol nu → érosion, eau perdue → sécheresse aggravée.
Idée du texte : la misère pousse l'homme à détruire la nature, ce qui aggrave la misère ; planter des arbres permet de briser le cercle.
Procédés : personnification (« la terre a soif »), métaphores (« manteau vert », « roue »), comparaison, hyperbole, chiasme.
Connecteurs de cause et de conséquence : car, parce que, alors, donc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent.
Solutions : reboiser, lutter contre les feux de brousse, économiser le bois, retenir l'eau, sensibiliser.
4Erreurs fréquentes
- Croire que la sécheresse dépend seulement du climat : le texte montre que l'action humaine (coupe du bois, feux) l'aggrave.
- Confondre la cause et la conséquence : « le sol nu » est une conséquence du déboisement, puis une cause de l'érosion.
- Relever une figure de style sans expliquer son sens : « le manteau vert », c'est la végétation qui protège le sol comme un vêtement.
- Proposer des solutions vagues (« il faut protéger la nature ») : donne des actions précises (reboiser, foyers améliorés, cordons de pierres).
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Vocabulaire) Explique ces mots et donne un mot de la même famille pour chacun : sécheresse, désert, bois, érosion.
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- Sécheresse : longue période sans pluie suffisante. Famille : sec, sécher, séchoir, assécher.
- Désert : région très sèche, presque sans végétation. Famille : désertique, désertification, déserter.
- Bois : matière des arbres ; ensemble d'arbres. Famille : boisé, déboiser, reboisement, boiserie.
- Érosion : usure et enlèvement du sol par l'eau ou le vent. Famille : éroder, érodé.
2Exercice 2
(Compréhension) Réponds par des phrases complètes en citant le texte.
a) Qu'arrive-t-il aux cultures au paragraphe 1 ?
b) Quelles sont les trois actions des hommes et des troupeaux au paragraphe 2 ?
c) Pourquoi une terre nue ne garde-t-elle pas l'eau ?
d) Comment les jeunes réagissent-ils devant le vieux planteur ?
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a) Les jeunes pousses de mil meurent faute de pluie : elles « ont jauni, courbé la tête et se sont couchées sur la terre craquelée ».
b) Les hommes « ont abattu les arbres » pour vendre du bois et du charbon ; ils « ont brûlé la brousse » pour faire de nouveaux champs ; les troupeaux « ont brouté jusqu'aux racines la dernière herbe ».
c) Parce qu'elle n'est plus protégée par la végétation : quand l'orage arrive, « l'eau ruisselle et emporte la bonne terre » au lieu de s'infiltrer ; sans ombre, « le sol chauffe » et l'eau s'évapore.
d) Ils se moquent de lui : « Tu ne mangeras jamais leurs fruits ! » Ils pensent que planter un arbre est inutile si l'on n'en profite pas soi-même.
3Exercice 3
(Étude de la langue)
a) Relève les mots de liaison qui commencent les paragraphes 2, 3 et 4. Quel rapport logique exprime chacun ?
b) « Le ciel s'est refermé comme une porte. » Nomme la figure et explique-la.
c) À quel temps sont les verbes du paragraphe 1 ? Pourquoi l'auteur passe-t-il au présent au paragraphe 3 ?
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a) « Alors » (§2) : conséquence. « Mais » (§3) : opposition (le remède devient un mal). « Ainsi » (§4) : conclusion (et conséquence). On accepte aussi « Pourtant » (§4) : opposition, concession.
b) C'est une comparaison (outil comme). Le ciel est comparé à une porte qui se ferme : la pluie ne passe plus, comme si le ciel refusait d'ouvrir ; l'image traduit le désespoir des paysans.
c) Au paragraphe 1, les verbes sont au passé composé (« n'est pas venue », « ont semé », « ont jauni ») : l'auteur raconte des faits de cette année. Au paragraphe 3, il passe au présent de vérité générale (« ne garde pas », « ruisselle ») : il énonce une loi de la nature, vraie partout et toujours.
4Exercice 4
(Analyse) Recopie et complète le cercle vicieux du texte en cinq étapes, en citant chaque fois une expression du texte.
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- La pluie manque : « la pluie n'est pas venue au rendez-vous ».
- Les récoltes échouent : « les jeunes pousses de mil ont jauni ».
- Les hommes détruisent la végétation : « Ils ont abattu les arbres », « Ils ont brûlé la brousse ».
- Le sol devient nu : « la terre, privée de son manteau vert, s'est retrouvée nue ».
- L'eau est perdue et la sécheresse s'aggrave : « les sources se tarissent », « la récolte est encore plus maigre ».
Puis le cercle recommence : « les hommes coupent encore plus d'arbres ».
5Exercice 5
(Type BEPC)
a) Donne l'idée générale du texte.
b) Explique le titre « La terre a soif ». Quelle figure de style contient-il ?
c) Explique la phrase : « la misère pousse à détruire la nature, et la nature détruite apporte plus de misère ».
d) Quel est le rôle du dernier paragraphe dans le texte ?
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a) L'auteur montre que le manque de pluie pousse les hommes à détruire la végétation pour survivre, ce qui dégrade le sol et aggrave la sécheresse ; mais le geste d'un vieux paysan qui plante des arbres montre qu'il est possible de briser ce cercle vicieux.
b) Le titre signifie que la terre manque d'eau. C'est une personnification : la terre est présentée comme un être vivant qui souffre de la soif, ce qui rend le lecteur sensible à sa souffrance.
c) Cette phrase résume le cercle vicieux : parce qu'ils sont pauvres, les hommes coupent les arbres et brûlent la brousse ; mais cette nature détruite produit moins, ce qui les rend encore plus pauvres. La construction croisée de la phrase (misère → nature / nature → misère) imite le mouvement du cercle.
d) Le dernier paragraphe résume d'abord le cercle vicieux (« Ainsi tourne la roue »), puis introduit, avec « Pourtant », une note d'espoir : le vieux paysan montre la solution, planter des arbres pour les générations futures. Le texte ne se termine donc pas sur le désespoir mais sur une leçon.
6Exercice 6
(Expression écrite) Ton collège organise une journée de l'environnement. Rédige un appel de dix à douze lignes pour convaincre les élèves de participer à une campagne de reboisement. Utilise au moins trois connecteurs de cause ou de conséquence.
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Exemple de réponse :
« Chers camarades,
Autour de notre collège, les arbres disparaissent chaque année. Or, sans arbres, le sol se dessèche et les pluies emportent la bonne terre ; c'est pourquoi nos champs produisent de moins en moins. Nous ne pouvons pas commander la pluie, mais nous pouvons planter. Un arbre donne de l'ombre, retient l'eau et protège le sol ; par conséquent, chaque arbre planté aujourd'hui est une récolte sauvée demain. Samedi, venez nombreux avec une houe et un seau : chaque classe plantera et arrosera ses propres arbres. Comme le disait un vieux sage, nos grands-parents ont planté les arbres qui nous nourrissent ; plantons ceux qui nourriront nos enfants ! »
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.
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