Aller au contenu
Économie · Terminale SM Prépare le BAC

Leçon 32 sur 42

Les pays de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole)

Je sais présenter l'OPEP (création, membres, objectifs, moyens d'action), expliquer son rôle dans les chocs pétroliers et montrer pourquoi la richesse pétrolière n'entraîne pas automatiquement le développement.

  • 45 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Présenter la création, le siège et les membres de l'OPEP
  • Expliquer les objectifs de l'OPEP et l'outil des quotas de production
  • Expliquer les chocs pétroliers de 1973 et 1979 et leurs effets sur les pays importateurs comme la Guinée
  • Montrer les limites du développement fondé sur la rente pétrolière

Avant de commencer : Les leçons sur l'échange inégal, l'endettement des pays sous-développés et les groupes de pays (PMA, pays à revenu intermédiaire, NPI).

1Je découvre

Un matin de saison sèche, Ousmane, chauffeur de taxi-brousse sur la ligne Conakry–Mamou, arrive à la station-service et découvre que le prix du litre de carburant a augmenté. Le soir, les passagers protestent : le prix du transport augmente lui aussi. Au marché, les commerçantes expliquent que le riz et l'huile venus par camion coûtent plus cher.

Ousmane se demande qui décide du prix du pétrole. Son neveu Lansana, en Terminale SM, lui explique que la Guinée n'exploite pas de pétrole et doit donc l'importer. Le prix dépend du marché mondial, sur lequel pèse une organisation de pays producteurs : l'OPEP, dont font partie plusieurs pays africains comme le Nigeria, l'Algérie, la Libye, le Gabon, le Congo et la Guinée équatoriale.

« Mais alors, demande Ousmane, si ces pays vendent si cher leur pétrole, pourquoi certains restent-ils pauvres ? »

Qu'est-ce que l'OPEP, comment agit-elle sur le marché du pétrole, et pourquoi la richesse pétrolière ne suffit-elle pas à assurer le développement ?

2Je comprends

1. La création de l'OPEP

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a été créée le 14 septembre 1960, lors de la conférence de Bagdad, par cinq pays : l'Iran, l'Irak, le Koweït, l'Arabie saoudite et le Venezuela.

Le contexte : dans les années 1950, le pétrole des pays du Sud était exploité par de grandes compagnies occidentales, qui fixaient les prix et gardaient l'essentiel des bénéfices. En 1959 et 1960, ces compagnies baissent les prix affichés sans consulter les pays producteurs, dont les recettes diminuent. Les pays producteurs décident alors de s'unir pour défendre leurs revenus.

Le siège de l'OPEP, d'abord installé à Genève, se trouve à Vienne (Autriche) depuis 1965.

2. Les membres

La composition de l'OPEP change : des pays entrent, sortent, suspendent leur participation. Au 1er mai 2026, elle compte 11 membres :

RégionPays membres (année d'adhésion)
Moyen-OrientArabie saoudite (1960), Iran (1960), Irak (1960), Koweït (1960)
AfriqueLibye (1962), Algérie (1969), Nigeria (1971), Gabon (1975, retour en 2016), Guinée équatoriale (2017), Congo (2018)
Amérique du SudVenezuela (1960)

L'Afrique fournit donc six des onze membres. Plusieurs pays sont partis : le Qatar (2019), l'Équateur (2020), l'Angola (départ annoncé fin 2023 et effectif en janvier 2024, en désaccord sur les quotas) et les Émirats arabes unis (2026).

Depuis fin 2016, l'OPEP coopère avec d'autres grands producteurs qui n'en sont pas membres, dont la Russie : cet ensemble est appelé OPEP+.

3. Les objectifs

Selon ses statuts, l'OPEP cherche à :

  • coordonner et unifier les politiques pétrolières de ses membres ;
  • assurer des prix stables et justes aux pays producteurs ;
  • garantir un approvisionnement régulier des pays consommateurs ;
  • assurer un revenu équitable à ceux qui investissent dans le secteur pétrolier.

4. Les moyens d'action : les quotas

Le principal outil de l'OPEP est le quota de production : lors de ses conférences, l'organisation fixe la quantité maximale de pétrole que chaque membre peut produire.

