Leçon 30 sur 49
La vulve
Je sais décrire les organes génitaux externes de la femme, expliquer le rôle de chacun et comprendre pourquoi leur intégrité doit être protégée.
- 45 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Décrire la vulve et nommer ses éléments dans l'ordre (mont du pubis, grandes lèvres, petites lèvres, clitoris, vestibule, méat urétral, orifice vaginal)
- Expliquer le rôle des glandes de Bartholin et des autres éléments de la vulve
- Établir les homologies avec les organes génitaux externes masculins
- Expliquer les conséquences des mutilations génitales féminines sur la santé
Avant de commencer : Les leçons sur l'anatomie des appareils génitaux et l'appareil génital féminin (plan général, origine embryonnaire).
1Je découvre
Dans un centre de santé de Siguiri, une sage-femme reçoit Hawa, 17 ans, qui se plaint d'une petite boule douloureuse près de l'entrée du vagin. Après examen, la sage-femme la rassure : « C'est une glande de Bartholin qui s'est bouchée et infectée. Cela se soigne. » Elle profite de la consultation pour expliquer à Hawa comment faire sa toilette : toujours de l'avant vers l'arrière, à l'eau propre.
En sortant, Hawa discute avec sa cousine Aïssatou, qui revient d'une causerie organisée dans leur quartier sur les dangers de l'excision. Aïssatou s'étonne : « On nous a dit que c'était interdit par la loi et dangereux pour l'accouchement. Mais je ne sais même pas exactement quelles parties du corps sont concernées ! »
Qu'est-ce que la vulve, de quels éléments est-elle composée, à quoi servent-ils, et pourquoi faut-il les protéger ?
2Je comprends
1. Définition et situation
La vulve est l'ensemble des organes génitaux externes de la femme. Elle se situe à la partie antérieure du périnée, la région comprise entre les cuisses, sous le pubis et en avant de l'anus. Elle entoure l'entrée des voies génitales (le vagin) et des voies urinaires (l'urètre).
Elle a pour rôles de protéger l'entrée de ces voies contre les microbes et les chocs, d'assurer la sensibilité sexuelle et, grâce à ses glandes, la lubrification de l'entrée du vagin.
2. Les éléments de la vulve, de l'extérieur vers l'intérieur
Le mont du pubis (ou mont de Vénus) : un coussinet de graisse situé en avant de l'os du pubis, recouvert de poils à partir de la puberté.
Les grandes lèvres : deux replis de peau épais, riches en tissu graisseux, qui partent du mont du pubis et se rejoignent en arrière, devant l'anus. Leur face externe porte des poils ; elles contiennent des glandes sébacées et sudoripares. Elles ferment et protègent la vulve.
Les petites lèvres : deux replis plus fins, situés en dedans des grandes lèvres, sans poils, recouverts d'une peau fine et humide proche d'une muqueuse, très vascularisés. En avant, elles se rejoignent pour former le capuchon (ou prépuce) du clitoris.
Le clitoris : petit organe érectile situé à la jonction antérieure des petites lèvres. Seule sa partie extrême, le gland, est visible ; le reste (corps et racines) est caché sous la peau. Il est formé de corps caverneux, un tissu qui se gorge de sang, et il est très riche en terminaisons nerveuses. C'est l'organe principal de la sensibilité sexuelle féminine. Il est l'homologue du pénis.
Le vestibule : l'espace compris entre les petites lèvres. On y trouve :
- en avant, le méat urétral, orifice de l'urètre par lequel sort l'urine ;
- en arrière, l'orifice vaginal, plus large, entrée du vagin.
L'hymen : une fine membrane, de forme très variable d'une femme à l'autre, qui borde en partie l'orifice vaginal. Il est souvent percé d'une ou plusieurs ouvertures qui laissent passer les règles. Sa forme ne permet pas de savoir, de façon fiable, si une femme a déjà eu des rapports sexuels.
Les glandes annexes de la vulve
- les glandes de Bartholin (glandes vestibulaires majeures), deux petites glandes placées de part et d'autre de l'orifice vaginal ; elles sécrètent un liquide lubrifiant lors de l'excitation sexuelle. Elles sont homologues des glandes de Cowper de l'homme ;
- les glandes de Skene (glandes para-urétrales), de part et d'autre du méat urétral.
- 1Mont du pubis : coussinet de graisse couvert de poils
- 2Capuchon et gland du clitoris : jonction antérieure des petites lèvres
- 3Méat urétral : sortie de l'urine, dans la partie avant du vestibule
- 4Orifice vaginal bordé par l'hymen ; glandes de Bartholin de chaque côté
- 5Jonction postérieure des grandes lèvres, puis périnée et anus
- Replis de peau épais
- Poils sur la face externe
- Riches en graisse
- Se rejoignent en avant sur le mont du pubis
- Homologues du scrotum
- Replis fins, peau proche d'une muqueuse
- Pas de poils
- Pauvres en graisse, très vascularisées
- Se rejoignent en avant pour former le capuchon du clitoris
- Homologues de la peau de la face inférieure du pénis
3. Vascularisation et innervation
La vulve est irriguée par des branches de l'artère pudendale interne (ou honteuse interne) et innervée principalement par le nerf pudendal. Sa riche vascularisation explique que les blessures de la vulve saignent beaucoup ; sa riche innervation explique sa grande sensibilité, notamment celle du clitoris.
