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Français · 9e

Leçon 41 sur 51

La vie en société (texte 1)

Je sais expliquer un texte sur la politesse et le respect dans la vie en société, en dégageant son idée générale, ses mouvements, ses procédés et les valeurs qu'il défend.

  • 50 min
  • 6 exercices corrigés
  • 2 schémas
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Maîtriser le vocabulaire de la vie en société (civilité, courtoisie, savoir-vivre, égards, incivilité)
  • Expliquer un récit qui mêle narration et dialogue
  • Étudier les types de phrases et le vouvoiement dans un texte
  • Rédiger un court paragraphe sur l'importance de la politesse

Avant de commencer : La démarche de la lecture expliquée ; les types et formes de phrases

1Je découvre

Un lundi matin, la gare routière de Kindia est pleine de monde. Les chauffeurs appellent les voyageurs vers Mamou et Labé, les vendeuses proposent des beignets et de l'eau fraîche. Un minibus est presque plein. Une vieille femme, un panier de légumes sur la tête, cherche une place. Deux jeunes gens, assis devant, font semblant de ne pas la voir. Au fond, Mamadou, un élève de 9e, se lève aussitôt : « Asseyez-vous ici, grand-mère. »

La vieille femme le bénit. Un monsieur hoche la tête avec un sourire. Les deux jeunes gens baissent les yeux.

Pendant le trajet, Mamadou se demande : « Personne ne m'a obligé à me lever. Pourquoi est-ce que tout le monde attend cela de nous ? »

Pourquoi la politesse et le respect des autres sont-ils indispensables à la vie en société, et comment un texte peut-il le faire comprendre ?

2Je comprends

1. Vivre en société : quelques notions

Vivre en société, c'est vivre avec les autres : en famille, dans le quartier, à l'école, au marché, dans les transports. Pour que cette vie commune soit paisible, chacun respecte des règles. Certaines sont écrites (les lois, le règlement intérieur de l'école) ; d'autres ne sont écrites nulle part, mais tout le monde les connaît : ce sont les règles de politesse et de savoir-vivre.

MotSens
la politessel'ensemble des règles de bonne conduite envers les autres (saluer, remercier, s'excuser)
la civilité, la courtoisiela politesse, l'amabilité dans les relations
le savoir-vivrela connaissance des bons usages de la vie en société
les égardsles marques de respect et d'attention envers quelqu'un
la déférencele respect profond envers une personne âgée ou importante
un aîné, une aînéeune personne plus âgée que soi
l'incivilitéun manque de politesse, un comportement qui gêne les autres
grossier, impoli, insolentqui manque de politesse ou de respect
la bienséancece qu'il convient de faire ou de dire dans la société

En Guinée comme dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, les salutations tiennent une grande place : on salue longuement, on prend des nouvelles de la famille, on ne passe pas devant un aîné sans le saluer. Le respect des aînés est une valeur centrale : on leur cède la place, on ne leur coupe pas la parole, on les écoute.

2. Le texte à expliquer

Texte (écrit pour Kharandi) : « La place du vieil homme »

> (1) Ce jour-là, la cour de l'école était pleine de parents venus assister à la remise des bulletins. (2) Les bancs avaient été alignés sous le grand fromager, et chacun s'installait où il pouvait. (3) Un vieil homme arriva, appuyé sur sa canne, le front couvert de poussière et de sueur. (4) Il chercha longtemps une place du regard. (5) Personne ne bougea. (6) Les jeunes gens assis au premier rang continuaient de rire et de manipuler leurs téléphones, comme si le vieillard était invisible. (7) Alors Hawa, une élève de 9e, se leva et vint vers lui. (8) « Bonjour, grand-père. Voulez-vous prendre ma place ? » (9) Le vieil homme la regarda avec douceur. (10) « Que Dieu te garde, ma fille. Tu as reçu une bonne éducation. » (11) Il s'assit lentement. (12) Un silence gêné tomba sur le premier rang. (13) L'un des jeunes gens se leva à son tour et offrit sa place à une femme qui portait un enfant sur le dos. (14) Personne n'avait prononcé un seul reproche ; pourtant, chacun avait compris la leçon. (15) La politesse, pensa le directeur en observant la scène, est la première des richesses : elle ne coûte rien, et elle rend tout le monde plus grand.

