Leçon 8 sur 24
Le capital et les ressources naturelles
Je sais distinguer les différentes formes de capital, calculer un amortissement et classer un investissement, puis présenter les ressources naturelles, en particulier celles de la Guinée, et expliquer pourquoi il faut les gérer de façon durable.
- 50 min
- 5 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Distinguer capital technique (fixe et circulant), capital financier et capital humain
- Calculer une dotation aux amortissements linéaire et une valeur nette
- Classer les investissements (remplacement, capacité, productivité) et distinguer investissement brut et net
- Classer les ressources naturelles et présenter celles de la Guinée et leur gestion durable
Avant de commencer : La leçon « Les facteurs de production » (travail, capital, nature, combinaison des facteurs).
1Je découvre
À Fria, Lansana dirige un garage qui répare les camions de transport. Il y a cinq ans, il a acheté un gros cric hydraulique et un compresseur. Aujourd'hui, le compresseur est usé : il tombe souvent en panne. Lansana doit le remplacer ; il pense même à acheter une deuxième machine pour recevoir plus de camions.
Sur la route, les camions qu'il répare transportent vers le port la bauxite extraite du sous-sol de la Basse-Guinée. Lansana se demande : « Mes machines s'usent, je les remplace. Mais la bauxite, une fois extraite, elle ne repousse pas. Que restera-t-il à nos petits-enfants ? »
Qu'est-ce que le capital, comment s'use-t-il et comment le renouvelle-t-on ? Que sont les ressources naturelles, et comment les exploiter sans les épuiser ?
2Je comprends
1. Les différentes formes de capital
Le mot « capital » a plusieurs sens en économie.
a) Le capital technique (ou capital productif) est l'ensemble des biens produits par l'homme et utilisés pour produire d'autres biens et services. Il comprend :
- le capital fixe : les biens d'équipement durables, utilisés pendant plusieurs cycles de production (bâtiments, machines, outils, véhicules, ordinateurs). Chez Lansana : le cric, le compresseur, le garage ;
- le capital circulant : les biens détruits ou transformés au cours d'un seul cycle (huile de moteur, pièces de rechange posées sur les camions, électricité). Ce sont les consommations intermédiaires.
b) Le capital financier désigne l'argent et les titres (actions, obligations) qui permettent d'acheter du capital technique ou de financer une activité. C'est la somme apportée au départ par l'entrepreneur ou par les associés.
c) Le capital humain est l'ensemble des connaissances, compétences et expériences des travailleurs, acquises par l'éducation, l'apprentissage et la pratique. Un mécanicien bien formé répare plus vite et mieux.
| Forme de capital | Contenu | Exemple chez Lansana |
|---|---|---|
| Capital fixe | Équipements durables | Cric, compresseur, bâtiment du garage |
| Capital circulant | Biens détruits en un cycle | Huile, pièces de rechange, électricité |
| Capital financier | Argent, titres | Économies et prêt qui ont servi à acheter les machines |
| Capital humain | Savoirs et savoir-faire | Formation et expérience des mécaniciens |
2. L'usure du capital fixe : l'amortissement
Le capital fixe perd de la valeur avec le temps : il s'use (usure physique) et il devient dépassé par des machines plus modernes (usure technique, ou obsolescence). Cette perte de valeur s'appelle la dépréciation.
L'entreprise enregistre chaque année cette perte : c'est la dotation aux amortissements. Elle permet de mettre de côté, année après année, de quoi remplacer l'équipement quand il sera hors d'usage.
La méthode la plus simple est l'amortissement linéaire : la perte de valeur est la même chaque année.
dotation annuelle = valeur d'originedurée d'utilisation (en années)
valeur nette = valeur d'origine - cumul des amortissements
Exemple
Situation : Lansana a acheté un compresseur 24 000 000 GNF. Il pense l'utiliser 5 ans.
- Dotation annuelle : 24 000 0005 = 4 800 000 GNF par an.
- Cumul après 2 ans : 2 × 4 800 000 = 9 600 000 GNF.
- Valeur nette après 2 ans : 24 000 000 - 9 600 000 = 14 400 000 GNF.
- Après 5 ans : cumul 5 × 4 800 000 = 24 000 000 GNF ; valeur nette = 0 : le compresseur est entièrement amorti.
| Fin d'année | Dotation (GNF) | Cumul (GNF) | Valeur nette (GNF) |
|---|---|---|---|
| 1 | 4 800 000 | 4 800 000 | 19 200 000 |
| 2 | 4 800 000 | 9 600 000 | 14 400 000 |
| 3 | 4 800 000 | 14 400 000 | 9 600 000 |
| 4 | 4 800 000 | 19 200 000 | 4 800 000 |
| 5 | 4 800 000 | 24 000 000 | 0 |
3. L'investissement : renouveler et accroître le capital
Investir, en économie, c'est acquérir des biens de capital fixe (machines, bâtiments, véhicules) pour produire. Attention : acheter une maison pour y habiter est aussi compté comme investissement des ménages, mais acheter un téléviseur pour la famille est une consommation.