Le mécanisme repose sur la loi de l'offre et de la demande :

  1. 1L'OPEP veut faire monter le prix du baril
  2. 2Elle décide de baisser les quotas : chaque membre produit moins
  3. 3L'offre mondiale de pétrole diminue alors que la demande reste forte
  4. 4Le prix du baril augmente sur le marché mondial
  5. 5Les recettes des pays exportateurs augmentent (si la baisse des ventes est compensée par la hausse du prix)
Comment une baisse des quotas fait monter le prix.

Inversement, en augmentant les quotas, l'OPEP peut faire baisser les prix. Mais cet outil a des limites : certains membres dépassent leurs quotas pour gagner plus, et les producteurs non membres peuvent augmenter leur production quand les prix montent.

Rappel : le pétrole brut se mesure en barils ; un baril contient environ 159 litres.

5. Les chocs pétroliers

Le premier choc pétrolier (1973-1974). En octobre 1973, lors de la guerre israélo-arabe dite du Kippour, les pays arabes producteurs décrètent un embargo contre les pays qui soutiennent Israël et réduisent leur production. Le prix du baril est multiplié par environ quatre, passant d'environ 3 dollars à environ 12 dollars.

Le deuxième choc pétrolier (1979-1980). La révolution iranienne de 1979, puis la guerre entre l'Iran et l'Irak à partir de 1980, perturbent la production : les prix s'envolent de nouveau.

Le contre-choc de 1986. Les pays consommateurs économisent l'énergie, de nouveaux producteurs apparaissent (mer du Nord, Mexique), et l'Arabie saoudite augmente fortement sa production : les prix s'effondrent.

Exemple

Question : de quel pourcentage le prix du baril a-t-il augmenté lors du premier choc pétrolier, s'il est passé de 3 à 12 dollars ?

Étape 1 : je calcule la variation : 12 − 3 = 9 dollars.

Étape 2 : je divise par la valeur de départ : 9 / 3 = 3.

Étape 3 : je multiplie par 100 : 3 × 100 = 300 %.

Conclusion : le prix a augmenté de 300 %, c'est-à-dire qu'il a été multiplié par 4. Attention : « multiplié par 4 » ne veut pas dire « augmenté de 400 % ».

6. Les effets sur les autres pays du Sud

Les chocs pétroliers ont des effets contrastés.

Pour les pays exportateurs de pétrole, ce sont d'abord d'énormes recettes : les pétrodollars. Ces pays lancent de grands projets (routes, logements, industries, écoles).

Pour les pays importateurs non pétroliers, comme la Guinée, c'est un choc très dur : la facture pétrolière explose, le transport et l'électricité coûtent plus cher, la balance commerciale se dégrade. Pour payer, beaucoup s'endettent.

Or les pétrodollars sont en grande partie placés dans les banques occidentales, qui les prêtent ensuite, à des taux variables, aux pays du Sud. Quand les taux d'intérêt montent fortement au début des années 1980, ces pays ne peuvent plus rembourser : c'est la crise de la dette de 1982, qui commence au Mexique. On voit ainsi le lien entre l'OPEP, les chocs pétroliers et l'endettement étudié dans le chapitre précédent.

Exemple

Situation (chiffres imaginaires) : un pays importe 2 millions de barils par an. Le prix passe de 60 à 90 dollars le baril. De combien augmente sa facture pétrolière ?

Avant : 2 000 000 × 60 = 120 000 000 dollars.

Après : 2 000 000 × 90 = 180 000 000 dollars.

Hausse : 180 000 000 − 120 000 000 = 60 000 000 dollars, soit 60 / 120 = 50 %.

Conclusion : sans rien consommer de plus, le pays doit trouver 60 millions de dollars supplémentaires : il doit exporter davantage, puiser dans ses réserves de change ou emprunter.

7. La rente pétrolière : une richesse qui ne garantit pas le développement

On appelle rente pétrolière le revenu tiré de la vente du pétrole, bien supérieur au coût de son extraction. Elle peut financer le développement, mais elle crée souvent des problèmes, que les économistes appellent la malédiction des ressources :

  • Dépendance : le pétrole représente l'essentiel des exportations et des recettes de l'État ; quand les prix chutent, tout le budget s'effondre (exemple du Venezuela, dont la crise s'est aggravée après la chute des prix de 2014).
  • Le « syndrome hollandais » : l'afflux de devises fait monter la valeur de la monnaie, ce qui rend l'agriculture et l'industrie locales moins compétitives ; le pays importe tout et produit de moins en moins.
  • Mauvaise gouvernance : la rente attire la corruption et les conflits pour son contrôle.
  • Peu d'emplois : l'extraction pétrolière emploie peu de monde par rapport aux sommes produites.

