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Français · 9e

Leçon 5 sur 51

La phrase complexe

Je sais découper une phrase complexe en propositions, dire comment elles sont reliées (juxtaposition, coordination, subordination) et nommer chaque proposition.

  • 50 min
  • 5 exercices corrigés
  • 1 schéma
  • QCM de 5 questions

À la fin de la leçon, tu sauras :

  • Compter les propositions d'une phrase complexe et les délimiter
  • Distinguer juxtaposition, coordination et subordination
  • Nommer les propositions (indépendante, principale, subordonnée) et reconnaître les grandes sortes de subordonnées

Avant de commencer : Savoir ce qu'est une phrase simple et un verbe conjugué ; connaître les conjonctions de coordination et de subordination (leçons précédentes).

1Je découvre

Mariama lit à haute voix un conte que sa grand-mère lui racontait à Pita :

« Le lièvre avait faim. Il vit l'hyène qui portait une calebasse de miel. Il s'approcha doucement, il sourit et il dit qu'il connaissait un arbre plein de fruits. L'hyène posa la calebasse parce qu'elle était gourmande. »

Son petit frère Alpha, élève de 7e, compte les phrases : « Il y a quatre phrases. » Mariama sourit : « Oui, mais regarde bien : la première n'a qu'un verbe conjugué. Les autres en ont deux, trois, même quatre ! Ce sont des phrases complexes. »

Alpha fronce les sourcils : « Et comment on découpe une phrase qui a quatre verbes ? Comment les morceaux tiennent-ils ensemble ? »

Comment reconnaître les propositions d'une phrase complexe et la manière dont elles sont reliées ?

2Je comprends

1. Phrase complexe et proposition

La proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. Une phrase complexe contient plusieurs propositions, donc plusieurs verbes conjugués.

Règle d'or : il y a autant de propositions que de verbes conjugués.

« Il s'approcha doucement, il sourit et il dit qu'il connaissait un arbre plein de fruits. »

Verbes conjugués : s'approcha, sourit, dit, connaissait → 4 propositions.

Pour délimiter une proposition, on prend le verbe conjugué avec son sujet et ses compléments, jusqu'au mot qui relie ou jusqu'à la ponctuation.

2. Les trois façons de relier des propositions

a) La juxtaposition

Les propositions sont placées côte à côte, séparées par un signe de ponctuation (virgule, point-virgule, deux-points), sans mot de liaison.

« [Il s'approcha doucement], [il sourit]. »

Chaque proposition juxtaposée est indépendante : elle pourrait former une phrase à elle seule.

b) La coordination

Les propositions sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou par un adverbe de liaison (puis, ensuite, pourtant, cependant…).

« [Il sourit] et [il dit quelque chose]. »

Les propositions coordonnées restent indépendantes : elles sont au même niveau.

c) La subordination

Une proposition dépend d'une autre. Celle qui dépend s'appelle la proposition subordonnée ; celle dont elle dépend s'appelle la proposition principale. La subordonnée est introduite par un mot subordonnant : conjonction de subordination (que, quand, parce que, si…), pronom relatif (qui, que, dont, où…) ou mot interrogatif (si, qui, quand, pourquoi…).

« [L'hyène posa la calebasse] parce qu'[elle était gourmande]. »

« L'hyène posa la calebasse » : principale. « parce qu'elle était gourmande » : subordonnée.

Proposition indépendante
  • Peut former une phrase seule
  • Reliée par ponctuation ou coordination
  • Il pleut, je reste.
  • Au même niveau que sa voisine
Proposition subordonnée
  • Ne peut pas former une phrase seule
  • Introduite par un mot subordonnant
  • Je reste parce qu'il pleut.
  • Dépend d'une proposition principale
Indépendante et subordonnée : la différence essentielle.

3. Les noms des propositions

NomDéfinitionExemple
Indépendantene dépend d'aucune autre et n'a aucune proposition qui dépend d'elle[Le lièvre avait faim.]
Principalea au moins une subordonnée qui dépend d'elle[Il vit l'hyène] qui portait du miel.
Subordonnéedépend d'une autre proposition ; introduite par un subordonnantIl vit l'hyène [qui portait du miel].

Attention : une phrase peut combiner les trois procédés. « Il sourit et il dit qu'il connaissait un arbre » : « Il sourit » est indépendante ; « et il dit » est coordonnée à elle, et c'est aussi une principale, car « qu'il connaissait un arbre » dépend d'elle.