On distingue trois types d'investissement selon leur but :
- l'investissement de remplacement (ou de renouvellement) : remplacer le capital usé, pour garder la même capacité de production. Lansana remplace son vieux compresseur ;
- l'investissement de capacité (ou d'extension) : augmenter la quantité produite en ajoutant des équipements. Lansana achète une deuxième machine pour recevoir plus de camions ;
- l'investissement de productivité (ou de modernisation) : acheter des équipements plus performants pour produire plus avec autant ou moins de travail, ou produire à moindre coût. Lansana achète un appareil de diagnostic électronique qui trouve les pannes deux fois plus vite.
On parle aussi d'investissement immatériel : formation du personnel, recherche, logiciels, publicité.
Investissement brut et investissement net :
investissement brut = investissement de remplacement + investissement net
L'investissement net est la partie qui augmente réellement le stock de capital.
Exemple
Question : « Cette année, Lansana dépense 30 000 000 GNF en équipements : 10 000 000 GNF pour un compresseur neuf qui remplace l'ancien, et 20 000 000 GNF pour un pont élévateur supplémentaire. Calcule l'investissement brut et l'investissement net. »
- Investissement brut (tout ce qui est acheté) : 30 000 000 GNF.
- Investissement de remplacement : 10 000 000 GNF (il ne fait que maintenir le capital).
- Investissement net : 30 000 000 - 10 000 000 = 20 000 000 GNF (le pont élévateur, qui est un investissement de capacité).
- 1L'entreprise achète un équipement : c'est un investissement
- 2Il sert pendant plusieurs années et s'use
- 3Chaque année, on enregistre une dotation aux amortissements
- 4En fin de vie, on le remplace : investissement de remplacement
- 5Si on ajoute ou modernise : investissement de capacité ou de productivité
4. Les ressources naturelles
Les ressources naturelles sont les richesses fournies par la nature, que l'homme n'a pas produites mais qu'il peut exploiter : sols, eau, forêts, faune, poissons, minerais, énergie du soleil et du vent.
On les classe en deux grandes catégories :
- Se reconstituent naturellement
- Eau, forêts, sols, poissons
- Soleil, vent, cours d'eau
- Risque : la surexploitation
- Stock limité, ne se reconstitue pas à l'échelle humaine
- Bauxite, fer, or, diamants, pétrole
- Minerais du sous-sol
- Risque : l'épuisement du gisement
5. Les ressources naturelles de la Guinée
La Guinée possède des ressources naturelles abondantes et variées :
- La bauxite, minerai dont on tire l'alumine puis l'aluminium. Les réserves guinéennes sont parmi les plus importantes du monde, surtout dans la région de Boké et en Basse-Guinée (Fria, Kindia). La Guinée dispose d'une usine d'alumine à Fria, mais la plus grande partie de la bauxite est exportée à l'état brut.
- Le fer, notamment dans les monts Simandou et les monts Nimba, en Guinée forestière.
- L'or, surtout en Haute-Guinée (région de Siguiri), exploité par des sociétés et par de nombreux orpailleurs.
- Les diamants, en Guinée forestière et en Haute-Guinée (région de Kérouané).
- L'eau : le Fouta-Djallon est appelé le « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest », car le Niger, le Sénégal (par le Bafing) et la Gambie y prennent leur source. Ces cours d'eau offrent un grand potentiel hydroélectrique, déjà exploité par des barrages sur le Konkouré (Garafiri, Kaléta, Souapiti).
- Les terres agricoles, les forêts (Guinée forestière), les pâturages (Fouta-Djallon) et les ressources de la mer (pêche sur la façade atlantique).
6. Exploiter sans épuiser : la gestion durable
Les ressources naturelles sont un atout, à trois conditions :
- les mettre en valeur avec du travail et du capital : un gisement non exploité ne produit rien ;
- les transformer sur place autant que possible : vendre de l'alumine ou de l'aluminium rapporte plus de valeur ajoutée et d'emplois que vendre de la bauxite brute ;
- les préserver : éviter la déforestation (charbon de bois, feux de brousse), la pollution des rivières par l'orpaillage (mercure), la surpêche, l'érosion des sols. Il faut aussi réhabiliter les sites miniers après exploitation.
On appelle développement durable un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Pour les ressources non renouvelables, cela signifie aussi utiliser les revenus miniers pour construire d'autres formes de capital (écoles, routes, capital humain) qui resteront après l'épuisement des gisements.
Méthode
Pour calculer un amortissement linéaire :
- Je relève la valeur d'origine du bien et sa durée d'utilisation.
- Dotation annuelle = valeur d'origine ÷ durée.
- Cumul après n années = n × dotation annuelle.
- Valeur nette = valeur d'origine − cumul.
- Je vérifie : à la fin de la durée, la valeur nette doit être nulle.
3Je retiens
Je retiens
Capital technique : biens produits servant à produire ; capital fixe (durable, plusieurs cycles) et capital circulant (détruit en un cycle). Capital financier : argent et titres. Capital humain : savoirs et savoir-faire.
Amortissement linéaire : dotation = valeur d'origine ÷ durée ; valeur nette = valeur d'origine − cumul des amortissements.