3. Explication du texte

Situation. C'est un récit à la troisième personne, au passé (passé simple et imparfait), avec un court dialogue au discours direct. Le cadre est la cour d'une école, un jour de remise des bulletins. Le thème est la politesse et le respect des aînés.

Idée générale. Le texte raconte comment une élève, Hawa, cède sa place à un vieil homme alors que des jeunes l'ignorent, et montre que l'exemple d'une seule personne polie peut donner une leçon à tous.

Les mouvements.

MouvementPhrasesContenu
11 à 6La situation : un vieil homme ignoré par les jeunes
27 à 11Le geste et les paroles de Hawa
312 à 14L'effet de l'exemple : la leçon sans reproche
415La morale tirée par le directeur

Premier mouvement : l'indifférence. Le cadre est précis : « la cour de l'école », « le grand fromager », les parents nombreux. Le portrait du vieil homme est court mais parlant : « appuyé sur sa canne, le front couvert de poussière et de sueur ». Ces détails montrent sa fatigue et sa fragilité, et font naître la pitié du lecteur. La phrase très courte « Personne ne bougea. » crée un effet de choc : elle souligne l'indifférence générale. La comparaison « comme si le vieillard était invisible » dénonce l'attitude des jeunes gens : ils se comportent comme s'il n'existait pas. Les verbes à l'imparfait « continuaient de rire et de manipuler leurs téléphones » montrent qu'ils ne s'interrompent même pas.

Deuxième mouvement : un geste simple. Le connecteur « Alors » marque un tournant. Hawa agit sans hésiter : trois verbes d'action rapides (« se leva et vint vers lui »). Ses paroles respectent toutes les règles de la politesse : une salutation (« Bonjour »), une formule d'adresse respectueuse (« grand-père », alors qu'il n'est pas son vrai grand-père), le vouvoiement (« Voulez-vous ») et la forme interrogative : elle ne l'oblige pas, elle lui propose. Le vieil homme répond par une bénédiction (« Que Dieu te garde ») et un compliment qui vise aussi ses parents : « Tu as reçu une bonne éducation. » On remarque qu'il la tutoie (« te », « tu ») : l'aîné tutoie le plus jeune, qui le vouvoie.

Troisième mouvement : la force de l'exemple. Le « silence gêné » montre que les jeunes gens ont honte. L'expression « à son tour » souligne que l'un d'eux imite Hawa : il offre sa place à une femme qui porte un enfant. La phrase 14 est construite sur une opposition marquée par « pourtant » : « Personne n'avait prononcé un seul reproche ; pourtant, chacun avait compris la leçon. » L'auteur montre que l'exemple est plus fort que les reproches.

Quatrième mouvement : la morale. La dernière phrase est une maxime. La politesse y est présentée par une métaphore comme « la première des richesses ». Deux arguments suivent : « elle ne coûte rien » (tout le monde peut être poli, même le plus pauvre) et « elle rend tout le monde plus grand » (elle grandit celui qui la pratique et celui qui la reçoit). Le mot « grand » est pris au sens figuré : il s'agit de grandeur morale.

Exemple

Question : Relève les marques de politesse dans les paroles de Hawa et explique leur rôle.

Réponse rédigée : Hawa salue d'abord le vieil homme (« Bonjour »), puis elle l'appelle « grand-père », ce qui est une formule d'adresse respectueuse envers un aîné. Elle le vouvoie (« Voulez-vous ») et emploie une phrase interrogative : elle propose sa place au lieu d'imposer son geste. Ces marques montrent son respect et sa délicatesse ; elles permettent au vieil homme d'accepter sans se sentir humilié.

Exemple

Question : Explique la phrase « Personne n'avait prononcé un seul reproche ; pourtant, chacun avait compris la leçon. »

Réponse rédigée : Cette phrase oppose deux idées grâce au connecteur « pourtant ». D'un côté, personne n'a fait de remarque aux jeunes gens impolis ; de l'autre, tous ont compris qu'ils avaient mal agi. L'auteur montre ainsi que l'exemple silencieux de Hawa a été plus efficace que des reproches. La preuve : l'un des jeunes gens cède à son tour sa place.

4. Étude de la langue : types de phrases et vouvoiement

Dans un dialogue, le type de phrase révèle l'intention de celui qui parle.

