Leçon 11 sur 22
Le son
Je sais expliquer comment un son est produit et se propage, calculer une distance avec la vitesse du son, et décrire un son par sa hauteur, son intensité et son timbre.
- 55 min
- 6 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Expliquer qu'un son est produit par un objet qui vibre
- Savoir que le son a besoin d'un milieu matériel pour se propager et connaître sa vitesse dans l'air
- Calculer une distance ou une durée (orage, écho) avec d = v × t
- Décrire un son par sa hauteur (fréquence), son intensité (décibels) et son timbre
- Connaître le domaine des sons audibles et les dangers du bruit
Avant de commencer : La vitesse de la lumière et la relation d = v × t ; les puissances de 10 ; les conversions d'unités de temps.
1Je découvre
C'est le soir d'un baptême dans un quartier de Kankan. Le joueur de djembé frappe la peau de son tambour ; à côté, un musicien fait sonner un balafon et une joueuse de kora pince les cordes de son instrument. Fatoumata pose doucement la main sur la peau du djembé entre deux frappes : elle sent un léger frémissement, qui s'arrête quand elle appuie fort… et le son s'arrête aussi.
Plus tard dans la nuit, un orage éclate au loin. Fatoumata voit l'éclair, puis compte « un, deux, trois… » jusqu'au grondement du tonnerre : elle arrive à six. Son cousin Mamadou lui assure qu'avec ce nombre, on peut savoir à quelle distance est tombé l'éclair.
Enfin, elle se demande pourquoi le son du balafon est clair et aigu sur les petites lames et grave sur les grandes, et pourquoi on reconnaît une kora d'un balafon même s'ils jouent la même note.
Comment un son est-il produit, comment arrive-t-il jusqu'à notre oreille, et comment décrire les différences entre les sons ?
2Je comprends
1. Un son est produit par une vibration
Tous les objets qui produisent un son vibrent : ils font de petits mouvements rapides d'aller-retour autour de leur position de repos.
- la peau du djembé ou du tam-tam vibre quand on la frappe ;
- les lames du balafon vibrent sous les baguettes ;
- les cordes de la kora ou de la guitare vibrent quand on les pince ;
- nos cordes vocales, dans la gorge, vibrent quand nous parlons ou chantons (pose tes doigts sur ta gorge en disant « aaa » : tu sens la vibration) ;
- la membrane d'un haut-parleur vibre.
Quand on arrête la vibration (la main de Fatoumata qui appuie sur la peau), le son s'arrête.
Une source sonore est un objet qui vibre et produit un son. L'oreille est le récepteur du son : son tympan se met à vibrer à son tour, et le cerveau interprète ce message. Un microphone est aussi un récepteur sonore.
2. Le son a besoin d'un milieu matériel
L'objet qui vibre pousse et tire les particules d'air qui le touchent ; celles-ci poussent leurs voisines, et ainsi de suite. La vibration se transmet de proche en proche jusqu'à l'oreille. Le son est la propagation d'une vibration dans un milieu matériel. L'air lui-même ne voyage pas de la source à l'oreille : c'est la vibration qui voyage.
Expérience de la sonnerie sous cloche. On place une sonnerie électrique en marche sous une cloche en verre et l'on retire l'air avec une pompe. Plus on enlève d'air, plus le son devient faible, jusqu'à presque disparaître, alors qu'on voit toujours le marteau de la sonnerie frapper. Quand on laisse rentrer l'air, le son revient.
Conclusion : le son ne se propage pas dans le vide. Il a besoin d'un milieu matériel : un gaz (l'air), un liquide (l'eau) ou un solide (le bois, le métal, le sol). C'est une grande différence avec la lumière, qui traverse le vide : dans l'espace, entre le Soleil et la Terre, la lumière passe mais aucun son ne passe.
3. La vitesse du son
Le son se propage beaucoup moins vite que la lumière. Sa vitesse dépend du milieu :
Dans l'air, on retient v ≈ 340 m/s (valeur pour une température d'environ 15 °C ; elle augmente un peu quand l'air est plus chaud). C'est environ un million de fois moins que la vitesse de la lumière (300 000 km/s).
Comme pour la lumière, on utilise d = v × t, donc t = dv.
L'orage. La lumière de l'éclair arrive presque instantanément ; le son du tonnerre met plus de temps. Le temps compté entre l'éclair et le tonnerre est donc, à très peu près, le temps de trajet du son. Comme 340 × 3 = 1 020 m, on retient une règle pratique : environ 3 secondes par kilomètre.
L'écho. Quand un son rencontre un obstacle (une falaise, un grand mur, le flanc d'une montagne du Fouta-Djallon), il est renvoyé : c'est la réflexion du son. Si l'on entend le son renvoyé séparément du son direct, c'est un écho. Le son fait un aller-retour : la distance parcourue est le double de la distance à l'obstacle.
Notre oreille ne sépare deux sons que s'ils sont espacés d'au moins 0,1 s environ. Pour entendre un écho distinct, l'obstacle doit donc être à au moins 340 × 0,12 = 17 m.