Investissement : acquisition de capital fixe ; de remplacement, de capacité, de productivité ; brut = remplacement + net.
Ressources naturelles renouvelables (eau, forêts, sols, poissons) et non renouvelables (minerais).
Guinée : bauxite (réserves parmi les plus importantes du monde), fer (Simandou, Nimba), or (Siguiri), diamants, eau (Fouta-Djallon, château d'eau), terres, forêts, mer.
Développement durable : satisfaire les besoins présents sans compromettre ceux des générations futures.
4Erreurs fréquentes
- Confondre capital fixe et capital circulant : le carburant d'un camion est du capital circulant, le camion est du capital fixe.
- Appeler « investissement » un simple placement d'argent ou l'achat d'un bien de consommation : en économie, investir, c'est acheter du capital fixe pour produire.
- Oublier de retirer le remplacement pour trouver l'investissement net.
- Croire qu'une ressource renouvelable est inépuisable : une forêt ou un stock de poissons surexploités peuvent disparaître.
5Je m’exerce
1Exercice 1
(Questions de cours)
a) Définis le capital technique et distingue capital fixe et capital circulant.
b) Qu'est-ce que l'investissement de productivité ?
c) Définis le développement durable.
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a) Le capital technique est l'ensemble des biens produits par l'homme et utilisés pour produire. Le capital fixe est durable et sert pendant plusieurs cycles de production (machines, bâtiments) ; le capital circulant est détruit ou transformé au cours d'un seul cycle (matières premières, énergie).
b) C'est un investissement qui vise à produire plus efficacement, avec des équipements plus performants, pour produire davantage avec autant ou moins de travail, ou à moindre coût.
c) C'est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
2Exercice 2
(Classer) Classe en capital fixe ou capital circulant, pour une boulangerie de Mamou : le four ; la farine ; le pétrin mécanique ; le bois de chauffe ; le local ; la levure ; la camionnette de livraison ; le carburant de la camionnette.
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Capital fixe : le four, le pétrin mécanique, le local, la camionnette. Capital circulant : la farine, le bois de chauffe, la levure, le carburant.
3Exercice 3
(Amortissement) Une menuiserie achète une scie électrique 12 000 000 GNF, qu'elle compte utiliser 4 ans.
a) Calcule la dotation annuelle aux amortissements.
b) Dresse le tableau d'amortissement (dotation, cumul, valeur nette pour chaque année).
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a) Dotation annuelle : 12 000 0004 = 3 000 000 GNF.
b)
| Fin d'année | Dotation (GNF) | Cumul (GNF) | Valeur nette (GNF) |
|---|---|---|---|
| 1 | 3 000 000 | 3 000 000 | 9 000 000 |
| 2 | 3 000 000 | 6 000 000 | 6 000 000 |
| 3 | 3 000 000 | 9 000 000 | 3 000 000 |
| 4 | 3 000 000 | 12 000 000 | 0 |
4Exercice 4
(Investissement) Une entreprise de transport de Kankan achète cette année trois minibus à 150 000 000 GNF chacun. Deux remplacent des minibus hors d'usage ; le troisième permet d'ouvrir une nouvelle ligne.
a) Calcule l'investissement brut.
b) Calcule l'investissement de remplacement et l'investissement net.
c) Quel type d'investissement représente le troisième minibus ?
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a) Investissement brut : 3 × 150 000 000 = 450 000 000 GNF.
b) Remplacement : 2 × 150 000 000 = 300 000 000 GNF. Investissement net : 450 000 000 - 300 000 000 = 150 000 000 GNF.
c) Un investissement de capacité (ou d'extension) : il augmente la capacité de transport de l'entreprise.
5Exercice 5
(Ressources naturelles, type examen)
a) Classe en ressources renouvelables ou non renouvelables : bauxite, forêt de Guinée forestière, eau du Niger, or de Siguiri, poissons de la côte, sols du Fouta-Djallon.
b) Pourquoi appelle-t-on le Fouta-Djallon le « château d'eau de l'Afrique de l'Ouest » ?
c) Explique pourquoi transformer la bauxite en alumine en Guinée serait plus avantageux que l'exporter brute.
d) Propose deux mesures pour une exploitation plus durable des ressources naturelles guinéennes.
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a) Renouvelables : forêt, eau du Niger, poissons, sols (s'ils sont bien entretenus). Non renouvelables : bauxite, or.
b) Parce que plusieurs grands fleuves d'Afrique de l'Ouest, dont le Niger, le Sénégal (par le Bafing) et la Gambie, y prennent leur source.
c) Transformer la bauxite sur place crée davantage de valeur ajoutée en Guinée : des emplois dans les usines, des revenus plus élevés, plus de recettes pour l'État, et l'alumine se vend plus cher que la bauxite brute.
d) Par exemple : lutter contre les feux de brousse et replanter des arbres ; interdire le mercure dans l'orpaillage et réhabiliter les sites miniers ; limiter la pêche pendant les périodes de reproduction ; utiliser les recettes minières pour financer l'éducation et les infrastructures (deux mesures suffisent).
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6Je vérifie
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