Type de phraseExempleIntention
déclarative« Tu as reçu une bonne éducation. »constater, affirmer
interrogative« Voulez-vous prendre ma place ? »proposer poliment, demander
impérative« Asseyez-vous, grand-père. »inviter, donner un ordre ou un conseil
exclamative« Quelle belle éducation ! »exprimer un sentiment

Pour être poli, on remplace souvent l'impératif par une question ou par le conditionnel : « Assieds-toi ! » devient « Voulez-vous vous asseoir ? » ou « Pourriez-vous vous asseoir ici ? ». Le vouvoiement s'emploie avec un aîné, un inconnu, une personne qu'on respecte ; le tutoiement avec un camarade, un plus jeune ou un proche.

Comportement poli
  • Saluer en arrivant
  • Céder sa place à un aîné, une femme enceinte, une personne malade
  • Attendre son tour
  • Parler à voix modérée
  • Dire « s'il vous plaît », « merci », « pardon »
Incivilité
  • Passer sans dire bonjour
  • Garder sa place en faisant semblant de ne pas voir
  • Bousculer la file au marché ou au guichet
  • Crier au téléphone dans un lieu public
  • Exiger sans remercier
Quelques règles de savoir-vivre dans la vie en société.

Méthode

Pour expliquer un texte qui défend une valeur (politesse, respect, solidarité) :

  1. Je repère la situation de départ : quel comportement pose problème ?
  2. J'observe le personnage qui agit bien : ses gestes, ses paroles, son ton.
  3. Je relève les réactions des autres personnages : elles montrent l'effet de ce comportement.
  4. Je cherche la phrase qui exprime la morale (souvent au début ou à la fin, au présent de vérité générale).
  5. J'explique les procédés (comparaison, métaphore, opposition, phrase courte) et je conclus en donnant mon avis.
  1. 1Un vieil homme fatigué cherche une place
  2. 2Les jeunes gens l'ignorent : « Personne ne bougea »
  3. 3Hawa se lève et lui propose poliment sa place
  4. 4Silence gêné : un jeune homme imite Hawa
  5. 5Morale : la politesse ne coûte rien et grandit chacun
La progression du texte, de l'indifférence à la leçon.

3Je retiens

Je retiens

La vie en société repose sur des lois écrites et sur des règles non écrites : la politesse et le savoir-vivre.

Vocabulaire : civilité, courtoisie, savoir-vivre, égards, déférence, bienséance, aîné ; contraires : incivilité, impolitesse, insolence.

Marques de politesse : salutation, formule d'adresse, vouvoiement, « s'il vous plaît », « merci », question ou conditionnel à la place de l'ordre.

Le respect des aînés est une valeur importante de la société guinéenne.

L'exemple est souvent plus fort que les reproches.

Une maxime est une phrase qui exprime une vérité générale, souvent au présent.

4Erreurs fréquentes

  • Résumer l'histoire au lieu de l'expliquer : il faut citer le texte et montrer ce que chaque détail révèle.
  • Oublier les réactions des autres personnages : le « silence gêné » et le geste du jeune homme sont essentiels pour comprendre la leçon.
  • Croire que le tutoiement est toujours impoli : quand l'aîné tutoie le plus jeune (« ma fille », « tu »), c'est un signe d'affection ; c'est le plus jeune qui doit vouvoyer l'aîné.
  • Confondre « déférence » (respect profond) et « différence » (ce qui distingue).

5Je m’exerce

1Exercice 1

Classe ces mots en deux colonnes, « politesse » et « impolitesse » : courtoisie, insolence, égards, grossièreté, civilité, incivilité, déférence, sans-gêne.

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PolitesseImpolitesse
courtoisie, égards, civilité, déférenceinsolence, grossièreté, incivilité, sans-gêne

2Exercice 2

Réécris chaque phrase de façon plus polie en employant le vouvoiement, une question ou le conditionnel.

a) « Donne-moi ton cahier ! » (à un professeur)

b) « Pousse-toi ! » (à une vieille dame dans le minibus)

c) « Je veux un kilo de riz. » (à une commerçante du marché)

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Exemples de réponses :

a) « Monsieur, pourriez-vous me donner mon cahier, s'il vous plaît ? »

b) « Excusez-moi, Madame, pourriez-vous vous pousser un peu, s'il vous plaît ? » (Mieux encore : lui laisser la place.)

c) « Bonjour Madame, je voudrais un kilo de riz, s'il vous plaît. »

3Exercice 3

Relève dans le texte :

a) deux détails qui montrent la fatigue du vieil homme ;

b) la comparaison qui dénonce l'attitude des jeunes gens ;

c) la phrase courte qui souligne l'indifférence générale.