4. Les grandes sortes de propositions subordonnées

Au collège, on distingue surtout :

SubordonnéeMot qui l'introduitFonction habituelleExemple
Relativepronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, lequel…complément de l'antécédent (le nom qu'elle complète)L'hyène [qui portait le miel] était gourmande.
Conjonctive complétiveconjonction « que »COD du verbe le plus souventIl dit [qu'il connaissait un arbre].
Circonstancielleconjonction de subordination : quand, parce que, pour que, si, bien que…complément circonstanciel (temps, cause, but, condition…)Elle posa la calebasse [parce qu'elle était gourmande].
Interrogative indirectesi, qui, quand, où, pourquoi, comment…COD d'un verbe comme demander, savoir, ignorerAlpha demande [comment on découpe la phrase].

Il existe aussi des subordonnées sans mot subordonnant, construites avec un infinitif ou un participe : tu les étudieras dans la leçon sur les propositions participiales.

Les prochaines leçons étudient en détail les subordonnées circonstancielles.

Méthode

Pour analyser une phrase complexe :

  1. Je souligne tous les verbes conjugués et je compte : autant de propositions que de verbes conjugués.
  2. J'entoure les mots qui relient : ponctuation, conjonctions de coordination, mots subordonnants.
  3. Je mets chaque proposition entre crochets [ ].
  4. Je nomme chaque proposition : indépendante, principale ou subordonnée.
  5. Pour chaque subordonnée, je dis sa sorte (relative, complétive, circonstancielle, interrogative indirecte).
  6. Je précise le mode de liaison : juxtaposition, coordination ou subordination.

Exemple

Analyse : « Quand la pluie tomba, les paysans sortirent de leurs cases et ils coururent vers les champs qu'ils venaient de semer. »

Verbes conjugués : tomba, sortirent, coururent, venaient → 4 propositions.

[Quand la pluie tomba] : subordonnée circonstancielle de temps, introduite par « quand ».

[les paysans sortirent de leurs cases] : principale (la subordonnée de temps dépend d'elle).

[et ils coururent vers les champs] : principale coordonnée à la précédente par « et ».

[qu'ils venaient de semer] : subordonnée relative, introduite par « que » (antécédent : « les champs »).

Remarque : « venaient de semer » ne compte que pour un verbe conjugué, « venaient » ; « semer » est un infinitif.

Exemple

Transformer des phrases simples en une phrase complexe, de trois façons :

Phrases de départ : « Le car est en panne. Les voyageurs attendent. »

Juxtaposition : « Le car est en panne, les voyageurs attendent. »

Coordination : « Le car est en panne, donc les voyageurs attendent. »

Subordination : « Les voyageurs attendent parce que le car est en panne. »

La subordination est souvent la façon la plus précise de montrer le lien logique.

5. Pourquoi c'est utile ?

Savoir construire des phrases complexes permet d'exprimer les liens entre les idées (cause, conséquence, opposition, temps). Mais attention : une phrase trop longue, avec cinq ou six propositions mal reliées, devient confuse. Un bon texte alterne phrases simples et phrases complexes.

3Je retiens

Je retiens

Une phrase complexe contient plusieurs propositions : autant de propositions que de verbes conjugués.

Juxtaposition : propositions séparées par une ponctuation, sans mot de liaison.

Coordination : propositions reliées par une conjonction de coordination ou un adverbe de liaison.

Subordination : une proposition subordonnée dépend d'une proposition principale et est introduite par un mot subordonnant.

Proposition indépendante : ne dépend d'aucune autre et n'a pas de subordonnée.

Principales sortes de subordonnées : relative (qui, que, dont, où), complétive (que), circonstancielle (quand, parce que, si…), interrogative indirecte.

4Erreurs fréquentes

  • Compter les infinitifs et les participes comme des propositions : dans « Il veut partir », il n'y a qu'une proposition.
  • Oublier que deux propositions coordonnées peuvent aussi être principales : il faut regarder si une subordonnée dépend d'elles.
  • Confondre « que » relatif et « que » conjonction : si « que » a un antécédent (un nom qu'il remplace), la subordonnée est relative ; sinon, elle est complétive.
  • Couper une subordonnée de sa principale par un point : « Il est parti. Parce qu'il était en retard. » est une faute. Écris : « Il est parti parce qu'il était en retard. »

5Je m’exerce

1Exercice 1

Compte les propositions de chaque phrase en relevant les verbes conjugués.

a) Le soleil se couche sur le fleuve Niger.

b) Le soleil se couche, les pêcheurs rentrent, les femmes allument le feu.

c) Ibrahima voudrait devenir médecin.

d) Je sais que tu travailles bien quand tu es concentré.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Un verbe conjugué (« se couche ») : 1 proposition (phrase simple).

b) Trois verbes conjugués (« se couche », « rentrent », « allument ») : 3 propositions.

c) Un verbe conjugué (« voudrait ») ; « devenir » est un infinitif : 1 proposition.

d) Trois verbes conjugués (« sais », « travailles », « es ») : 3 propositions.

