Leçon 21 sur 22
Géométrie de l'espace
Je sais utiliser les règles de base de l'espace pour étudier les positions relatives de droites et de plans, démontrer un parallélisme ou une orthogonalité, et calculer des longueurs et des volumes dans les solides usuels.
- 1 h 10
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Connaître les règles d'incidence de l'espace et représenter un solide en perspective cavalière
- Déterminer la position relative de deux droites, d'une droite et d'un plan, de deux plans
- Utiliser les théorèmes de parallélisme, dont le théorème du toit
- Démontrer qu'une droite est orthogonale à un plan
- Calculer longueurs et volumes dans un cube ou une pyramide
Avant de commencer : Géométrie plane (parallèles, perpendiculaires, théorème de Pythagore), solides du collège (cube, pavé, pyramide, cône, cylindre, boule) et leurs volumes.
1Je découvre
À Nzérékoré, Ousmane est maçon. Il monte un pilier en béton pour soutenir la véranda d'une maison. Son apprenti Alpha pose une équerre au pied du pilier, contre le sol, et dit : « Le pilier fait un angle droit avec le sol, c'est bon, il est bien vertical ! »
Ousmane sourit et déplace l'équerre d'un quart de tour autour du pilier : cette fois, l'angle n'est plus droit. « Tu vois ? Un pilier peut être perpendiculaire à une ligne tracée sur le sol tout en étant penché. Il faut vérifier dans deux directions différentes. » Pour aller plus vite, il utilise aussi un fil à plomb.
Pourquoi deux directions suffisent-elles ? Et pourquoi une seule ne suffit-elle pas ? Dans l'espace, les droites et les plans se comportent autrement que dans le plan de ton cahier : deux droites peuvent ne jamais se couper sans être parallèles, par exemple.
Quelles sont les règles qui régissent les droites et les plans de l'espace, et comment démontrer un parallélisme ou une orthogonalité ?
2Je comprends
1. Les règles d'incidence
Dans l'espace, on admet les règles suivantes :
- Par deux points distincts passe une seule droite.
- Par trois points non alignés passe un seul plan. Un plan peut donc être désigné par trois de ses points non alignés : le plan (ABC).
- Si deux points distincts A et B sont dans un plan P, alors toute la droite (AB) est contenue dans P.
- Si deux plans distincts ont un point commun, leur intersection est une droite passant par ce point.
- Dans chaque plan de l'espace, tous les théorèmes de géométrie plane s'appliquent (Pythagore, Thalès…).
Un plan est aussi déterminé par une droite et un point extérieur à cette droite, par deux droites sécantes, ou par deux droites parallèles distinctes.
2. La perspective cavalière
Pour représenter un solide sur une feuille, on utilise la perspective cavalière : les faces de face sont dessinées en vraie grandeur, les arêtes « fuyantes » sont tracées obliquement et raccourcies, les arêtes cachées sont en pointillés. Elle conserve le parallélisme et les milieux, mais pas les angles ni toutes les longueurs : un angle droit peut apparaître aigu sur le dessin.
3. Positions relatives
Deux droites de l'espace sont :
- soit coplanaires (dans un même plan) : elles sont alors sécantes (un point commun) ou parallèles (confondues ou sans point commun) ;
- soit non coplanaires : aucun plan ne les contient, et elles n'ont aucun point commun.
Attention : dans l'espace, deux droites sans point commun ne sont pas forcément parallèles. Dans le cube, (AB) et (CG) ne se coupent pas et ne sont pas parallèles : elles sont non coplanaires.
Une droite et un plan : la droite est contenue dans le plan, ou sécante au plan (un seul point commun), ou strictement parallèle au plan (aucun point commun).
Deux plans : ils sont sécants (leur intersection est une droite) ou parallèles (confondus ou sans point commun).
4. Théorèmes de parallélisme
- T1. Si une droite d est parallèle à une droite d' contenue dans un plan P, alors d est parallèle à P.
- T2. Si un plan P contient deux droites sécantes parallèles à un plan Q, alors P et Q sont parallèles.
- T3. Si deux plans sont parallèles, tout plan qui coupe l'un coupe l'autre, et les deux droites d'intersection sont parallèles.
- T4 (théorème du toit). Si d et d' sont deux droites parallèles, d contenue dans un plan P, d' contenue dans un plan P', et si P et P' sont sécants selon une droite Δ, alors Δ est parallèle à d et à d'.
