Leçon 43 sur 51
La vie en société (texte 3)
Je sais expliquer un texte sur le bien commun et la responsabilité de chaque citoyen dans la vie en société, et je sais donner mon avis argumenté sur ce thème.
- 50 min
- 6 exercices corrigés
- 2 schémas
- QCM de 5 questions
À la fin de la leçon, tu sauras :
- Maîtriser le vocabulaire du civisme (bien commun, citoyen, civisme, droits, devoirs, insalubrité)
- Expliquer un texte qui mêle récit et argumentation
- Étudier l'expression de l'obligation (il faut que + subjonctif, devoir + infinitif)
- Rédiger un appel au civisme de quelques lignes
Avant de commencer : La démarche de la lecture expliquée ; le subjonctif présent
1Je découvre
Au marché de Labé, après une forte pluie, les caniveaux débordent. L'eau sale envahit les allées, charriant des sachets plastiques, des épluchures et des bouteilles vides. Les vendeuses soulèvent leurs pagnes, les clients sautent d'une pierre à l'autre. Aïssatou, qui vend des oignons avec sa tante, soupire : « Chaque année, c'est pareil ! La mairie devrait nettoyer ! »
Un vieux tailleur, assis derrière sa machine à coudre, lui répond calmement : « Ma fille, la mairie ramasse ce qu'elle peut. Mais qui a jeté ces sachets dans le caniveau ? Ni le maire ni le vent : c'est nous. »
Aïssatou se tait. Elle repense aux sachets d'eau qu'elle-même jette par terre sans y penser.
À qui appartient ce qui est à tout le monde, et qui doit en prendre soin ? Comment un texte peut-il faire réfléchir aux devoirs de chacun dans la vie en société ?
2Je comprends
1. Le bien commun et le civisme
Dans une société, certaines choses n'appartiennent à personne en particulier, mais à tous : la rue, le marché, l'école publique, le dispensaire, les fontaines, les forêts, les fleuves, les ponts. C'est le bien commun ou le bien public. Chaque personne en profite, et chaque personne a donc le devoir d'en prendre soin.
Le civisme est l'attitude du citoyen qui respecte les lois, les autres et le bien commun, et qui participe à la vie de sa communauté. Son contraire est l'incivisme.
| Mot | Sens |
|---|---|
| le citoyen, la citoyenne | membre d'un pays, qui a des droits et des devoirs |
| le civisme | le respect des lois et du bien commun, le sens de ses devoirs de citoyen |
| l'incivisme | le manque de civisme (jeter ses ordures dans la rue, dégrader un bien public) |
| les droits | ce que chacun peut exiger (aller à l'école, être soigné, être protégé) |
| les devoirs | ce que chacun doit faire (respecter la loi, les autres, le bien commun) |
| la salubrité | l'état de ce qui est propre et bon pour la santé |
| l'insalubrité | l'état de ce qui est sale et dangereux pour la santé |
| un dépotoir | un lieu où l'on jette les ordures |
| la responsabilité | le fait de devoir répondre de ses actes |
| se mobiliser | se réunir et agir ensemble pour une cause |
Les droits et les devoirs vont ensemble : j'ai le droit de marcher dans une rue propre, j'ai donc le devoir de ne pas la salir.
2. Le texte à expliquer
Texte (écrit pour Kharandi) : « Ce qui est à tous »
> (1) Dans notre quartier, il y avait un caniveau que tout le monde détestait. (2) On l'appelait « la rivière noire ». (3) Chacun y jetait ce qui l'encombrait : sachets, bouteilles, restes de repas, et même, une fois, une vieille chaise. (4) Chacun se plaignait aussi de l'odeur, des moustiques, des enfants malades du paludisme. (5) Mais personne ne se sentait coupable : la rivière noire était à tout le monde, donc à personne. (6) Un samedi, Sékou, un élève de 9e, arriva avec une pelle et un vieux seau. (7) Il se mit à creuser seul, sous les rires de quelques passants. (8) Le deuxième samedi, trois camarades l'accompagnaient. (9) Le troisième, les mamans apportèrent de l'eau et des brouettes ; les anciens surveillaient et conseillaient. (10) En un mois, la rivière noire était redevenue un simple caniveau où l'eau de pluie coulait librement. (11) Le chef de quartier réunit alors les habitants. (12) « Il faut que chacun comprenne une chose, dit-il. (13) Ce qui est à tous n'est pas à personne : ce qui est à tous est à chacun. (14) Si nous voulons que nos enfants grandissent en bonne santé, nous devons protéger ce que nous partageons. » (15) Ce jour-là, on décida qu'un samedi par mois serait consacré à la propreté du quartier. (16) Et plus personne n'osa jeter sa vieille chaise dans le caniveau.