4. Les homologies avec l'homme
Rappel de la leçon sur l'anatomie des appareils génitaux : les organes externes de l'homme et de la femme se forment à partir des mêmes ébauches embryonnaires.
| Ébauche embryonnaire | Femme | Homme |
|---|---|---|
| Tubercule génital | clitoris | pénis (gland et corps caverneux) |
| Bourrelets génitaux | grandes lèvres | scrotum |
| Replis génitaux | petites lèvres | peau de la face inférieure du pénis (autour de l'urètre) |
| Glandes du sinus urogénital | glandes de Bartholin | glandes de Cowper |
Exemple
Identifier un élément de la vulve d'après sa description : « organe érectile, situé en avant, à la jonction des petites lèvres, très riche en terminaisons nerveuses ; il se développe à partir du tubercule génital ».
Organe érectile et très innervé : cela correspond au clitoris (ou au pénis chez l'homme).
Situé à la jonction antérieure des petites lèvres : c'est bien un élément de la vulve.
Issu du tubercule génital : c'est l'homologue du pénis.
Réponse : le clitoris.
5. Hygiène et infections
L'urètre et l'anus sont proches du vagin. Pour éviter de transporter des microbes intestinaux vers l'urètre et le vagin, la toilette se fait de l'avant vers l'arrière, à l'eau propre. Les produits parfumés ou les douches vaginales sont inutiles et peuvent irriter la muqueuse.
La bartholinite est l'infection d'une glande de Bartholin : une boule douloureuse apparaît d'un côté de l'orifice vaginal. Elle peut être due à des microbes ordinaires ou à une infection sexuellement transmissible, et doit être soignée par un agent de santé. Des démangeaisons, des plaies ou des écoulements anormaux sur la vulve sont aussi des raisons de consulter.
6. Les mutilations génitales féminines
Les mutilations génitales féminines (MGF) regroupent toutes les interventions qui enlèvent en partie ou en totalité les organes génitaux externes de la femme, ou qui les blessent, sans raison médicale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) les classe en quatre types :
| Type | Ce qui est fait |
|---|---|
| Type I | ablation partielle ou totale du gland du clitoris et/ou de son capuchon |
| Type II | ablation du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans les grandes lèvres (souvent appelée excision) |
| Type III | infibulation : rétrécissement de l'orifice vaginal en cousant ou rapprochant les lèvres |
| Type IV | toutes les autres blessures (piquer, inciser, cautériser…) |
Grâce à l'anatomie, on comprend leurs conséquences :
- immédiates : forte douleur et hémorragie (la vulve est très vascularisée), infections, dont le tétanos, rétention d'urine (blessure autour du méat urétral), voire décès ;
- à long terme : infections urinaires et génitales à répétition, cicatrices rigides, douleurs, perte de sensibilité (le clitoris est l'organe le plus innervé) ;
- à l'accouchement : les cicatrices empêchent la vulve de s'étirer, ce qui prolonge l'accouchement et augmente le risque de déchirures, d'hémorragie et de fistule obstétricale, ainsi que les risques pour le bébé.
Ces pratiques sont encore fréquentes en Guinée. Elles sont interdites par la loi guinéenne et condamnées par l'OMS comme une atteinte aux droits et à la santé des filles et des femmes. Les agents de santé, les enseignants, les leaders religieux et les familles participent à leur abandon.
Exemple
Une sage-femme explique qu'une femme ayant subi une infibulation (type III) a eu un accouchement très long. Expliquer le lien avec l'anatomie de la vulve.
Lors de l'accouchement, le bébé sort par le vagin et la vulve, qui doivent s'étirer beaucoup.
L'infibulation a rapproché et soudé les lèvres par une cicatrice : ce tissu cicatriciel est rigide et ne s'étire pas.
L'orifice reste trop étroit : l'expulsion est ralentie, les tissus se déchirent et le bébé peut manquer d'oxygène.
Conclusion : l'infibulation transforme un passage souple en obstacle, d'où un accouchement long et dangereux.
Méthode
Pour répondre à une question sur les conséquences d'une atteinte de la vulve :
- Je nomme précisément la ou les structures touchées.
- Je rappelle leur rôle normal (protection, sensibilité, lubrification, passage de l'urine ou du bébé).
- Je déduis ce qui est perturbé quand cette structure est blessée ou retirée.
- Je classe les conséquences : immédiates, à long terme, lors de l'accouchement.
- Je conclus par une mesure de prévention ou de prise en charge.
3Je retiens
Je retiens
La vulve est l'ensemble des organes génitaux externes de la femme, à l'avant du périnée.
D'avant en arrière : mont du pubis, clitoris (avec son capuchon), méat urétral, orifice vaginal (bordé par l'hymen), périnée.
Grandes lèvres : replis de peau avec poils et graisse ; petites lèvres : replis fins sans poils, très vascularisés.