L'écho est utilisé par les bateaux pour mesurer la profondeur de l'eau (sondeur), et par les chauves-souris pour se diriger dans le noir.
Méthode
Pour un calcul avec la vitesse du son :
- J'écris les données et je convertis dans les unités du système international (m, s, m/s).
- Je repère s'il y a un aller simple (orage) ou un aller-retour (écho : distance parcourue = 2 × distance à l'obstacle).
- J'écris la formule littérale d = v × t (ou t = d / v).
- Je calcule, puis je divise par 2 dans le cas d'un écho si je cherche la distance à l'obstacle.
- Je conclus avec l'unité, et je convertis en km si c'est plus parlant.
Exemple
Fatoumata compte 6 secondes entre l'éclair et le tonnerre. À quelle distance l'éclair est-il tombé ?
Le temps de trajet de la lumière est négligeable : le son a mis t = 6 s.
d = v × t = 340 × 6 = 2 040 m, soit environ 2 km.
Vérification avec la règle pratique : 6 s ÷ 3 s par km = 2 km.
Exemple
Alpha crie face à une falaise et entend l'écho 1,5 s plus tard. À quelle distance est la falaise ?
Le son fait l'aller et le retour : distance parcourue = v × t = 340 × 1,5 = 510 m.
Distance de la falaise = 510 / 2 = 255 m.
4. Les caractéristiques d'un son
a) La hauteur : grave ou aigu. Un son est plus ou moins aigu (comme un sifflet) ou grave (comme un gros tambour). La hauteur dépend de la fréquence de la vibration : le nombre de vibrations par seconde.
- La fréquence se note f et s'exprime en hertz (symbole Hz) : 1 Hz = 1 vibration par seconde.
- La durée d'une vibration complète est la période T, en secondes : f = 1T.
- Plus la fréquence est grande, plus le son est aigu. Les petites lames du balafon vibrent plus vite que les grandes : elles donnent des sons plus aigus. Une corde de kora plus courte ou plus tendue donne aussi un son plus aigu.
L'oreille humaine perçoit les sons de fréquence comprise entre environ 20 Hz et 20 000 Hz : ce sont les sons audibles. En dessous de 20 Hz : les infrasons (produits par exemple par les séismes). Au-dessus de 20 000 Hz : les ultrasons, entendus par le chien ou la chauve-souris, et utilisés en médecine pour l'échographie. Avec l'âge, on entend moins bien les sons très aigus.
b) L'intensité : fort ou faible. Un son est plus ou moins fort. L'intensité dépend de l'amplitude de la vibration : plus on frappe fort sur le djembé, plus la peau vibre avec de grands mouvements et plus le son est fort. Le son s'affaiblit aussi quand on s'éloigne de la source.
Le niveau sonore se mesure avec un sonomètre, en décibels (symbole dB).
| Situation (ordre de grandeur) | Niveau sonore |
|---|---|
| Seuil d'audibilité (on n'entend presque rien) | 0 dB |
| Chuchotement | environ 30 dB |
| Conversation normale | environ 60 dB |
| Rue très animée, marché bruyant | environ 80 dB |
| Haut-parleurs à fond lors d'une fête, près des enceintes | 100 dB et plus |
| Seuil de douleur | environ 120 dB |
Danger : une exposition longue à des sons forts (à partir d'environ 85 dB) peut abîmer l'oreille de façon définitive (sifflements, surdité). Il faut s'éloigner des enceintes, limiter le volume des écouteurs et faire des pauses.
c) Le timbre. Une kora et un balafon peuvent jouer la même note (même fréquence), à la même intensité, et pourtant on les reconnaît. Ce qui les distingue s'appelle le timbre : c'est la « couleur » particulière du son de chaque instrument ou de chaque voix. C'est grâce au timbre que tu reconnais la voix de ta mère au téléphone.
- Hauteur (grave ou aigu)
- Intensité (faible ou fort)
- Timbre (quel instrument ?)
- La fréquence f, en hertz (Hz)
- L'amplitude de la vibration ; niveau en décibels (dB)
- La forme de la vibration propre à chaque source
Exemple
Une lame de balafon effectue 440 vibrations en une seconde. Quelle est sa fréquence ? Sa période ? Ce son est-il audible ?
f = 440 vibrations par seconde = 440 Hz.
T = 1 / f = 1 / 440 ≈ 0,002 27 s, soit environ 2,3 ms.
440 Hz est compris entre 20 Hz et 20 000 Hz : le son est audible.
3Je retiens
Je retiens
Un son est produit par un objet qui vibre ; l'oreille est un récepteur sonore.
Le son a besoin d'un milieu matériel (solide, liquide, gaz) : il ne se propage pas dans le vide.
Vitesse du son : environ 340 m/s dans l'air, 1 500 m/s dans l'eau, environ 5 000 m/s dans l'acier.
d = v × t ; orage : environ 3 s par km ; écho : le son fait l'aller-retour (distance à l'obstacle = v × t / 2).