Certains pays s'en sortent mieux : ils placent une partie de la rente dans des fonds souverains pour les générations futures, et diversifient leur économie (tourisme, finance, industrie).

Cette leçon concerne aussi la Guinée : sa richesse est minière (bauxite, or, fer) et non pétrolière, mais les risques sont les mêmes. Bien gérer la rente minière est l'une des conditions de son développement.

Méthode

Pour analyser un pays pétrolier dans une copie :

  1. Je présente sa place dans l'OPEP (date d'adhésion, région).
  2. Je décris la rente : part du pétrole dans les exportations et le budget (si le document la donne).
  3. Je montre les effets positifs (recettes, infrastructures).
  4. Je montre les risques (dépendance, syndrome hollandais, gouvernance).
  5. Je conclus sur la nécessité de diversifier l'économie.

3Je retiens

Je retiens

OPEP : créée le 14 septembre 1960 à Bagdad par l'Iran, l'Irak, le Koweït, l'Arabie saoudite et le Venezuela ; siège à Vienne depuis 1965.

11 membres au 1er mai 2026, dont 6 africains : Algérie, Libye, Nigeria, Gabon, Guinée équatoriale, Congo. OPEP+ (depuis 2016) : OPEP et d'autres producteurs dont la Russie.

Objectifs : coordonner les politiques pétrolières, obtenir des prix stables et justes, assurer l'approvisionnement.

Outil principal : les quotas de production (moins de pétrole produit, prix plus élevé).

Chocs pétroliers : 1973 (prix multiplié par environ 4) et 1979 ; contre-choc en 1986.

Effets : pétrodollars pour les exportateurs, facture alourdie et endettement pour les importateurs comme la Guinée ; recyclage des pétrodollars et crise de la dette de 1982.

La rente pétrolière ne garantit pas le développement : dépendance, syndrome hollandais, mauvaise gouvernance ; il faut diversifier.

4Erreurs fréquentes

  • Croire que la Guinée est membre de l'OPEP : elle ne produit pas de pétrole ; c'est la Guinée équatoriale, pays d'Afrique centrale, qui en est membre.
  • Confondre « multiplié par 4 » et « augmenté de 400 % » : multiplier par 4, c'est augmenter de 300 %.
  • Présenter l'OPEP comme un pays ou une entreprise : c'est une organisation intergouvernementale d'États.
  • Donner une liste de membres sans date : la composition change souvent, il faut préciser l'année.

5Je m’exerce

1Exercice 1

(Questions de cours)

a) Quand, où et par quels pays l'OPEP a-t-elle été créée ?

b) Où se trouve son siège ?

c) Cite quatre membres africains de l'OPEP.

d) Qu'est-ce qu'un quota de production ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Le 14 septembre 1960, à la conférence de Bagdad, par l'Iran, l'Irak, le Koweït, l'Arabie saoudite et le Venezuela.

b) À Vienne, en Autriche, depuis 1965 (auparavant à Genève).

c) L'Algérie, la Libye, le Nigeria, le Gabon (ou la Guinée équatoriale, ou le Congo).

d) C'est la quantité maximale de pétrole qu'un pays membre a le droit de produire, fixée par l'OPEP.

2Exercice 2

(Explication) Explique, étape par étape, comment une décision de l'OPEP de réduire les quotas peut faire augmenter le prix du carburant à Conakry.

Voir le corrigéCacher le corrigé

L'OPEP décide de réduire les quotas : ses membres produisent moins de pétrole. L'offre mondiale diminue alors que la demande reste forte : le prix du baril augmente sur le marché mondial. La Guinée, qui importe tout son carburant, paie plus cher le pétrole raffiné qu'elle achète. Les importateurs répercutent cette hausse, et l'État, s'il ne compense pas par une baisse des taxes ou une subvention, augmente le prix à la pompe. Le litre de carburant coûte donc plus cher à Conakry, ce qui renchérit ensuite le transport et les produits vendus au marché.

