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Économie · Terminale SS Prépare le BAC

Leçon 5 sur 42

La faiblesse de l'agriculture et de l'élevage

Je sais décrire les signes de la faiblesse de l'agriculture et de l'élevage dans les pays sous-développés, en expliquer les causes et en mesurer les effets avec des calculs simples (rendement, taux de couverture).

  • 55 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Montrer la place de l'agriculture dans les économies sous-développées
  • Décrire les signes de sa faiblesse (techniques, rendements, pertes, dépendance alimentaire)
  • Expliquer les causes naturelles, techniques, économiques, foncières et historiques
  • Présenter les grands traits de la faiblesse de l'élevage
  • Calculer un rendement et un taux de couverture des besoins

Avant de commencer : La leçon « Les caractéristiques du sous-développement » (vue d'ensemble, dualisme, cercle vicieux).

1Je découvre

À Kindia, Ousmane aide son père dans le champ de riz de coteau. Tout se fait à la main : défricher, brûler les herbes, semer, désherber à la daba, récolter au couteau. Cette année, les pluies sont arrivées tard, puis se sont arrêtées trop tôt. La récolte ne suffira pas à nourrir la famille jusqu'à la prochaine saison.

Au marché, Ousmane voit des sacs de riz importé empilés jusqu'au plafond. Le commerçant lui explique : « La Guinée cultive beaucoup de riz, mais pas assez pour tout le monde. Alors on en fait venir d'Asie. » Plus loin, un éleveur peul venu du Fouta-Djallon vend deux bœufs maigres ; il se plaint des maladies et du manque de pâturages pendant la saison sèche.

Ousmane s'étonne : son pays a des terres fertiles, de l'eau en abondance et des troupeaux nombreux. Pourquoi l'agriculture et l'élevage ne suffisent-ils pas à nourrir la population ?

Quels sont les signes et les causes de la faiblesse de l'agriculture et de l'élevage dans les pays sous-développés ?

2Je comprends

1. Une agriculture qui occupe beaucoup mais produit peu

Dans les pays sous-développés, l'agriculture est le secteur qui occupe le plus d'actifs. En Guinée, elle fait vivre une grande partie de la population, surtout en milieu rural. Pourtant, sa part dans le PIB est bien plus faible que sa part dans l'emploi : chaque paysan produit peu. C'est le signe d'une faible productivité.

On distingue deux grands types de cultures :

  • les cultures vivrières, destinées à nourrir la famille et le marché local : riz, fonio, maïs, manioc, igname, patate douce, arachide ;
  • les cultures de rente (ou d'exportation), vendues surtout à l'étranger : café, cacao, anacarde (noix de cajou), hévéa, palmier à huile, ananas, banane.

En Guinée, le riz est l'aliment de base. On le cultive dans des milieux variés : riziculture de mangrove en Guinée maritime, rizières de plaines inondables le long du Niger et de ses affluents en Haute-Guinée, bas-fonds en Guinée forestière et riz pluvial de coteau un peu partout.

2. Les signes de la faiblesse de l'agriculture

  • Des techniques archaïques : outils manuels (daba, houe, coupe-coupe), peu de traction animale et très peu de machines ; culture itinérante sur brûlis avec jachère.
  • Des intrants rares : peu d'engrais, de semences améliorées, de produits de traitement.
  • Des rendements faibles : la quantité récoltée par hectare reste bien inférieure à celle des pays à agriculture modernisée.
  • Une dépendance aux pluies : l'irrigation maîtrisée est rare ; un retard ou un arrêt précoce des pluies fait chuter la récolte.
  • Des pertes après récolte importantes : mauvais séchage, stockage sans protection contre les insectes et les rongeurs, pistes impraticables qui empêchent d'écouler les produits.
  • Une dépendance alimentaire : le pays importe une partie de sa nourriture (riz, huile, sucre, farine), ce qui coûte des devises.