Le nom vient de l'image d'un toit : les deux pans se coupent selon la ligne de faîte, parallèle aux bords du toit.
Exemple
SABCD est une pyramide dont la base ABCD est un parallélogramme. Déterminer l'intersection des plans (SAB) et (SCD).
Les deux plans ont le point S en commun et sont distincts : leur intersection est une droite Δ passant par S.
(AB) est contenue dans (SAB), (CD) est contenue dans (SCD), et (AB) // (CD) car ABCD est un parallélogramme.
D'après le théorème du toit, Δ est parallèle à (AB).
Conclusion : l'intersection est la droite passant par S et parallèle à (AB).
5. Orthogonalité
Deux droites sont orthogonales si leurs parallèles menées par un même point sont perpendiculaires. Elles ne sont pas forcément sécantes : dans le cube, (AB) et (CG) sont orthogonales (car (CG) // (BF) et (AB) ⊥ (BF)) sans se couper. Le mot « perpendiculaires » est réservé à deux droites orthogonales et sécantes.
Définition. Une droite d est orthogonale à un plan P si elle est orthogonale à toutes les droites de P.
Théorème (critère pratique). Une droite est orthogonale à un plan si et seulement si elle est orthogonale à deux droites sécantes de ce plan.
C'est exactement ce que fait Ousmane : il vérifie l'angle droit dans deux directions différentes du sol. Une seule direction ne suffit pas, car un pilier penché peut rester perpendiculaire à une ligne du sol.
Conséquence très utilisée : si d ⊥ P, alors d est orthogonale à n'importe quelle droite de P.
Exemple
Dans le cube ABCDEFGH, démontrer que (BD) est orthogonale au plan (ACG), puis que (BD) ⊥ (AG) au sens de l'orthogonalité.
(BD) ⊥ (AC) : ce sont les diagonales du carré ABCD.
(AE) est orthogonale au plan (ABC), donc à (BD) qui est dans ce plan ; et (CG) // (AE), donc (BD) est orthogonale à (CG).
(AC) et (CG) sont deux droites sécantes (en C) du plan (ACG). Donc (BD) est orthogonale au plan (ACG).
La droite (AG) est contenue dans le plan (ACG) (A et G y sont), donc (BD) est orthogonale à (AG).
- 1Je repère le plan P et deux droites sécantes de P.
- 2Je montre que d est orthogonale à la première droite (carré, triangle isocèle, Pythagore…).
- 3Je montre que d est orthogonale à la seconde droite.
- 4Je conclus : d est orthogonale au plan P.
- 5J'en déduis que d est orthogonale à toute droite de P, par exemple celle demandée.
6. Longueurs et volumes
Dans un cube d'arête a : diagonale d'une face a√2 ; grande diagonale a√3. En effet, dans le triangle ACG rectangle en C (car (CG) ⊥ (ABC)) : AG2 = AC2 + CG2 = 2a2 + a2 = 3a2.
| Solide | Volume |
|---|---|
| Pavé droit (L, ell, h) | L × ell × h |
| Cylindre (rayon r, hauteur h) | π r2 h |
| Pyramide (base d'aire mathcalB, hauteur h) | 13mathcalB × h |
| Cône (rayon r, hauteur h) | 13π r2 h |
| Boule (rayon r) | 43π r3 |
Exemple
Une pyramide régulière SABCD a pour base un carré de côté 6 cm, de centre O, et pour hauteur SO = 4 cm. Calculer son volume et la longueur SA.
Aire de la base : 6² = 36 cm². Volume : (1/3) × 36 × 4 = 48 cm³.
OA est la moitié de la diagonale du carré : AC = 6√2, donc OA = 3√2 cm.
(SO) est orthogonale au plan de base, donc à (OA) : le triangle SOA est rectangle en O.
SA² = SO² + OA² = 16 + 18 = 34, donc SA = √34 ≈ 5,83 cm.
3Je retiens
Je retiens
Trois points non alignés définissent un plan ; deux plans distincts qui se coupent le font selon une droite.
Deux droites de l'espace : coplanaires (sécantes ou parallèles) ou non coplanaires.
Théorème du toit : deux plans sécants contenant deux droites parallèles se coupent selon une droite parallèle à ces deux droites.
Deux plans parallèles sont coupés par un troisième plan selon deux droites parallèles.
Une droite est orthogonale à un plan si elle est orthogonale à deux droites sécantes de ce plan ; elle est alors orthogonale à toutes les droites du plan.