3. Explication du texte
Situation. C'est un récit au passé, raconté par un narrateur qui fait partie du quartier (« notre quartier ») : on parle de narrateur-témoin. Il se termine par un discours du chef de quartier, qui a une valeur argumentative (il cherche à convaincre). Le thème est le bien commun et le civisme.
Idée générale. Le texte raconte comment l'initiative d'un élève, Sékou, entraîne tout un quartier à nettoyer un caniveau abandonné, et montre que le bien commun est l'affaire de chacun.
Les mouvements.
| Mouvement | Phrases | Contenu |
|---|---|---|
| 1 | 1 à 5 | Un caniveau négligé par tous : l'incivisme |
| 2 | 6 à 10 | L'initiative de Sékou et la mobilisation progressive |
| 3 | 11 à 14 | La leçon du chef de quartier |
| 4 | 15 et 16 | La décision commune et la chute humoristique |
Premier mouvement : l'incivisme. Le surnom « la rivière noire » est une métaphore qui exagère : un caniveau devient une rivière, et la couleur noire évoque la saleté et la mort. L'énumération « sachets, bouteilles, restes de repas, et même, une fois, une vieille chaise » montre l'accumulation des déchets ; la chaise, détail inattendu, fait sourire mais souligne l'absurdité du comportement. La phrase 4 montre les conséquences : « l'odeur, des moustiques, des enfants malades du paludisme ». Le texte établit ainsi un lien de cause à conséquence entre l'insalubrité et la maladie : les eaux stagnantes favorisent les moustiques, qui transmettent le paludisme. Les phrases 3 et 4 commencent toutes deux par « Chacun » : c'est une anaphore qui montre la contradiction : chacun salit, chacun se plaint. La phrase 5 contient l'explication du problème : « la rivière noire était à tout le monde, donc à personne ». C'est un raisonnement faux, que le texte va corriger.
Deuxième mouvement : de un à tous. Sékou agit seul et avec des moyens modestes (« une pelle et un vieux seau »). Les « rires de quelques passants » montrent qu'il faut du courage pour donner l'exemple. La gradation est construite sur les samedis successifs : « Un samedi » (Sékou seul), « Le deuxième samedi » (trois camarades), « Le troisième » (les mamans et les anciens). Chaque génération prend sa part : les jeunes creusent, les mamans apportent eau et brouettes, les anciens conseillent. Le résultat est présenté sobrement : la « rivière noire » est redevenue « un simple caniveau ». La métaphore disparaît avec la saleté.
Troisième mouvement : la leçon. Le chef de quartier emploie des tournures d'obligation : « Il faut que chacun comprenne », « nous devons protéger ». La phrase 13 est une maxime qui répond exactement à la phrase 5 : « Ce qui est à tous n'est pas à personne : ce qui est à tous est à chacun. » L'opposition entre « personne » et « chacun » corrige le raisonnement faux du début. La phrase 14 donne un argument fort : la santé des enfants. La subordonnée de condition « Si nous voulons que… » et le pronom « nous » associent tout le quartier à la décision.
Quatrième mouvement : une décision durable. La décision de consacrer « un samedi par mois » à la propreté montre que l'action devient une habitude collective. La dernière phrase est une chute humoristique : elle reprend le détail de la « vieille chaise » du début. Elle montre, avec le sourire, que les mentalités ont changé.
- 1Incivisme : chacun salit, chacun se plaint, personne n'agit
- 2Un élève agit seul, malgré les moqueries
- 3Trois camarades, puis les mamans et les anciens le rejoignent
- 4Le caniveau est nettoyé en un mois
- 5Le chef de quartier tire la leçon : ce qui est à tous est à chacun
- 6Décision : un samedi par mois pour la propreté du quartier
Exemple
Question : Compare les phrases 5 et 13. Que remarques-tu ?