3. Les causes de cette faiblesse

a) Causes naturelles. Sols souvent fragiles (latérite, cuirasses sur les plateaux), érosion après les défrichements, irrégularité des pluies, harmattan desséchant, parasites et criquets.

b) Causes techniques et humaines. Faible niveau d'instruction d'une partie des paysans, encadrement agricole insuffisant (peu de vulgarisateurs), recherche agronomique peu financée. L'exode rural vide les campagnes de leurs jeunes : ce sont souvent les plus âgés qui restent cultiver.

c) Causes économiques. Les paysans ont peu d'accès au crédit pour acheter engrais, semences ou matériel. Les prix payés au producteur sont souvent bas et instables ; les intermédiaires captent une grande partie de la valeur. Le manque de pistes rurales, de magasins de stockage et d'usines de transformation limite les débouchés.

d) Causes foncières. Dans beaucoup de régions, la terre relève du droit coutumier : le paysan n'en est pas propriétaire au sens écrit du terme et investit peu dans une parcelle qu'il n'est pas sûr de garder. Les petites exploitations morcelées se prêtent mal à la mécanisation.

e) Causes historiques et politiques. La colonisation a favorisé les cultures d'exportation (la banane en Guinée française, l'arachide, le café) au détriment des cultures vivrières. Après l'indépendance, les budgets publics ont souvent privilégié les villes et les mines plutôt que l'agriculture.

OutilsmanuelsFaiblerendementFaible revenuPas d'engrais
Le cercle vicieux de l'agriculture peu productive.

4. Mesurer la faiblesse de l'agriculture

Le rendement mesure la production obtenue sur une surface donnée :

rendement = productionsuperficie cultivée (en tonnes par hectare, t/ha)

Le taux de couverture des besoins (ou taux d'autosuffisance) mesure la part de la consommation nationale couverte par la production nationale :

taux de couverture = production nationaleconsommation nationale × 100

S'il est inférieur à 100 %, le pays doit importer la différence.

Exemple

Énoncé (données fictives) : une coopérative de riziculteurs cultive 40 ha en riz pluvial et récolte 48 t de paddy. Une autre, sur 25 ha de bas-fonds aménagés avec des semences améliorées et un peu d'engrais, récolte 87,5 t.

a) Calcule le rendement de chaque coopérative.

b) Combien de fois le second rendement est-il supérieur au premier ?

Solution :

a) Riz pluvial : 48 / 40 = 1,2 t/ha. Bas-fonds aménagés : 87,5 / 25 = 3,5 t/ha.

b) 3,5 / 1,2 ≈ 2,9 : le rendement est presque trois fois plus élevé grâce à la maîtrise de l'eau, aux semences et aux engrais.

Exemple

Énoncé (données fictives) : un pays V consomme 2 400 000 t de riz par an et en produit 1 800 000 t.

a) Calcule le taux de couverture des besoins.

b) Quelle quantité doit-il importer ?

c) Si la tonne importée coûte 500 $, quelle dépense en devises cela représente-t-il ?

Solution :

a) 1 800 000 / 2 400 000 × 100 = 75 %.

b) 2 400 000 − 1 800 000 = 600 000 t.

c) 600 000 × 500 = 300 000 000 $, soit 300 millions de dollars qui sortent du pays chaque année.

Méthode

Pour analyser un tableau de production agricole :

  1. Je lis le titre, les unités (t, ha, t/ha) et l'année.
  2. Je calcule les indicateurs utiles : rendement, taux de couverture, taux de variation.
  3. Je compare (entre années, entre régions, entre techniques).
  4. J'explique les écarts par les causes du cours (techniques, pluies, intrants, pistes).
  5. Je conclus sur la faiblesse ou le progrès de l'agriculture et sur la dépendance alimentaire.

5. L'élevage : une richesse sous-exploitée

L'élevage présente les mêmes faiblesses ; il sera approfondi dans la leçon suivante. Retiens déjà ses principaux traits :

  • un élevage surtout extensif : les animaux se nourrissent sur les pâturages naturels, avec des déplacements saisonniers (transhumance) ;
  • une faible productivité : peu de lait et de viande par animal ;
  • des maladies fréquentes et un encadrement vétérinaire insuffisant ;
  • un bétail souvent considéré comme une épargne ou un signe de prestige, plus que comme une activité commerciale ;
  • une faible intégration à l'agriculture : on utilise peu le fumier et la traction animale.