2Exercice 2

Dis si les propositions sont juxtaposées, coordonnées ou subordonnées.

a) Il faisait chaud, nous sommes allés à l'ombre du fromager.

b) Il faisait chaud, mais nous avons continué à travailler.

c) Comme il faisait chaud, nous nous sommes reposés.

d) Kadiatou chante et sa sœur danse.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Juxtaposées (séparées par une virgule, sans mot de liaison).

b) Coordonnées (par la conjonction « mais »).

c) Subordination : « Comme il faisait chaud » est une subordonnée circonstancielle de cause.

d) Coordonnées (par la conjonction « et »).

3Exercice 3

Mets les propositions entre crochets et nomme-les (indépendante, principale, subordonnée).

a) L'élève qui a gagné le concours vient de Nzérékoré.

b) Le vent souffle ; les arbres plient.

c) Nous partirons quand la pluie s'arrêtera.

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a) [L'élève … vient de Nzérékoré] : principale ; [qui a gagné le concours] : subordonnée relative, enchâssée dans la principale, antécédent « l'élève ».

b) [Le vent souffle] : indépendante ; [les arbres plient] : indépendante juxtaposée.

c) [Nous partirons] : principale ; [quand la pluie s'arrêtera] : subordonnée circonstancielle de temps.

4Exercice 4

Dis de quelle sorte est chaque subordonnée en italique (relative, complétive, circonstancielle, interrogative indirecte).

a) Mon père dit que la récolte sera bonne.

b) Voici le puits où les femmes puisent l'eau.

c) Je me demande pourquoi le car est en retard.

d) Les élèves se taisent dès que le directeur entre.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Complétive (introduite par la conjonction « que », COD de « dit »).

b) Relative (introduite par le pronom relatif « où », antécédent « le puits »).

c) Interrogative indirecte (introduite par « pourquoi », COD de « me demande »).

d) Circonstancielle de temps (introduite par « dès que »).

5Exercice 5

(Format BEPC) Lis le passage, puis réponds.

« Lorsque l'harmattan souffle sur la Haute-Guinée, l'air devient sec et la poussière couvre tout. Les enfants qui vont à l'école se protègent le visage, car le vent pique les yeux. »

a) Combien de propositions contient chacune des deux phrases ? Justifie.

b) Découpe la première phrase en propositions et nomme-les.

c) Relève une proposition subordonnée relative et donne son antécédent.

d) Quel est le mode de liaison introduit par « car » ? Réécris cette partie en utilisant la subordination.

Voir le corrigéCacher le corrigé

a) Première phrase : 3 verbes conjugués (« souffle », « devient », « couvre ») → 3 propositions. Deuxième phrase : 3 verbes conjugués (« vont », « se protègent », « pique ») → 3 propositions.

b) [Lorsque l'harmattan souffle sur la Haute-Guinée] : subordonnée circonstancielle de temps ; [l'air devient sec] : principale ; [et la poussière couvre tout] : principale coordonnée à la précédente par « et » (la subordonnée de temps porte sur les deux).

c) « qui vont à l'école » : subordonnée relative ; antécédent : « Les enfants ».

d) « car » introduit une coordination (rapport de cause). Avec la subordination : « Les enfants qui vont à l'école se protègent le visage parce que le vent pique les yeux. »

Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.

6Je vérifie

Choisis une réponse pour chaque question : la correction s’affiche aussitôt.

1Combien de propositions contient la phrase : « Le maître entre, les élèves se lèvent et ils saluent » ?
Voir la réponse

Réponse C : trois. Trois verbes conjugués : entre, se lèvent, saluent.

2« Il pleut, je reste à la maison. » Les propositions sont :
Voir la réponse

Réponse A : juxtaposées. Elles sont séparées par une virgule, sans mot de liaison.

3Dans « Je pense que tu as raison », la proposition « que tu as raison » est :
Voir la réponse

Réponse B : une complétive. « que » est ici une conjonction qui ne remplace aucun nom : la subordonnée est complétive, COD de « pense ».

4Qu'est-ce qu'une proposition principale ?
Voir la réponse

Réponse B : une proposition dont dépend au moins une subordonnée. La principale peut être placée n'importe où ; ce qui la définit, c'est qu'une subordonnée dépend d'elle.

5Quelle phrase est complexe ?
Voir la réponse

Réponse C : Fanta chante pendant que sa sœur cuisine.. Elle contient deux verbes conjugués (« chante », « cuisine »), donc deux propositions.

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