Réponse rédigée : La phrase 5 affirme que la rivière noire « était à tout le monde, donc à personne » : c'est le raisonnement de ceux qui ne se sentent pas responsables. La phrase 13 le corrige point par point : « Ce qui est à tous n'est pas à personne : ce qui est à tous est à chacun. » Le mot « personne » est remplacé par « chacun ». Le chef de quartier montre ainsi que le bien commun n'est pas un bien abandonné, mais un bien dont chaque habitant est responsable. Le texte est construit sur ce renversement.
Exemple
Question : Pourquoi le narrateur précise-t-il que Sékou se mit à creuser « seul, sous les rires de quelques passants » ?
Réponse rédigée : Ce détail montre le courage de Sékou. Il agit alors que personne ne l'aide, et il accepte même d'être moqué. Il met aussi en valeur la force de l'exemple : celui dont on riait le premier samedi est suivi, trois semaines plus tard, par tout le quartier. Le narrateur montre ainsi qu'une seule personne déterminée peut entraîner les autres.
4. Étude de la langue : exprimer l'obligation
Pour dire ce que l'on doit faire, on peut employer plusieurs tournures :
| Tournure | Exemple | Remarque |
|---|---|---|
| il faut que + subjonctif | « Il faut que chacun comprenne. » | le verbe est au subjonctif |
| il faut + infinitif | « Il faut protéger nos caniveaux. » | sens général |
| devoir + infinitif | « Nous devons protéger ce que nous partageons. » | on précise qui doit agir |
| être obligé de + infinitif | « Nous sommes obligés de nettoyer. » | contrainte plus forte |
| il est interdit de + infinitif | « Il est interdit de jeter des ordures ici. » | obligation négative |
| impératif | « Protégeons notre quartier ! » | appel direct |
Rappel du subjonctif présent : il faut que je fasse, que tu prennes, qu'il comprenne, que nous soyons, que vous ayez, qu'ils aillent.
- Jeter ses sachets dans le caniveau
- Casser un banc de l'école
- Attendre que la mairie fasse tout
- Gaspiller l'eau de la fontaine publique
- Se plaindre sans agir
- Garder ses déchets jusqu'à une poubelle
- Signaler un banc cassé et aider à le réparer
- Participer aux journées de propreté
- Fermer le robinet après usage
- Proposer une solution et donner l'exemple
Méthode
Pour expliquer un texte qui défend une idée (texte à visée argumentative) :
- Je repère le problème posé au début.
- Je relève les faits qui préparent la leçon (ici, les actions de Sékou et du quartier).
- Je cherche la phrase qui exprime la thèse (souvent une maxime au présent).
- Je relève les arguments et les tournures qui cherchent à convaincre (obligation, « nous », condition).
- Je montre comment le début et la fin se répondent.
- Je conclus en donnant mon avis, avec un exemple précis.
3Je retiens
Je retiens
Le bien commun (ou bien public) est ce qui appartient à tous : rues, marchés, écoles, fontaines, forêts, fleuves.
Le civisme est le respect des lois, des autres et du bien commun ; son contraire est l'incivisme.
Droits et devoirs vont ensemble : je profite du bien commun, donc j'en prends soin.
Ce qui est à tous n'est pas à personne : il est à chacun.
Obligation : il faut que + subjonctif ; il faut + infinitif ; devoir + infinitif ; impératif.
Anaphore : répétition d'un même mot en début de phrases ; chute : fin inattendue d'un récit.
4Erreurs fréquentes
- Écrire « il faut que chacun comprend » : après « il faut que », le verbe est au subjonctif : « comprenne ».
- Rejeter toute la responsabilité sur les autres (la mairie, l'État) dans une rédaction : le texte montre que les autorités et les citoyens ont chacun leur part.
- Confondre « civisme » (sens de ses devoirs de citoyen) et « civilité » (politesse).
- Oublier de relier le début et la fin du texte : la chute sur la « vieille chaise » n'a de sens que si l'on se souvient de la phrase 3.