Le clitoris est un organe érectile très innervé, homologue du pénis.
Le vestibule, entre les petites lèvres, contient le méat urétral (en avant) et l'orifice vaginal (en arrière).
Glandes de Bartholin : lubrification de l'orifice vaginal (homologues des glandes de Cowper).
Toilette de l'avant vers l'arrière ; les mutilations génitales féminines (types I à IV) sont dangereuses et interdites par la loi.
4Erreurs fréquentes
- Confondre vulve et vagin : la vulve est externe, le vagin est un conduit interne qui s'ouvre dans la vulve.
- Croire que l'urine sort par le vagin : elle sort par le méat urétral, un orifice distinct situé en avant de l'orifice vaginal.
- Inverser grandes et petites lèvres : les grandes lèvres, avec poils, sont à l'extérieur ; les petites lèvres, sans poils, sont à l'intérieur.
- Penser que l'hymen permet de prouver quelque chose de façon certaine : sa forme varie beaucoup d'une femme à l'autre.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis la vulve.
b) Cite, d'avant en arrière, les deux orifices situés dans le vestibule.
c) Où sont situées les glandes de Bartholin et quel est leur rôle ?
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a) La vulve est l'ensemble des organes génitaux externes de la femme : mont du pubis, grandes lèvres, petites lèvres, clitoris, vestibule et glandes annexes.
b) En avant, le méat urétral ; en arrière, l'orifice vaginal.
c) Elles sont situées de part et d'autre de l'orifice vaginal ; elles sécrètent un liquide qui lubrifie l'entrée du vagin.
2Exercice 2
Recopie et complète le tableau des homologies.
| Femme | Homme |
|---|---|
| clitoris | ? |
| ? | scrotum |
| glandes de Bartholin | ? |
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| Femme | Homme |
|---|---|
| clitoris | pénis (gland et corps caverneux) |
| grandes lèvres | scrotum |
| glandes de Bartholin | glandes de Cowper |
3Exercice 3
Réponds par vrai ou faux et corrige les phrases fausses.
a) Les petites lèvres portent des poils.
b) Le méat urétral est situé en arrière de l'orifice vaginal.
c) Le clitoris est un organe érectile.
d) Les grandes lèvres se rejoignent en avant pour former le capuchon du clitoris.
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a) Faux : les petites lèvres n'ont pas de poils ; ce sont les grandes lèvres qui en portent.
b) Faux : le méat urétral est situé en avant de l'orifice vaginal.
c) Vrai.
d) Faux : ce sont les petites lèvres qui forment en avant le capuchon du clitoris ; les grandes lèvres se rejoignent sur le mont du pubis.
4Exercice 4
Explique pourquoi la toilette intime doit se faire de l'avant vers l'arrière, en t'appuyant sur la position des orifices du périnée.
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Sur le périnée, on trouve d'avant en arrière le méat urétral, l'orifice vaginal et l'anus. L'anus laisse passer des selles riches en microbes intestinaux. Si l'on s'essuie de l'arrière vers l'avant, on transporte ces microbes vers l'orifice vaginal et le méat urétral, ce qui favorise les infections génitales et urinaires. En procédant de l'avant vers l'arrière, on éloigne ces microbes des orifices génitaux et urinaires.
5Exercice 5
(Type BAC, analyse de document) Une sage-femme de Nzérékoré a noté les complications observées chez des femmes ayant subi une mutilation génitale : hémorragie au moment de l'intervention ; difficultés à uriner dans les jours suivants ; infections urinaires répétées ; accouchements prolongés avec déchirures.
a) Pour chaque complication, indique la ou les structures de la vulve en cause et explique le mécanisme.
b) Classe ces complications en conséquences immédiates, à long terme et à l'accouchement.
c) Rédige un court paragraphe (5 à 6 lignes) destiné à une causerie de quartier pour expliquer pourquoi il faut abandonner cette pratique.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) Hémorragie : le clitoris et les lèvres sont très vascularisés (branches de l'artère pudendale interne) ; les couper ouvre de nombreux vaisseaux. Difficultés à uriner : le méat urétral, situé juste en arrière du clitoris, est blessé ou enflé, ou la douleur empêche d'uriner. Infections urinaires répétées : les cicatrices et le rétrécissement gênent l'écoulement de l'urine, qui stagne, ce qui favorise la multiplication des microbes. Accouchements prolongés avec déchirures : le tissu cicatriciel de la vulve est rigide et ne s'étire pas lors du passage du bébé.
b) Immédiates : hémorragie, difficultés à uriner. À long terme : infections urinaires répétées. À l'accouchement : accouchements prolongés avec déchirures.
c) Exemple : « La vulve n'est pas une partie inutile du corps : elle protège l'entrée du vagin et de l'urètre, elle est riche en vaisseaux et en nerfs. La couper provoque des hémorragies, des infections, des douleurs pendant des années et des accouchements difficiles qui mettent en danger la mère et le bébé. La loi guinéenne interdit ces pratiques et les agents de santé les déconseillent. Protéger nos filles, c'est préserver leur santé et leur avenir de mères. »
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6Je vérifie
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