3Exercice 3

(Calcul) Un pays exportateur produit 1,5 million de barils par jour, vendus 80 dollars le baril.

a) Calcule sa recette journalière, puis annuelle (365 jours).

b) L'OPEP réduit son quota de 10 % et le prix monte à 90 dollars. Calcule la nouvelle recette journalière. Le pays est-il gagnant ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Recette journalière : 1 500 000 × 80 = 120 000 000 dollars. Recette annuelle : 120 000 000 × 365 = 43 800 000 000 dollars, soit 43,8 milliards de dollars.

b) Nouvelle production : 1 500 000 × 0,9 = 1 350 000 barils par jour. Nouvelle recette : 1 350 000 × 90 = 121 500 000 dollars par jour. C'est 1 500 000 dollars de plus par jour qu'avant : le pays est gagnant, car la hausse du prix (+12,5 %) compense plus que la baisse de la production (−10 %). De plus, il garde du pétrole dans son sous-sol pour plus tard.

4Exercice 4

(Analyse de document) « Les pays à rente pétrolière ont souvent vu leur agriculture et leur industrie reculer pendant les périodes de prix élevés, car il devenait plus facile d'importer que de produire. » (texte rédigé pour l'exercice)

a) Comment appelle-t-on ce phénomène ?

b) Explique-le avec tes mots.

c) Quelle solution peux-tu proposer ?

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Le syndrome hollandais (ou maladie hollandaise).

b) Les grosses recettes en devises tirées du pétrole font monter la valeur de la monnaie nationale et les revenus. Les produits importés deviennent bon marché, tandis que les produits locaux (agriculture, industrie) deviennent chers et peu compétitifs. Les producteurs locaux abandonnent, et le pays dépend de plus en plus du pétrole et des importations.

c) Épargner une partie de la rente dans un fonds souverain, investir dans l'agriculture, la formation et l'industrie de transformation, et éviter une trop forte hausse de la monnaie.

5Exercice 5

(Sujet type BAC) « La richesse pétrolière est-elle un facteur de développement pour les pays de l'OPEP ? » Rédige une introduction, un plan détaillé et une conclusion.

Voir le corrigéCacher le corrigé

Introduction. Créée en 1960 à Bagdad, l'OPEP regroupe des pays qui tirent l'essentiel de leurs revenus de l'exportation du pétrole. Depuis les chocs pétroliers des années 1970, ces pays ont reçu des sommes considérables. Pourtant, certains restent confrontés à la pauvreté et aux crises. La richesse pétrolière est-elle un facteur de développement ?

I. Un atout réel. a) Des recettes importantes (pétrodollars), surtout après 1973 et 1979. b) Le financement d'infrastructures, d'écoles, d'hôpitaux. c) Un poids diplomatique grâce à l'action collective (quotas, OPEP+). d) La constitution de fonds souverains dans certains pays.

II. Un développement souvent incomplet. a) Une forte dépendance aux prix mondiaux : contre-choc de 1986, chute des prix de 2014 et crise vénézuélienne. b) Le syndrome hollandais, qui affaiblit l'agriculture et l'industrie. c) La mauvaise gouvernance et les conflits autour de la rente. d) Peu d'emplois créés par l'extraction.

Conclusion. Le pétrole est une chance, mais pas une garantie : il ne devient un facteur de développement que s'il est bien géré et sert à diversifier l'économie. La leçon vaut aussi pour la Guinée et sa richesse minière.

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1En quelle année l'OPEP a-t-elle été créée ?
Voir la réponse

Réponse B : 1960. Elle a été fondée le 14 septembre 1960 à Bagdad.

2Où se trouve aujourd'hui le siège de l'OPEP ?
Voir la réponse

Réponse C : à Vienne. Installé d'abord à Genève, le siège est à Vienne depuis 1965.

3Lequel de ces pays africains est membre de l'OPEP ?
Voir la réponse

Réponse B : le Nigeria. Le Nigeria est membre depuis 1971 ; la Guinée ne produit pas de pétrole.

4Si le prix du baril passe de 3 à 12 dollars, il a :
Voir la réponse

Réponse B : augmenté de 300 %. (12 − 3) / 3 = 3, soit +300 % : le prix est multiplié par 4.

5Le « syndrome hollandais » désigne :
Voir la réponse

Réponse A : le recul de l'agriculture et de l'industrie causé par l'afflux de recettes d'une ressource naturelle. Les recettes en devises rendent les productions locales moins compétitives que les importations.

Tu as fini la leçon ?

Crée ton compte élève gratuit pour cocher les leçons terminées, suivre ta progression et gagner des points au QCM.

Karamö
Un point pas clair ? Dis-moi ce qui te bloque dans cette leçon : je t’explique autrement, pas à pas. Demander à Karamö

Toutes les leçons de Économie · Terminale SM

Demander à Karamö