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a) « appuyé sur sa canne » ; « le front couvert de poussière et de sueur » (on accepte aussi « Il chercha longtemps une place du regard »).

b) « comme si le vieillard était invisible ».

c) « Personne ne bougea. »

4Exercice 4

Indique le type de chaque phrase (déclarative, interrogative, impérative, exclamative).

a) « Voulez-vous prendre ma place ? »

b) « Tu as reçu une bonne éducation. »

c) « Personne ne bougea. »

d) « Quel beau geste ! »

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a) interrogative ; b) déclarative (elle constate un fait) ; c) déclarative (forme négative) ; d) exclamative.

5Exercice 5

(Type examen) Questions sur le texte.

a) Donne l'idée générale du texte.

b) Pourquoi le vieil homme tutoie-t-il Hawa, alors qu'elle le vouvoie ?

c) Explique la métaphore « La politesse est la première des richesses ».

d) Quel est l'effet du geste de Hawa sur les jeunes gens ? Justifie par le texte.

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a) Le texte raconte comment une élève, Hawa, cède sa place à un vieil homme ignoré par des jeunes gens, et montre que l'exemple d'une personne polie peut faire comprendre la leçon à tous.

b) Le vieil homme tutoie Hawa parce qu'il est son aîné : dans la tradition, l'aîné tutoie le plus jeune et l'appelle « ma fille », tandis que le plus jeune vouvoie l'aîné par respect. Ce tutoiement exprime aussi l'affection et la reconnaissance.

c) La politesse est comparée, sans outil de comparaison, à une richesse : c'est une métaphore. Elle signifie que la politesse a une grande valeur, comme un bien précieux. Mais, contrairement à l'argent, « elle ne coûte rien » : tout le monde peut la posséder et la donner.

d) Le geste de Hawa fait honte aux jeunes gens : « Un silence gêné tomba sur le premier rang. » Il les pousse aussi à changer d'attitude, puisque « l'un des jeunes gens se leva à son tour et offrit sa place à une femme qui portait un enfant sur le dos ». L'exemple a été plus efficace qu'un reproche.

6Exercice 6

(Expression écrite) En huit à dix lignes, explique pourquoi la politesse est indispensable à la vie en société. Donne au moins deux raisons et un exemple tiré de ta vie en Guinée (famille, école, marché, transport).

Voir le corrigéCacher le corrigé

Exemple de réponse :

« La politesse est indispensable à la vie en société. D'abord, elle permet de vivre ensemble sans conflit : un simple "pardon" ou "s'il vous plaît" évite bien des disputes au marché ou dans les transports. Ensuite, elle montre le respect que l'on doit aux autres, surtout aux aînés, qui ont tant fait pour nous. Enfin, elle rend la vie plus agréable pour tous. Par exemple, dans notre quartier, lorsqu'un jeune salue les anciens assis devant la mosquée, ceux-ci le bénissent et parlent de lui avec fierté. Être poli ne coûte rien, mais cela rapporte l'estime de tous. »

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Que signifie « avoir des égards » pour quelqu'un ?
Voir la réponse

Réponse B : lui témoigner du respect et de l'attention. Les égards sont des marques de respect et d'attention.

2« Personne ne bougea. » Quel est l'effet de cette phrase très courte ?
Voir la réponse

Réponse B : elle souligne brutalement l'indifférence générale. La brièveté de la phrase crée un effet de choc.

3Dans « Voulez-vous prendre ma place ? », la forme interrogative sert à :
Voir la réponse

Réponse B : proposer poliment, sans imposer. Remplacer un ordre par une question est une marque de politesse.

4Quel est le contraire de « civilité » ?
Voir la réponse

Réponse A : incivilité. Le préfixe « in- » exprime ici le contraire : l'incivilité est un manque de politesse.

5Quelle est la morale du texte ?
Voir la réponse

Réponse B : La politesse ne coûte rien et rend chacun plus grand.. La maxime finale résume la leçon : la politesse est une richesse accessible à tous.

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