En Guinée, le Fouta-Djallon et la Haute-Guinée sont les grandes régions d'élevage bovin. La race locale N'Dama a une qualité précieuse : elle résiste à la trypanosomose, la maladie transmise par la mouche tsé-tsé.

6. Les conséquences

  • Insécurité alimentaire et malnutrition dans les zones rurales, surtout pendant la période de soudure (avant la récolte).
  • Importations coûteuses de riz, de lait en poudre, de viande et de volaille congelées, qui pèsent sur la balance commerciale.
  • Pauvreté rurale et exode des jeunes vers les villes.
  • Faible base pour l'industrie : peu de matières premières agricoles à transformer sur place.

3Je retiens

Je retiens

L'agriculture occupe la majorité des actifs mais fournit une part plus faible du PIB : sa productivité est faible.

Cultures vivrières (riz, fonio, maïs, manioc…) et cultures de rente (café, cacao, anacarde…).

Signes : techniques archaïques, peu d'intrants, faibles rendements, dépendance aux pluies, pertes après récolte, dépendance alimentaire.

Causes : naturelles (sols, pluies), techniques et humaines (encadrement, exode rural), économiques (crédit, prix, pistes), foncières (droit coutumier, morcellement), historiques (priorité coloniale aux cultures d'exportation).

Rendement = production / superficie (t/ha) ; taux de couverture = production / consommation × 100.

Élevage : extensif, peu productif, maladies, bétail-épargne, faible lien avec l'agriculture ; race N'Dama résistante à la trypanosomose.

4Erreurs fréquentes

  • Confondre production et rendement : un pays peut produire beaucoup parce qu'il cultive de grandes surfaces, avec un rendement faible.
  • Oublier de mettre les unités : un rendement s'écrit en t/ha, un taux de couverture en %.
  • Attribuer la faiblesse de l'agriculture au seul climat : les causes techniques, économiques, foncières et historiques comptent autant.
  • Dire qu'un taux de couverture de 75 % signifie que 75 % de la population mange : il signifie que la production nationale couvre 75 % de la consommation.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Distingue cultures vivrières et cultures de rente, avec deux exemples de chaque en Guinée.

b) Cite quatre signes de la faiblesse de l'agriculture.

c) Pourquoi le régime foncier coutumier peut-il freiner l'investissement agricole ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Les cultures vivrières nourrissent la famille et le marché local : riz, fonio, maïs, manioc. Les cultures de rente sont destinées surtout à la vente, souvent à l'exportation : café, anacarde, cacao, palmier à huile.

b) Techniques archaïques (daba, houe), peu d'engrais et de semences améliorées, rendements faibles, dépendance aux pluies, pertes après récolte, importations de nourriture (au choix, quatre).

c) Sous le régime coutumier, le paysan n'a souvent pas de titre écrit sur sa terre ; il n'est pas sûr de la garder et ne peut pas la présenter en garantie pour obtenir un crédit. Il hésite donc à investir (aménagement, arbres, irrigation).

2Exercice 2

(Calcul, données fictives) Une paysanne de Siguiri récolte 2,1 t de riz sur 1,5 ha. Sa voisine récolte 3,6 t sur 1,2 ha grâce à un petit aménagement hydraulique.

a) Calcule le rendement de chacune.

b) Quelle production la première aurait-elle obtenue sur ses 1,5 ha avec le rendement de la seconde ?

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a) Première paysanne : 2,1 / 1,5 = 1,4 t/ha. Voisine : 3,6 / 1,2 = 3 t/ha.

b) 3 × 1,5 = 4,5 t, soit 4,5 − 2,1 = 2,4 t de plus : plus du double de sa récolte actuelle.