Hauteur : fixée par la fréquence f en hertz (Hz) ; plus f est grande, plus le son est aigu ; f = 1 / T.
Sons audibles : de 20 Hz à 20 000 Hz environ ; en dessous : infrasons ; au-dessus : ultrasons.
Intensité : mesurée en décibels (dB) ; danger pour l'oreille au-delà d'environ 85 dB en exposition prolongée ; douleur vers 120 dB.
Le timbre permet de reconnaître un instrument ou une voix.
4Erreurs fréquentes
- Croire que le son se propage dans le vide comme la lumière : sans air (ou autre matière), aucun son ne passe.
- Oublier de diviser par 2 dans un calcul d'écho : le son parcourt l'aller ET le retour.
- Confondre hauteur et intensité : un son aigu n'est pas forcément fort ; « monter le son » d'une radio change l'intensité, pas la hauteur.
- Dire que le son va plus vite dans l'air que dans l'eau ou dans le métal : c'est l'inverse.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Recopie et complète :
a) Un son est produit par un objet qui … .
b) Le son ne se propage pas dans le … ; il a besoin d'un milieu … .
c) Dans l'air, la vitesse du son est d'environ … m/s.
d) La fréquence s'exprime en … et le niveau sonore en … .
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a) … qui vibre.
b) … dans le vide ; il a besoin d'un milieu matériel.
c) environ 340 m/s.
d) en hertz (Hz) ; en décibels (dB).
2Exercice 2
Classe les sons suivants en infrasons, sons audibles ou ultrasons : 10 Hz ; 440 Hz ; 15 000 Hz ; 40 000 Hz ; 5 Hz ; 1 000 Hz.
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- Infrasons (moins de 20 Hz) : 10 Hz ; 5 Hz.
- Sons audibles (de 20 Hz à 20 000 Hz) : 440 Hz ; 15 000 Hz ; 1 000 Hz.
- Ultrasons (plus de 20 000 Hz) : 40 000 Hz.
3Exercice 3
Un orage se rapproche de Labé. Ousmane compte 9 secondes entre l'éclair et le tonnerre. Dix minutes plus tard, il ne compte plus que 3 secondes.
a) Calcule la distance de l'orage dans chaque cas.
b) Pourquoi peut-on négliger la durée du trajet de la lumière ?
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a) Premier cas : d = v × t = 340 × 9 = 3 060 m, soit environ 3 km.
Second cas : d = 340 × 3 = 1 020 m, soit environ 1 km. L'orage s'est rapproché d'environ 2 km.
b) La lumière va à 300 000 km/s : pour 3 km, elle met 3 / 300 000 = 0,000 01 s, ce qui est négligeable devant quelques secondes.
4Exercice 4
Un pêcheur utilise un sondeur sur un lac : l'appareil envoie un son vers le fond et reçoit l'écho 0,04 s plus tard. La vitesse du son dans l'eau est de 1 500 m/s. Calcule la profondeur du lac à cet endroit.
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Le son fait l'aller-retour. Distance parcourue : d = v × t = 1 500 × 0,04 = 60 m.
Profondeur : 60 / 2 = 30 m.
5Exercice 5
(Type examen) Sékou colle son oreille contre un long rail de chemin de fer abandonné, près de Kankan. À l'autre extrémité, à 1 020 m de lui, Lansana frappe le rail avec un marteau. Sékou entend deux coups.
a) Explique pourquoi il entend deux coups.
b) Calcule la durée du trajet du son dans l'air (v = 340 m/s), puis dans l'acier (v = 5 000 m/s).
c) Calcule l'intervalle de temps entre les deux coups entendus.
d) Pourrait-on faire cette expérience sur la Lune, où il n'y a pas d'air ? Justifie.
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a) Le son du coup se propage à la fois dans l'acier du rail et dans l'air. Il va plus vite dans l'acier : Sékou entend d'abord le son transmis par le rail, puis celui transmis par l'air.
b) Dans l'air : t1 = dv = 1 020340 = 3 s.
Dans l'acier : t2 = 1 0205 000 = 0,204 s.
c) Intervalle : t1 - t2 = 3 - 0,204 = 2,796 s, soit environ 2,8 s.
d) Sur la Lune, il n'y a pas d'air : le son ne peut pas se propager dans l'air, donc le second coup n'existerait pas. Le son passerait encore dans le rail (milieu solide), mais Sékou, en combinaison spatiale, ne pourrait l'entendre que par contact direct avec le rail.
6Exercice 6
Une corde de kora vibre avec une période T = 0,005 s.
a) Calcule sa fréquence.
b) Ce son est-il audible ?
c) On raccourcit la corde et le son devient plus aigu. La fréquence a-t-elle augmenté ou diminué ?
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a) f = 1T = 10,005 = 200 Hz.
b) Oui : 200 Hz est compris entre 20 Hz et 20 000 Hz.
c) Un son plus aigu correspond à une fréquence plus grande : la fréquence a augmenté.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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