5Je m’exerce
1Exercice 1
Complète avec : civisme, insalubrité, citoyen, dépotoir, se mobiliser.
a) Le terrain vague derrière l'école est devenu un véritable …
b) L'… des rues favorise les maladies.
c) Chaque … a des droits et des devoirs.
d) Pour nettoyer la plage, les jeunes du quartier ont décidé de …
e) Voter, respecter la loi et protéger le bien commun sont des preuves de …
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a) dépotoir ; b) insalubrité ; c) citoyen ; d) se mobiliser ; e) civisme.
2Exercice 2
Classe ces comportements en « civisme » ou « incivisme » : payer ses impôts ; jeter une bouteille par la vitre d'un taxi ; planter un arbre devant l'école ; écrire sur les murs de la classe ; aider à curer le caniveau ; couper l'eau de la fontaine publique après usage.
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Civisme : payer ses impôts ; planter un arbre devant l'école ; aider à curer le caniveau ; couper l'eau de la fontaine publique après usage.
Incivisme : jeter une bouteille par la vitre d'un taxi ; écrire sur les murs de la classe.
3Exercice 3
Mets les verbes entre parenthèses au subjonctif présent.
a) Il faut que nous (être) responsables.
b) Il faut que tu (prendre) soin de ton quartier.
c) Il faut que les habitants (aller) à la réunion.
d) Il faut que vous (faire) un effort.
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a) soyons ; b) prennes ; c) aillent ; d) fassiez.
4Exercice 4
Relève dans le texte :
a) l'anaphore des phrases 3 et 4 ;
b) les étapes de la gradation dans le deuxième mouvement ;
c) deux tournures d'obligation dans le discours du chef de quartier.
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a) « Chacun y jetait… » / « Chacun se plaignait aussi… » : le mot « Chacun » est répété en début de phrase.
b) « Un samedi » : Sékou seul ; « Le deuxième samedi » : trois camarades ; « Le troisième » : les mamans et les anciens.
c) « Il faut que chacun comprenne » ; « nous devons protéger ».
5Exercice 5
(Type examen) Questions sur le texte.
a) Donne l'idée générale du texte.
b) Explique le surnom « la rivière noire ».
c) Quel lien le texte établit-il entre la saleté du caniveau et la santé des habitants ?
d) Explique la dernière phrase du texte.
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a) Le texte raconte comment l'initiative d'un élève entraîne tout un quartier à nettoyer un caniveau abandonné, et montre que le bien commun est l'affaire de chacun.
b) « La rivière noire » est une métaphore qui exagère : le caniveau est si plein d'eau sale et de déchets qu'il ressemble à une rivière. La couleur noire évoque la saleté, la pollution et le danger. Le surnom montre aussi que tout le monde connaît le problème, sans rien faire.
c) Le texte montre que la saleté provoque des maladies : « l'odeur, des moustiques, des enfants malades du paludisme ». L'eau stagnante et les déchets favorisent les moustiques, qui transmettent le paludisme. C'est pour cela que le chef de quartier parle de la santé des enfants : protéger le caniveau, c'est protéger la santé de tous.
d) « Et plus personne n'osa jeter sa vieille chaise dans le caniveau. » Cette phrase reprend avec humour le détail de la vieille chaise du début. Elle montre que les comportements ont changé : les habitants ont compris la leçon et respectent désormais le bien commun. C'est une chute qui termine le texte sur un sourire.
6Exercice 6
(Expression écrite) Tu es délégué de ta classe. Rédige, en huit à dix lignes, un appel à tes camarades pour qu'ils participent à une journée de propreté de la cour de l'école. Emploie au moins deux tournures d'obligation et un impératif.
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Exemple de réponse :
« Chers camarades, notre cour est couverte de sachets et de papiers. Nous nous plaignons de la poussière et des mouches, mais qui a jeté ces déchets ? C'est nous. Il faut que chacun de nous prenne ses responsabilités. Samedi prochain, à huit heures, nous organisons une journée de propreté. Apportez un balai, un seau ou une houe. Nous devons montrer que notre classe a le sens du civisme. Si nous travaillons ensemble, en deux heures, la cour sera propre. Ensuite, nous devrons la garder propre en utilisant les poubelles. Venez nombreux : notre école est à chacun de nous ! »
Cherche d’abord seul, sur ton cahier, puis ouvre le corrigé pour comparer.
6Je vérifie
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