3Exercice 3

(Calcul, données fictives) Un pays W produit 1 350 000 t de riz et en consomme 1 800 000 t.

a) Calcule le taux de couverture.

b) Calcule la quantité importée.

c) Le pays veut atteindre un taux de couverture de 90 % sans changer sa consommation. Quelle production doit-il atteindre ? De combien de pour cent doit-elle augmenter ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) 1 350 000 / 1 800 000 × 100 = 75 %.

b) 1 800 000 − 1 350 000 = 450 000 t.

c) Production nécessaire : 1 800 000 × 0,90 = 1 620 000 t. Hausse : (1 620 000 − 1 350 000) / 1 350 000 × 100 = 270 000 / 1 350 000 × 100 = 20 %.

4Exercice 4

(Analyse de document, type BAC) Tableau fictif de la production de riz d'une région :

AnnéeSuperficie (ha)Production (t)
Année 150 00060 000
Année 260 00066 000

a) Calcule le rendement pour chaque année.

b) Calcule le taux de variation de la production et celui du rendement.

c) La hausse de la production traduit-elle une modernisation de l'agriculture ? Justifie.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Année 1 : 60 000 / 50 000 = 1,2 t/ha. Année 2 : 66 000 / 60 000 = 1,1 t/ha.

b) Production : (66 000 − 60 000) / 60 000 × 100 = 10 %. Rendement : (1,1 − 1,2) / 1,2 × 100 ≈ −8,3 %.

c) Non. La production augmente de 10 % uniquement parce qu'on cultive 20 % de surface en plus ((60 000 − 50 000) / 50 000 × 100 = 20 %), alors que le rendement baisse. C'est une croissance extensive (défrichement de nouvelles terres), pas une modernisation (qui ferait monter le rendement).

5Exercice 5

(Rédaction, type BAC) Sujet : « Montrez que la faiblesse de l'agriculture est à la fois une caractéristique et une cause du sous-développement. » Rédige une introduction, deux parties et une conclusion.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Plan détaillé attendu :

Introduction : l'agriculture occupe la majorité des actifs des pays sous-développés, comme en Guinée ; pourtant elle nourrit mal la population. Problème : est-elle seulement un symptôme ou aussi une cause du sous-développement ?

I. Une caractéristique du sous-développement : techniques archaïques, faibles rendements, dépendance aux pluies, pertes après récolte ; faible part dans le PIB par rapport à l'emploi ; importations de riz. Causes : naturelles, techniques, économiques, foncières, historiques.

II. Une cause qui entretient le sous-développement : une agriculture peu productive maintient la pauvreté rurale et la malnutrition (cercle vicieux) ; elle coûte des devises en importations ; elle pousse les jeunes à l'exode rural et gonfle le tertiaire urbain ; elle ne fournit pas de matières premières à une industrie locale.

Conclusion : la modernisation de l'agriculture (maîtrise de l'eau, semences, crédit, pistes, transformation locale) est une condition du développement. Ouverture : l'objectif d'autosuffisance en riz de la Guinée.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Le rendement agricole se calcule en divisant :
Voir la réponse

Réponse A : la production par la superficie cultivée. Rendement = production / superficie, en tonnes par hectare.

2Laquelle de ces cultures est une culture vivrière en Guinée ?
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Réponse B : le fonio. Le fonio est cultivé pour l'alimentation, notamment au Fouta-Djallon et en Haute-Guinée.

3Un pays produit 900 000 t de riz et en consomme 1 200 000 t. Son taux de couverture est :
Voir la réponse

Réponse C : 75 %. 900 000 / 1 200 000 × 100 = 75 %.

4Quelle cause historique explique en partie la faiblesse des cultures vivrières ?
Voir la réponse

Réponse A : la priorité donnée par la colonisation aux cultures d'exportation. La colonisation a orienté l'agriculture vers les produits destinés à la métropole.

5La race bovine N'Dama est précieuse parce qu'elle :
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Réponse C : résiste à la trypanosomose transmise par la mouche tsé-tsé. Cette résistance (trypanotolérance) permet l'élevage dans des zones infestées de glossines.

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