Cube d'arête a : diagonale de face a√2, grande diagonale a√3. Pyramide et cône : V = (1/3) × aire de base × hauteur.
4Erreurs fréquentes
- Croire que deux droites sans point commun sont parallèles : dans l'espace, elles peuvent être non coplanaires.
- Conclure qu'une droite est orthogonale à un plan en vérifiant une seule droite du plan : il en faut deux, sécantes.
- Lire un angle droit sur le dessin en perspective : la perspective cavalière déforme les angles, il faut le démontrer.
- Oublier le facteur 1/3 dans le volume d'une pyramide ou d'un cône.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Dans le cube ABCDEFGH (face ABCD en bas, E au-dessus de A, F au-dessus de B, etc.), donne la position relative des droites :
a) (AB) et (HG) b) (AB) et (FG) c) (AC) et (EG) d) (AC) et (BD) e) (AE) et (BC)
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) (HG) // (DC) et (DC) // (AB) : (AB) et (HG) sont parallèles (strictement).
b) (AB) et (FG) n'ont pas de point commun et ne sont pas parallèles ((FG) // (BC) et (BC) coupe (AB)) : elles sont non coplanaires. Elles sont de plus orthogonales, car (FG) // (BC) et (AB) ⊥ (BC).
c) ACGE est un rectangle, donc (AC) // (EG).
d) (AC) et (BD) sont les diagonales du carré ABCD : elles sont sécantes (et perpendiculaires) en son centre.
e) (AE) et (BC) n'ont aucun point commun et ne sont pas parallèles : non coplanaires (et orthogonales, car (BC) // (AD) et (AE) ⊥ (AD)).
2Exercice 2
Dans le même cube, donne la position relative :
a) de la droite (EF) et du plan (ABC) ; b) de la droite (AG) et du plan (ABC) ; c) des plans (ABF) et (DCG).
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) (EF) // (AB) et (AB) est dans (ABC) ; (EF) n'a aucun point dans le plan du bas : (EF) est strictement parallèle à (ABC) (théorème T1).
b) (AG) passe par A, qui est dans (ABC), et G n'y est pas : la droite est sécante au plan, en A.
c) Les faces ABFE et DCGH sont opposées : les plans (ABF) et (DCG) sont parallèles.
3Exercice 3
Dans le cube, démontre que la droite (AC) est orthogonale au plan (BDH). Déduis-en que (AC) est orthogonale à (BH).
Voir le corrigéCacher le corrigé
(AC) ⊥ (BD) (diagonales du carré ABCD). (DH) est orthogonale au plan (ABC), donc à (AC) qui est dans ce plan. (BD) et (DH) sont deux droites sécantes (en D) du plan (BDH). Donc (AC) est orthogonale au plan (BDH).
B et H appartiennent au plan (BDH), donc (BH) est dans ce plan et (AC) est orthogonale à (BH).
4Exercice 4
SABCD est une pyramide de base le trapèze ABCD avec (AB) // (CD). Détermine l'intersection des plans (SAB) et (SCD), en justifiant.
Voir le corrigéCacher le corrigé
Les plans (SAB) et (SCD) sont distincts et ont le point S en commun : ils se coupent selon une droite Δ passant par S. (AB) ⊂ (SAB), (CD) ⊂ (SCD) et (AB) // (CD). D'après le théorème du toit, Δ est parallèle à (AB) (et à (CD)). L'intersection est la parallèle à (AB) passant par S.
5Exercice 5
(Type examen) ABCDEFGH est un cube d'arête 6 cm.
a) Calcule AC, puis AG.
b) Montre que le triangle BDE est équilatéral et calcule son aire.
c) Calcule le volume du tétraèdre ABDE.
Voir le corrigéCacher le corrigé
a) ABC est rectangle en B : AC2 = 36 + 36 = 72, AC = 6√2 cm. ACG est rectangle en C : AG2 = 72 + 36 = 108, AG = √108 = 6√3 cm ≈ 10,39 cm.
b) BD, BE et DE sont des diagonales de faces carrées de côté 6 : elles mesurent toutes 6√2 cm. Le triangle BDE est équilatéral. Son aire vaut √34 × (6√2)2 = √34 × 72 = 18√3 cm² ≈ 31,18 cm².
c) On prend pour base le triangle ABD, rectangle en A : aire 6 × 62 = 18 cm². La hauteur correspondante est AE = 6 cm, car (AE) ⊥ (ABD). Volume : 13 × 18 × 6 = 36 cm³.
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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